Crise politique togolaise

Le RPT persiste dans la mauvaise foi et la menace

par UFC , le 29 octobre 2004, publié sur ufctogo.com

 

Le 1 octobre, dans une correspondance à Koffi Sama, l’UFC dénonçait la stratégie de contournement des 22 engagements par son gouvernement ( lire « L’UFC dénonce la stratégie de contournement du gouvernement » ).

Quelques jours plus tard, les Rptistes vont réagir avec beaucoup de mauvaise foi et en menaçant... (voir la lettre de Koffi Sama ci-dessous).

C’est pour rétablir la vérité des faits escamotés par Koffi Sama que l’UFC lui adressa la correspondance suivante :


Réponse de l’UFC à Koffi Sama

Monsieur le Premier Ministre,

Nous voulons confirmer par la présente, notre réponse du 6 octobre courant, à votre lettre en date du 5 octobre 2004, afin de rectifier certaines des innombrables inexactitudes que votre lettre contient.

Nous tenons, d’entrée, à manifester notre étonnement au sujet de l’attitude qui consiste, de votre part, à prétendre « adresser une mise en garde aux manipulateurs et aux agitateurs de notre parti ». En effet, c’est le parti qui vous a adressé une lettre. Le parti, dans son intégralité, responsables et militants ensemble, assume le contenu de cette lettre, cela va sans dire. Il est par conséquent, absolument incompréhensible que vous puissiez décider de choisir de mettre en garde certains membres, qualifiés de « manipulateurs » et « d’agitateurs ». Si vous estimez être en mesure d’adresser une mise en garde, c’est au parti qu’il faut adresser celle-ci. Sachez, pour votre gouverne, que notre parti est un bloc qu’aucune ruse ne peut diviser !

Nous tenons également à vous réaffirmer notre inébranlable détermination, à obtenir de vous, le respect scrupuleux des 22 engagements de Bruxelles. A cet effet, nous ferons preuve, à tout instant, d’une vigilance tatillonne et dénoncerons régulièrement, tout manquement. La normalisation des relations entre le Togo et l’UE dépend du strict respect, par votre gouvernement, des engagements souscrits auprès de Bruxelles. Vous ne pouvez nous accuser de chercher à empêcher la reprise des relations entre l’UE et le Togo, alors que c’est votre gouvernement qui empêche cette reprise en refusant de satisfaire aux conditions posées par l’UE et en quémandant leur « assouplissement ». Ne comptez pas sur nous pour être votre complice dans les violations des 22 engagements, au motif que les dénonciations de vos errements, auxquelles nous sommes tenus par notre rôle de parti d’opposition responsable, compromettent la reprise de la coopération entre l’UE et le Togo !

Nous tenons enfin à observer que nous considérons vos mises en garde sélectives ainsi que le ton véhément de votre lettre comme l’hommage du vice à la vertu. Nous en sommes flattés. L’insuffisance affligeante de vos tentatives de réfutation, témoigne du désarroi profond où notre lettre a plongé votre système et vos assurances.

Ces remarques préliminaires formulées, nous allons dans les lignes qui suivent, répondre à quelques unes des nombreuses inexactitudes de votre réponse aux 13 cas que nous avons soulevés dans notre lettre. Nous allons vous répondre, symboliquement, en 10 points.

1- Refus de délivrer des pièces d’identité.

Nous commençons d’abord par relever l’absence de réponse au point de notre lettre, selon lequel « Le régime refuse de renouveler les pièces d’identité de M. Dahuku Péré, arrivées à expiration malgré les nombreuses démarches accomplies à cet effet par l’ancien Président de l’Assemblée nationale. Un de ses enfants se trouve également dans la même situation ».

Votre silence sur ce point précis vaut aveu. Ainsi, malgré les 22 engagements, vous persistez à refuser de délivrer des papiers d’identité à l’ancien Président de l’Assemblée nationale, Maurice Dahuku Péré et à son fils, Roland Hézuwè Péré. Votre attitude est une atteinte grave aux droits de l’homme et une violation flagrante de l’engagement 3.4. « Engagement de garantir à tous les acteurs politiques et de la société civile, la libre circulation, en tant que citoyen et dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions politiques ou de représentation de la société civile. »

Vous reconnaissez que 6 mois après avoir pris les 22 engagements, le 14 avril 2004, le gouvernement continue d’opprimer les citoyens en refusant de leur octroyer des titres de voyage. Dans le calendrier d’exécution des 22 engagements, l’engagement 3.4 fait partie de ceux dont la mise en œuvre est sans délai. Comment pouvez-vous écrire, dans ces conditions, que vous avez fait des efforts dans le domaine des droits de l’Homme ? De quels efforts le pouvoir cherche-t-il à se prévaloir s’il n’est pas capable de délivrer des papiers aux citoyens pour leur permettre de circuler librement ? On a le sentiment que le régime a atteint un tel niveau de cruauté et de cynisme qu’il n’arrive plus à prendre conscience de la gravité des situations qu’il impose aux citoyens.
A nos yeux, le fait que cette situation subsiste encore aujourd’hui illustre de manière éloquente, votre attitude générale à l’égard des 22 engagements. Vous n’ignorez pas que, par lettre en date du 16 septembre 2004 (cf copie ci-joint), la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) a relancé le gouvernement au sujet des cas des personnes suivantes, auxquelles le pouvoir refuse de délivrer des pièces d’identité et titres de voyages :

- Roland Hézuwè Péré,
- Les enfants de l’ancien Premier Ministre Agbéyomé Kodjo, Jean François Komi Enyo Kodjo, Holassé Djidjoè Kodjo, Kékéli Kodjo,
- Afeignidou Kpatcha
- Marc Palanga.
Comment pouvez-vous écrire, dans ces conditions, que « l’UFC se dissimule derrière des faits non avérés et totalement insignifiants ... ». Le refus de délivrer des papiers à M. Dahuku Péré et aux personnes ci-dessus citées, refus attesté par la LTDH, est-il un fait non avéré ? Ou bien ce refus est-il un fait si « totalement insignifiant » que votre régime, violateur impénitent des droits de l’Homme, ne le perçoit pas ?
En réalité, la tentative de dissimulation de cette situation derrière le tissu d’inexactitudes grossières de votre lettre, suffit à elle seule à discréditer totalement celle-ci. De sorte que votre lettre ne mériterait plus de réponse, si nous n’avions compris l’intention qu’elle contient également : intoxiquer et manipuler l’opinion.

