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Sur la crise des députés UFC : un homme de loi peut-il parjurer ?

par Ablodé Viwo , le 2 novembre 2010, publié sur ufctogo.com

ABLODE VIWO est le nom d’un groupe de réflexion et d’action, constitué « d’intellectuels engagés » togolais et de « gardiens du temple de l’UFC historique et authentique ». Ces derniers, qui tiennent à ne pas être confondus avec les AGO, ont décidé de s’impliquer dans le débat politique togolais et de faire oeuvre de pédagogie et de clarification, tant sur les stratégies politiques pour une alternance et une démocratisation véritable sans exclusion, sur la ligne politique de l’UFC et ses propositions pour un développement économique, social et culturel du TOGO

 

Le propre de tout conflit, quelque soient sa virulence, ses coups bas et sa durée, étant de tendre vers sa fin, dans sa dernière conférence de presse en date du 28 septembre 2010, le Président National de l’UFC a publiquement affirmé sa proposition de « paix des braves au sein de l’UFC » qui a toujours été représentée par sa personne. Une semaine après que certains anciens compagnons de route de l’UFC aient cédé à la tentation de s’émanciper de l’UFC et de voler de leur propres ailes en annonçant leur intention de créer leur propre parti avant d’envoyer deux jours plus tard un document de démission collective de l’UFC, dans son message au cours du meeting du 17 octobre 2010 à Aflao, le Président National de l’UFC a réitéré son appel à la « paix des braves au sein de l’UFC », en déclarant notamment : « Nos camarades qui nous ont quittés, Dieu merci ils ne sont pas nombreux. Mais nos portes sont restées ouvertes. Ils se sont juste un peu égarés. S’ils veulent revenir au bercail, c’est avec plaisir que nous les accueillerons. Car le travail que nous avons à faire ce n’est ni pour une ni pour deux ni pour trois personnes mais pour tout le peuple togolais… »

Conformément à la sagesse de chez nous, nous souhaitons vivement que chacun des membres de l’UFC accorde désormais ses « pas de danse » sur « la nouvelle musique en train de retentir ». En particulier, nous espérons vivement que cette initiative de « paix des braves » aboutira, grâce aux bons offices d’un « artisan de paix », à la réconciliation, la réunification et la rénovation de l’UFC, et à la réintégration de tous ses membres actuellement exclus, en vue de la conquête progressive du pouvoir politique togolais « par la voie de l’alternance démocratique pacifique », dès les prochaines élections locales en 2011, législatives en 2012 et présidentielles en 2015, et en vue de la « bonne gouvernance » de ce pouvoir. Ce sont ces ambitions et ces objectifs que le Président National de l’UFC a clairement rappelés dans son discours d’ouverture du congrès national extraordinaire du 12 août 2010 et de la conférence de presse citée, ainsi que dans le meeting d’Aflao en déclarant notamment : « Nous, nous disons qu’à défaut d’avoir le pain complet tu peux accepter la moitié tout en réfléchissant à comment entrer en possession de la totalité. » Cette déclaration fait ainsi écho à celle du discours d’ouverture du congrès extraordinaire du 12 août parlant de « cette « paix des braves », qui comme la plupart des accords est loin d’être parfait, mais qui, avec la grâce de Dieu et le militantisme vigilant de tous les combattants de l’UFC, permettra d’atteinte le sommet de la gloire par les sentiers étroits et rude de l’humilité, de la détermination, de l’intégrité morale, du dévouement des « vrais serviteurs de l’Etat », du respect de l’adversaire, de la tolérance face à la diversité et l’adversité ».

Nous estimons que cette voie s’impose d’autant plus que la contestation par la violence ou par les manifestations pacifiques de la rue ou de la plage ne peut être une fin en soi, puisque cette fin est bien la conquête du pouvoir politique au Togo et sa « bonne gouvernance » le plus tôt possible, conformément à l’adage chinois qu’aimait citer Deng Xiao Ping : « peu importe la couleur du chat, pourvu qu’il attrape la souris ».

En attendant la conclusion de cette « paix des braves » au bénéfice du « peuple martyr togolais », le calendrier de la vie parlementaire togolaise nous impose de gérer des urgences. En effet, avant d’inaugurer leurs mandats de représentation du peuple à l’assemblée nationale togolaise, tous les députés UFC se sont engagés par écrit à renoncer à leur mandat au profit d’un remplaçant UFC s’ils devaient démissionner de l’UFC, comme le prouvent les photocopies ci-joint des engagements écrits signés de Jean-Pierre Fabre. De plus, les cautions exigées par la candidature de la plupart d’entre les députés UFC ont été payées par l’UFC.

Or, on ne change pas les règles du jeu au cours même du jeu. On ne change pas les règles de représentation populaire à une législature parlementaire au cours même de cette législature. Ce serait une tentative déshonorante de « tricherie ». Chaque député est élu par le peuple, non pas en son nom personnel, mais au nom du parti politique qui l’a présenté et dont il défend les couleurs politiques et surtout le programme, même si, une fois élu, il devient un représentant de toute la nation, tout mandat impératif étant nul. En l’occurrence, c’est bien sur les listes présentées par l’UFC que tous les députés UFC ont été élus. De plus, est-il concevable qu’un homme de loi, chargé de voter des lois, parjure publiquement, d’autant plus qu’un tel homme de loi prétend publiquement donner des leçons d’intégrité politique et morale à son mentor et bienfaiteur politique ?

Maintenant que le peuple est au courant des termes précis de leurs engagements écrits concernant l’exercice de leurs mandats de député de l’UFC, les 20 députés UFC tentés de dissidence n’ont pas le choix, ni du point de vue politique, ni du point de vue légal, ni du point de vue moral, s’ils tiennent à demeurer des « élus du peuples ». Ils doivent alors accepter la main tendue de « la paix des braves » proposée par le Président National de l’UFC. S’ils préfèrent ne pas serrer cette main tendue, ils ont alors l’obligation politique, juridique et morale d’honorer leurs engagements écrits en démissionnant de leurs mandats législatifs, dont pourraient alors hériter leurs suppléants, du moins si ces derniers renouvellent leur fidélité et leur reconnaissance au parti auquel ils doivent tout, notamment leurs élections en tant que suppléants de députés.

La légalité et la moralité ne sauront être indéfiniment piétinées dans la crise qui secoue l’UFC depuis le triste accident de son président national. Le peuple finira par s’en rendre compte et demander des comptes aux marchands d’illusions, d’illégalité et d’immoralité, comme le préfigure déjà la déclaration suivante du chef canton d’Aflao-Sagbado, Togbui Sémékonawo à l’ouverture du fameux meeting d’Aflao : « Maintenant, nous savons ceux qui sont les bâtisseurs de notre pays et ceux qui sont les voyous ».

Signalons que cette information concernant ce fameux meeting d’Aflao qui a fait coulé « beaucoup d’encre opprobre et diffamatoire » a été rapportée dès le lendemain du meeting par le site d’information MO5-TOGO, qui contredit d’avance de manière catégorique le tissu de mensonge et de haine rapporté le même jour par le prétendu journal Liberté, rejouant actuellement dans la crise de l’UFC dont toute la nation togolaise est un témoin attentif le rôle sinistre joué dans le génocide rwandais par la funeste « Radio des milles collines », conformément à la parole de sagesse prêtée au Roi Salomon : « Ce qui fut, cela sera, ce qui s’est fait se refera, et il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Qu’il y ait quelque chose dont on dise : « tient, voilà du nouveau ! », cela fut dans les temps qui nous ont précédés » (L’Ecclésiaste, 1,9-10).

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