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Opinion

Quelles réformes pour quelle démocratie et pour quels lendemains nous promet- t-on ?

par Laclé Djidjogbé Anani , le 17 juillet 2007

Une année bientôt après la signature du fameux Accord Politique Global APG en abrégé, les mouvances politiques togolaises en l’occurrence l’opposition s’il en existe encore UNE à part l’Union des Forces de Changement (UFC), peinent encore à trouver une solution à la dictature clanique qui détruit à feu et à sang la paisible et pacifique population togolaise. La dictature togolaise réputée être la plus ancienne en Afrique relègue le Togo au dernier rang ne serait-ce que sur le plan du développement économique dans la sous-région Ouest africaine. Que faut-il faire ? Croire en ce gouvernement dit « d’union nationale » qui est privé de tout son pouvoir d’action sans le moindre budget convenable serait une entreprise vraiment suicidaire pour le peuple togolais qui a déjà assez souffert. Dans ce cas il vaudrait mieux vivre seul que mal accompagnés par des individus sans scrupule, gagnés par une cupidité qu’on ne leur connaissait pas.

La question fondamentale que se posent presque tous les togolais aujourd’hui est de savoir si le menu « Elections législatives » qu’on nous affiche depuis plusieurs mois déjà nous serait servi et avec quel goût ? Un goût certainement amer puisque cette volonté politique du régime en place dont on nous a assez parlé lors de la signature de l’ APG n’est aujourd’hui qu’un leurre.

Qu’on nous parle de réformes par-ci et de réformes par- là, hautement médiatisées pour s’attirer certaines grâces, c’est bien ; mais il reste à savoir de quelles façons ces réformes sont-elles faites, et si elles respectent l’esprit de l’APG. Pour ma part, ces réformes à leurs stades actuels et de la manière dont elles sont engagées, ne seraient pas vitales pour notre démocratie togolaise pour des raisons aussi simples que voici : La composition actuelle de la cour constitutionnelle, institution fondamentale dont on ignore pas le rôle de complice dans l’usurpation des précédents résultats électoraux au Togo, n’a pas l’approbation des grandes formations politiques en l’occurrence l’Union des Forces de Changement (UFC) principal parti d’opposition de Gilchrist Olympio et vainqueur des élections de 1998, 2003 et 2005. Certains partisans même du gouvernement dit « d’union nationale », par exemple la CDPA de M. Léopold Gnininvi dénoncent tout haut cette réforme de la cour constitutionnelle pendant que ses collègues qui se sont pris intimement dans la spirale politico-gouvernementale du RPT le pensent tout bas sans avoir le choix de se prononcer. Par ailleurs, en ce qui concerne la prétendue réforme de l’armée togolaise, la démonstration n’est plus à faire puisqu’elle demeure ce qu’elle était avec des recrutements qui viennent grossir son effectif déjà pléthorique, alors que dans le secteur productif que représente la société des phosphates de Kpémé et Hahotoé il est prévu pour le mois d’Août 2007 un licenciement de près de 1000 braves et honnêtes employés au nom d’un quelconque redressement après que M. Patassé Kpanlou (surtout) et ses prédécesseurs au service du régime RPT aient plongé cette société dans la crise qu’elle connaît aujourd’hui. Ces scénarios de licenciement se déroulent sous le regard impuissant du ministre des mines et de l’énergie que représente M. Léopold Gnininvi qui n’avait même pas été convié au remaniement du conseil d’administration de ladite société qui dépend de son ministère. Et comme par surprise c’est l’ex-premier ministre du gouvernement responsable des tueries d’Avril 2005 M. Koffi Sama qui est à la tête du conseil d’administration de la Nouvelle Société des Phosphates du Togo (NSPT, nouvelle dénomination après la CTMB, OTP et IFG-Tg). Dans une logique déductif, M.Faure Gnassingbé continue à remercier tout tranquillement les oppresseurs du peuple togolais pour lui avoir permis d’accéder au pouvoir de la façon dont on connaît après le décès de son père.

C’est ça le gouvernement d’union nationale auquel participent nos illustres opposants MM. Léopold Gnininvi et Yawovi Agboyibo . Il est grand temps qu’ils comprennent que ce n’est pas de ce changement que souhaitent les togolais.
Quelles transparences nous promet-on alors pour les élections législatives prochaines ? on n’est pas dupe. Le remplacement des préfets garants de la sécurité et du bon déroulement des élections n’est pas effectif. Nous savons tous que ces préfets sont aussi responsables de l’acheminement des résultats des élections tant présidentielles que législatives et par conséquent, les revendications à travers les multiples manifestations de rue des populations en cas de fraudes électorales les visent en premier , et qu’à leur tour, ils usent le moment venu des moyens de répression armée mis à leur disposition par le pouvoir pour terroriser une population qui réclame sa victoire volée. Dans notre processus actuel , la gestion de la préfecture demeure une lourde responsabilité qui incomberaient à des âmes nouvelles plus compétentes et représentatives des grandes formations politiques plutôt qu’aux anciens préfets bourreaux du RPT . Ces derniers sont malgré tout le souhait des togolais de les voire partir, maintenus à leurs postes par M. Faure Gnassingbé, dans son semblant de réforme comme pour se protéger de quelque chose. Il est tout à fait notoire que ces préfets sont lourdement responsables des événements douloureux survenus au Togo avant et après les mascarades électorales d’Avril 2005 qui ont porté M. Faure Gnassingbé au pouvoir après le décès de son dictateur de père M. Eyadéma Gnassingbé ; donc il semble absurde et d’un ton moqueur à l’égard des togolais que ces mêmes personnes soient retenues pour des tâches aussi importantes. C’est d’ailleurs dans la perspective de remédier à ces problèmes que les réformes devraient être engagées pour respecter l’Accord Politiques Global mais encore une fois le consensus n’est plus au rendez-vous. C’est honteux que dans notre pays, une équipe qui gagne on la renvoie, et celle qui perd à tous les coups on la garde pour ses mauvais services. Bravo au clan Gnassingbé qui a le monopole de cette méthode de gouvernement. Il est temps que ça change.