2- Marc Palanga, « délinquant récidiviste » ?

Au sujet de Marc Palanga, nous avons écrit dans notre lettre, que le régime refuse de lui délivrer des papiers d’identité, et que la gendarmerie de Kara a saisi, sans aucune raison valable, deux véhicules lui appartenant. D’ailleurs, la lettre de la LTDH citée plus haut, a également porté cette situation à l’attention du Ministre de l’Intérieur. Vous nous répondez :
« La vérité a fini aussi par rejoindre le mensonge au sujet de Marc Pakoubolo Palanga, présenté devant l’opinion nationale et internationale comme un militant de l’UFC, défenseur des droits de l’Homme et qui se révèle sous son vrai visage de délinquant récidiviste.

Aussitôt libéré, votre protégé ne s’est-il pas rendu coupable d’homicide involontaire alors qu’il conduisait un véhicule automobile sans permis de conduire, de délit de fuite après avoir écrasé une jeune fille de 12 ans le 25 septembre 2004, de tentative d’escroquerie des Compagnies d’assurance et d’une tentative de se soustraire à la justice par la présentation d’une tierce et innocente personne comme auteur de l’accident mortel ? ».

Votre raisonnement souffre d’une grande faiblesse : ce n’est tout simplement pas un raisonnement. C’est juste une manœuvre de diversion. Voulez-vous nous dire que si Marc Palanga n’avait pas eu cet accident malheureux, vous auriez été incapable de répondre au problème que nous soulevons à son sujet, puisque toute votre réponse consiste à évoquer cet accident ? Votre réponse n’a rien à voir avec le problème soulevé. Elle manifeste clairement la malhonnêteté fondamentale qui caractérise le régime.

En effet, la seule question qui nous intéresse, concernant Marc Palanga, en rapport avec l’évaluation du respect des 22 engagements contenue dans notre lettre, est celle de savoir si la situation que nous mentionnons à son sujet, dans notre lettre, est véridique.

Pouvez-vous nous dire si votre argumentation est une réponse au fait que le commissariat de Police d’Agoè Nyivé refuse de délivrer une carte d’identité à Marc Palanga et confisque le dossier qu’il a déposé à cet effet ? Pouvez-vous nous dire si votre argumentation constitue une réponse au fait que la gendarmerie de Kara a saisi deux véhicules lui appartenant ? Est-ce que oui ou non, les faits signalés par nous dans notre lettre, au sujet de Marc Palanga, sont exacts ?

Si vous n’avez pas pu contester cette situation dans votre réponse, c’est qu’elle est avérée. C’est dans l’impossibilité de la démentir, que vous tentez de nous distraire en invoquant un événement postérieur au problème que nous posons. Vous ne pouvez justifier la situation que nous mentionnons dans notre lettre par celle que vous évoquez dans votre réponse.
Marc Palanga est persécuté parce qu’il est le Président de la fédération UFC de la Kozah. Il n’a pas effectué deux séjours pénibles à la gendarmerie de Kara et à la prison civile de Kara, parce qu’il est un « délinquant récidiviste » comme vous l’écrivez. Ces deux séjours sont d’origine politique. Et vous le savez.

Marc Palanga, en tant que militant de l’UFC et président de notre fédération de la Kozah, doit bénéficier de notre solidarité face à la persécution dont il est victime de la part du régime. C’est notre devoir envers toute personne persécutée, notamment du fait de son appartenance à l’UFC ou à l’opposition. Notre combat est de permettre à tous nos concitoyens, quelle que soit leur origine, de militer librement dans le parti politique de leur choix, comme le garantit la Constitution. Nous n’avons jamais prétendu que Marc Palanga était au dessus de la loi.

Le tapage médiatique orchestré autour de sa situation actuelle montre bien le « traitement particulier » dont il bénéficie de la part du régime.

Nous saisissons l’occasion pour exprimer toute notre compassion à la famille de la victime de l’accident causé par notre camarade Marc Palanga.

3- Les militants de l’UFC détenus politiques ou non ?

Dans notre lettre, nous avons écrit que le site Internet du gouvernement a publié à l’occasion de votre visite à Bruxelles le 16 septembre 2004, l’information selon laquelle « Le gouvernement a fait libérer 500 prisonniers dont des détenus politiques. » Est-ce vrai ou faux ? Nous vous prions d’ailleurs de trouver ci-joint, une copie de l’article, tiré du site « Republicoftogo.com ».
Pour nous, il est évident que si le gouvernement lui-même diffuse cette information, c’est qu’il est revenu à un nouvel état d’esprit et qu’il a fini par reconnaître après un long moment de dénégation, l’existence de détenus politiques dans les prisons du Togo.
De toute façon, vous ne démentez pas dans votre réponse, avoir écrit que vous avez libéré des détenus politiques. Et cela suffit ! Mais vous prétendez que l’ONG « Human Right Certification (HRC) » a « conclu après enquête à travers tous les centres de détention, qu’il n’y avait aucun détenu politique dans notre pays ». Que ne direz-vous pas pour vous tirer d’affaires ?

