Elections 2010

Présidentielle du 04 mars : Comment le RPT et la CENI ont fabriqué la « victoire » éhontée de Faure Gnassingbé

par Le Correcteur (Togo) , le 9 mars 2010, publié sur ufctogo.com

 

On voudrait bien avoir une réponse à une question comme : « M. Faure Gnassingbé, êtes-vous fier d’avoir été proclamé réélu président ? » On ne sait pas comment l’intéressé répondra,

mais on peut présager qu’il lui sera très facile de donner la réponse que veulent ceux qui l’ont aidé à s’imposer à la tête du Togo en se montrant plus cruel et plus impertinent que Ali Bongo fils de Bongo Ondimba. Ce dernier en effet s’est contenté de 41% des suffrages puisque le scrutin étant à un tour, ce taux suffisait pour son bonheur. Au Togo cependant, le ridicule a été poussé jusque dans le dernier espace de son aire : la CENI clochardisée de Taffa Tabiou et des godillots du genre Homawoo ont « donné » 60, 92% des suffrages exprimés sans que le conditionné Tabiou soit capable de trouver les mots justes pour le justifier, lui qui est incapable de faire la fierté de sa progéniture en se montrant aussi veule et manipulé, incapable de respecter les règles de conduite de l’institution qu’il dirige. De sorte que la « victoire » du fils d’Eyadèma, Faure Gnassingbé n’est ni plus ni moins qu’une vaste comédie digne des ères stalinienne et hitlérienne.

Des chiffres pour se moquer des Togolais

Les chiffres publiés par la commission électorale frisent le ridicule. Ils paraissent au-delà de toute réalité et sont simplement invraisemblables. Si l’objectif visé est de montrer que les Togolais dans leur grande majorité sont acquis à la cause du président Faure Gnassingbé et lui font confiance, il faut avouer que cet objectif ne peut être atteint car la manière est maladroite.

Le pourcentage des 60,92 n’est pas trop loin de celui de 2005 quand à l’issue d’un imbroglio tragique et impudique on a parachuté à la tête du pays le fils d’Eyadèma, le dictateur mort quelques temps plus tôt. Cela veut dire qu’on voudrait insinuer qu’en cinq ans, rien ne s’est produit qui puisse autoriser les Togolais à vouloir d’autres têtes. Cela suppose également qu’on présente les citoyens de ce pays comme des trisomiques, des mongoliens et des briques de quinze qui ne sauraient pas distinguer une perle de l’or, ou qui préféreraient la premier au second.

Les chiffres de la CENI sont ainsi une injure à l’intelligence togolaise. Ils tentent à faire croire que 2005 relève du passé, d’un passé lointain oublié et capitalisé au profit du président, premier bénéficiaire de la chienlit d’alors. Cela est invraisemblable et ce sera tant pis pour ceux qui y croiraient. Si d’aventure les concernés se taisent, ce ne serait point parce que le temps a emporté et rasé cela de leur mémoire mais bien parce qu’ils ne veulent plus servir de chair à canon pour les zélés de la police, de la gendarmerie et de l’armée, tous acquis au pouvoir inique et oppresseur. Peut-on imaginer que les Juifs ont oublié la Showa au point de voter pour les partis d’extrême droite ? Peut-on se permettre de penser que les Noirs d’Afrique du Sud aient tiré un trait sur vingt trois ans de brimade et d’humiliation pour accorder leurs suffrages aux partis blancs ? L’histoire est têtue et elle fait les choses de telle sorte que les victimes n’oublient jamais, même si les bourreaux sont pressés de le faire.

Les Togolais ne sont pas si inconséquents pour ranger aux oubliettes la mémoire de 500 des leurs qui ont été sauvagement sacrifiés sur l’autel du pouvoir par Faure Gnassingbé. A quoi servent les excuses s’il faut reprendre le même affront autrement emmailloté ? La volonté du RPT est maléfique et manque de respect pour le Togo. Donner Faure Gnassingbé vainqueur est une chose ; encore faut-il le faire en respectant la mémoire de ceux qui sont tombés et dont le sang a nourri les sillons de son pouvoir. Le pourcentage de 60,92 nous paraît alors une grave injure au Togo. On s’est moqués de nous, on se contrefiche de nos larmes et de nos cicatrices encore ouvertes. Après une présidentielle aussi calamiteuse, aucun peuple raisonnable ne peut « plébisciter » ensuite le grand bourreau. Au Gabon, on a été moins féroce, il faut le rappeler et le préciser. La paix et la réconciliation tiennent à très peu de choses. Il suffit de les identifier et de se comporter dans le sens de la marche. Autrement, mille et une sensibilisations resteront vaines, mille et une proclamations auront le sort de cris dans le désert si chaque jour que Dieu fait, on pose des actes qui démentent toute véritable volonté de paix et de réconciliation.

