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Histoire de l’Afrique

11 février 1990 : Nelson Mandela libre !

par RFI (France) , le 10 février 2010

16H00, prison Victor Verster, de Paarl. Après vingt-sept années passées en détention, Nelson Mandela s’apprête à goûter au plaisir de la liberté. La journée sera placée sous le signe de la joie et du chaos.Elle marquera néanmoins un tournant dans l’histoire de l’Afrique du Sud.

Les coulisses de la libération de Nelson Mandela

Le régime de l’apartheid a offert à six reprises de libérer Mandela. Ce dernier a d’abord refusé, jugeant les conditions du gouvernement inacceptables. Mais, vers le milieu des années 1980, le gouvernement de l’apartheid est aux abois. Isolé sur la scène internationale, il peine à réprimer les rassemblements anti-régime dans les townships. Le président PW Botha consent enfin à proposer à Mandela une solution politique négociée que l’ANC réclamait depuis toujours.

Le chef des services secrets, Niel Barnard, approche Mandela à la prison de Pollsmoor, en mai 1988. Il souhaite connaître ses vues sur le concept d’une solution négociée, sur le futur rôle qu’il envisage pour le Parti communiste sud-africain, et s’il prévoit d’abandonner la lutte armée.

Mandela rencontre en secret le président Pieter Willem Botha en juillet 1989. Le chef de l’ANC parle des Afrikaaners et de la guerre anglo-Boer, ce qui séduit le président. En détention à Robben Island, Mandela a appris la langue des Afrikaaners, il s’est penché sur leur histoire, et a lu leurs poètes.

Réalisme

Mais lorsque les autorités soumettent à Mandela l’idée d’un droit de veto pour la minorité blanche au sein des futures institutions, celui-ci s’y oppose avec véhémence. Frederik de Klerk succède à Botha en août 1989. Mandela le rencontre en décembre de la même année. Une fois encore, on le fait entrer en cachette, par le garage.

De Klerk souhaite aller vite. Il sait que son parti politique est du mauvais côté de l’Histoire. Il est surtout réaliste. Le Mur de Berlin est tombé. Le gouvernement de l’apartheid ne peut plus prétendre s’opposer à l’ANC pour enrayer l’expansion communiste. Le 2 février 1990, de Klerk annonce la libération de Mandela. Le 11 février, ce dernier franchit à pied les derniers mètres de sa « longue marche vers la liberté ».

11 février 1990 : Les premiers pas d’homme libre de Mandela

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En compagnie de son ex-épouse, Winnie, après sa libération, le 11 février 1990. AFP

On lui avait proposé une voiture, mais Nelson Mandela préfère franchir à pied les derniers mètres de sa longue marche vers la liberté. Il pensait seulement saluer les gardiens de la prison de Victor Verster, mais une foule immense l’attend à la grille d’entrée. Il y a ses soutiens, et un attroupement de reporters. Mandela est détendu mais sur ses gardes. Il fait un pas en arrière quand un journaliste lui tend une perche avec au bout, un étrange objet velu. « C’est un micro », lui souffle Winnie. Il croyait que c’était une arme.

Mandela monte en voiture avec Winnie, direction la place de la grande parade du Cap, à une cinquantaine de kilomètres. Le comité de réception n’avait été averti que la veille de sa libération. « Pas assez de temps pour réunir tout le monde », s’inquiète alors Cheryl Carolus, du comité d’organisation. Son équipe avait imprimé des tracts et des pancartes toute la nuit. Enfin, Mandela arrive sur la place de la parade, noire de monde. Sa voiture est encerclée, les sympathisants sont déchaînés, ils tapent sur les carreaux, grimpent sur le capot. La police lui dégage une issue. Mandela se dirige vers le quartier indien où habite son ami l’avocat Dullah Omar.
La sécurité de l’ANC débordée
Sur la place, la foule s’impatiente. Elle était arrivée tôt le matin, il faisait une chaleur écrasante, il n’y avait pas de toilettes, pas d’eau, et toujours pas de Mandela ! L’archevêque Desmond Tutu annonce que Mandela s’exprimera finalement dans le quartier de District Six et il emmène des centaines de personnes avec lui. Un subterfuge pour vider la place et rétablir l’ordre. Cela lui vaudra quelques coups, infligés par ceux qu’il avait dupés.
La police avait proposé de prendre en charge la sécurité de Nelson Mandela. « Nous avions refusé, explique son camarade Mac Maharaj, nous voulions que Mandela soit libre de ses mouvements et indépendant pour son premier jour de liberté, et surtout pas entouré de policiers blancs ! » Mais les responsables de la sécurité de l’ANC sont débordés. Des voyous se mettent à piller des magasins, ils agressent des femmes, il y aura même un mort. Des rastafaris pénètrent dans l’hôtel de ville et donnent encore plus de fil à retordre aux organisateurs de la cérémonie.
Et puis il faut s’occuper de Jesse Jackson. Le révérend américain noir souhaitait absolument accompagner Mandela au balcon. On lui explique que c’est impossible mais il ne veut rien entendre. Son garde du corps saisit même Johnny de Lange, aujourd’hui député de l’ANC, à la gorge. Finalement Jackson renonce. Mandela arrive enfin. Il se présente au balcon, lève le poing, et crie à la foule « Amandla », elle répond « Ngawethu », le pouvoir est à nous !