Vous savez très bien que cette affirmation est une contre-vérité grossière. Ce n’est pas parce que les termes de référence de la mission confiée à HRC contiennent une clause de confidentialité que vous pouvez vous croire en mesure de nous tromper sur le contenu du rapport remis par HRC aux commanditaires de cette mission. Détrompez-vous, nous connaissons ce contenu qui vous est absolument défavorable.

Si comme vous le prétendez, HRC a écrit dans son rapport que « ses enquêtes dans les centres de détention lui permettent de conclure à l’absence de détenus politiques dans les centres de détention au Togo », pouvez-vous nous expliquer la raison pour laquelle, après avoir obtenu ce satisfecit tant convoité par vous, vous gâchez tout, en proclamant urbi et orbi que vous avez libéré des détenus politiques ?

Nous vous mettons au défi de publier, intégralement, le rapport de HRC, afin que l’opinion nationale et la communauté internationale soient édifiées.

Quant à votre phrase selon laquelle « Le gouvernement s’étonne qu’en cette période cruciale de l’évolution politique de notre pays, votre parti, en violation flagrante de la Charte des partis politiques en vigueur, revendique la paternité de ces actes criminels qui, à plusieurs reprises, ont meurtri et endeuillé le Peuple togolais », phrase qui se veut intelligente et machiavélique, elle ne procède que de cette malhonnêteté foncière qui caractérise le régime. Nous n’y répondons pas. Parce que nous ne savons pas où vous trouvez dans notre lettre, la reconnaissance de cette paternité.

4- Akitani, Vice- Président de l’UFC et Président du PFC ?

Dans vos efforts pour trouver, coûte que coûte, des défauts à l’UFC, vous n’hésitez pas à écrire que le Premier Vice-président de l’UFC, Emmanuel AKITANI BOB est également le président du PFC et qu’à ce titre, il viole la charte des partis qui interdit l’appartenance à deux partis politiques.

Pourquoi diable n’avez-vous pas fait l’effort de trouver quelque chose de plus sérieux ? Il faut vraiment que vous n’ayez aucune confiance dans la pertinence de vos arguments et la force des nombreuses accusations que vous proférez contre nous sur six pages, pour ressentir le besoin d’y ajouter celle-ci qui apparaît encore plus légère.

Car, franchement, vous auriez pu vous donner la peine de demander au Ministre de l’Intérieur de procéder à des vérifications avant d’affirmer cette énormité. Il n’aurait pas été difficile à votre Ministre de constater si, conformément aux articles 13 et 17, de la loi portant Charte des partis, le nom de M. Emmanuel AKITANI BOB figure sur la liste des dirigeants du PFC !

Nous sommes au regret de vous dire que M. Emmanuel AKITANI BOB n’a jamais été ni membre, ni Président du PFC. Vous ne pouvez d’ailleurs l’ignorer, puisque si tel avait été le cas, le Ministère de l’Intérieur auquel la CENI a transmis en 2003, pour vérification, conformément à la loi, le dossier de chaque candidat à la présidentielle, aurait constaté l’infraction et votre Cour Constitutionnelle, s’appuyant sur cette découverte, se serait fait un plaisir d’invalider la candidature de M. AKITANI BOB. Or, M. AKITANI BOB a bel et bien été candidat à la présidentielle du 1er juin 2003 et a infligé une défaite cuisante au candidat du régime qui a dû recourir comme à son habitude, à un coup de force, pour se maintenir. C’est entre autres, ce coup de force qui vous vaut aujourd’hui d’être en consultation avec l’UE.

Lors de la présidentielle du 1er juin 2003, le PFC a proposé la candidature du Premier Vice-Président de l’UFC M. Akitani Bob, qui n’est pas membre de ce parti, comme le PSR a proposé la candidature de Maurice Dahuku Péré qui n’était pas non plus membre du PSR. La loi n’interdit pas une telle pratique !

Votre affirmation selon laquelle M. AKITANI BOB appartient à deux partis est très grave. Elle traduit de votre part, un doute certain sur le sérieux du travail du Ministère de l’Intérieur et de la Cour Constitutionnelle. Et nous ne pouvons qu’être d’accord avec vous.

5- Gilchrist Olympio, fondateur de l’UFC et « l’obligation » de 5 ans de résidence.

A la page 3 paragraphe 4 vous écrivez : « Faut-il aussi rappeler que la même charte prescrit en ses articles 10 et 11, aux fondateurs d’un parti politique d’être domiciliés au Togo et d’y résider depuis plus de 5 ans ! Ce qui n’est malheureusement pas le cas du Président de votre parti ! »

Cette critique est aussi étrange que celle concernant l’appartenance de M. Akitani Bob à deux partis politiques. Elle traduit malheureusement une incompétence flagrante dans l’interprétation des textes, incompétence dont l’existence au sommet de l’Etat est inquiétante.

En effet, M. Gilchrist Olympio était domicilié au Togo au moment de la création de l’UFC comme il y est toujours domicilié. Nous espérons que vous ne confondez pas les notions de résidence et de domicile. M. Gilchrist Olympio n’a donc pas contrevenu à l’article 10 qui oblige tout fondateur d’un parti à être domicilié au Togo.

Votre invocation de l’article 11 de la Charte des partis, à l’appui de votre critique, est pour nous, tout à fait incompréhensible. Cet article définit le ressortissant d’une préfecture, susceptible d’être fondateur d’un parti politique comme celui qui en est originaire ou celui qui y réside depuis au moins 5 ans, sans en être originaire.