Le fichier électoral : la source de tout

Comme il apparaît sans conteste que la « victoire » de Faure Gnassingbé est fabriquée de toutes pièces, il est important de souligner que le premier niveau de cette fabrication, le premier matériau dont l’usine a eu besoin, c’est le fichier électoral. Qu’il vous souvienne que les opérations de révision des listes électorales de décembre-janvier derniers ont été faites dans le désordre général savamment entretenu et managé par Taffa Tabiou l’homme en mission commandée de Pascal Bodjona. Dans la partie du pays située en deça de Blitta, rien ne marchait : le matériel de recensement tombait en panne à chaque instant s’il n’était pas purement absent. Conséquence, les électeurs potentiels n’ont pas été recensés, certains dépités, ont préféré s’occuper de leur gagne-pain plutôt que d’un pouvoir qui se révèle incapable d’organiser une révision de listes électorales. Au-delà de Blitta, tout le contraire : comme sur des roulettes, les opérations se sont déroulées avec en prime une augmentation prodigieuse du fichier électoral. Alors que le taux de croissance naturelle du pays est de l’ordre de 2,4%, on a constaté que dans des régions de cet espace, le fichier électoral a connu une évolution 20% au moins, soit un effectif supplémentaire de 82 000 personnes. En supposant que cette manipulation frauduleuse a été faite dans cinq préfectures au moins, on arrive à un total de 410 mille électeurs excédentaires

Les chiffres publiés par la CENI ont confirmé cet état de choses du moment où, en dehors de la préfecture d’Assoli, toutes les autres préfectures affichent une population électorale sensationnelle. Comme par hasard, 80 à 90% de cette population a choisi le candidat du Rassemblement du Peuple Togolais. Comme par hasard aussi, près de 75% en moyenne de tout ce monde s’est déplacé dans les bureaux de vote, sans que l’on soit sûr que c’était vraiment le cas, contre une moyenne de 50% dans l’autre partie du pays

Les votes exprimés par ces Togolais ont ainsi respecté la marge des fraudes organisées au cours du recensement électoral. C’était des voix prédéfinies pour le candidat du RPT. Dans une marge de 25% donc, le fichier électoral a été gonflé au profit du fils d’Eyadèma.

Un vote cinéma et un scénario prémédité

A l’arrivée, seuls les aveugles volontaires et tous ceux qui se sont laissés embobiner par l’argent et le gain facile, tous ceux qui refusent de réfléchir et de penser par eux-mêmes qui croient à une « victoire » de Faure Gnassingbé. En lieu et place de ce que certains appellent « la victoire un coup K.O », il y eut une vaste comédie.

Un scénario bien fignolé pour lequel on a eu besoin de l’épouvantail Yark et du godillot Tabiou. Le premier s’est chargé d’intimider et de mettre hors d’état de nuire tous ceux qui sont présentés comme des obstacles réels ou supposés du coup du 04 mars. Le second avait pour cahier de charges de gonfler le fichier et de défendre les positions des fraudeurs en imposant à ses collaborateurs ce que ses « patrons » lui ordonnaient de faire ou de ne pas faire. Après avoir lâché le verrou de l’authentification des bulletins et de leur qualité, bulletin à souche, au soir de l’ouverture de la campagne électorale, il prétexte de « problèmes techniques » pour laisser la scène au ministre Bodjona qui a parachevé le honteux scénario en faisant faire les choses le samedi dernier au Centre Togolais des Expositions et Foires Togo 2000. Que cherchait en vérité ce ministre porte-parole du gouvernement et chargé des questions politiques du RPT en un tel lieu, censé réservé à la CENI et à ses activités de centralisation et de publication des résultats ? Est-il devenu le dix-huitième membre de la CENI