Nicolas Champeaux - RFI

Une conscience noire dans les geôles de l’apartheid

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Nelson Mandela, leader de l’ANC, le Congrès national africain, en 1961. AFP

En retrouvant la liberté, un dimanche, le 11 février 1990, Nelson Mandela a recouvré un destin, dans le droit fil du mythe qu’il était devenu en 27 ans de prison.« Malgré mes soixante-et-onze ans, j’ai senti que ma vie recommençait. Mes dix mille jours de prison étaient finis », écrivit-il plus tard dans son auto-biographie, Long Walk to Freedom. Cette deuxième vie serait celle d’un président de la République arc-en-ciel et d’une autorité morale universelle. La première aura été celle d’un freedom fighter, un combattant de la liberté, un adepte de la non-violence conduit à la lutte armée par la ségrégation raciale, un « terroriste » au temps où l’idéologie de l’apartheid s’affichait comme ligne de défense de l’Occident travaillé par la guerre froide, un « communiste » (qu’il n’a jamais été) dans une Afrique du Sud où même le nationalisme était white only, réservé aux Afrikaners, les « Africains » blancs de souche boer.

Nelson Rolihlahla Mandela est né le 18 juillet 1918 dans le village de Qunu, près d’Umtata, au Transkei. Il appartient à une lignée royale Xhosa du clan Madhiba, dont le nom a désormais fait le tour du monde comme raccourci affectueux pour désigner le fils de Henry Mgadla Mandela, un chef Thembu qui le laisse orphelin à 12 ans. Envoyé à la cour du roi, Rolhlahla se prépare à assurer la succession à la chefferie, à l’école des pasteurs méthodistes d’abord, puis, en 1938 à l’University College for Bantu de Fort Hare, seul établissement secondaire habilité à l’époque à recevoir des « non-Blancs ».

