Nihilistes

La valse des néophytes

par Kofi Lolowu Mawuvi DOHNANI , le 15 février 2004, publié sur ufctogo.com

 

Il est vraiment pénible, lorsque l’on est militant d’un parti politique et que l’on veille à sa pérennité sur le champ politique, de vivre ce qui apparaît clairement et simplement comme une déperdition de la jeunesse du parti.
Tout ceci peut sembler banal...On l’ignore et on finit par tout oublier...Cela fait partie des traditions de groupe...

Certes, ce genre de crise n’inquiète personne ! N’est-ce pas l’U.F.C, le parti prédominant au TOGO ? Ce n’est donc pas le départ de certains « nihilistes » qui risque d’entacher l’éminence du parti sur le terrain.
Il est fort juste de faire remarquer, avant de poursuivre la réflexion, que la chose politique nécessite un apprentissage délicat et de longue haleine.
Naturellement, il n’y a d’apprentissage que lorsque l’on tire les leçons des divers épisodes qui constituent l’expérience d’une vie. Ne dit-on pas que l’expérience est faite d’erreurs non renouvelées ?!!!
Cela dit, ce n’est donc point le départ d’une frange de la jeunesse, qui n’est représentative que d’elle-même, qui prête à réflexion. Mais plutôt, la récurrence du phénomène dans le schéma politique togolais, et ce, depuis bien longtemps.

Si nous nous penchons sur l’histoire depuis notre indépendance, plusieurs cas de figure dans le genre, se sont fait visités et revisités à foison. Tantôt pour ascension individuelle, tantôt par regain d’autorité ; parfois même pour « insatisfaction personnelle ».

L’un des précurseurs de cette déresponsabilisation politique, puérilement exécrable, que je nommerai volontiers, « valse arythmique », n’est autre que MIVEDOR, un subtil mélange de génie et de démon. D’ancien proche du CUT, on sait ce qu’il est devenu : un fossoyeur du TOGO.
Viendra ensuite LACLE, qui a même dû changer d’origine ethnique pour pousser le ridicule à son summum. Il y eut furtivement un nommé AGOUDAVI qui, resté l’ombre de lui-même, est parti de nulle part (transfuge du défunt UTD) pour aller nulle part (personne ne le connaît au RPT).
KOFFIGOH n’échappe pas à la règle en créant, pour « incompatibilité d’intérêts entre partenaires », la Convention des Forces Nouvelles (CFN). Et ce n’est pas tout...
Le « parti charnière », à l’actif de KODJO, n’a fait qu’intensifier en son temps, la nébulosité de l’atmosphère politique togolaise.
Inimaginable il y a peu, c’est au tour de PERE de claquer la porte du RPT derrière lui. Cela a fait sourire d’aucuns tandis que d’autres s’en sont grandement méfiés.

On adhère à un parti pour autant qu’on est convaincu d’y apporter quelque chose et non de vouloir y changer les choses. Le must dans la mode, c’est qu’elle plaise à la plupart ; autrement, cela crée un malaise.

Malheureusement, le changement d’environnement politique est sans nul doute, l’une de ces maladies orphelines qui nuisent sans qu’on y fasse attention. Il entraîne fatalement un désintérêt de la chose politique.
Il n’est pas dit non plus qu’un nouveau groupe ne l’aurait pas difficile à se faire un espace approprié pour se débattre dans l’arène politique telle qu’elle se présente en ce moment.
L’heure n’est donc pas à la démultiplication des organisations anti-pouvoir. Il en existe déjà tellement !!!

La crise actuelle au sein du parti relève plus de l’innocence, voire de la naïveté que de la bêtise, me semble-t-il. Il s’impose donc qu’une démarche critique soit idoine pour en définir les approches aidant à sa résolution.

Le staff directeur du Bureau National a-t-il été suffisamment attentif aux espérances de la jeunesse du parti ? La question ne se pose guère en termes de « bon » ou « mauvais » dirigeant ou membre de bureau, mais en termes d’efficacité et/ou de légitimité.
D’autre part, n’est-ce pas judicieux de se demander s’il n’y pas une stagnation relative dans le fonctionnement structurel du parti qui commencerait par devenir pesante ?
Par ailleurs, les perspectives d’avenir au sein du parti sont autant d’incertitudes qui peuvent inciter à poser de tels actes que l’on comparerait plus à une désolidarisation qu’autre chose, comme il y va aujourd’hui à l’U.F.C.

