Droits de l’homme

Eyadema devant la Cour Pénale Internationale et la Haute Cour de Justice Togolaise

par Adokli Jules, Patricia Crown, Alan Oppenheimer, David Ihou , le 20 avril 2003, publié sur ufctogo.com

 

Par le Dr David Ihou (Ancien Ministre de la Santé et de la Population) et Jules Adokli, Secrétaire Général de la Coordination Internationale Contre l’Impunité au Togo (CICITO)

La Coordination Internationale Contre l’Impunité au Togo (CICITO) est décidée à traîner le Général Gnassingbe Eyadema, Président du Togo depuis 1967, devant la Cour Pénale Internationale. Les dossiers accumulés et épluchés depuis un an, ont été transmis à un collectif d’avocats américains, belges, canadiens, allemands, anglais et togolais, chargés de présenter le dossier Eyadema devant la Cour Pénale Internationale. Selon ces avocats, la plainte sera recevable.

A- DEVANT LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE

Les crimes du Général Président ont commencé le 13 janvier 1963. Alors qu’il n’était pas encore membre des Forces Armées Togolaises, il assassina le Président Sylvanus Olympio, Président élu du Togo. L’intégration de (Etienne) Gnassingbe Eyadema dans l’Armée togolaise n’interviendra qu’en février 1963. Ce n’était donc pas un Coup d’État, mais un assassinat crapuleux. Tout au long de ses plus de 36 ans de règne, Eyadema a commis des milliers de crimes contre le peuple Togolais, crimes répertoriés par la CICITO et classés en trois catégories :

I- Les crimes individuels

Des centaines de Togolais et Togolaises ont été tués sur ordre d’Eyadema. La liste est longue et doit-être complétée par tous les Togolais et Togolaises soucieux de voir tous ces crimes punis...

- Revenant du cinéma, le capitaine Gneou Gaston, beau frère d’Eyadema, a été mitraillé sur le Boulevard circulaire et transporté au CHU de Tokoin. Opéré par le Professeur Kekeh, le malheureux a été mitraillé la nuit suivante, sur son lit d’hôpital, par deux individus en blouse blanche portant stéthoscope au cou. La CICITO a procédé à de minutieuses investigations et retrouvé les identités des deux assassins, qui ont agi directement sur ordre d’Eyadema...

- Le commissaire Pana est convoqué à Kara devant un Conseil des proches du pouvoir, que devait présider Eyadema ! Celui-ci se rend le week-end à Pya quand son DC3 tomba. Il s’en tira sans grands dommages. Au cours de la réunion, un officier que nous avons identifié, tira à bout portant, sur le commissaire, sur ordre d’eyadema.

- Le commissaire Osseyi, accusé de complot(?) est abattu sur ordre d’Eyadema. Le corps n’a jamais été rendu à sa famille ! Général Eyadema, où est le corps du Commissaire Osseyi ?

- Le colonel Koffi Congo est aux arrêts de rigueur au camp RIT de Lomé, résidence du Chef de l’Etat. Quelques jours plus tard, on le retrouve mort dans sa cellule, assassiné sur ordre d’Eyadema.

- Mr Théophile Mally, Ministre de l’intérieur sous Olympio, est arrêté chez lui par des militaires, conduits par le colonel Adewi. Il est enfermé au camp et assassiné sur ordre d’eyadema.

- Mr Antoine Meatchi, ancien Vice- président de la République, est arrêté pour une affaire confuse de silos à céréales et envoyé à la prison de Mango. Il fut assassiné, dans sa cellule, sur ordre d’eyadema.

- Le capitaine Comlan est aux arrêts de rigueur, pour une raison banale, au camp RIT de Lomé. Sur ordre d’Eyadema, il fut torturé et exécuté.

- Le docteur Attidepe a été tué, lors de l’attentat de Soudou, contre Gilchrist Olympio, attentat organisé par Eyadema...

- Le colonel Tépé revient de la morgue du CHU de Lomé où il venait de déposer le corps du Général Améyi, tué, lors d’une attaque du camp RIT. Eyadema donna l’ordre de le lapider à mort, tandis que les neveux du colonel sont abattus dans la maison du colonel !

Nous ne ferons que passer en revue la liste non exhaustive des autres victimes d’Eyadema : le député Kolor, le député Djagba, le capitaine Bitho, le lieutenant Azoteo, le colonel Douti, le capitaine Epou, le député Edeh, l’adjudant chef Martin Agbenou, Mr Djobo Boucari, Tavio Amorin, Ayivi, Léopold, David Bruce, etc.

