Mondialisation

Produits chinois en Afrique : Péril jaune sur le continent noir ?

par L'Observateur Paalga (Burkina) , le 7 août 2009, publié sur ufctogo.com

 

Lundi 3 août 2009. Bab Ezzouar. Alger. Violents affrontements entre commerçants algériens et chinois. La rivalité commerciale que se livrent les deux communautés s’est subitement transformée ce jour-là en bataille rangée. L’étendue des dégâts témoigne de la profondeur du ressentiment des marchands locaux face à la déprime de leurs affaires dans un marché où le made in China se porte, en revanche, comme un charme. A Dakar comme à Yaoundé, pareilles protestations, plus ou moins houleuses, ont rassemblé bien des manifestants contre le péril jaune.

Un péril, s’il en est vraiment, aujourd’hui économique du fait de la mondialisation, mais hier idéologique sous l’ère de la bipolarisation. Alain Peyrefitte, et bien avant lui, Napoléon 1er, prophétisait : « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera ».

Eh bien, le Dragon s’est réveillé de son sommeil multiséculaire et aucun pays ne semble résister à sa marche triomphale vers le cénacle des superpuissances planétaires. Puissance à la fois démographique, économique, commerciale, financière, spatiale, diplomatique et militaire, l’empire du Milieu monte, monte et monte. Au point d’imposer un nouvel ordre mondial.

Certes, les pays africains, dans le contexte actuel marqué, comme on le sait, par la globalisation, l’âge d’or du libéralisme économique, subissent la concurrence internationale avec tout ce qu’elle comporte parfois comme iniquité, déloyauté, et autres diktats des grands. Des manquements aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et pour lesquels la Chine fait office de championne olympique.

Peu soucieux des droits des travailleurs, l’atelier du monde emploie dans ses nombreuses usines, actuellement en plein régime, des ouvriers et des cadres payés loin en deçà de la valeur réelle de leur travail. Résultat : il parvient à minimiser les coûts de production, donc inonde le marché international de produits défiant toute concurrence.

Champion de la copie, le pays du Gyang-Tse inonde nos villes et villages de produits africains contrefaits allant du textile aux objets d’art en passant par la pharmacopée. Il n’est pas jusqu’au secteur du travail du sexe qui ne subisse les assauts des belles de nuit chinoises dont le savoir-faire a mis au chômage technique bien des péripatéticiennes locales dans certaines villes africaines.

Face à cette invasion, que peuvent bien faire nos Etats dont la production nationale, il faut le reconnaître, est loin de couvrir les besoins d’une population sans cesse croissante ? Rien ou presque. Mais de là, par esprit de chauvinisme primaire, à s’en prendre, comme ce fut le cas à Alger, aux descendants des « Fils du ciel » pour dumping, c’est une attitude qui n’est plus ni moins qu’une manifestation de la politique du bouc émissaire.

Si le made in China prospère sous nos contrées, c’est qu’il y a rencontré une demande forte, pressante et croissante. Si les exportations chinoises à destination du continent noir évoluent à un rythme géométrique, c’est que l’empire du Milieu a su adapter son offre au faible pouvoir d’achat de consommateurs, portée du fait de la vie chère vers les produits les moins chers.

C’est la dure loi du marché. C’est la rançon de la mondialisation. Les Africains n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes et surtout à leurs dirigeants dont les seuls projets de société se résument à la perpétuation au pouvoir. Si péril il y a sur le berceau de l’humanité, il n’a qu’un seul nom : mal gouvernance.

Par Alain Saint Robespierre

 

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