De plus, à l’approche de la proclamation des résultats sortis de l’usine de Lomé II, le Colonel Yark a fait encercler et quadriller des carrefours et quartiers de Lomé. Comment savait-il que les résultats étaient en défaveur de l’opposition ? On ne peut que s’en étonner et conclure qu’il s’agit d’un scénario préétabli de sorte qu’il savait, lui, Colonel de gendarmerie et commandant de la FOSEP, que les résultats qui vont venir pourraient déplaire aux militants de l’opposition. Aussi devait-il prendre les dispositions pour les « empêcher gentiment » de faire du bruit. En outre, le vendredi des sources proches de la famille Gnassingbé et du régime RPT avaient donné les résultats exactement comme les publieront plus tard la CENI. Comment cela est-il possible quand on sait qu’à cette heure du processus, la CENI n’avait pas de données réelles et qu’il a fallu la gentillesse du gouvernement pour aller chercher par hélicoptère les présidents des CELI qui sont ensuite venus donner « leurs » résultats le samedi après-midi seulement ?

Cela laisse supposer ni plus ni moins que c’était les résultats prédéfinis par le pouvoir qui étaient ainsi diffusés dans la masse. Pour préparer les esprits à la mascarade. Tout cela fait resurgir une question : à quoi sert-il finalement de faire des élections au Togo ?

Nima Zara


Consécration d’un vieux traître à la recherche d’une retraite dorée. Jean-Claude Homawoo a signé le procès-verbal de la « victoire » de la honte

Depuis l’avènement de la lutte démocratique au Togo, certains taurillons voulant manifester leur intelligence et leur cupidité ont passé tout leur temps à trahir leurs collègues et frères. Pour de l’argent, ces taupes ont régulièrement livré à l’ennemi commun leurs camarades de lutte. On peut citer pêle-mêle Edem Kodjo, Zarifou Ayéva, Allagbé, Tchégnon, Joseph Kokou Koffigoh… Cette période faste de félonie, de malhonnêteté, de sabotage et de trahison a perduré jusqu’à la mort de celui qui a donné naissance à Faure Essozimna Gnassingbé. Ces cinq dernières années, c’est vrai qu’on a connu des dissidents dans le rang de certains partis politiques mais pas à l’échelle de ceux avant la mort de Eyadéma, l’instaurateur de la destruction continue du Togo.

Mais lamentablement, c’est le moment qu’à choisi le sieur Jean-Claude Atsu Homawoo pour rentrer cyniquement dans l’histoire. Jusqu’au bout, Homawoo a trahi l’Union des Forces de Changement (UFC) en signant le procès-verbal de la CENI qui a confirmé la réélection contestée de Faure Gnassingbé.

Homawoo, un cupide à la recherche d’une retraite dorée

« La chèvre ne broute que là où on l’a attachée » disait Seydou Badian. Cette assertion sied bien à Me Jean-Claude Fiagadzi Yao Atsu Homawoo à l’égard de son propre parti l’UFC tout au long du processus électoral ayant abouti au statu quo.

Il fait parti des trois représentants de l’UFC envoyés à la CENI où il s’est fait élire Vice-président aux côtés de Taffa Tabiou président. Pendant ce temps, Essem Améléwonou et Jean-Claude Délava Kodjo sont demeurés simples membres. Très tôt, le confrère « Flambeau des Démocrates » avait annoncé dans ses colonnes avoir surpris nuitamment Homawoo avec une malette pleine de liasses chez le ministre Akousoulélou Bodjona. Jusque-là, le suppléant de la député Mana Sokpoli se comportait bien de sorte que beaucoup n’ont pas pris au sérieux cette accusation. Mais depuis le dépôt de la candidature de Jean-Pierre Fabre à la place de Gilchrist Olympio malade, Me Homawoo a révélé son vrai visage. Sans respect pour le parti qui l’a envoyé à la CENI, il s’est catégoriquement opposé à la candidature de son Secrétaire Général et a mis à la place publique toutes les discussions internes du parti. Le comble est atteint lorsque M. Homawoo a refusé de quitter la CENI au moment où son parti dénonçant les défaillances de Taffa Tabiou demandait à tous ses représentants de se retirer provisoirement. Le vice-Président de l’UFC Patrick Lawson l’a même suspendu du parti entre temps face à son entêtement à siéger à la CENI. Au moment de la compilation des résultats des CELI, Jean-Claude Kodjo Délava claque la porte tout comme Essem Amelowonou pour dénoncer la publication des résultats sans la validation préalable de la CENI. Mais comme on pouvait s’y attendre, le 3eme représentant de l’UFC à la CENI dans un boubou inhabituel, chéchia de la traîtrise sur la tête et le visage caché par des lunettes noires, a signé honteusement le procès-verbal parachuté par hélicoptère pour la réélection sans panache de Faure Gnassingbé.

