Liberia

Washington prépare son intervention au Liberia

par Le Monde (France) , le 3 juillet 2003, publié sur ufctogo.com

Les pressions se multiplient pour que Washington intervienne militairement sur place en raison des liens historiques qui l’unissent à ce pays fondé, il y a plus de 150 ans, par des esclaves américains affranchis.

 

Le président américain, George W. Bush, soumis à une forte pression internationale pour envoyer des forces au Liberia, a déclaré, mercredi 2 juillet, envisager "toutes les options" pour faire respecter un cessez-le-feu dans ce pays. M. Bush a également renouvelé son appel pour que le président Charles Taylor abandonne le pouvoir, et souhaité qu’il parte en exil. "Une chose est sûre : M. Taylor doit quitter le pays", a-t-il affirmé à la presse.

Le secrétaire d’Etat, Colin Powell, interrogé en fin d’après-midi dans une émission radiophonique, a indiqué avoir parlé personnellement au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, de ce dossier, mais que le président américain n’avait "pas encore pris de décision". "Il est encore prématuré de dire qu’il a pris une décision et qu’une annonce est attendue pour demain", a-t-il ajouté, alors que des responsables américains, parlant sous le couvert de l’anonymat, assuraient un peu plus tôt que M. Bush pourrait faire connaître ses intentions dès jeudi.

Un responsable de l’administration a ajouté que les plus hauts conseillers de M. Bush, le secrétaire d’Etat, Colin Powell, le secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, ainsi que la conseillère pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, avaient fait savoir leur opinion à M. Bush. "C’est maintenant au président de décider", a-t-il indiqué sans donner plus de détails sur les choix qui ont été proposés ou qui seront faits.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer, est resté vague, affirmant que ce dossier faisait l’objet "d’un examen attentif" tout en se refusant à dire quand le président Bush pourrait annoncer une décision.

M. Bush doit se rendre en Afrique du 7 au 12 juillet pour la première tournée de son mandat sur ce continent, et de nombreux commentateurs à Washington s’attendent à ce que sa décision sur le Liberia survienne avant son départ.

Washington est par ailleurs pressé par de nombreux partenaires sur la scène internationale, en particulier le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, Londres, Paris ou les pays voisins du Liberia pour prendre la tête d’une force multinationale de paix. Les responsables américains n’ont pas exclu cette hypothèse, mais d’autres options seraient envisagées, comme un soutien logistique et technique à une force de l’ONU, ou un envoi limité de troupes chargées principalement de l’évacuation des ressortissants étrangers.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a par ailleurs finalement envoyé, mercredi, une équipe d’observateurs pour vérifier l’application d’un cessez-le-feu signé le 17 juin au Ghana par le gouvernement libérien et deux groupes rebelles.

De nombreux Libériens réclament le déploiement d’une force de paix conduite par les Etats-Unis, qui gardent des liens historiques privilégiés avec ce pays créé au XIXe siècle pour accueillir des esclaves américains affranchis.

A Monrovia, la situation est calme depuis plusieurs jours, même si la situation humanitaire est de plus en plus inquiétante.

Une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU se trouve actuellement en Afrique de l’Ouest pour évoquer notamment la crise au Liberia. Le chef de cette délégation, l’ambassadeur britannique Jeremy Greenstock, a indiqué que le Nigeria pourrait offrir l’asile au président libérien.

Mais des diplomates onusiens à New York ont fait savoir que Charles Taylor avait refusé l’exil que lui avait proposé le Nigeria parce qu’Abuja n’était pas en mesure de lui garantir que son extradition vers le tribunal spécial des Nations unies pour les crimes de guerre en Sierra Leone serait impossible. Le président Taylor est inculpé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité par ce tribunal, qui a émis un mandat d’arrêt international contre lui. Cette instance judiciaire a précisé mercredi qu’elle poursuivrait Charles Taylor même si ce dernier partait en exil.

Le Monde avec AFP-Reuters

 

© Copyright Le Monde (France) - Visiter le site

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
mercredi
26 juillet 2017
Lomé 25°C (à 20h)