Economie

Togolais viens, bâtissons la cité, acte IV : bonne gouvernance et anti-corruption

par Pascal Kossivi ADJAMAGBO , le 17 juin 2013, publié sur ufctogo.com

Comment faire de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption le carburant le plus précieux des moteurs de l’économie togolaise.

 

La bonne gouvernance n’est pas une notion étrangère aux traditions africaines et qui serait imposée à l’Afrique par la modernisation et la démocratie. Elle est au contraire une tradition authentiquement africaine, multiséculaire, inaugurée par nos ancêtres à l’aube de l’histoire sur les rives égyptiennes du Nil, comme une des composantes politiques, administratives et gestionnaires du concept plus global de « Mâat », que l’on peut définir comme « le principe universel de la civilisation noire africaine de l’Egypte Ancienne », ayant assuré sa fécondité, sa prospérité et sa beauté tant technologique, culturelle, politique que spirituelle, et dont Dieu lui-même a fait l’éloge d’après le témoignage du Prophète Ezéchiel au Chapitre 33 de son livre dans la Bible. C’est pourquoi le Premier Ministre du Pharaon portait le titre de « Serviteur de Mâat », c’est-à-dire « Serviteur de la Justice, Vérité, Bien, Bien-être, Bonne gouvernance, Paix, Concorde, Harmonie, Rigueur, Exactitude, etc. », d’où dérive le titre moderne de « Serviteur de l’Etat ». C’est également la fécondité et la prospérité de cette valeur authentiquement africaine et authentiquement togolaise de la bonne gouvernance qu’exalte notre hymne national dès ses premiers mots en proclamant : « salut à toi, Pays de nos Aïeux, toi qui les rendait forts, paisibles et joyeux, cultivant vertu et vaillance, pour la prospérité ». Ces paroles d’une importance capitale pour « faire encore de toi sans nous lasser, Togo chéri, l’or de l’humanité » et pour mettre en application la devise du Togo de « travail, liberté, patrie », proclament à qui veut les entendre que la motivation principale et la finalité de « la vertu de la bonne gouvernance », ce n’est pas la morale, mais la prospérité, et donc que la bonne gouvernance n’est pas seulement une exigence morale, mais une exigence économique pouvant fournir le carburant le plus précieux aux moteurs de l’économie togolaise, et plus que cela, une exigence de prospérité économique, technologique, politique, culturelle et spirituelle, comme le prouve la brillante civilisation Noire Africaine de l’Egypte Ancienne.

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C’est pourquoi, conformément au chapitre « bonne gouvernance » du programme électoral de 2010 du Président de la République, une des missions prioritaires confiées par le Président de la République à son prochain Premier Ministre devrait être la création sur le modèle de la « Fondation Mo Ibrahim » d’une « Commission Nationale de Promotion de la Bonne Gouvernance », présidée par le Premier Ministre, et chargée de promouvoir pédagogiquement, méthodiquement et énergiquement, comme sous la primature et la présidence du Père de l’Indépendance Togolaise, la bonne gouvernance et la conscience professionnelle à tous les échelons de société togolaise, depuis le gouvernement, toute les administrations togolaises, tous les hôpitaux, dispensaires et centres de santé du Togo, toutes les entreprises publiques, semi-publiques ou privées installées au Togo, jusqu’aux travailleurs et aux élèves qui constituent les travailleurs et les citoyens à part entière de demain, conformément à l’hymne national togolais, à la devise du Togo, et à la tradition africaine de la « Mâat ».

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Compte tenu des espoirs fondés sur le développement des activités du port de Lomé, une attention toute particulière devrait être portée sur la bonne gouvernance du port de Lomé, tout comme sur le service des impôts et des douanes, la commission des marchés publics, la cour des comptes, les procédures de vérification des travaux finis financés par l’Etat, les nouveaux engrenages d’endettement de l’Etat togolais au profit d’une oligarchie financière occulte et mafieuse sur le dos des générations futures à la suite du récent effacement de la dette publique togolais, le rétablissement progressif d’une représentation ethnique équitable dans les administrations togolaises conformément à l’article 25 du « Pacte International sur les Libertés Civiles et politiques » de l’ONU et l’observation 21 de la 57-ième session du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU relatifs aux « conditions générales d’égalité pour l’accès aux fonctions publiques nationales ».

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Puisque le fléau qui menace et ravage le plus la bonne gouvernance est la corruption sous ses multiples formes, compte tenu des résultats historiques et emblématiques obtenus par le Président Jerry Rawlings dans la lutte contre la corruption au Ghana et des actions emblématiques de l’ONG « Transparency International », pour que les efforts de cette « Commission Nationale de Promotion de la Bonne Gouvernance » portent les fruits escomptés, pour concrétiser de manière crédible une des promesses électorales de 2010 du Président de la République proposant de « renforcer la lutte contre la corruption », pour hisser le Togo à un rang honorable et enviable dans le classement annuel de « Transparency International » selon l’indice de corruption, pour assainir sérieusement le climat des affaires au Togo et pour booster l’attractivité du Togo vis-à-vis des investisseurs étrangers, il est indispensable pour des raisons indiscutables d’efficacité et d’obligation de résultat de transformer la « Commission Nationale Contre la Corruption et le Sabotage Economique » créée en 2001 en une « Commission Internationale de lutte contre la corruption », directement placée sous l’autorité du Président de la République comme le « Conseil Présidentiel pour l’Investissement du Togo », dont le président pourrait être le Président Rawling, qui pourrait compter parmi ses membres un représentant de Transparency International et de la Fondation Mo Ibrahim, le Premier Ministre, le Ministre de l’Economie et des Finances, le Ministère de la Justice, etc., et qui pourrait même être appelée de manière plus suggestive et emblématique « Commission Internationale Rawling de lutte contre la corruption ».

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Pour accroître son efficacité, cette commission pourrait procéder à des appels à témoins et à des auditions de témoins, sous la protection de l’anonymat s’il le faut, à l’exemple de la « Commission Vérité, Justice et Réconciliation ».

 

© Copyright Pascal Kossivi ADJAMAGBO

Ingénieur de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées de Paris
Docteur d’Etat en Mathématiques et Agrégé de Mathématiques Professeur à l’Université Paris 6
Membre du Panel de Haut Niveau de l’Union Africaine pour la Science, la Technologie et l’Innovation

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