13 janvier

Le Togo marche droit pour le 38e anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Eyadéma

par Le Monde (France) , le 14 janvier 2005, publié sur ufctogo.com

Doyen des chefs d’Etat en Afrique (sur la scène internationale, seul Fidel Castro est plus ancien que lui), absous par Paris malgré toutes ses dérives, le président Eyadéma n’a pas l’intention de se retirer...

 

Un défilé "monstre" a été organisé, jeudi, à Lomé.

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Défilé "grandiose". Défilé "monstre". "Jamais depuis quinze ans le Togo n’avait connu pareille effervescence", affirme le portail officiel de la République togolaise sur Internet. Le fait est que jeudi matin 13 janvier, cinq heures durant, le long du boulevard du Mono qui longe l’océan, des parachutistes aux pompiers, des gendarmes aux douaniers, tout ce que Lomé, la capitale, compte d’hommes en uniforme a défilé devant le chef de l’Etat, le président Gnassingbé Eyadéma, qui célébrait le 38e anniversaire de son arrivée au pouvoir, baptisé depuis Fête de la libération nationale.

L’Association des femmes de militaires, les Associations des dissidents de l’UFC -le principal parti de l’opposition-, le Club des orphelins du 23 septembre, en référence à une tentative de putsch contre Eyadéma le 23 septembre 1986... Tous sont passés devant la tribune officielle où se tenait le chef de l’Etat, flanqué de plusieurs centaines d’invités, dont nombre d’Européens. Gants blancs, la poitrine barrée d’une écharpe aux couleurs nationales, les yeux masqués derrière des lunettes noires, le président Eyadéma, 70 ans, a salué les uns, applaudi les autres.

"L’ARBITRAIRE COMME NORME"

"Le Togo marche droit", titrait jeudi soir le site officiel. Rien de plus exact depuis ce 13 janvier 1967 qui vit Eyadéma, un lieutenant-colonel issu de la coloniale et passé par l’Indochine puis l’Algérie, prendre le pouvoir à l’issue d’un coup d’Etat. Il en avait d’ailleurs déjà un à son actif, celui de 1963, qui avait coûté la vie au père de l’indépendance du Togo, Sylvanus Olympio.

Depuis, le sergent-chef est devenu général et rien ni personne n’a eu raison de lui. Il a échappé à la mort une demi-douzaine de fois : un soldat lui a tiré dessus à bout portant ; il a manqué périr dans un accident d’avion ; à trois reprises, des hommes armés ont tenté de l’abattre... Cet homme à la carrure de lutteur, "amateur de bière chinoise", selon son entourage, en a toujours réchappé.

Ses adversaires ont eu moins de chance. A plusieurs reprises, des émeutes ont été réprimées dans le sang tandis que les dirigeants de l’opposition n’ont souvent dû qu’à l’exil d’avoir la vie sauve, à l’image de Gilchrist Olympio, le fils du premier président. "Togo : l’arbitraire comme norme et 37 ans de dictature", résumait un rapport de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), publié en 2003. Après une visite dans le pays, la FIDH dénonçait "la torture systématique dans les commissariats en toute impunité, la justice aux ordres du pouvoir, les prisons surpeuplées et les élections truquées".

Doyen des chefs d’Etat en Afrique (sur la scène internationale, seul Fidel Castro est plus ancien que lui), absous par Paris malgré toutes ses dérives, le président Eyadéma n’a pas l’intention de se retirer en pays kabyé, au nord du Togo d’où il est issu. Elu une première fois à la tête du pays en 1993, réélu cinq ans plus tard (dans des conditions qui avaient conduit l’Union européenne à suspendre sa coopération), le chef de l’Etat a pu briguer un troisième mandat à la faveur d’une modification de la Constitution. La voie est ouverte pour un quatrième quinquennat pour celui que les médias officiels surnomment "la légende du Togo".

Jean-Pierre Tuquoi

 

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