L’accessibilité accordée aux apports multiples et souvent risqués des différentes composantes du parti constituent également des questionnements légitimes sur lesquels il faudrait inévitablement se pencher.

Une chose qui paraît non négligeable aussi, est la marge de manœuvre réservée aux responsables des- Fédération, Arrondissement, Section et Sous-section- éléments constitutifs de la structure du parti, dans la gestion quotidienne et autonome de leurs attributions.

Toutes ces interrogations sont pendantes ; à force, c’est la question de l’intemporalité du parti, ou plus simplement sa pérennité, qui va se poser.
L’ineptie de la jalousie de l’autre qui est un déterminant non avoué de l’opinion togolaise, publique ou privée, est un mal presque nécessaire qu’il n’est pas maladroit de jauger de son incidence.
Cette opinion togolaise, victime de ses propres préjugés et autres jugements de valeur, doit, et ce à juste titre, s’inscrire dans le sens du respect de la chose établie ; le maître mot de la bonne éducation étant le respect de l’establishment. N’est-ce pas même une vertu ?

Cependant, il devient impérieux qu’un effort mutuel soit consenti, et de la part des militants, et de la part des dirigeants, afin que l’unité du parti ne soit pas sujet à équivoque.

La flexibilité des uns et des autres s’avère inéluctable dans le règlement de la crise, d’autant plus que la popularité de l’U.F.C, comme il y va d’ailleurs pour tout parti majoritaire dans un contexte géopolitique défini, constitue la clé de son accession au pouvoir.

Hier encore, la raison essentielle de la lutte contre le pouvoir de Lomé II était le départ d’EYADEMA pour l’installation d’une démocratie saine et durable au TOGO. Si ça se trouve, on se retrouve aujourd’hui dans quelque chose de plus en plus indéfinissable.

Résultat des courses : EYADEMA apparaît de moins en moins amovible, et ce n’est pas du tout un constat laudatif pour l’opposition. Le hasard et la bêtise humaine y contribuent largement.

Mais, faut-il s’en réjouir ou en pleurer ?

Normalement, nous aurions pu avoir bien assimilé, depuis les années 90, des notions élémentaires que sont l’Etat, le Peuple, un Parti politique, etc... Des notions qui font le fondement de la République, contour structurel de la Nation togolaise dont nous nous réclamons tous.

Il n’est sûrement pas trop tard pour faire le bien. Alors, parce que la passion ne doit pas l’emporter sur la raison, parce que la jeunesse d’un parti est la garantie de sa relève, et enfin, parce que l’U.F.C doit continuer par compter dans l’arène politique au TOGO, nous avons tous intérêt à juguler la crise.
Cela part fondamentalement de la disposition des différents acteurs à s’adonner à une confrontation constructive qui aboutira invariablement à une consolidation des forces vives de l’Union des Forces de Changement.
Cela servira d’exemple à mettre au crédit du parti le plus représentatif au TOGO. L’exception de l’U.F.C illuminera la ténébreuse vie politique togolaise, pour ainsi confirmer sa prédominance sur les autres.

Nous devons faire preuve de beaucoup de tolérance les uns envers les autres pour asseoir une autre manière de gouverner qui est tant souhaitée par un peuple togolais qui n’en finit pas d’étouffer. Ce peuple qui n’aspire qu’à une chose : « se débarrasser de la vermine ! »
« Comme on fait son lit, on se couche », dit le dicton. Assurons-nous de ne point défaire le lit...
Les grandes causes requièrent les grands moyens. Alors, si l’Union des Forces de Changement n’est pas une grande cause, qu’on me le prouve !!!

Arrêtons incessamment cette mauvaise mascarade, cette « valse des néophytes »qui tend à s’éterniser chez nous. Elle devient insipide et abjecte.

Arrêtons-la vraiment..., on s’en sentirait mieux !

Kofi Lolowu Mawuvi DOHNANI

 

© Copyright Kofi Lolowu Mawuvi DOHNANI

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
mardi
22 août 2017
Lomé 23°C (à 03h)