Elections 2010

Togo : les indésirables de la présidentielle

par Fasozine , le 7 mars 2010, publié sur ufctogo.com

 

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Olusegun Obasanjo

Le vote de la présidentielle du 4 mars 2010 et la campagne électorale qui l’ont précédée, se sont déroulées dans un calme presque parfait. Toutefois, des personnages, et pas des moindres étaient loin d’être désirables en terre togolaise, notamment pour les opposants et leurs partisans.

Au titre de ces persona non grata, il y avait Olusegun Obasanjo, l’ancien chef de l’Etat nigérian et chef de la mission d’observation de l’Union africaine (UA). Un membre de cette mission, sous le sceau de l’anonymat, avait reconnu que l’homme était disqualifié pour porter cette responsabilité d’observateur, dans un pays comme le Togo. Dans un deuxième temps, ce sont des hommes de presse qui, furieux des répliques peu convaincantes apportées à leurs préoccupations par M. Obasanjo, lors d’une rencontre avec eux, dans un grand hôtel de la place, se sont demandé pourquoi « c’est ce monsieur que l’Union africaine désigne pour le Togo, alors qu’il y a d’anciens dirigeants de la trempe de Joachim Chissano ». Last but not the least, ce sont des électeurs d’un centre de vote qui s’en sont pris à Olusegun Obasanjo, le jour du vote, lorsque ce dernier se plaignait, en tant qu’observateur, de ce que l’un des bureaux de vote recevait encore des électeurs, alors que l’heure officielle de leur fermeture, fixée à 17 heure, était passée.

Toutes ses récriminations contre la personne de « chief » Obasanjo, tirent leur source du bras-de-fer que celui-ci avait engagé et gagné, en son temps, contre Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’UA à l’époque, qui s’est opposé résolument au fait que Faure Gnassingbé prenne, contre les normes de la Constitution, les rênes du pouvoir au Togo, suite au décès de son père. M. Konaré avait considéré cet acte comme un « coup d’Etat ». Mais rien n’y fit, le président de la Commission de l’UA a très vite été mis en minorité. Du côté du pouvoir, par contre, « le président Obasanjo est respectable et respecté » car, il fut « de ceux qui ont contribué à l’apaisement au Togo », lors des violences de 2005, après l’élection violemment contestée du fils de Feu le Général Gnassingbé Eyadéma, comme président.

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Louis Michel

Au même titre que l’ancien chef de l’Etat nigérian, Louis Michel, l’ex-commissaire de l’Union européenne (UE), n’avait pas bonne presse au Togo, au cours de cette élection présidentielle. L’opposition et bien des observateurs de la scène politique, le trouvent trop proche du pouvoir en place pour être encore impartial dans une telle compétition électorale. Certains le taxent même de toujours avoir été de connivence avec les dirigeants togolais. C’est pourquoi l’ancien commissaire européen et membre d’une délégation d’observation de l’Union européenne, a piqué une colère mémorable, le samedi 6 mars dernier, lors d’une conférence de presse de la mission de l’UE à l’élection présidentielle du 4 mars 2010.

En effet, l’ire volcanique de Louis Michel est montée d’un cran, lorsque notre confrère de l’Evènement, Newton Ahmed Barry, a demandé aux représentants de l’UE, s’ils étaient au courant des rumeurs selon lesquelles une société de l’un des fils de l’ancien commissaire aurait obtenu le marché du volet informatique de cette élection. « C’est un mensonge. J’ai deux fils et ils ne sont pas des hommes d’affaires mais des politiques. J’ai été bien élu, grâce à une bonne popularité et je ne saurais continuer à subir de tels ragots orchestrés contre ma personne. » Ce fut, en substance, le mémoire en défense de Louis Michel.

Quelques instants plus tard, nous l’apercevrons, au bar de l’hôtel, en tête-à-tête avec Gilbert Bawara, le ministre togolais en charge de la Coopération régionale, l’un des faucons du régime en place, qui a également assisté à cette conférence de presse. Ensuite, alors que nous-mêmes étions sur le point de quitter l’hôtel pour l’aéroport, nous verrons le même Louis Michel poussant ses valises. L’après-proclamation des résultats des élections rime souvent avec la violence au Togo. On n’est donc jamais assez prudent, et ce n’est pas Louis Michel qui dira le contraire !

Morin Yamongbè (Fasozine)

 

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