Rien qu’à voir de près son visage pâle et grabataire après avoir légitimé la misère et la souffrance des pauvres Togolais pour cinq bonnes années, Me Atsu Homawoo s’est rendu compte de son impopularité et de sa forfaiture. Que recherche tant encore Homawoo qui crie haut et fort qu’il a 64 ans ? A cet âge, on pense beaucoup à sa progéniture. Mais bizarrement à cause de son ventre, tous les Togolais épris de paix et d’alternance ont coché les Homawoo dans les annales des traitres de la lutte démocratique. Que pense aujourd’hui Jean-Claude Homawoo de son frère jumeau, de ses enfants et de ses petits enfants ?

C’est bien triste pour ce piètre avocat qui est malheureusement réparti à sa maison-mère. Faut-il le rappeler Jean-Claude Yao Fiagadzi Atsu Homawoo a été longtemps chef protocole de Gnassingbé Eyadèma et Ambassadeur du Togo au Zaïre, actuel République Démocratique du Congo. Pourquoi voulait-il rallier l’opposition alors même qu’il sait qu’il n’a pas encore fini d’amasser des fonds du pays auprès du régime destructeur du Togo ? Des thuriféraires d’une telle méchanceté et de cupidité sont à rechercher et élaguer du rang des dignes lutteurs pour l’alternance au Togo.

C’est malheureux que pour une retraite dorée, Jean-Claude Homawoo s’est illustré dans la sinistre réputation de la haute trahison.

Kokou AGBEMEBIO


La Loupe du Correcteur Le vol en héritage

« Qui vole un œuf volera un bœuf » dit un proverbe français. Les Saintes Ecritures précisent que quiconque n’est fidèle dans les petites choses ne peut l’être dans les grandes. Celui qui a pris goût à la tricherie sur les bancs de l’école, qui volait alors un œuf, ne peut que se montrer habile et indécrottable au diapason le plus élevé des affaires de la cité. Il volera alors un bœuf. L’épilogue du scrutin du 04 mars répond brillamment à cet arrière-plan allégorique ou métaphorique. On a le sentiment, mieux, la conviction que le RPT et son chef Faure Gnassingbé, aidés des hommes de main civils et militaires manifestent une grande propension au vol et à la tricherie.

Voler, tricher sont des défauts, et, jusqu’à preuve du contraire, ce sont des actes qui interpellent la conscience des hommes normaux. On baisse la tête de honte et de gêne quand on vous prend et vous accuse justement. Dans le cas du Togo, les coupables pavoisent, jubilent et regardant droit dans les yeux de l’humanité semblent leur dire : « Nous avons volé ; qu’avez-vous à en dire ? » Les défauts deviennent ainsi des qualités dont on se montre fiers ; tout au moins, on ne s’en émeut point. On organise la danse des chacals à ce sujet, contemplant le fruit de ses bassesses. Aurait-on perdu ce qui fait de nous des hommes ? Le sentiment de honte et de gêne qui a fait fuir Adam et Eve de devant Yahvé ?

Le moins qu’on puisse dire enfin, c’est que des héritages que feu Eyadèma a laissés à sa descendance biologique et politique, c’est le vol. Vol des deniers publics, protection des voleurs, vol des élections avec en prime des forces de police partiales, militantes et ébervantes. Tel père tel fils, disent les Français. Au Togo, on traduit cette équation par la métaphore de la carpe et du silure : un silure n’éclôt jamais d’un œuf de carpe, et vice versa. Malgré ses dénégations frénétiques tendant à faire croire que « lui, c’est lui ; moi, c’est moi », Faure Gnassingbé vient de donner la preuve qu’il est bien fils de son père, qu’il assume formidablement l’héritage légué par son père.

Le Togo en pleure sans doute, le Togo en suffoque à coup sûr de ce que une horde de va-t-en-guerre et de citoyens sans scrupule l’aient pris en otage, en rivalisant de scandales, d’arrogance, de méchanceté et de mépris. Le Togo paraît condamné avec cette génération qui n’a de jeune ou de nouveau que sa propension à reprendre le flambeau des tripatouillages électoraux et de l’instrumentalisation des citoyens et de la caporalisation des médias et de l’administration.

Carole AKOGOVI

 

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