Santé

Togo : préavis de grève du personnel hospitalier

par AfriScoop , le 17 juin 2010, publié sur ufctogo.com

Le syndicat national du personnel hospitalier du Togo (Synphot) menace de se mettre en grève du 22 au 24 juin prochain pour dénoncer le « dilatoire » et les « fausses promesses » du gouvernement sur l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, a appris jeudi, AfriSCOOP de sources concordantes à Lomé.

 

Du mardi 22 au jeudi 24 juin, le personnel médical du secteur public togolais menace d’abandonner blouses, bistouris, tensiomètres… et patients. Un préavis dont AfriSCOOP a copie a été adressé aux autorités togolaises dans ce sens.

« Le contexte d’exercice de notre profession connaît une dégradation inexorable depuis plusieurs années, le personnel de santé est sous-motivé (sous payés, primes dérisoires, spécialistes en exil, conditions d’exercice pénibles…), nos prestations s’effectuent dans des conditions difficiles en raison d’un matériel de travail des plus vétustes et mettant en danger la vie des soignants », affirme le Synphot.

Le 18 décembre 2008, sous la menace de cessation de travail, un « mémorandum » a été signé entre le gouvernement et un collectif de 5 syndicats pour sortir le système de santé togolais du bourbier. Le pouvoir a pris 4 engagements majeurs dont celui de verser à tous les agents publics de santé, « un appoint annuel au titre de l’année 2008 d’un montant de 100 000 F CFA », dans le courant du mois de janvier 2009.

Mais, 18 mois après, « aucun des 4 principaux points évoqués n’est totalement satisfait », s’indigne le Synphot et, 950 agents attendent toujours leurs dus.

« Les accords d’Atakpamé étaient simplement destinés à flouer le corps de la santé et à casser l’élan pris par notre action syndicale », ajoute-t-il.

« La situation est un peu complexe. Notre pays a traversé des moments troubles et c’est maintenant que nous sortons peu à peu la tête de l’eau. Nous sommes conscients des conditions de vie et de travail de nos agents mais, nous leur demandons d’attendre encore un peu. Nous ne les avons pas oubliés et bientôt, des actions concrètes seront entreprises », s’est justifiée une source proche du ministère de la Santé, jointe par AfriSCOOP au téléphone.

Le système de santé togolais connaît des difficultés depuis des années. Selon des informations recueillies, à la maternité du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Lomé, l’insuffisance criarde de lits fait que les femmes en travail accouchent, le plus souvent, à même le sol. Et, ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Une situation qui ne serait pas rose dans les autres services ou centres de soins de l’intérieur de ce petit pays de l’Afrique de l’ouest.

En outre, la prime de risque du personnel médical est fixée à 3000 F CFA le mois, contre 100. 000 F CFA au Bénin voisin. Et pourtant, les risques sont là, quotidiens.

« Tous les jours que le bon Dieu fait, on se fait piquer ; une fois je me suis fait piquer lors de l’opération d’une personne séropositive connue comme telle et vous imaginez, je ne pouvais pas faire le test parce qu’il n’y avait pas de réactifs et j’ai dû sortir l’argent de ma propre poche pour payer les médicaments », témoigne le docteur Atchi Walla, secrétaire général du Synphot.

« Des blessés restent sans soins (ndlr : dans les hôpitaux) parce qu’ils n’ont pas les moyens de se soigner, des malades meurent parce qu’ils n’arrivent pas acheter de…l’oxygène ; on prescrit tout, des compresses à la seringue ; cette triste situation doit changer, nos populations méritent mieux », renchérit tristement, un autre médecin.

Maxime DOMEGNI (AfriSCOOP)

 

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