Interview

Djimon Oré : « La liberté de presse est réelle, elle sera toujours garantie. Nous exhortons les uns et les autres à une presse professionnelle »

par LoméCité , le 26 août 2010, publié sur ufctogo.com

Le 3e vice-président de l’Union des Forces de Changement (UFC) et ministre Togolais de la Comunication du gouvernement de Houngbo II parle de la presse togolaise, de la crise au sein de son parti. Selon M.Djimon Oré, seul le professionnalisme des journalistes restes la porte de sortie pour éviter les procès en cascade contre les journaux. Pour lui, il n’est pas question de museler la presse comme certaines personnes le pensent. Seulement, M.Djimon laisse voir qu’il faut faire une distinction entre Liberté et Libertinage. « La liberté de presse est réelle, elle sera toujours garantie. Nous ne ménagerons aucun effort dans ce sens. Nous exhortons les uns et les autres à une presse professionnelle », a t-il indiqué lors de l’interview. Lisez plutôt

 

Lomecite.com : Bonjour M. Djimon Oré !

Djimon Oré : Bonjour !

Lomecité.com :Vous êtes le nouveau 3e vice président de l’Union des Forces de Changement (UFC), pourquoi votre bureau a défoncé les portes du siège de votre parti la semaine dernière lors de la passation de service ?

Djimon Oré : Notre bureau n’a pas défoncé les portes du siège. Le siège appartient au parti et non à un groupe d’individus. Nous y étions et avons constaté que la porte principale, celle de la salle de la réunion était bloquée. Et puis ils ne sont pas venus à la passation de service, mais ils ont gardé la clé avec eux. On n’a pas défoncé la porte, plutôt nous avions contourné le bâtiment pour rentrer par la petite porte pour tenir notre réunion parce que, on voudrait que tout se fasse dans la légalité. Nous étions au siège avec un huissier de justice qui a fait l’inventaire. A ce titre, nous ne pouvons pas arriver et défoncer les portes. C’est l’huissier de justice qui a pris le devant et a entamé les procédures légales. Une fois encore nous n’avons pas défoncé les portes.

Lomecite.com :Dites-nous concrètement ce qui se passe aujourd’hui au sein de l’Union des Forces de Changement (UFC) !

Djimon Oré : Aujourd’hui l’UFC est entrain de sortir d’une crise de moins de trois mois, une crise assez dure, assez coriace mais elle est finissante car le congrès du 12 août 2010 a mis fin à cette dernière. Bien entendu ceux qui ont raté leur coup, les putschistes ne peuvent pas du jour au lendemain se retirer comme ça. Ils sont entrain de gesticuler pour rien, ce sont des gesticulations de dernière minute. Tout ira dans l’ordre.

Lomecite.com : Que répondez-vous à ceux qui disent que les « Fabristes » sont plus populaires que vous autres appelés les « AGO » ?

Djimon Oré : S’ils sonti vraiment populaires plus que nous, les « Fabristes » n’allaient pas refuser de participer au congrès légal du 12 août 2010. Je suis militant du parti, je siège au bureau national depuis janvier 2000, banalement 10 ans en tant que coordinateur de ma préfecture et délégué adjoint de la Jeunesse après 2008. J’ai siégé, participé aux réunions du bureau national. J’ai été directeur de campagne pour la présidentielle de 2003 dans ma préfecture ; directeur de campagne pour la présidentielle de 2005 pour la Coalition avec M. Georges Aïdam. J’ai été candidat aux élections législatives, moi –même, en 2007 comme tête de liste. J’ai été tout dernièrement directeur de campagne pour le candidat Jean Pierre Fabre dans ma préfecture, lors de la présidentielle de 2010.
Donc je connais réellement ce que c’est que l’UFC. Je connais Gilchrist Olympio, Patrick Lawson, Jean-Pierre Fabre, Isabelle Améganvi et les autres… Toutes ces personnalités, je les connais suffisamment. Bien avant 2008, M. Jean-Pierre Fabre a voulu embrigader les fédérations en positionnant ces éléments mais il n’a pas réussi ; les fédérations sont majoritairement acquises à la philosophie du parti sous la direction du président national Gilchrist Olympio. C’ est pourquoi d’ailleurs j’étais le premier à demander un congrès pour qu’on puisse tout clarifier. Les « Fabristes » n’en voulaient pas, tout simplement parce qu’ils ne sont pas soutenus par les fédérations. Cependant il faut souligner qu’à Lomé, il existe une multitude de journaux et radios qui font croire aux populations que les « Fabristes » sont populaires. Ils n’ont même pas le soutien du quart des populations togolaises que Gilchrist Olympio a derrière lui. Celui qui fait du bruit, c’est lui qu ‘on entend. Nous sommes plus sages. Nous ne sommes pas en campagne électorale pour occuper les medias contre ceux que vous appelez les « Fabristes » ; pour organiser des meetings pour démonter notre popularité. Une chose est sûre, le parti est là et nous sommes sereins. Il y a des putchistes qui ont raté leur coup, ils se retirent et c’est très simple.

