LTDH

Sur les dérives morales à répétition de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) qui discréditent la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH)

par Ablodé Viwo , le 30 novembre 2010, publié sur ufctogo.com

ABLODE VIWO est le nom d’un groupe de réflexion et d’action, constitué « d’intellectuels engagés » togolais et de « gardiens du temple de l’UFC historique et authentique ». Ces derniers, qui tiennent à ne pas être confondus avec les AGO, ont décidé de s’impliquer dans le débat politique togolais et de faire œuvre de pédagogie et de clarification, tant sur les stratégies politiques pour une alternance et une démocratisation véritable sans exclusion, sur la ligne politique de l’UFC et ses propositions pour un développement économique, social et culturel du TOGO.

 

1. Enonciation des accusations contre la LTDH

Le 29 novembre 2010, le jour même au se tenait au Palais de Justice de Lomé le procès retentissant intenté au Président National de l’UFC par les ex-députés pour des motifs inavoués bassement alimentaires et prouvant de manière éclatante la manipulation des masses médias et des masses populaires togolaises par ces ex-députés à propos de l’authenticité de leurs lettres de démission de l’Assemblée Nationale, comme nous l’avons dénoncé dans notre article « la dernière preuve de manipulation des médias, des leaders politiques et du peuple togolais par l’ANC », en date du 27 novembre 2010 et disponible sur UFCTOGO.COM, le bureau exécutif de la LTDH a rendu publique une « mise au point sur la décision de la cour constitutionnelle du 22 novembre 2010 » qui n’est en fait qu’une reprise servile des arguments fallacieux avancés par ces ex-députés avant leur revirement juridique spectaculaire que représente ce procès, notamment de l’argument abandonné depuis l’annonce du procès par les « manipulateurs » et concernant leurs lettres de démission dont ils ont formellement reconnu l’authenticité au cours de ce procès.

En transformant ainsi la LTDH en une « caisse de résonance des allégations et des revendications démagogiques de l’ANC », notamment lors de son meeting « populiste » à la plage de Lomé le 27 novembre dernier, une « courroie de transmission des manipulations médiatiques de l’ANC » vigoureusement dénoncées par le Président du CAR dans sa conférence de presse du 24 novembre 2010, et donc une « aile marchande de l’ANC », en retard sur les variations et revirements juridiques de l’ANC, et en proposant dans leur dernier communiqué une « interprétation ouvertement partisane, anarchique et immorale de la Constitution togolaise », notamment de ses dispositifs relatifs aux députés, en y faisant l’apologie de la déloyauté des députés par rapport au parti qui les a présentés à leur élection et l’apologie du parjure des ex-députés UFC de l’engagement écrit qu’ils ont signé avec le parti sur la liste de laquelle ils ont été élus, le bureau exécutif actuel de la LTDH a fait prendre à cette vénérable institution togolaise venant de fêter ses vingt ans et ayant joué un rôle de premier ordre dans la gestation toujours en cours de la démocratie togolaise une « dérive morale dangereuse » qui discrédite gravement aussi bien la LTDH que la FIDH, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, dont la LTDH est la branche nationale togolaise.

Ce sont les preuves de ces accusations graves que nous allons maintenant exposer, en soumettant à l’épreuve de « la critique de la raison pure », comme dirait le philosophe allemand Emmanuel Kant, les affirmations les plus scandaleuses de la prétendue « mise au point de la LTDH sur la décision de la cour constitutionnelle du 22 novembre 2010 ».

2. Les preuves de l’interprétation partisane, anarchique et immorale de la Constitution togolaise

D’entrée de jeu, après avoir prétendu être « soucieuse de sa mission de promotion, de protection et de défense des droits de l’homme, de l’Etat de droit, ainsi que des normes et valeurs républicaines », la LTDH se lance dans une « casuistique », c’est-à-dire une « subtilité excessive » selon le Larousse, digne de celle des « jésuites manipulateurs et à l’esprit retord » dénoncés par Blaise Pascal dans ses célèbres « Lettres Provinciales », à propos du « mandat impératif » dont l’article 52 de la Constitution togolaise proclame la « nullité », et qui aboutit à la conclusion suivante de l’argumentation des « pseudo juristes constitutionnalistes » de la LTDH : « C’est ainsi que le règlement intérieur de l’Assemblée Nationale ne fait interférer les partis politiques dans la création des groupes parlementaires, ni n’exige un lien d’assujettissement des députés à leur parti ».