Tous ceux ou celles qui ont connaissance de l’assassinat de leurs proches ou simples citoyens, par le pouvoir Eyadema n’ont qu’à le signaler aux adresses ci-dessous, si possible avec leurs photos scannées.

II- Les crimes collectifs

- Les morts de la lagune de Bè : une nuit, en plein couvre-feu, des corps de suppliciés sont jetés par des avions de l’Armée dans la lagune de Bè. Une trentaine de corps au moins furent repêchés pas des plongeurs. La CICITO demande aux parents de ces victimes d’envoyer les noms, et si possible, les photos aux adresses si dessous.

- Les corps jetés dans l’océan (et longuement dénoncés par Amnesty International) en 1998.

- Les morts du Jardin Freau : des militaires et des policiers tirent dans la foule réunie au Freau Jardin, à l’occasion de la venue à Lomé des ministres français et allemand de la coopération. Les morts et les blessés (achevés), sont jetés dans des camions militaires et emportés vers une destination inconnue. Il y a eu au moins 180 morts et 350 blessés dont 17 mourront dan les hôpitaux.

- Les victimes de la faune : On a estimé à 600 (six cent) le nombre de morts dans la "faune et les réserves" décrétées par Eyadema. Tout Togolais qui chasse ou pêche (dans l’OTI) est appréhendé, ou tué sur ordre d’Eyadema. Et cela dure toujours. Seul lui, Eyadema Gnassingbe, peut chasser ou pêcher dans ces zones ! Tout ceux ou celles qui ont perdu un proche, un ami ou une connaissance au cours de ces décennies pour raison de "faune", sont priés de le notifier (avec photos scannées si possible) aux adresses ci-dessous.

- Le 3 décembre 1991, Eyadema donne l’ordre à une partie de son armée, d’attaquer la Primature où loge le Premier Ministre Joseph Kokou Koffigoh. Une attaque sans aucune raison valable. Les brefs combats ont entraîné la mort de 117 militaires assaillants et 19 militaires défenseurs de la Primature.

Le commandant de la Primature, le capitaine Épou, fut fait prisonnier, indemne, salua le Premier Ministre Koffigoh, avant d’être embarqué par des militaires pour la résidence privée du général Eyadema. Là, le capitaine Épou fut abattu par le général Eyadema en personne. Son corps fut rendu à sa famille dans l’après-midi. Au cours de cette attaque, le colonel Gnassingbe, commandant de la garde Présidentielle, fut tué.

- Les morts de Kasaboua et Agombio. Il y a eu au total 67 morts dans le premier camp, et 73 dans le 2éme camp. Ces camps de concentration ont servi de prison-mouroir pour les ennemis politiques (civils et militaires) d’Eyadema. Toutes informations fiables sur ces camps, seront très utiles pour compléter les investigations sur les crimes commis par Eyadema.

- De paisibles citoyens du (parti) CAR ont été froidement abattus à Blitta. Nous demandons aux responsables du CAR de transmettre les photos et les noms des suppliciés aux adresses ci-dessous.

- Les morts de l’attentat de Soudou : Outre le Dr Attidepe, six autres personnes ont été tuées à Soudou et plusieurs personnes, dont Mr Gilchrist Olympio, portent des séquelles invalidantes. Les enquêtes menées par la FIDA ont conclu à la responsabilité des proches d’eyadema. Des militaires, aujourd’hui exilés, ont témoigné et écrit à la CICITO pour confirmer que l’ordre d’attaquer le convoi de Mr Gilchrist Olympio, a été donné directement par le Général Eyadema...

Cette liste n’est pas exhaustive. Toute personne ou groupe de personnes qui auraient eu des preuves irréfutables de meurtres et crimes commis par Eyadema et ses proches n’ont qu’à les signaler aux adresses ci-dessous.

III- Les crimes économico- politiques :

L’obstination de ce malade du pouvoir qu’est Eyadema, de gouverner sans transparence, l’a amené à violer à plusieurs reprises la Constitution, à refuser tout compromis politique... Son entêtement l’a conduit à ordonner le massacre de Fréau Jardin, l’encerclement et la séquestration des Hauts Conseillers de la République, en 1992, ces deux actes insensés avaient conduit l’Union Européenne, le Canada, les USA et les pays du Nord, à suspendre la coopération avec le Togo. Cette suspension de la coopération avec la communauté internationale a conduit à la paupérisation et à la pauvreté absolue de la population togolaise. Tous les morts enregistrés depuis plus de dix ans, en rapport direct avec la suspension des aides au Togo, sont à mettre au crédit des crimes d’eyadema.

En effet, en raison du non payement régulier des salaires, des pensions-retraite et des pensions-maladies, plusieurs Togolais et Togolaises sont morts, faute de moyens et de soins médicaux, etc.