Selon cet article, celui qui est originaire naturel d’une préfecture du fait de sa naissance et/ou de son appartenance ethnique, n’a pas besoin de faire valoir une présence de 5 ans dans cette préfecture pour être considéré comme ressortissant de cette préfecture. Par exemple, aux termes de cet article, un Bassar, n’a pas besoin de résider 5 ans dans la Préfecture de Bassar pour être considéré comme ressortissant de cette préfecture. En revanche, un autre togolais, résidant dans la préfecture de Bassar, et qui souhaite se porter fondateur d’un parti politique, peut être considéré, selon l’article 11 de la Charte des partis, comme ressortissant de Bassar, s’il y réside depuis au moins 5 ans.

Ainsi donc, Gilchrist OLympio figurant sur la liste des fondateurs de l’UFC comme ressortissant naturel de la préfecture du Golfe, ou de la commune de Lomé où il est né, n’a pas besoin de satisfaire à la condition de 5 ans prescrite par l’article 11.

Nous espérons que vous venez de comprendre, après cette explication pédagogique que, contrairement à ce que vous affirmez avec assurance, la Charte des partis ne prescrit absolument pas aux fondateurs de résider au Togo depuis 5 ans.

6- Confiscation des média publics par le pouvoir RPT.

Dans votre lettre, vous avez écrit, page 4, paragraphes 1 et 2, en réponse à notre dénonciation de votre confiscation des média publics à des fins de dénigrement et de provocation des responsables et partis de l’opposition :

« En ce qui concerne les médias publics, il vous a été plusieurs fois rappelés, y compris au cours du dialogue en cours, que vous avez la possibilité de réagir lorsque vous vous sentez injustement mis en cause par d’autres acteurs politiques.
Refusez d’utiliser ces voies, en prenant à témoin l’opinion internationale devant laquelle vous vous présentez toujours en victime, c’est faire encore preuve de mauvaise foi, tout comme refuser d’informer convenablement les médias d’Etat de vos activités politiques, comme ce fut le cas de votre meeting du 3 juillet à Tsévié. »

D’abord, cette réponse vaut acceptation de votre part, de l’existence d’actes de provocations, de dénigrement des militants et responsables des partis politiques de l’opposition sur les média d’Etat. Nul n’ignore que c’est le gouvernement lui-même qui organise cela. De toutes façons, vous savez que vous ne pouvez contester les faits cités dans notre lettre. Nous avons enregistré sur cassette vidéo les reportages télévisés concernant ces faits et tenons copie à votre disposition, si vous le voulez.

Ensuite après ce qui est arrivé, le 14 octobre 2004, à savoir la censure opérée sur l’intervention du Secrétaire Général de l’UFC, lors de la diffusion par la TVT des débats de la rencontre entre le gouvernement, des partis politiques et des représentants de la société civile, vous ne pouvez pas continuer de nier la confiscation des media publics par votre régime RPT, qui en use et en abuse selon son bon vouloir, en faisant obstacle à toute opinion critique. Vous ne pourrez pas nier que l’UFC a été empêchée de faire connaître les réponses pertinentes fournies aux affirmations délibérément fausses de MM Barqué et Dramani, l’un justifiant les modifications unilatérales et pernicieuses apportées au cadre électoral par l’incapacité de la CENI à commander des cartes électorales, l’autre déclarant sans sourciller que l’UFC a transporté de force, pour dépouillement, des urnes sur le parvis de la mairie de Lomé, lors de la présidentielle de 1998.

De toutes façons, votre régime a reconnu lui-même la censure de l’intervention du Secrétaire Général de l’UFC par la télévision, dans la lettre qu’il a fait écrire par le Directeur de la TVT, le 20 octobre 2004, au Premier Vice-Président de l’UFC, dans laquelle il invoque des arguments saugrenus pour justifier cet acte qui témoigne de sa nature perverse.
Enfin, vous savez très bien que du fait de sa pratique permanente de la duplicité, le régime prétend avoir ouvert les média d’Etat aux partis de l’opposition, mais donne, dans le même temps, des instructions fermes aux journalistes de ces média pour qu’il n’en soit pas ainsi. De sorte qu’il ne nous est pas possible d’exercer le moindre droit de réponse.
Nous avons essayé à plusieurs reprises : lettre en date du 21 mai 2004, au Ministre de la Communication, et lettre en date du 2 juin 2004 au Président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), de demander l’exercice d’un droit de réponse. Aucune satisfaction ne nous a été donnée. D’autres partis ont également essayé et se sont, comme nous, rendus à l’évidence : c’est un abîme qui existe entre le discours d’ouverture des média d’Etat et la pratique de cette ouverture.
D’ailleurs, lors de la rencontre du 10 mai 2004, entre une délégation du gouvernement et une délégation de l’UFC, le Ministre de la communication a expliqué tranquillement à notre délégation que les partis de l’opposition ne comprennent pas bien la notion de droit de réponse, affirmant que ce droit n’accorde pas à la partie qui l’exerce contre le gouvernement, les mêmes conditions que celui-ci. Ce qui est tout à fait étrange ! En réalité, le droit de réponse garantit le même temps d’antenne à la partie lésée.
Le Ministre de la Communication tentait de justifier par là, le sort largement discriminatoire réservé au droit de réponse exercé par l’UFC contre une conférence de presse organisée le 28 mai 2004, par le Ministre de l’Intérieur, le Ministre de la Justice et lui-même. En effet alors que la conférence de presse conjointe des Ministres a duré plus de trente minutes, et a été diffusée par les media d’Etat, (la télévision, la radio nationale) trois fois par jours pendant trois jours, le droit de réponse de l’UFC dont la durée originelle était de 10 minutes, a subi de la part des mêmes média publics un tel découpage qu’il durait à peine une minute. Et il n’a été diffusé que deux fois. Au demeurant, notre droit de réponse a été si amputée qu’il était devenu sans intérêt.
Comment pouvez-vous après cela, prétendre que « nous avons la possibilité de réagir lorsque nous nous sentons injustement mis en cause par d’autres acteurs politiques. » ? Cette phrase est l’expression du cynisme qui caractérise le régime. De toutes façons, le traitement réservé par les média d’Etat à notre point de presse du 20 octobre 2004, nous dissuade définitivement de ce genre d’exercice.