Nationalisme et pacifisme
Les fondateurs blancs de Fort Hare entendaient former une élite noire capable de servir leur dessein colonial. Mais face à la conjugaison d’esprits éveillés, l’épreuve de la réalité étant la plus forte, l’université « bantoue » s’est transformée en pépinière du nationalisme d’Afrique australe, d’où sortirent notamment les frères ennemis zimbabwéens Joshua Nkomo et Robert Mugabe ou le « père de la Nation » zambienne, Kenneth Kaunda.
Derrière les expériences propres à chacun des jeunes gens se profilent des peuples déchus de leurs droits de citoyens et confinés dans la misère par une barrière de couleur défendue par les pouvoirs blancs, un fusil à la main et une bible dans l’autre. Les colons ont fait de l’identité noire une condition sociale. Une conscience noire est en gestation. Reste à trouver les armes pour la défendre. A Fort Hare, Mandela discute de l’enseignement du Mahatma Ghandi (né en Afrique du Sud) avec son meilleur ami, Oliver Tambo (mort le 24 avril 1993). Convaincu des vertus de la non-violence, il découvre aussi, non sans scepticisme, les thèses marxistes introduites clandestinement dans les chambrées studieuses par le South african communist party (SACP), interdit.
En 1940, Mandela et Tambo sont chassés de Fort Hare après avoir conduit une grève pour empêcher que le Conseil représentatif des étudiants soit transformé en simple chambre d’enregistrement. Il finira ses études par correspondance. Pour les financer, il se fait embaucher, en 1941, comme vigile aux Crown Mines de Johannesburg. Le choc est violent dans l’univers minier du développement séparé où la richesse des Blancs ruisselle dans la sueur et le sang des Noirs. Nelson Mandela a 23 ans, une stature de boxeur. Servir l’ordre économique de la ségrégation raciale en maniant la chicotte, le jeune homme entrevoit le privilège douteux que sa naissance lui réserve. Quelques mois plus tard, une rencontre avec Albertina, l’épouse d’un militant de la cause noire, Walter Sisulu, fait bifurquer son destin. Walter Sisulu l’emploie dans sa petite agence immobilière, lui paye des cours de droit et le place dans un cabinet d’avocats blancs, des juifs communistes opposés à la ségrégation raciale.
Programme d’action unitaire
Oliver Tambo a rejoint son ami Mandela à Johannesburg, comme professeur de mathématiques. Les jeunes gens épousent des collègues infirmières d’Albertina Sisulu. Ils partent s’installer dans la township d’Orlando où leur rencontre avec l’instituteur zoulou Anton Lembede sera déterminante. En effet, après l’instauration de la discrimination raciale qui fonde le « développement séparé », concocté après la guerre des Boers (contre l’imperium anglais) en 1902, au lendemain de l’institution, en 1911, du « colour bar » qui limite le droit au travail des non-Blancs, ces derniers ont entrepris d’organiser une résistance. Dans les années quarante, elle paraît bien essoufflée. Anton Lembede, Nelson Mandela, Walter Sisulu et Oliver Tambo vont tenter de ranimer la flamme et de lui donner des couleurs nationalistes en créant, en 1944, une ligue de la jeunesse au sein de l’ANC dirigé alors par le docteur Alfred Xuma.
Fondé à Bloemfontein en 1912, l’African native national congress (ANNC) avait abandonné son initiale coloniale « native » (indigène), en 1923, pour devenir ANC. Largement inspiré par les idées légalistes du promoteur de l’émancipation des Noirs américains, Booker T. Washington, l’ANC avait entrepris d’informer la communauté noire sud-africaine sur ses droits ou ce qui en restait, faisant aussi campagne, par exemple, contre la loi sud-africaine sur les laissez-passer. Mais les revendications de l’ANC avaient fini par s’user sur la soif de respectabilité de ses dirigeants et sur la violence de la répression du pouvoir blanc. Avec la ligue de la jeunesse, la Youth League, l’ANC prend un tournant qui lui permet d’avoir une action efficace, lors des grandes manifestations de mineurs en 1946 et 1949. Mandela est élu secrétaire général de la ligue en 1947, puis président peu après.
En 1949, l’ANC adoptera le programme d’action de la Youth League qui réclame « la fin de la domination blanche ». Entre temps, le Parti national (PN), au pouvoir à Pretoria depuis 1948, a érigé l’apartheid en idéologie et en programme de gouvernement. Albert Luthuli (prix Nobel de la paix en 1960) préside l’ANC.
En 1951, Tambo et Mandela sont les deux premiers avocats noirs inscrits au barreau de Johannesburg. L’année suivante, ils ouvrent un cabinet ensemble. En 1950, les principales lois de l’apartheid ont été adoptées, en particulier le Group areas act qui assigne notamment à « résidence » les Noirs dans les bantoustans et les townships. Le Supression communist act inscrit dans son champ « anti-communiste » toute personne qui « cherche à provoquer un changement politique, industriel, économique ou social par des moyens illégaux ».
Bien évidemment, pour l’apartheid il n’y a pas de possibilité de changement légal. Mais en rangeant dans le même sac nationalistes, communistes, pacifistes et révolutionnaires, il ferme la fracture idéologique qui opposait, justement, ces derniers au sein de l’ANC. Pour sa part, Nelson Mandela rompt avec son anti-communisme chrétien intransigeant pour recommander l’unité de lutte anti-apartheid entre les nationalistes noirs et les Blancs du SACP.
Désobéissance civile et clandestinité
