Politique

Le Togo sous tension

par L'Humanité (France) , le 8 mars 2010, publié sur ufctogo.com

 

Au Togo, les élections s’achèvent toujours mal. Hier, au lendemain de la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle organisée jeudi 4 mars, ce petit pays francophone du golfe de Guinée, habitué aux violences post-électorales, était le théâtre de nouvelles tensions.

Alors que le parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), célébrait hier une victoire acquise grâce à « une dynamique populaire », une manifestation à Lomé, la capitale, de militants de l’opposition, dénonçant « un coup d’État électoral » était violemment dispersée par des gendarmes et policiers à coups de matraque et de gaz lacrymogènes. La veille, des dizaines d’autres opposants étaient, eux, arrêtés dans plusieurs villes du pays, selon des sources policières et indépendantes.

« Un coup d’État électoral »

Les résultats provisoires publiés samedi soir par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) donnent en effet le président sortant Faure Gnassingbé, 43 ans, qui briguait un second mandat, élu avec 60,92 % des voix, contre 33,94 % pour son principal rival Jean-Pierre Fabre, 56 ans, candidat du parti historique de l’opposition, l’Union des forces du changement (UFC). Mais ce dernier qui, dès vendredi, revendiquait lui-même la victoire avec un score de 55 à 60 % des suffrages, a contesté les résultats officiels et annoncé qu’il ne « va pas se laisser faire ».

« Je ne reconnais pas la prétendue victoire de Faure Gnassingbé. Nous allons multiplier les manifestations. Nous n’allons pas nous laisser faire », a déclaré M. Fabre, dénonçant « un coup d’État électoral », allusion à l’élection initiale de Faure Gnassingbé en avril 2005. Fils du général Gnassingbé Eyadéma qui dirigea le pays d’une main de fer pendant trente-huit ans, Faure, comme l’appellent les Togolais, avait été installé par l’armée dans le fauteuil présidentiel dès la mort de son père, en février 2005. Il avait été élu trois mois plus tard lors d’une élection vivement contestée et suivie de violences qui ont fait 400 à 500 morts, selon l’ONU.

Sans une forte implication de la communauté internationale, le Togo serait alors probablement entré dans un violent conflit civil. Va-t-il l’éviter aujourd’hui ? L’ONU et l’Union européenne ont appelé hier la classe politique togolaise « à faire preuve de calme et de retenue » et leurs partisans « à éviter tout geste qui pourrait compromettre la conclusion pacifique du processus électoral ». Ancienne puissance coloniale, la France, elle, était restée mystérieusement silencieuse.

Auteur : Lemine Ould M. Salem

 

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