N’est-il pas plus civilisé et plus simple de mettre fin à ces agressions quotidiennes sur les média d’Etat, au lieu de prétendre que nous avons la possibilité de réagir, alors que cette possibilité n’existe pas ?

7- L’UFC regrette que l’UE crédite d’encourageantes les initiatives etc. ?

Dans notre lettre, nous avons écrit, page 5 paragraphe 8 : « Et nous sommes au regret de vous dire que les initiatives encourageantes dont vous crédite l’Union Européenne dans son évaluation de votre respect des 22 engagements, particulièrement ceux relatifs aux droits de l’Homme et aux Libertés publiques, ne se traduisent pas encore pour nous dans les faits. »

A la page 4 paragraphe 6 de votre lettre, vous répondez : « Aujourd’hui, comme vous osez le proclamer dans votre contre-rapport déguisé en lettre, l’UFC regrette que l’Union Européenne crédite d’encourageantes, les initiatives prises par le gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre des 22 engagements, confirmant ainsi son opposition à l’ouverture même des consultations avec l’Union Européenne et, par conséquent, son hostilité à la perspective d’allègement des souffrances des populations par une reprise de la coopération ».

Il est évident que « Nous sommes au regret de vous dire que les initiatives encourageantes dont vous crédite l’Union Européenne ne se traduisent pas encore pour nous dans les faits », ne signifie pas que « l’UFC regrette que l’Union Européenne crédite d’encourageantes, les initiatives prises par le gouvernement ».

Vous ne pouvez pas soutenir ne pas comprendre la différence. Mais les pratiques courantes de votre régime, consistant à tripatouiller, traficoter, manipuler, etc., dans le dessein de tromper, désinformer et intoxiquer, vous ont conduit à travestir notre idée. Cette falsification illustre parfaitement l’esprit qui a présidé à la rédaction de votre réponse : des affirmations contraires à la vérité et à la réalité.

8- Evocation de faits dont la plupart sont couverts par des lois d’amnistie.

Vous avez cru devoir, probablement à court d’arguments, écrire : « En effet, votre parti, dans son dessein de prendre le pouvoir par la force, a toujours rejeté le recours à la voie légale des urnes. Il suffit de rappeler l’affaire des mercenaires en 1977, les bombes et plasticages de 1985, l’agression terroriste du 23 septembre 1986, l’attaque du 25 mars 1993 suivie d’une proclamation de prise de pouvoir de votre président sur une radio pirate, les agressions armées de janvier 1994 et d’août 1998, sans oublier toutes les casses, violences et expulsions massives de populations dont vous et vos alliés êtes les initiateurs. »

C’est affligeant !

Pour accomplir notre devoir d’évaluation des 22 engagements, nous avons cité des faits précis, incontestables, naturellement postérieurs à la date du 14 avril 2004, et dont le plus ancien remonte à juillet 2004, c’est-à-dire des faits de moins de trois mois d’âge. Nous l’avons fait dans le seul souci d’obtenir de vous, comme nous l’avons dit plus haut, le strict respect des 22 engagements.

Prétendant nous répondre, vous nous attribuez des faits remontant à 1977 alors que notre parti n’a été créé qu’en juillet 1993, des faits de 27 ans qui font partie de la mythologie des « agressions » dont votre régime affirme avoir été victime. Pour nous, le régime dictatorial, violateur invétéré des droits de l’homme, est seul responsable des événements que vous citez.
Puisque vous nous y obligez, nous allons nous départir de la réserve que nous nous sommes imposée, par volonté de pardon et d’apaisement. Nous vous renverrons à un certain nombre d’événements douloureux pour la très grande majorité de notre peuple :

- Coup d’Etat, le 13 janvier 1963, marqué par l’assassinat du premier chef d’Etat démocratiquement élu ;
- Coup d’Etat le 13 janvier 1967 pour déposer le chef d’Etat en exercice ;
- plusieurs exécutions extrajudiciaires, notamment : Laurent Djagba, Osséyi, Lanzo, Commandant Paul Comlan, Lieutenant-colonel Koffi Kongo, lieutenant Gaston Gnéou, Antoine Méatchi, Omer Adoté, etc.,
- détention sans jugement pendant huit ans du médecin vétérinaire Kérim Boukari,
- détention sans jugement pendant dix ans de MM. Atidépé et Alowou,
- massacres de populations à Barkoissi en 1991 ;
- massacre de populations par les FAT à l’aide de chars « scorpion », à Kodjoviakopé, quartier de Lomé, le 28 novembre 1991 au matin ;
- prise d’assaut de la Primature par les Forces Armées Togolaise (FAT), le 3 décembre 1991 et capture du Premier Ministre du gouvernement de transition, occasionnant plusieurs morts ;
- attentat à Soudou contre une délégation conduite par le Président de l’UFC, le 5 mai 1992 (plusieurs morts dont le médecin Marc Atidépé) ;
- massacres de populations à Sotouboua en 1992,
- assasinat de Tavio Amorin en juillet 1992,
- séquestration et brimade des membres du Haut-Conseil de la République, organe législatif de la Transition en novembre 1992,
- massacres de la Place Fréau, le 25 janvier 1993 ;
- massacres sur les populations de Lomé, les 30 et 31 janvier 1993, accompagnés de pillages de magasins et de domiciles, situation ayant entraîné l’exil de plus de trois cent mille personnes vers les pays voisins ;
- attaques avec des armes de guerre par les FAT contre les domiciles de responsables de l’UFC, le 16 août 1998 et le lendemain saccages et perquisitions arbitraires de domicile d’autres responsables, etc.

