Elections

Togo : Gnassingbé et les généraux, le Président risque une cuisante défaite... si l’armée n’était pas là

par Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) , le 3 mars 2010, publié sur ufctogo.com

 

Le Président joue à celui qui fait des concessions. Selon Faure Gnassingbé, « Les élections seront un test pour la légitimité de mon Gouvernement ». Si lors des dernières élections présidentielles au Togo en 2005 le droit l’avait emporté sur la fraude, le fils de l’ancien dictateur togolais Gnassingbé Eyadéma n’aurait jamais pu être ou devenir Président au Togo. Plusieurs centaines de personnes ont perdu la vie lorsque l’armée a pris soin d’annoncer des résultats d’élection selon son bon vouloir. Les militaires de l’armée contrôlés par l’ethnie des Eyadéma n’avait pas d’autres intentions que de mettre sur le trône le petit Eyadéma après la mort du père. Le fils Gnassingbé, âgé aujourd’hui de 43 ans, avait été contraint par les pays voisins d’ Afrique de l’Ouest à organiser des élections du fait de l’horreur des événements postélectoraux de l’époque.

Ce jeudi, les 3,6 millions de Togolais sont appelé à élire un nouveau Président de la République. Ils ont le choix entre sept candidats, dont Faure Gnassingbé, qui s’efforce d’obtenir un second mandat. Les candidats de l’opposition les plus marquants sont : Jean-Pierre Fabre de l’« Union des forces de changement (UFC) » de Gilchrist Olympio, lui-même candidat de premier plan qui fut remplacé, n’ayant pas pu produire à temps le certificat médical requis. En outre, l’ancien Premier ministre Yawovi Agboyibo s’est porté à la candidature pour le « Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) ». Les autres candidats sont considérés comme des candidats de moindre envergure. Mais ensemble, et sur ce plan Agboyibo et Faure sont unanimes, il existe une chance pour l’opposition d’obtenir une nette majorité.

Suite aux 38 ans de règne dictatorial de son père, le fils Gnassingbé a pris le risque d’aller vers une sorte d’ouverture politique. Il a régné ces dernières années avec un « Gouvernement d’unité nationale » qui fut dirigé par Yawovi Agboyibo comme Premier ministre, celui-là même qui combattu le Général Eyadema lors de son vivant. Les entorses passées aux droits humains ont commencé entretemps à s’amenuiser au Togo, et la liberté d’expression s’est amélioré en comparaison à ce qui se passait il y a encore 6 ans. Pourtant, « Bébé Gnassingbé », comme le désigne l’opposition, vient de refuser l’accréditation à quatre médias français parmi lesquels Radio France Internationale (RFI).

Les efforts de Gnassingbé d’aller vers un consensus politique et la tenue d’élections législatives qui a surpris par son bon déroulement de 2007 a permis au Togo de retrouver les faveurs des grands bailleurs de fonds tels que l’Union européenne, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international - alors que ces derniers avaient mis le Togo en quarantaine pendant 15 ans de fait du « déficit démocratique ». Les finances publiques du pays sont aujourd’hui considérées comme étant à moitié-transparentes. Entretemps, les semences pour les agriculteurs ont été subventionnées par l’Etat et l’enseignement dans le primaire est gratuit.
Toutefois, Gnassingbé a échoué dans sa réforme par le contrôle de l’Etat de l’industrie du phosphate, qui contribue pour près de 40 pour cent aux rentrées de devises et est considérée comme le moteur de l’économie togolaise. Contrairement à ses promesses, Faure Gnassingbé n’a pas pu également réduire le chômage, notamment parmi la jeunesse de la capitale Lomé.

L’atmosphère dans le pays est contre le Président, du fait d’une population qui en assez de la dynastie Eyadema, qui dirige le pays depuis 43 ans. En outre, les vieux démons ont encore une longue vie devant eux. Ainsi, l’opposition a signalé au Nord du Togo, région d’où est originaire la famille au pouvoir, que la liste électorale aurait littéralement été gonflée en bonne et due forme.

En outre, les explosions de violence qui ont accompagné l’élection de Gnassingbé en février 2005, ne sont pas oubliées. A l’époque, le correspondant de ce journal était témoin des assauts de l’armée qui a pris d’assaut plusieurs bureaux de vote à Lomé, ont chargés les urnes dans des camions pour les faire disparaître, et ainsi réprimer toutes résistances avec des tirs à balles réelles. Lorsque l’ex-ministre de l’intérieur François Boko n’a plus souhaité continuer à participer à cette farce et s’est refugié à l’Ambassade d’Allemagne, il n’a pas fallu attendre longtemps pour constater que le bâtiment de l’Institut Goethe était en flammes à Lomé.

Gnassingbé affirme aujourd’hui que l’armée a été réformée. En réalité, 80 pour cent des soldats appartiennent encore à l’ethnie Kabiè du Président et plus de 20 pour cent des officiers supérieurs sont directement originaires du lieu de naissance des Eyadema, Pia - ils appartiennent de fait pratiquement à la famille -. Ce n’est que récemment que Gnassingbé a dû empêcher une tentative de coup d’État de son frère Kpatcha Gnassingbé, probablement parce que les efforts de réforme allait trop loin. L’armée togolaise ne devrait certainement pas permettre que le Président perde les élections.