Elu président de l’ANC pour le Transvaal et vice président national de l’ANC, Nelson Mandela est également choisi comme « volontaire en chef » pour lancer en juin 1952 une action de désobéissance civile civile de grande envergure à la manière du Mahatma Ghandi, la « défiance campaign », où il anime des cohortes de manifestants descendus en masse dans la rue. La campagne culmine, en octobre, contre la ségrégation légalisée et en particulier contre le port obligatoire des laissez-passer imposé aux Noirs. Tout un arsenal de loi sur la « sécurité publique » verrouille l’état d’urgence qui autorise l’apartheid à gouverner par décrets. Condamné à neuf mois de prison avec sursis, le charismatique Mandela est interdit de réunion et assigné à résidence à Johannesburg. Il en profite pour mettre au point le « Plan M » qui organise l’ANC en cellules clandestines.
La répression des années cinquante contraint Mandela à faire disparaître son nom de l’affiche officielle de l’ANC mais ne l’empêche pas de participer en 1955 au Congrès des peuples qui adopte une Charte des Libertés préconisant l’avènement d’une société multiraciale et démocratique. Le Congrès parvient, en effet, à rassembler l’ANC, le Congrès indien, l’Organisation des métis sud-africain (SACPO), le Congrès des démocrates -composé de communistes proscrits depuis 1950 et de radicaux blancs- ainsi que le Congrès des syndicats sud-africains (SACTU). Le 5 décembre 1956, Nelson Mandela est arrêté avec Walter Sisulu, Oliver Tambo, Albert Luthuli (prix Nobel de la paix 1960) et des dizaines de dirigeants du mouvement anti-apartheid. Ils sont accusés, toutes races et toutes obédiences confondues, de comploter contre l’Etat au sein d’une organisation internationale d’inspiration communiste. En mars 1961, le plus long procès de l’histoire judiciaire sud-africaine s’achève sur un non-lieu général. L’ANC estime avoir épuisé tous les recours de la non-violence.
Le 21 mars 1960, à Sharpeville, la police de l’apartheid transforme en bain de sang (69 morts et 180 blessés) une manifestation pacifique contre les laissez-passer. L’état d’urgence est réactivé. Des milliers de personnes font les frais de la répression terrible qui s’ensuit dans tous le pays. Le 8 avril, l’ANC et le Congrès panafricain (le PAC né d’une scission anti-communiste) sont interdits. Cette même année de sang, Nelson épouse en deuxièmes noces Winnie, une assistante sociale, et entre en clandestinité. En mai 1961, le succès de son mot d’ordre de grève générale à domicile, « stay at house », déchaîne les foudres de Pretoria qui déploie son grand jeu militaro-policier pour briser la résistance. En décembre, l’ANC met en application le plan de passage graduel à la lutte armée rédigé par Nelson Mandela. Avant d’en arriver à « la guérilla, le terrorisme et la révolution ouverte », Mandela préconise le sabotage des cibles militaro-industrielles qui, écrit-il, « n’entraîne aucune perte en vie humaine et ménage les meilleures chances aux relations interraciales ».
Sabotages et lutte armée
Le 16 décembre 1961 des explosions marquent aux quatre coins du pays le baptême du feu d’Umkhonto We Sizwe, le « fer de lance de la Nation », la branche militaire de l’ANC. D’Addis-Abeba en janvier 1962 où se tient la conférence du Mouvement panafricain pour la libération de l’Afrique australe et orientale, à l’Algérie fraîchement indépendante d’Ahmed Ben Bella où il suit une formation militaire avec son ami Tambo, Nelson Mandela sillonne l’Afrique pour plaider la cause de l’ANC et recueillir subsides et bourses universitaires. Le pacifiste se met à l’étude de la stratégie militaire. Clausewitz, Mao et Che Guevara voisinent sur sa table de chevet avec les spécialistes de la guerre anglo-boers. A son retour, il est arrêté, le 5 août 1962, grâce à un indicateur de police, après une folle cavale où il emprunte toutes sortes de déguisements. En novembre, il écope de 5 ans de prison pour sortie illégale du territoire, mais aussi comme fauteur de grève. Alors qu’il a commencé à purger sa peine, une deuxième vague d’accusations va le clouer en prison pour deux décennies de plus. Les services de l’apartheid sont parvenus à infiltrer l’ANC jusqu’à sa tête. Le 11 juillet 1963, les principaux chefs d’Umkhonto We Sizwe tombent dans ses filets. Avec eux, dans la ferme de Lilliesleaf, à Rivonia, près de Johannesburg, la police de Pretoria met la main sur des kilos de documents, parmi lesquels le plan de passage à la lutte armée signé Mandela. Le 9 octobre 1963, il partage le banc des accusés du procès de Rivonia avec sept compagnons : Walter Sisulu, Govan Mbéki dit Le Rouge (le père du futur président sud-africain Thabo Mbeki), Raymond Mhlaba, Elias Mtsouledi, Andrew Mlangeni, Ahmed Kathrada, Denis Goldberg et Lionel Bernstein.
En avril 1964, Mandela assure lui-même sa défense en une longue plaidoirie où il fait en même temps le procès de l’apartheid. « J’ai lutté contre la domination blanche et contre la domination noire. J’ai défendu l’idéal d’une société démocratique et libre dans laquelle tous les individus vivraient ensemble en harmonie et bénéficieraient de chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et que j’espère voir se réaliser. C’est un idéal pour lequel, s’il le faut, je suis prêt à mourir », dit-il avant d’accueillir sans ciller le verdict attendu de l’apartheid, la prison à perpétuité pour tous, à l’exception de Bernstein, acquitté. Conformément aux principes de la ségrégation raciale, le Blanc Denis Goldberg est incarcéré à Pretoria. Les autres prennent le ferry qui les conduit au bagne de Robben-Island, au large du cap « de Bonne espérance ». Mandela y restera dix-huit ans, jusqu’en avril 1982 où il est transféré secrètement dans le quartier de haute sécurité de la prison de Pollsmoor, à vingt kilomètres du Cap. Son régime de détention sera bien plus tard allégé, l’apartheid tentant de le récupérer en vain plusieurs fois, jusqu’à ce que le plus ancien prisonnier de conscience du monde, Nelson Rolihlahla Mandela, « Madiba », arrache la liberté de construire la nation arc-en-ciel de ses vœux, le 11 février 1990.

Monique Mas - RFI

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