Le principe du « raisonnement par l’absurde » encore appelé « réduction à l’absurde », c’est-à-dire « reductio ad absurdum » en latin, tant en honneur chez les mathématiciens, et qui consiste en fait à « prêcher le faux pour connaître le vrai », affirme que l’absurdité de la conclusion à laquelle aboutit un raisonnement supposé vrai prouve de manière irréfutable la fausseté des hypothèses sur lesquelles se fonde ce raisonnement. Aussi, l’absurdité irréfutable et incroyable de la conclusion selon laquelle le règlement intérieur de l’Assemblée Nationale « n’exige aucun lien d’assujettissement des députés à leur parti », et à laquelle aboutit l’argumentation que nous supposons juste par indulgence des « pseudo juristes constitutionnalistes » de la LTDH, prouve avec une rigueur mathématique la fausseté des « dogmes de parti pris, d’anarchie et d’immoralité » sur lesquels est basée cette argumentation et qui « veulent prendre l’Assemblée Nationale togolaise pour la cour du roi Pétaud ».

D’autre part, dans notre récent article « sur l’imposture et l’indécence d’Agbeyome Kodjo : Partie I », en date du 24 novembre et disponible sur UFCTOGO.COM , nous avions écrit : « Pourtant, ni Agbéyomé Kodjo, ni aucune personne saine d’esprit, ne peuvent nier que, quand on a bénéficié d’un service d’un créancier, par exemple quand on a emprunté de l’argent à quelqu’un ou acheté un article dans une boutique, et que l’on remet à son créancier un chèque signé avec le montant exact de la dette, en lui laissant le soin de mettre la date d’encaissement, il serait malhonnête et immoral d’accuser plus tard le créancier de « faux et usage de faux » quand ce dernier se décide à compléter le chèque et à réclamer son dû à la banque du débiteur, surtout lorsque sa signature peut être authentifiée par un autre document « daté et signé » du même débiteur. C’est pourtant exactement l’attitude immorale actuelle des 9 ex-députés UFC qui ajoutent au péché du parjure de leurs engagements écrits, « datés et signés », le délit grave de l’escroquerie de l’accusation de « faux et usage de faux », comme le prouvent les documents ci-joint (voir l’article cité) de l’engagement « daté et signé » et de la démission « signée » de Fabre, sur lesquels la signature de démission peut être authentifiée par celle de son engagement, comme cela n’a pu échapper à la vigilance des juges de la cour constitutionnelle ».

Au regard de ces deux documents, en particulier de la lettre de démission signée de Jean-Pierre Fabre dont le texte incriminée de la LTDH semble ignorer l’existence, ainsi que compte tenu du procès du 29 novembre dernier dont le texte incriminée semble également ignorer la tenue et surtout le virement juridique, les autres conclusions suivantes auxquelles aboutit l’argumentation de « casuistique » des « pseudo juristes constitutionnalistes » de la LTDH prouvent une fois de plus avec autant de rigueur et d’honnêteté intellectuelle que ci-dessus toute la fausseté des « dogmes de parti pris, d’anarchie et d’immoralité » sur lesquels est basée cette argumentation : « Il suit, à la lumière de ce texte, que pour prétendre être valablement démissionnaire de l’Assemblée nationale, il faut être député à la date de la signature de la lettre de démission et non simple candidat comme c’est en l’espèce. En outre et comme le dit le texte, la démission est portée à la connaissance du Bureau de l’Assemblée nationale, « sous la signature du député intéressé », et non par le président d’un groupe parlementaire comme s’il s’agissait de la radiation… Enfin, il résulte de tout ce qui précède … Que les prétendus « contrats de confiance de l’UFC », « Pacte d’adhésion aux valeurs de l’UFC » et autres « Engagement du candidat » et « Conditions générales de candidature »…, abusivement qualifiées de lettres de démission, constituent au regard de l’article 52 suscité, un véritable mandat impératif, nul et de nul effet. Ils possèdent dès lors une simple valeur purement morale et n’ont de ce fait aucune portée juridique devant un texte constitutionnel qui a d’ailleurs douté de l’existence, de la validité et de l’authenticité de ces documents, ne les a pas visés dans sa décision et de critiques ».