Et la liste n’est pas exhaustive ! L’UFC tient très humblement à s’excuser auprès des victimes ou de leurs ayant droit, de ne pas disposer de suffisamment d’espace pour les citer toutes. Dans tous les cas, le grand livre de l’Histoire ne les oubliera pas.

Vous ne pourrez rien nous objecter sur ces événements douloureux incontestables que la récitation de vos légendes habituelles.

Quand un régime est arrivé au pouvoir par des coups d’Etat, quand il se maintient depuis quarante ans par la violence, les assassinats politiques et des hold-up électoraux, quand un régime n’a jamais remporté la moindre élection, la décence voudrait qu’il évite de se couvrir de ridicule en se déclarant victime de coups de force imaginaires et en accusant les victimes de ses coups de force électoraux « de rejeter le recours à la voie légale des urnes. »

Quand un régime se retrouve au ban de la communauté internationale, pour cause de « déficit démocratique et de graves atteintes aux droits de l’Homme », et qu’il fait subir à sa population les conséquences dramatiques de ses errements notamment la suspension de la coopération des dispensateurs d’aide publique multilatérale, et des bailleurs de fonds, quand le même régime se retrouve deux fois, en l’espace de six ans, 1998 et 2004, en consultation auprès de L’Union Européenne, pour cause de hold-up électoraux, le minimum de convenance voudrait qu’il ne raconte pas n’importe quoi pour se justifier.

Concernant votre affirmation selon laquelle M. Gilchrist Olympio a lu le 25 janvier 1993, une déclaration sur une radio pirate, nous vous rappelons que c’est Me Jacques Vergès qui, le premier, a proféré cette accusation farfelue en septembre 1993.

Malheureusement pour vous, nous disposons de l’enregistrement de cette fameuse proclamation, enregistrement effectué par opérateur amateur au moment de sa diffusion. Sauf à vouloir amuser la galerie, on ne peut confondre la voix du lecteur de la proclamation avec celle de M. Gilchrist Olympio. De toutes façons, dans cette affaire, nous avons toujours attendu de pied ferme, votre régime, pour confrontation sur pièce.

9- Les tentatives de musellement de la presse privée par le chef de l’Etat.

Nous avons relevé deux catégories de moyens : l’intimidation et la corruption. Et nous l’avons étayé par deux faits précis : la convocation du journaliste Philip Evégno à la résidence du Chef de l’Etat à Lomé 2 (intimidation) et l’ingérence du chef de l’Etat dans le fonctionnement du Conseil Togolais des Editeurs de Presse (CTEP) dont il est le bailleur de fonds (la corruption). Pour nous c’est limpide.

Toute votre tentative de nier l’existence d’une telle situation est pure perte de temps. D’ailleurs, « l’aide du Chef de l’Etat » est-elle « destinée à la presse privée dans son ensemble » comme vous l’écrivez ? Selon ce qu’affirme une bonne partie de cette presse, ce n’est pas le cas !

10- Le soutien à Me Agboyibo.

Nous avons évoqué le traitement inconvenant que vous avez cru devoir infliger à Me Yaovi Agboyibo, président du CAR, lors de la réunion du 25 août 2004 ainsi que par les propos contenus dans la lettre que vous avez adressée à celui-ci par la suite. Vous revenez sur le sujet en écrivant que les propos du président du CAR ont été « unanimement condamnés le 25 août 2004 dans la salle... »

Nous nous demandons si vous incluez la délégation de l’UFC dans cet « unanimement », car ladite délégation s’est interdit toute intervention ce jour-là, dans ces échanges, les jugeant ubuesques et axagérés. D’autres délégations ont eu le même comportement.


Monsieur le Premier Ministre,

Ce sont là les réponses que nous avons voulu apporter à votre lettre du 5 octobre 2004, dont vous auriez pu faire l’économie compte tenu de la faiblesse de votre argumentation et des innombrables inexactitudes qu’elle renferme. Nous n’avons pas jugé nécessaire de revenir sur certains points, comme ce que vous appelez distribution discriminatoire de notre lettre ainsi que votre réponse au point sur les harcèlements politiques avec affectations punitives contre des militants. Nous n’avons pas non plus voulu relever votre silence sur le cas des étudiants radiés de l’Université de Lomé.

Les 22 engagements sont une chance pour le Togo de sortir de la crise profonde qu’il traverse depuis bientôt quinze ans. Ne comptez pas sur nous pour la laisser s’échapper, en vous permettant une mise en œuvre superficielle et fallacieuse, par paresse, négligence ou méconnaissance de notre rôle de parti politique d’opposition ou mépris des populations auxquelles vous infligez une souffrance insoutenable.

Nous réitérons ici notre inébranlable détermination à vous contraindre à respecter fidèlement ces engagements, dans leur lettre et dans leur esprit.
C’est évidemment la raison pour laquelle nous rejetons catégoriquement la mascarade d’adoption de « l’avant projet du Code Electoral », que vous avez organisée le 14 octobre 2004 et qui contrevient à l’engagement 1.3 relatif à la révision du cadre électoral en partant de l’Accord-cadre de Lomé.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre considération distinguée.

Pour le Bureau National,
Le Premier Vice-Président,
Emmanuel AKITANI BOB

Copie à :

- M. Poul Nielson, commissaire Européen au Développement
- M. Sipke Brouwer, Directeur du Développement à la Commission de l’Union Européenne
- Madame Anna Maria Piergrossi, UE
- Monsieur l’Ambassadeur d’Allemagne au Togo,
- Monsieur l’Ambassadeur des USA au Togo,
- Monsieur l’Ambassadeur de France au Togo,
- Monsieur le Chef de la Délégation de la Commission de l’ U.E au Togo,
- Monsieur le Représentant Résident du PNUD au Togo,
- Monseigneur Philippe Fanoko KPODZRO, Archevêque de Lomé,
- Révérend Pasteur Gerson BESSA, Modérateur de l’EEPT,
- Révérend Pasteur Félix ADUAYOM, Président de l’EMT,
- MM les Présidents de la CNDH et de la LTDH.


