Elections 2010

Togo-Présidentielles : Lettre de Jean-Pierre Fabre à la jeunesse togolaise

par Jean-Pierre Fabre , le 23 février 2010, publié sur ufctogo.com

 

Mes chers petits frères, mes chers enfants,

C’est à vous, que j’ai choisi de m’adresser au tout début de la campagne électorale qui s’ouvre maintenant, à vous chers jeunes de l’intérieur du pays et de la diaspora. Comme moi, vous suivez l’évolution du Togo et vous savez que le 4 mars prochain, le peuple togolais sera appelé une nouvelle fois à aller voter. Après les élections législatives du 14 octobre 2007, il s’agit cette fois de l’élection présidentielle. Il s’agit donc d’un rendez-vous capital, puisqu’il nous faudra élire le président qui conduira notre destinée pendant les 5 prochaines années.

Comme acteurs ou observateurs avertis de la vie politique togolaise, vous connaissez parfaitement les principaux enjeux de notre pays. Pendant presqu’un demi-siècle le Togo a connu une vie politique profondément marquée par des violences inouïes et beaucoup d’entre vous en ont en été les victimes innocentes. Beaucoup de familles pleurent à tout jamais des êtres chers, souvent des enfants dont le seul grief a été de revendiquer la liberté et la dignité pour le peuple togolais.

Sur le plan économique et social, notre pays a connu une véritable descente aux enfers et aujourd’hui, tous les pays de la sous-région, qui ont accepté franchement la marche inexorable vers la démocratie, ont pu engager toutes leurs énergies à la lutte contre les fléaux de la pauvreté et du sous-développement.

Chez nous, au Togo, tout reste à faire et nous devons construire, dans un délai très court, un pays réconcilié, uni et prospère dans un Etat de droit respectueux de la démocratie et des droits de l’homme. C’est l’objectif stratégique je vous propose pour sortir notre pays de la spirale des crises, des violences et des atteintes graves à la liberté et à la dignité du citoyen.

Alors, mes chers petits frères, mes chers enfants, retenez bien ce que je vais vous dire et souvenez-vous de cela de temps en temps. Notre pays a été saccagé pendant de longues années et vous avez fait les frais d’une politique qui vous a souvent instrumentalisés dans des opérations stériles d’animation et de soutiens de complaisance. Vous avez été trompés et soudoyés par l’argent facile, par des miettes qu’on vous a jetées pour vous divertir, pour vous diviser et pour vous museler.

On vous a poursuivis et roué de coups : dans les rues, dans les quartiers, dans vos écoles et sur le campus. Beaucoup d’entre vous sont tombés dans la lutte pour la démocratie ou pour vos revendications légitimes. On vous a gavé de fausses images du bonheur, le bonheur par l’argent facile, le bonheur par la dénonciation de vos collègues, le bonheur par la drogue.

Alors que depuis 1992 la constitution vous garantit la gratuité de l’école, vous êtes des milliers à n’avoir pas accès à l’école, vous êtes des milliers à sortir du système éducatif précocement et à retrouver la longue liste des déscolarisés et des sous-scolarisés. Vous êtes des milliers à tomber dans la cohorte des chômeurs sans avoir jamais connu le monde du travail.

Vous êtes des milliers à vous lancer dans les aventures périlleuses du départ à l’étranger, aventures qui se soldent souvent par la mort. Vous êtes des milliers de diplômés, contraints de passer périodiquement des concours sans avoir la garantie de recevoir les vrais résultats correspondants à vos mérites. Malgré ces traitements humiliants, dégradants et inhumains, vous êtes restés debout.

Alors pour vous, mes chers jeunes, j’ai un niveau d’exigence de tout premier ordre.

Vous êtes en effet au cœur du projet de société et de la stratégie que je propose pour que notre pays marche à nouveau sur ses pieds. Et vous en êtes le fer de lance.

Je refuse, en effet, que toute votre générosité et toutes les énergies dont vous débordez s’évanouissent, d’année en année, du fait d’une politique complètement désaxée et aberrante. De la maternelle à l’université, un programme intégré sera mis en place pour assurer le suivi non seulement de la scolarité, mais également après l’école.

Ce que je vous dis, je le ferai, car ce que je dis est fondé sur une très longue et attentive observation du système éducatif depuis des années. Et l’une des tares que je relève, c’est le fait que le système est totalement déconnecté des réalités géographique, démographique et de l’emploi de notre pays.

Je ne ferai rien sans vous consulter, sans avoir au préalable recueilli votre avis et votre adhésion. Et j’ai bon espoir que je vous ferai partager ma passion pour le travail sérieux et bien fait, mon goût pour la rigueur et le mérite, mon mépris pour la médiocrité, la tricherie et les victoires faciles, dont certains ont trop tendance à se glorifier. Nous aurons l’occasion d’en parler, face à face.

Je m’engage à offrir des formations ciblées aux jeunes qui ont quitté prématurément l’école et à ceux qui vivent actuellement en exil ainsi que ceux qui vivent dans des situations d’esclavage et d’exploitation insoutenables.

A ceux qui poursuivent des formations pointues, nous offrirons un accompagnement adapté. Je veux que dans les cinq années qui viennent, le Togo retrouve sa place très flatteuse, de « quartier latin de l’Afrique ». Certains parmi vous ne le savent peut-être pas : dans les années 50 et 60, le Togo était considéré, avec le Bénin, comme « quartier latin de l’Afrique », c’est-à-dire comme pays fournisseurs de cerveaux pour toute l’Afrique francophone. Partout en Afrique, les Togolais étaient présents dans l’éducation, dans l’administration, dans l’économie, dans la culture, dans la santé, dans la justice, etc. Ces acquis ont été dilapidés par quarante années de tentative de nivellement par le bas.

Dans le Togo nouveau, très chers jeunes, vous participerez, à travers votre organe propre, libre et autonome, à la vie institutionnelle de la Nation. Un Grand Conseil des Jeunes (GCJ) siègera comme instance institutionnelle pour délibérer librement sur les lois de la République, pour réfléchir et formuler des propositions concrètes d’action dans tous les domaines de l’activité de notre pays : éducation, santé, culture, sport, hygiène et environnement.

Le projet de société que je vous propose est le fruit d’une réflexion et d’une pratique qui ont été les miennes au cours des dernières décennies et auxquelles nombre d’entre vous ont participé. Vous pourrez trouver le texte intégral auprès de l’Union des forces de changement. Il se décline en trois axes stratégiques dont voici les grandes lignes.
• Le développement humain qui vise la réalisation du bien-être de tous ;
• Le développement solidaire et durable comme moyen pour le développement social et culturel ;
• Les activités devant contribuer à l’établissement d’un environnement propice à un développement durable et partagé.

Mes chers petits frères, mes chers enfants,

L’heure du changement véritable a sonné. Vous pouvez compter sur moi comme je veux pouvoir compter sur vous.

Ensemble, le 4 mars 2010, nous conduirons le mouvement d’espérance de notre peuple à la victoire.

Vive la jeunesse togolaise, Vive le TOGO,

23 février 2010
Jean-Pierre Fabre

 

© Copyright Jean-Pierre Fabre

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