Cette fausseté démontre à son tour que les « pseudo juristes constitutionnalistes » de la LTDH, qui prétendent être soucieux de leur « mission de promotion, de protection et de défense des droits de l’homme, de l’Etat de droit, ainsi que des normes et valeurs républicaines », ne sont en fait que des « apprentis juristes constitutionnalistes » ou des « demi lettrés juristes constitutionnalistes » qui ont intérêt à lire ou relire le « cours magistral de droit sur l’Etat de droit » qui leur a été donné dans l’article « Etat de droit » suivant, en date du 22 novembre 2010 et disponible sur le site officiel de la République Togolaise :

« La Cour constitutionnelle du Togo a décidé en sa séance à huis clos du 22 novembre 2010, de valider le remplacement de neuf députés de l’Union des forces du changement (UFC) dont la démission a été notifiée à la Cour, il y a quelques jours, par l’Assemblée nationale. Cette décision est une grande première et elle marquera durablement ceux qui restent attentifs à la construction d’un Etat de droit au Togo. Dans tous les pays au monde, on considère que le libéralisme gagne du terrain lorsque la volonté des individus, leurs aspirations profondes sont respectées et prises en compte dans la sphère privée comme publique, sous réserve de certaines considérations évidentes liées notamment à l’ordre public. Dans l’affaire des députés démissionnaires de l’UFC qui vient de connaître son épilogue juridictionnel, les informations recueillies font apparaître que certains élus du peuple, à l’orée de leur mandat, avaient pris un engagement ferme dans le cadre d’un accord interne à l’UFC : rendre leurs tabliers de députés au cas où, pour une raison ou pour une autre, ils choisissaient de faire valoir désormais leurs vues et projets de société sous la bannière d’une autre formation politique. Ces élus du peuple avaient ainsi par un libre consentement, adhéré à une discipline de parti dont l’objectif était sans doute de se prémunir, tout simplement, contre ce que certains considèrent comme une pratique peu vertueuse en politique à savoir, la transhumance. Les accords, dit-on, n’engagent que les parties signataires. Mais ils les engagent tout de même, ce qui constitue un gage de sécurité pour tout un chacun. Les députés avaient également rédigé des lettres de démission individuelles. Ce sont celles-ci dont la Cour était saisie. Que ce soit dans la sphère privée ou publique, le juge est bien obligé de tenir compte de la volonté des parties s’il la constate et pour peu que celle-ci soit conforme à l’ordre public et aux bonnes mœurs. C’est de ce devoir que la Cour constitutionnelle s’est acquittée ce 22 novembre 2010 en se bornant à constater et à prendre acte des pièces formalisant la démission des neuf députés UFC. Pour le reste, les juges de la constitutionnalité ont fait jouer la mécanique bien huilée du code électoral qui prévoit l’élection des députés à un scrutin de liste. Dans ce cas de figure, les députés ne sont pas élus pour « leurs beaux yeux à eux tout seuls », mais surtout pour la liste à laquelle ils appartiennent, une liste établie par un parti et qui de ce fait véhicule un projet de société précis sur lequel l’électeur se prononce en son âme et conscience dans le secret de l’isoloir. Il s’ensuit que la question du remplacement se règle en suivant la même logique de liste. Les juges de la Cour constitutionnelle ont dit le droit, rien que le droit ».

3. Les précédents coups d’éclat d’immoralité de la LTDH

La LTDH n’est pas à son premier « coup d’éclat d’immoralité ». Son premier « coup d’éclat d’immoralité » qui a terni son image en l’assimilant à « l’aile marchande du RPT » qu’est devenue sa grande sœur la CNDH, la Commission Nationale des Droits de l’Homme, ce fut la trahison spectaculaire de son premier président et membre fondateur, Joseph Kokou Koffigoh qui, après avoir été élu le premier ministre de la transition démocratique par l’opposition à l’issue de la Conférence Nationale Souveraine en juillet 1991, a rejoint avec armes et bagages le camp adverse du RPT quelques mois plus tard, allant jusqu’à appeler à voter aux élections présidentielles de 1993, 1998 et 2003 pour le Dictateur togolais qu’il prétendait combattre et dont son institution avait vigoureusement dénoncé depuis sa fondation en 1990 les violations scandaleuses des droits de l’homme et la folie meurtrière.

Après ce premier « coup d’éclat d’immoralité », le premier président de la LTDH, en service commandé par ses nouveaux maîtres politiques de l’Etat-RPT, s’illustra par un autre en inaugurant « le révisionnisme du crime contre l’humanité », constitué par les massacres de mars et avril 2005 au Togo et en ouvrant ainsi la voie au « négationnisme de ce crime contre l’humanité », en minimisant à 154 le nombre des victimes de ce crime contre l’humanité, alors que la LTDH l’évalua entre 900 et 1000 dans son rapport final de décembre 2005 sur les évènements de mars avril 2005, alors que la commission d’enquête dépêchée par le conseil de sécurité de l’ONU l’évalua entre 400 et 500, et alors que l’ancien ministre de l’intérieur presque jusqu’à la fin de ces évènements, François Boko, a affirmé l’objectif des commanditaires était de faire au moins 3000 morts, objectif que nous estimons quant à nous avoir été largement atteint compte tenu de l’élimination systématique des corps des victimes.