Lomecite.com : Pourtant lors du congrès des « Fabristes », tenu le 10 août 2010, une trentaine de fédérations était à leurs côtés. Comment expliquez-vous cela ?

Djimon Oré : Ce n’est pas sérieux, c’est indigne. C’est du faux, tout ce qui se raconte par rapport aux fédérations présentes à ce congrès. Je vous donne des exemples : Fédération du Wawa, le président fédéral reconnu par nous tous, c’est M. Nyamekou qui dans la liste des fédérations a signé le document des « Fabristes » à l’issue de leur congrès alors que M. Nyamekou a participé bel et bien au congrès du 12 août 2010. Le président fédéral de Vo : M. Vincent Apelété. Pour Lomé - Commune, le président du 5e arrondissement M. Ben Pedanou qui était au congrès du 12 août de l’UFC présidé par le président national Gilchrist Olympio. Ce qui est plus grave, ils ont mentionné le nom des gens dans leur fameux bureau. Par exemple M. Nayo Viviakou, coordinateur de Blitta qui est même souffrant à la maison, à qui ils n’ont jamais rendu visite. Ils ont mis son nom comme conseiller et ce monsieur allait piquer une crise dès qu’il a appris cela. Ils ne font que du dilatoire, du chantage.
Ils avaient effectivement le soutien des fédérations, ils seraient les premiers à accepter un congrès véritable et légal. Ils sont exclus légalement par le congrès du 12 août 2010. Ils n’ont qu’à prendre acte de cette nouvelle situation, que de vouloir faire du chantage pour faire croire qu’ils sont encore de l’UFC.

Lomecite.com : Etant que ministre de la Communication, vous êtes accusés de museler la presse privée togolaise. Que pensez-vous de cette affirmation ?

Djimon Oré : Museler la presse privée, pas du tout ! Je suis de l’opposition et je continue à militer au sein de ce même parti de l’opposition. Ce n’est pas parce que nous sommes dans le gouvernement que nous cessons d’être un parti de l’opposition. Quel intérêt j’aurais à museler la presse privée. Je veux bien la liberté de la presse mais la liberté n’est pas synonyme de libertinage. Est-ce-que la liberté de presse voudrait dire injure, calomnie, mensonge. Il y a certains medias qui font des efforts réels pour faire des émissions, des reportages, des articles corrects et équilibrés. Mais quand vous prenez certains écrits téléguidés et mensongers qui laissent à désirer, c’est cela vous appelez la liberté de la presse ? La liberté de presse dont il est question, il s’agit de la liberté de presse professionnelle. Ils n’ont pas la liberté du libertinage. Je mets l’accent particulier sur une presse professionnelle et laisser tomber la presse de combat. Après les élections législatives de 2007, la presse togolaise a été félicitée par les autorités et toute la classe politique de ce pays. Aujourd’hui, on retombe encore dans ce concept de presse de combat pour servir à quoi ?

Lomecite.com : On assiste ces derniers temps à de multiples procès faits aux journaux de la place. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?

Djimon Oré : Voilà ! Les propos calomnieux, les écrits commandés en sous-main pour ternir l’image de telle autorité ou la plus haute autorité de notre pays, c’est une façon d’obliger ces dernières à demander justice. La loi n’autorise pas la HAAC à poursuivre en justice un journaliste qui est en dérapage. Mais une autorité ou tout citoyen qui voit sa dignité et son image bafouées par un media a le droit de porter plainte, de traduire ledit media en justice. Là, ce n’est pas la dictature. S’en remettre à la justice, je pense que c’est la voie la plus légale, la plus indiquée que de vouloir faire un règlement de compte.
Pourquoi tous les journaux ne sont pas traduits en justice ? Poser cette même question aux organisations de presse. Le constat est clair, on écrit des choses non vérifiées, sans preuves. Un journaliste n’est pas tenu à indiquer la source de ses informations, mais il est tenu à fournir les preuves de ses écrits. Du moment où il n’y a pas de preuves et c’est des mensonges, le media doit être prêt à répondre devant la justice. C’est très simple. Rien de dictatorial. La liberté de presse est réelle, elle sera toujours garantie. Nous ne ménagerons aucun effort dans ce sens. Nous exhortons les uns et les autres à une presse professionnelle.

Lomecite.com : Merci M. Djimon Oré !

Djimon Oré : Merci également !

Interview réalisée par la rédaction de Lomecite.com

 

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