Texte : F.A.Z., 04/03/2010, n ° 53 / page 7
Thomas Scheen, Journaliste correspondant de Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ)
4 mars 2010, Traduction effectuée par Afrology (www.afrology.com)


Version originale

GNASSINGBÉ UND DIE GENERÄLE Togos Präsident drohte eine Wahlpleite - wenn die Armee nicht wäre / Von Thomas Scheen

März. Der Präsident gibt sich konziliant. Die Wahlen, sagt Faure Gnassingbé, seien ein Test "für die Legitimität meiner Regierung". Wenn es bei den vergangenen Wahlen in Togo im Jahr 2005 mit rechten Dingen zugegangen wäre, wäre der Sohn des früheren togoischen Diktators Gnassingbé Eyadéma nie und nimmer Präsident geworden. Mehrere hundert Menschen kamen damals ums Leben, als die Armee für Wahlergebnisse nach ihrem Geschmack sorgte. Das von der Ethnie der Eyadémas kontrollierte Militär hatte zuvor den kleinen Eyadéma unmittelbar nach dem Tod seines Vaters auf den Thron gehievt. Heute nennt der 43 Jahre alte Gnassingbé, der von den westafrikanischen Nachbarstaaten gezwungen werden musste, die Wahl abzuhalten, die Vorgänge von damals "ganz schrecklich".

Am diesem Donnerstag sollen díe 3,6 Millionen Togoer einen neuen Präsidenten wählen. Sie haben die Wahl zwischen sieben Kandidaten, unter ihnen Faure Gnassingbé, der sich um eine zweite Amtszeit bemüht. Aussichtsreichste Gegenkandidaten sind Jean-Pierre Fabre von der "Union des forces de changement" (UFC), der Gilchrist Olympio als Spitzenkandidat ablöste, nachdem der ein für die Kandidatur erforderliches ärztliches Attest nicht beibringen konnte. Außerdem tritt der ehemalige Ministerpräsident Yawovi Agboyibo vom "Comité d’action pour le renouveau" (CAR) an. Die übrigen Kandidaten sind Zählkandidaten. Aber zusammen, da sind sich Agboyido und Faure einig, müsste eine deutliche Mehrheit für die Opposition möglich sein.

Gnassingbé hat nach 38 Jahren Diktatur durch seinen Vater zumindest so etwas wie eine politische Öffnung riskiert. Er hat die vergangenen Jahre mit einer "Regierung der nationalen Einheit" regiert, die mit Yawovi Agboyibo von einem Ministerpräsidenten geleitet wurde, der zeit seines Lebens General Eyadéma bekämpft hat. Die früher mit Füßen getretenen Menschenrechte werden inzwischen halbwegs respektiert in Togo, und um die Meinungsfreiheit ist es ebenfalls besser bestellt als noch vor sechs Jahren. Wenngleich "Bébé Gnassingbé", wie
die Opposition den Präsidenten nennt, für die Wahlen gleich vier französischen Medienhäusern die Akkreditierung verweigerte, darunter Radio France International (RFI).

Gnassingbés Bemühungen um einen politischen Konsens und die erstaunlich sauber verlaufenen Parlamentswahlen von 2007 haben Togo zudem wieder die Gunst der großen Geldgeber - Europäische Union, Weltbank, Internationaler Währungsfonds - eingebracht, die 15 Jahre lang wegen "demokratischer Defizite" einen großen Bogen um Togo gemacht hatten. Die öffentlichen Finanzen des Landes gelten heute als halbwegs transparent. Saatgut für die Bauern ist inzwischen subventioniert und der Schulbesuch in den unteren Klassen unentgeltlich. Gescheitert ist Gnassingbé allerdings bei der Reform der staatlich kontrollierten Phosphatindustrie, die für nahezu 40 Prozent der Deviseneinnahmen verantwortlich ist und als Motor der togoischen Wirtschaft gilt. Die Arbeitslosigkeit speziell unter jungen Männern in der Hauptstadt Lomé konnte Gnassingbé entgegen seinen Versprechungen ebenfalls nicht senken.

Die Stimmung im Land ist gegen den Präsidenten, dessen Bevölkerung genug von der Eyadéma-Dynastie hat, die das Land seit 43 Jahren regiert. Zudem haben die alten Dämonen ein langes Leben. So berichtete die Opposition, im Norden Togos, wo die Herrscherfamilie herkommt, sei das Wählerregister "regelrecht aufgeblasen" worden.

Auch sind die Gewaltorgien, die mit Gnassingbés "Wahl" im Februar 2005 einhergingen, nicht vergessen. Der Korrespondent dieser Zeitung wurde damals Zeuge, wie die Armee zahlreiche Wahllokale in Lomé stürmte, die Urnen auf Lastwagen verlud und dabei jeden Versuch des Widerstandes mit scharfen Schüssen unterdrückte. Als der damalige Innenminister François Boko diese Farce nicht länger mitmachen wollte und sich in die deutsche Botschaft flüchtete, ging kurz darauf das Gebäude des Goethe-Instituts in Lomé in Flammen auf.

Gnassingbé behauptet heute, die Armee sei reformiert. In der Realität gehören 80 Prozent der Soldaten zur Präsidentenethnie der Kabiye, und mehr als 20 Prozent der höheren Offiziere kommen direkt aus Eyadémas Geburtsort Pia - sie gehören quasi zur Familie. Erst vor kurzem musste sich Gnassingbé eines Putschversuches seines Bruders Kpatcha Gnassingbé erwehren, dem die Reformbemühungen wohl zu weit gingen. Die togoische Armee wird es jedenfalls nicht zulassen, dass der Präsident die Wahl verliert.

Text : F.A.Z., 04.03.2010, Nr. 53 / Seite 7

 

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