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Portrait

Sylvanus Kwami Ephiphanio Olympio

par UFCTOGO.COM , le 5 septembre 2002

Si Sylvanus OLYMPIO, Premier Président de la république togolaise, démocratiquement élu, vivait encore, il aurait eu 100 ans, le vendredi 6 septembre 2002. Dans tout pays digne de ce nom, un tel événement mérite célébrations officielles. Comme de telles célébrations n’ont pas lieu, de nombreux patriotes et démocrates entendent marquer cet anniversaire par quelques lignes en guise d’hommage à ce patriote visionnaire, père de l’indépendance du Togo.

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Sylvanus OLYMPIO est né, le 6 septembre 1902, à Lomé. Il a fait ses études primaires et secondaires, en allemand, en anglais et en français. Il poursuivra ses études supérieures à Londres à la London School of Economics (LSE) de l’Université de Londres.

Engagé à la UAC (United Africa Company) du grand groupe Unilever, il travaille d’abord à Lagos au Nigéria, puis à Accra, ( Ghana, à l’époque Gold Coast). En 1938, Il est nommé à la direction de la UAC à Lomé au Togo.

Pendant la 2ème guerre mondiale, les autorités de Vichy le font arrêter et interner à Djougou, (au Bénin, à l’époque Dahomey), en raison de ses sentiments et activités en faveur des Alliés.

En 1941, il fonde le parti : Comité de l’Unité Togolaise, (CUT) avec plusieurs de ses compatriotes dont les noms suivent.

Théophile W. TAMAKLOE, Augustino de SOUZA, Fio Frédéric BODY-LAWSON V, chef ATCHIKITI d’Atakpamé , Chef Palanga de Lama-Kara, Jonathan Savi de Tové, William Quashie, d’Aného Pasteur Robert D. BAETA, Chef Ata Quam-Dessou d’Aného, Fio Agbano II de Glidji, Jonathan SANVEE, Michel SEGLA, chef Frico d’Akposso nord, Fia Koffi Apéto II de Kpalimé, Chef Tiagodémon de Kparatao, Chef Issaka de Tchamba, chef Bagana de Bafilo, chef Abété de Sotouboua, Chef Dobli de Korbongou, Chef Nambiéma de Mango, chef Birégah de Niamtougou, Chef Banté de Bassar.

Le CUT remporte les élections de 1946 à l’Assemblée Représentative du Togo (ART) et naturellement Sylvanus OLYMPIO sera élue président de ladite Assemblée.

Malgré les intimidations, la répression et la fraude lors des élections de 1951, Sylvanus OLYMPIO ne désarma pas. Avec de nombreux compatriotes, il se rend souvent à New York, aux diverses sessions de l’ONU, pour défendre la cause de l’indépendance du Togo.

Ses efforts ainsi que ceux de la très grande majorité de ses compatriotes seront couronnés de succès par la victoire aux élections de 1958. Et, c’est contraint et la mort dans l’âme, que Georges Spénal, Gouverneur représentant la France, lui fit appel pour former le gouvernement qui devait conduire le Togo à la souveraineté internationale, le 27 avril 1960.

Très tôt, il engagea une politique de formation de cadres, de modernisation et d’industrialisation du pays : construction de l’Hôtel Le Bénin, construction de l’usine textile de Datcha, le barrage hydroélectrique de Kpimé, le Port Autonome de Lomé, etc., augmentation substantielle des collèges d’enseignement et des centres de formation professionnelle, etc. .

La pertinence de sa perception des problèmes tant nationaux qu’internationaux, les propositions qu’il formulait pour les résoudre étaient remarquables. Lors de sa première visite à Washington en 1961, en tant que chef d’Etat, il subjugua les journalistes par la finesse de son intelligence et le brio de ses repartis, lors de l’émission "Sylvanus Olympio meet the press"

Opposé à la guerre froide il était un dirigeant très écouté parmi les pays non alignés et comptait parmi ses pairs, Nasser, Tito, Tubman etc.

Dirigeant pragmatique, ferme partisan de l’Unité africaine, mais opposé à tout dogmatisme, Sylvanus OLYMPIO militait pour l’existence d’Etats africains économiquement viables avant de les voir fédérés dans un grand ensemble.

C’est à la veille d’une importante réunion sur l’Organisation de l’Unité Africaine en projet, qu’il a été froidement assassiné le 13 janvier 1963, au petit matin.

Près de quarante ans après la disparition tragique de Sylvanus Olympio, sa stature reste toujours vivace au Togo, en Afrique et dans le monde.

Son ombre continue de planer sur les affaires internationales, notamment celles des pays francophones d’Afrique, car c’est l’homme qui a compris très tôt, le fonctionnement du néocolonialisme dans les pays francophones d’Afrique et " ne souhaitait pas qu’au colonialisme succède un néocolonialisme encore plus pervers..., cela lui coûtera très cher." ( Entretien avec M. X, émission de France Inter, de Patrick Pesnot).

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