La CICITO a retenu un chiffre minimal de 6000 (six mille) morts de mai 1993 à mars 2003, par paupérisation, donc des citoyens indirectement tués par Eyadema Gnassingbe, en raison de son refus de démocratisation de son régime.

Par ailleurs, un groupe de Togolais, sur place, à Lomé, vient d’achever, par une enquête minutieuse, et a remis à la CICITO, la liste des crimes économiques (détournement de fonds publics, pillage des sociétés d’État, privatisations opaques, recettes fiscales et douanières non (ou mal) budgétisées, appels d’offre fantaisistes, etc. Le préjudice commis au dépend de l’État togolais est estimé au minimum à 350 (trois cent cinquante) milliards de francs CFA, de1993 à décembre 2002. Ces crimes économiques sont versés également dans le dossier des poursuites du Général Eyadema devant la Haute Cour de Justice togolaise pour crimes abominables contre le peuple Togolais.

Selon des témoignages de militaires exilés, la tuerie du Freau Jardin aurait dû être une plus effroyable tragédie. Il s’agissait au départ, de larguer sur la foule des 300.000 Loméens, des fûts d’essence ouverts, depuis des hélicoptères de l’armée ! Comme les manifestants tenaient tous une bougie à la main ce jour-là, tout le monde aurait flambé ! Des officiers avaient alors dissuadé (difficilement) Eyadema de laisser ce plan qui attirerait tous les regards du monde entier sur ces horreurs et sur l’armée ! A contre-cœur, selon toujours ces militaires exilés, Eyadema avait alors opté de tirer dans la foule, ce dont il chargea un officier de police adjoint, le sinistre Alaza, chef du commando assassins de Freau Jardin.

B- DEVANT LA HAUTE COUR DE JUSTICE TOGOLAISE :

I- Tous les crimes sus-cités sont versés dans le dossier d’accusation d’Eyadema devant la Haute Cour de Justice.

II- La bataille juridique entre l’UFC et les partisans d’Eyadema n’a pas sa raison d’être

Les textes sont clairs : Eyadéma a été élu sur la base de la Constitution du 14 octobre 1992. Il ne peut pas se représenter pour un troisième mandat. S’il le fait, il viole la Constitution sur la base de laquelle il avait été élu en 1993, et réélu en 1998. De la même façon, si la "Révision Constitutionnelle" de Natchaba et Cie avait stipulé que le mandat Présidentiel était ramené de 5 à 4 ans, Eyadema aurait continué son mandat tranquillement pour finir ses 5 ans. Si le Général Eyadema se représente pour l’élection du 1er Juin prochain, il aura violé gravement la Constitution, et il devra être traduit devant la Haute Cour de Justice.

Pour Gilchrist Olympio, il est éligible en Juin prochain et toute tentative de son exclusion sera sanctionnée par la comparution devant la Haute Cour de Justice, des responsables de cette exclusion. Comme tout le monde l’a déjà dit :

"Dans la hiérarchie des normes juridiques, la Constitution est la Loi Suprême, et il n’y a pas de rétroactivité des lois en matière constitutionnelle !". En France par exemple, quand on a raccourci le mandat de 7 à 5 ans, Jacques Chirac a bien terminé son septennat, avant d’être élu pour un quinquennat, après référendum constitutionnel, sur la durée du mandat Présidentiel. Les individus qui "foutent la pagaille" dans notre pays, tels que Fanbare Natchaba, professeur de Droit à l’Université, doivent être poursuivis avec rigueur devant les tribunaux pour que le Togo retrouve sa dignité.

La CICITO appelle tous les Togolais et non Togolais à envoyer aux adresses ci-dessous, des témoignages succinctes sur des assassinats ou crimes réels commis par Eyadema et ses proches, (et si possible avec photos scannées des victimes....)

Nous vous invitons à apporter votre appuis matériel, juridique et logistique à : Coordination Internationale Contre l’Impunité au Togo (CICITO), pour l’aboutissement de nos objectifs.

Que Dieu bénisse le Togo !

- Adokli Jules, Secrétaire Général CICITO, Hambourg.
Email : adokli_jules yahoo.fr

- Patricia Crown, Coordinatrice juridique, Londres.
Email : crown_patricia yahoo.co.uk

- Alan Oppenheimer, Coordinateur juridique, Washington.
Email : oppenheimer_alan yahoo.fr

- Dr David Ihou, Secrétaire Général-Adjoint CICITO, Veghel, Conakry.
Email : dr_davidihou yahoo.fr

 

© Copyright Adokli Jules, Patricia Crown, Alan Oppenheimer, David Ihou

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