Cette fois encore on veut bien y croire mais on a vite déchanter car dans le fond rien ne nous permet dans la manière de ce gouvernement d’union national de s’accrocher à un tant soit peu espoir pour l’avenir de la démocratie togolaise.

Qui a dit que M. Faure Gnassingbé incarnait le changement dans le camp de son père défunt, et que pour lui, l’intérêt du peuple primera sur celui du groupe mafieux qui compose sa cour ? « Chassé le naturel, il revient au galop », la forme sinusoïdale de la politique du RPT, le peuple togolais en a la maîtrise depuis quelques années et rien ne nous surprend dans ce dilatoire dans lequel il nous embarque encore pour pérenniser la dictature instaurée par le feu Gnassingbé Eyadéma. Ils commettent des bavures, des crimes, des tueries, des emprisonnements, des tortures et à la suite, ils nous font des discours de réconciliation nationale et signent des accords avec l’opposition ; juste des gestes d’hypocrisie pour calmer la population et les institutions internationales et lorsque des nouvelles échéances électorales arrivent, ils nous reproduisent les mêmes scénarios pour se maintenir au pouvoir en s’investissant encore et toujours dans les interminables dialogues nationaux et en signant des accords baptisés de différentes façons qui ne seront jamais appliqués avec l’opposition qui, à chaque fois s’embarque dans le jeu. C’est ainsi que va notre République Togolaise et c’est ainsi que nous en sommes aujourd’hui au 11ème dialogue qui vise comme les précédents, la résolution de la crise togolaise .il y a eu :
- la commission des 109 en Novembre 1990 après les mouvements du 05 Octobre 1990,
- les dialogues du FAR de février à avril 1991,
- la commission préparatoire de la conférence nationale proclamée souveraine en mai-juin 1991,
- la conférence nationale souveraine , en juillet 1991,
- la commission mixte paritaire en juillet 1992,
- la conférence de Colmar (France) en février 1993,
- les pourparlers Ouaga I et Ouaga II au Burkina-Faso de mars à juillet 1993,
- les conférences de Paris et de Lomé sanctionnées par l’Accord Cadre de Lomé (ACL) en juillet 1999,
- les travaux du Comité Paritaire de Suivi de l’ACL de 1999 à 2001,
- les 22 engagements pris par les partis politiques et le gouvernement de Koffi Sama à Bruxelles en Avril 2004,
- et maintenant l’Accord Politique Global (APG) de Ouagadougou au Burkina-Faso.

Nous sommes convaincus qu’un seul de ces accords et n’importe lequel de par leur contenu suffisait pour résoudre la crise togolaise mais le manque de volonté politique du régime en place a rendu irréalisable tous ces projets avec les conséquences néfastes que nous connaissons aujourd’hui pour notre pays.

A la veille de ces élections législatives, rien n’est fait pour juger les auteurs des crimes au moment des élections présidentielles d’Avril 2005 et les conditions de transparence qu’on nous vante par la seule utilisation de ces fameux kits de recensement ne suffisent pas à mettre en confiance les togolais surtout quand on sait que, quelques manipulations des experts en informatique suffiraient pour satisfaire les esprits fraudeurs que représentent le RPT et ses militants car dans la réalité la transparence serait synonyme d’échec pour ce parti au pouvoir depuis 40ans. L’ex- président de la république du Mali M. Alpha Omar Konaré le disait bien au lendemain de la prise du pouvoir par M. Faure Gnassingbé suite au décès de son père Eyadéma que « si Faure reste, il n’organisera pas des élections libres et transparentes ». Depuis Avril 2005 M. Konaré avait eu raison et aujourd’hui il a toujours raison.

Au vu de tout ce qui se passe dans notre pays , il urge de préciser que le chemin est encore long à parcourir et les togolais se doivent d’être plus courageux , plus fermes, et plus engagés car c’est de la force collective et non individuelle que viendra le changement et l’UFC est le seul parti d’opposition, à mon humble avis qui incarne aujourd’hui cette force dans laquelle tous les togolais adeptes du changement doivent se reconnaître pour un Togo libre et démocratique.

Que Dieu bénisse le Togo.

Laclé Djidjogbé Anani

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