Togo Elections 2005

Des réfugiés togolais mettent en cause les militaires

par Reuters , le 2 mai 2005, publié sur ufctogo.com

 

Des Togolais réfugiés au Bénin expliquent qu’ils ont peur de regagner leur pays après avoir vu les forces de sécurité y tirer sur des civils sans défense, au cours des troubles qui ont suivi l’annonce, mardi, de la victoire controversée de Faure Gnassingbé à l’élection présidentielle du 24 avril.

A Lomé, des batailles rangées ont opposé la police à des manifestants retranchés derrière des barricades enflammées, tandis que dans d’autres villes, les forces de sécurité recherchaient les partisans de l’opposition et les battaient chez eux, ont rapporté des réfugiés.

"Juste après l’annonce des résultats, les bérets rouges se sont éparpillés dans les rues et ont commencé à tirer sur les garçons", raconte Marthe, 60 ans, qui s’est réfugiée au Bénin, où le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés a ouvert des camps.

"Ils ont tiré seulement sur les garçons. Ils ont pillé les magasins et ont accusé les jeunes gens, qui n’étaient pas armés", poursuit elle au milieu d’une mer de tentes vertes du HCR plantées près du village de Come.

Tout comme Marthe, Lawson, 30 ans, a fui la ville togolaise d’Aneho, située à 45 km à l’est de la capitale, et où des responsables de l’hôpital ont fait état de neuf morts.

"Dès que les résultats ont été annoncés, nous sommes descendus dans les rues pour protester. Les militaires ont tiré dans la foule et j’ai été touché au pied", raconte Lawson de son lit d’hôpital à Come, où sont soignés une douzaine d’autres réfugiés togolais, blessés par balle ou à la machette.
"J’ai peur de retourner à Aneho parce que j’ai peur des représailles. Je ne sais pas comment les gens du RPT (parti au pouvoir) réagiront lorsqu’ils me verront", confie-t-il.

BATTU CHEZ LUI

Le HCR a précisé qu’entre vendredi et samedi, le nombre de personnes réfugiées au Bénin et au Ghana était passé de 7.000 à 11.500.

"Ils sont venus chez moi et ils ont perquisitionné. J’avais fait campagne pour l’opposition. Mon mari a été giflé et mes enfants ont été battus", raconte Evelyne, une quinquagénaire qui attend dans un centre de transit, à la frontière, après avoir fui Tsevie, au nord de Lomé.

Elvis Edorh, 25 ans, dit lui aussi avoir été battu chez lui, à Aneho, et il explique qu’il a dû traverser une lagune à la nage pour s’échapper.

"J’ai nagé et je me suis retrouvé ici. J’ai perdu deux neveux sur lesquels les forces de sécurité ont ouvert le feu", dit-il.

Le président par interim, Abass Bonfoh, a assuré qu’aucun ordre de tirer sur les manifestants n’avait été donné et que des membres des forces de sécurité étaient morts dans les violences pour avoir respecté cette consigne.

L’opposition avance un bilan de 100 morts dans l’ensemble du pays tandis que la Ligue togolaise des droits de l’homme parle d’au moins 40 morts et de nombreux blessés par balle et disparus.
Le HCR a précisé que le camp de Come hébergeait 800 réfugiés, dont de nombreuses femmes et des enfants que l’on vaccine contre la polio et la rougeole. Un demi millier d’autres réfugiés devraient être installés dans un nouveau camp situé non loin de là, à Lokossa.

Des camions chargés de tentes, de bâches en plastique, de couvertures et de savon ont quitté samedi Accra, la capitale du Ghana, pour le Bénin, mais le voyage prendra quatre jours parce que le convoi devra transiter par le Burkina Faso pour éviter le Togo, a dit le HCR.

 

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