Lettre de Koffi Sama à l’UFC

Lomé, le 5 octobre 2004

Le Premier Ministre
NR 077/PM/CAB/SP

A Monsieur le Premier Vice-Président,
de l’Union des Forces de Changement (UFC) LOME

Monsieur le premier Vice-Président,

Fidèle à votre détermination à empêcher la normalisation des relations entre notre pays et l’Union européenne, vous m’avez adressé le 1er octobre 2004 une lettre qui est destinée en réalité aux Institutions de Bruxelles. Il s’agit en fait d’un contre rapport sur la mise en oeuvre des 22 engagements. Cette ultime manœuvre dilatoire de votre parti pour saboter les efforts du gouvernement ne mériterait pas réponse, compte tenu de son caractère grossier mais, en tant que responsable des engagements pris le 14 avril dernier à Bruxelles et de la gestion du pays, nous tenons à apporter quelques éclaircissements à l’endroit de l’opinion tant nationale qu’internationale et à adresser une mise en garde aux manipulateurs et aux agitateurs de votre parti.

Même la distribution de votre lettre est discriminatoire. Elle exclut les Ambassadeurs Africains y compris le doyen du corps diplomatique ce qui rappelle votre refus de rencontrer les Ambassadeurs ACP en mission d’information au Togo en mars 2004 ; elle exclut aussi des confessions
religieuses importantes comme la religion musulmane pour des raisons que seule l’ U F C connaît.

Tout en se réjouissant que l’U F C reconnaisse enfin l’évidence que « le mensonge a beau se lever tôt, la vérité finit par le rejoindre » le gouvernement rappelle que l’ONG « Human Rights Certification (HRC) », organisme dûment mandaté par l’Union Européenne, a conclu, après enquête à travers tous les centres de détention, qu’il n’y avait aucun détenu politique dans notre pays.

Les militants de l’UFC étaient des détenus de droit commun parmi les 500 prisonniers libérés pour une simple raison humanitaire.

Ces militants avaient commis des actes graves de terrorisme : pose de bombes, plasticage du lycée français, tentative d’incendie (de station d’essence... etc, actes punis par la loi. C’est d’ailleurs pourquoi, au cours du dialogue, l’UFC, votre parti, avait souligné qu’il ne posait pas une exigence ni un préalable mais en appelait à l’esprit d’apaisement du Chef de l’Etat pour obtenir leur élargissement, tout comme d’ailleurs l’établissement des pièces d’identité et de voyage du Président de votre parti. Le gouvernement s’étonne qu’en cette période cruciale de l’évolution politique de notre pays, votre parti en violation flagrante des dispositions de la Charte des partis politiques en vigueur, revendique la paternité des actes criminels qui, à plusieurs reprises, ont meurtri et endeuillé le peuple togolais.

En effet, votre parti, dans son dessein de prendre la pouvoir par la force, a toujours rejeté le recours à la voie légale des urnes. Il suffit de rappeler l’affaire des mercenaires en 1977, les bombes et plasticages de 1985, l’agression terroriste du 23 septembre 1986, l’attaque du 25 mars 1993 suivie d’une proclamation de prise de pouvoir de votre Président sur une radio pirate, les agressions armées de janvier 1994 et d’août 1998, sans oublier toutes les casses, violences et expulsions dont vous et vos alliés êtes les initiateurs.

Votre parti, l’UFC, semble déterminé à poursuivre dans cette voie de manipulation, d’intoxication, de violences et d’exploitation des différences tribales pour provoquer le chaos et s’emparer du pouvoir en comptant sur la bienveillance de certains de ces amis étrangers.
Sinon, comment comprendre l’appui que vous apportez aux propos discriminatoires du leader du CAR, propos unanimement condamnés le 25 Août dans la salle de réunion et jugés dangereux car source potentielle de haine et de guerre civile !

La vérité a fini aussi par rejoindre le mensonge au sujet de Marc Pakoubolo PALANGA, présenté devant l’opinion nationale et internationale comme un militant de l’ U F C, défenseur des droits de l’Homme et qui se révèle sous son vrai visage de délinquant récidiviste.

Aussitôt libéré, votre protégé ne s’est-il pas rendu coupable d’homicide involontaire alors qu’il conduisait un véhicule automobile sans permis de conduire, de délit de fuite après avoir écrasé une jeune fille de 12 ans le 25 septembre 2004, de tentative d’escroquerie des Compagnies d’assurance et d’une tentative de se soustraire à la justice par la présentation d’une tierce et innocente personne comme auteur de l’accident mortel ?

Les militants de l’UFC auteurs d’actes criminels et Marc PALANGA, Président fédéral de l’UFC, dont les activités subversives ont été, de tout temps, dénoncées par le gouvernement mais toujours démenties par vous, prouvent à suffisance le refus systématique de votre parti de se soumettre à la loi, condition essentielle d’existence d’un État de droit et de toute démocratie.

C’est toujours pour créer la confusion que l’on retrouve dans votre parti des responsables déjà Présidents d’autres formations politiques. C’est votre propre cas, Monsieur le Premier Vice - Président de l’ U F C, AKITANI BOB, par ailleurs Président du PFC, en violation de la Charte des partis politiques qui stipule dans son
article 8 qu’ « aucun citoyen ne peut appartenir à plus d’un parti politique à la fois ».
Faut-il aussi rappeler que la même Charte prescrit, en ses articles 10 et 11, aux fondateurs d’un parti politique d’être domociliés au Togo et d’y résider depuis plus de cinq ans !