La LTDH se distingua par un autre « coup d’éclat d’immoralité » quand son précédent président, Me Yacoubou Hamadou, élu le 28 octobre 2006, réédita en septembre 2008, donc à peine trois ans après la dénonciation unanime, en particulier par la LTDH, de ce horrible « crime contre l’humanité », le « coup d’éclat d’immoralité » du premier président de la LTDH en allant rejoindre avec armes et bagages le RPT jusqu’à ce jour en tant que ministre RPT des deux gouvernements du premier ministre togolais Houngbo.

4. Conclusion

La particularité du dernier « coup d’éclat d’immoralité » par lequel s’est illustré le bureau exécutif actuel de la LTDH issu de sa dernière élection du 23 janvier 2010 est qu’il illustre avec éloquence et tristesse tous les ravages que peut causer la confusion répandue entre la vérité et l’opinion, la raison et la sincérité, la raison et la comparaison, la victime et le bourreau, et toute l’altération du jugement, même chez les prétendus juristes ou défenseurs des droits de l’homme, que peuvent provoquer le parti pris, la mauvaise foi et l’immoralité.

Tous les « coups d’éclats d’immoralité » qui ont précédé ce dernier en date et ce dernier en date prouvent à suffisance la récurrence des « dérives morales à répétition de la LTDH » à travers son interprétation partisane, anarchique et immorale de la Constitution togolaise et disqualifie sans appel la LTDH comme donneur de leçon de moralité et de légalité aussi bien à la Cour Constitutionnelle togolaise qu’elle s’est hypocritement gardé de critiquer pour sa proclamation des résultats pourtant si controversés de l’élection présidentielle du 4 mars 2010, que l’Assemblée Nationale togolaise ou l’UFC.

Dans sa dernière conférence de presse en date du 24 novembre 2010 à propos de la décision de la Cour constitutionnelle togolaise de remplacement de neuf ex-députés UFC, le président du CAR a déploré que « le tintamarre entretenu autour de ces faits divers est, selon le CAR, d’une ampleur telle que les togolais ont le sentiment que les auteurs ont complètement perdu de vue leurs préoccupations sociales ». Au lieu de demander implicitement la dissolution de la Cour Constitutionnelle togolaise pour une telle décision, comme l’ont compris tous les médias togolais, faisant ainsi écho à la revendication populiste, démagogique et solitaire lancée par le président de l’ANC à la fin de son meeting du 27 novembre dernier, la LTDH aurait dû chercher à redorer son blason en réclamant avec plusieurs médias togolais le vote par l’Assemblée Nationale togolaise d’une « loi sur la transhumance politique au Togo », qui existe déjà chez nos voisins ghanéens et béninois. Une telle initiative de la LTDH aurait au moins le mérite de contribuer efficacement à sa mission de moralisation et d’assainissement de la vie politique togolaise, ainsi qu’à la consolidation de la démocratie togolaise, et en particulier d’éviter qu’à l’avenir le parjure d’homme de loi, chargés de voter des lois, n’amène la Cour Constitutionnelle togolaise à les obliger à honorer la moralité et la légalité, de peur de discréditer l’Assemblée Nationale togolaise et de déshonorer la démocratie togolaise.

Au lieu d’encourager les « dérives morales à répétition » de sa filiale togolaise en soutenant sa demande démagogique de dissolution de la Cour Constitutionnelle togolaise pour une décision relevant de la rubrique des « faits divers » selon le président d’un part de l’opposition parlementaire autre que l’UFC, la FIDH a intérêt à exiger plutôt la dissolution du bureau exécutif fautif actuel de la LTDH et l’élection d’un nouveau bureau, avec la mission de mieux respecter la moralité, la légalité et l’Etat de droit au Togo, et de s’abstenir à l’avenir d’interprétation partisane, anarchique et immorale de la Constitution togolaise, de peur de perdre sa filiation à la FIDH et éviter ainsi de ternir par ses « dérives morales à répétition » l’image et la réputation internationales de la FIDH.

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