Politique

Bonne gouvernance en Afrique : Les vérités de Jerry John Rawlings

par L'Observateur Paalga (Burkina) , le 15 septembre 2010, publié sur ufctogo.com

Dans le cadre des travaux du 22e congrès mondial de l’Union catholique internationale de la presse (UCIP) qu’abrite notre pays, Jerry John Rawlings, l’ancien président du Ghana, a animé une conférence sur le thème : « Comment œuvrer à l’instauration d’une bonne gouvernance dans nos sociétés ». C’était le 14 septembre 2010.

 

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Jerry John Rawlings

Après avoir pris le pouvoir par les armes, Jerry John Rawlings a amené la démocratie et le multipartisme au Ghana. Aux termes des deux mandats constitutionnels consécutifs, il s’est retiré des affaires sans céder aux sirènes du pouvoir. En programmant une conférence sur le thème « Comment œuvrer à l’instauration d’une bonne gouvernance dans nos sociétés », les organisateurs de ce congrès mondial des journalistes catholiques, en portant leur choix sur Rawlings, ont mis la main sur un conférencier de taille pour aborder cette problématique. L’ancien président ghanéen a brièvement rappelé les conditions de sa prise de pouvoir par la force à Accra. Il a déclaré que la réflexion doit être un exercice auquel on doit sans cesse se livrer, surtout dans nos pays africains.

Même s’il soutient que la prière est une bonne chose, Rawlings a estimé qu’il faut aussi souvent agir, voire perdre patience pour réaliser le changement. Ce faisant, il a rappelé l’épisode de Jésus et les marchands du temple. « Le Christ aurait pu prier pour que son Père change le comportement de ces marchands. Mais non, il n’a pas été patient. Il a pris un fouet et les a tous chassés du temple ». La leçon de cette histoire est qu’« il faut parfois user de violence pour remettre les gens sur le droit chemin ».

Recentrant davantage son intervention sur l’objet de sa conférence, il a déclaré que « la bonne gouvernance peut être instituée dans nos sociétés si nous appliquons les principes de la vérité et de la justice ». Dans ce contexte, il faut promouvoir la liberté, cette valeur qui apporte le changement et l’évolution économique et sociale. Pour le conférencier, rien dans la vie ne peut être plus constructif et plus libérateur que la vérité. Citant Ghandi, Rawlings a déclaré que « j’ai cherché la vérité dans Dieu et finalement j’ai trouvé Dieu dans la vérité ».

L’ancien chef de l’Etat du Ghana est catégorique, une société qui vit dans le mensonge ne peut qu’exploser dans la colère. C’est la raison pour laquelle il a déploré le fait que des journalistes acceptent de prendre de l’argent pour publier des mensonges. C’est d’autant plus malheureux que pour accélérer son développement économique et social, le continent a besoin que les médias jouent correctement leur rôle.

Alors, il urge que ceux des hommes de médias qui sont affectés par le cancer du mensonge rectifient le tir en revenant sur le droit chemin. Rawlings a donc invité les journalistes à travailler pour le bien-être de la société. Il les a même invités à se sacrifier à dire la vérité et à la faire triompher dans tout ce qu’ils font. Dans son intervention, le conférencier a expliqué que l’un des défis auxquels l’Afrique est confrontée découle de la manière dont les intellectuels transforment la vérité à leur avantage.

Et la langue, celle du colonisateur, est un instrument dont ils usent pour obtenir gain de cause. Pour lui, les langues étrangères sont non seulement peu maîtrisées par les populations (ce qui les empêche de comprendre et de participer activement à la vie démocratique) mais en plus, elles ne parviennent pas à traduire la beauté et les valeurs de nos traditions. A part cet obstacle, ajouté aux mensonges, Jerry John Rawlings est persuadé que la liberté et la démocratie se trouvent dans la sensibilité des populations africaines.

A la question de savoir s’il est prêt à revenir un jour au pouvoir, le conférencier a répondu par la négative et il a martelé : « Je ne reviendrai plus sur ma décision de me retirer définitivement des affaires. On a décidé qu’après deux mandats, il faut partir. C’est pour le bien du pays ». Rawlings s’est interdit de parler des présidents en exercice même s’il constate avec amertume qu’en Afrique, « il y en a qui se sont enfoncés dans le fauteuil et refusent de le quitter ».

En somme, pour le conférencier, la responsabilité, le respect, la dignité, la liberté, la vérité et la justice sont autant de valeurs qu’il faut cultiver pour une instauration de la bonne gouvernance dans nos sociétés.

San Evariste Barro

 

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