Ce qui n’est malheureusement pas le cas du Président de votre parti !

Comment petit-on alors prétendre défendre 1’Etat de droit sans se conformer aux lois de la République ?

Dans votre souci de manipulation de l’opinion internationale, vous feignez d’oublier que les textes de la fonction publique font obligation à tout fonctionnaire de servir partout où besoin sera.. Pourquoi ne dites-vous rien de ces milliers de fonctionnaires militants et sympathisants des autres partis politiques et aussi du R P T, qui sont mutés chaque année pour raisons de service. Le gouvernement devra-t-il dorénavant demander aux fonctionnaires leur appartenance politique avant toute décision les concernant ?

Votre méconnaissance des règles de l’administration publique est inquiétante de la part de dirigeants politiques qui aspirent aux plus hautes fonctions de l’Etat.
L’UFC doit aussi comprendre que TV2, comme les autres chaînes de télévision, les nombreuses stations de radios et les deux cents titres de journaux sont des propriétés privées et sont gérés comme telles.


En ce qui concerne les médias publics, il vous a plusieurs fois été rappelé, y compris au cours du dialogue en cours, que vous avez la possibilité de réagir lorsque vous vous sentez injustement mis en cause par d’autres acteurs politiques.

Refuser d’utiliser ces voies, en prenant seulement à témoin l’opinion internationale devant laquelle vous vous présentez toujours en victime, c’est faire encore preuve de mauvaise foi, tout comme refuser d’informer convenablement les médias d’État de vos activités politiques, comme ce fut le cas de votre meeting du 3 juillet 2004 à Tsévîé »

Il est par ailleurs surprenant qu’un parti politique se croit autorisé à se mêler de la gestion d’une association de presse jusqu’à vouloir en désigner les responsables. Le Chef de l’État a reçu les Journalistes du CTEP à leur demande et le gouvernement n’a pas été représente aux deux assemblées générales en question. L’aide du Chef de l’Etat est d’ailleurs destinée à la presse privée dans son ensemble, y compris les titres dont vous êtes les bailleurs de fonds et qui ont toujours manifesté leur hostilité à l’égard du Chef de l’État et du gouvernement.

Prétendre que le président du CTÉP, directeur du « Combat du peuple », est un « défenseur inconditionnel du régime » est la preuve de votre acharnement à pratiquer une politique d’exclusion systématique, et de confusion.
Le gouvernement, en prenant les 22 engagements, a voulu prouver sa bonne foi et son souci de transparence face aux campagnes d’intoxication de votre parti et de ses alliés. Tous ceux qui connaissent le Togo savent que notre pays ne mérité pas le sort qui lui a été fait en raison d’un prétendu « déficit démocratique »

Aujourd’hui, comme vous osez le proclamer dans votre contre-rapport déguisé en lettre, l’ UFC regrette que l’Union européenne crédite d’encourageantes les initiatives prises par le gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre des 22 engagements, confirmant ainsi son opposition à l’ouverture des consultations avec l’Union Européenne et, par conséquent, son hostilité à la perspective d’allégement des souffrances des populations par une reprise de la coopération.

Toutes les affirmations contenues dans votre lettre démontrent en fait une volonté à peine cachée, de ne pas participer à la mise en œuvre des engagements souscrits avec l’Union Européenne par le Gouvernement le 14 avril 2004.

Les résultats obtenus par le Gouvernement dans le domaine des droits de l’homme et des libertés publiques, la liberté de la presse élargie par le nouveau Code de la presse, l’accès aux média d’Etat, la réforme en cours des statuts de la Commission nationale des Droits de 1’homme (CNDH) et de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la CommunicatÎon (HAAC)... etc ne sont pas des leurres mais des réalités que tous les citoyens honnêtes peuvent apprécier.

Certes rien n’est parfait. Il n’existe pas de pays au monde où la vie sociale se déroule sans que n’apparaisse ici et là quelque anicroche. Faut-il pour cela jeter le bébé avec l’eau de bain ?

Nous laissons les togolais juges de L’attitude de l’UFC qui se dissimule derrière des faits non avérés ou totalement insignifiants pour refuser le dialogue et persister dans ses manœuvres de sabotage.

Votre appel « au sens patriotique » du Chef du gouverneraient dans la mise en œuvre des 22 engagements devrait inciter votre parti, l’UFC, à ne plus diaboliser le Togo à l’Extérieur et à se conformer aux dispositions pertinentes des textes et règlements en vigueur dans notre pays, notamment à celles de la charte des partis politiques relatives au renoncement à la violence et aux actes à l’obligation de résidence et au choix de la nationalité togolaise comme preuves d’attachement à la patrie.
En ce qui concerne le dialogue, le gouvernement toujours soucieux des intérêts supérieurs de notre pays, est pour sa part, déterminé à poursuivre le dialogue ouvert le 27 mai 2004 par le Chef de l’Etat, sur la base du consensus auquel nous sommes parvenus le 25 août 2004, à savoir le cadre du dialogue constitué par les six partis politiques ( RPT, UFC, CAR, CPP, PDR, et CDPA) et les deux associations de la société civile ( GFD et REFAMP-TOGO) et le contenu composé des 22 engagements avec éventuellement des sujets relatifs au cadre électoral.

Enfin, le gouvernement tient à préciser une fois encore que les 22 engagements pris à Bruxelles et le dialogue actuel ne signifient nullement la mise en veilleuse des institutions de la République. Il mettra tout en couvre pour sauvegarder la paix, la sécurité et la stabilité indispensables au développement de tout pays.
Veuillez agréer, Monsieur le Premier Vice-président, l’assurance de ma considération distinguée.

Koffi Sama

Lire la réponse : Réponse de l’UFC à Koffi Sama

 

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