Réaction

Vous avez dit minable !

par Egnawomé NENONKOR , le 17 février 2004, publié sur ufctogo.com

Depuis quelques années un cuistre déguisé en journaliste, mais sans talent, s’acharne contre l’UFC. Cet homme dont on sait désormais qu’il est sans foi ni loi vient de commettre un article dans lequel il se fait l’avocat du diable, Gnassingbé Eyadéma et son régime aux abois, honni par le peuple tout entier et mis au ban de la communauté internationale. Notre parti vient de réaliser un substantiel document, " Togo : Etat de violence, d’arbitraire et de mensonge ". Alors même que ce document n’est pas rendu public, son bien médiocre détracteur le qualifie de compilation, de minable et de memorandum...bidon" (Le Combat du Peuple n°434 du 9 février 2004). Fort heureusement, nous sommes instruits qu " il y a des reproches qui louent..." et que les propos de Lucien Messan ne sont que commentaires de valet de chambre.
Tel est le sens de la réflexion proposée par M. NENONKOR Egnawomé.

 

Le lundi 9 janvier 2004, l’hebdomadaire « le combat du Peuple a publié dans sa livraison n°434, un article annoncé à la une et intitulé « l’UFC fait monter les enchères par la publication d’un mémorandum confidentiel bidon » sous la signature de Rodrigue alias, Lucien Djossou Messan, son directeur de la rédaction.

La lecture de cet article, notamment son introduction, nous apprend que le contenu du mémorandum rendu publlic par l’UFC sous le titre « Togo : Etat de violence, d’arbitraire et de mensonge » est un « amalgame de mensonges fabriqués et de vérités connues ». Alors évidemment, le lecteur s’attend à se voir administrer la preuve de l’existence de mensonges dans le document. Et il attend en vain.

1- Lucien Djossou Messan, affirme que ce document est « une compilation des faits sur lesquels des informations ont déjà été publiés et que le Togolais qui lit les journaux connaît. ». Ce qui n’est pas vrai. Plusieurs faits révélés dans ce document n’ont jamais été publiés dans aucun journal. Si notre journaliste indépendant s’était donné la peine de lire correctement le document, il aurait pu le constater au lieu de gesticuler comme d’habitude.

Même, à supposer que ce mémorandum soit réellement une compilation de violations ou de manquements connues, quel mal y a-t-il à rappeler à l’opinion l’existence de faits connus, surtout lorsque, dans la majorité des cas, ces faits constituent des violations des droits de l’homme toujours en cours ?

Tout citoyen sérieux, tout responsable de parti politique encore plus, a l’obligation de rappeler en toute occasion ou circonstance les violations de droits de l’hommes passées ou en cours. Pour contraindre le régime à mettre fin aux violations en cours et à cesser la pratique des violations des droits de l’homme. Ce n’est pas parce que l’opinion est déjà informée de l’arrestation de personnes qu’il n’est plus nécessaire de faire état de la situation de ces personnes, alors qu’elles sont toujours détenues indûment.

Il n’est pas sérieux de prétendre que l’UFC est minable parce qu’elle rappelle, entre autres, dans un mémorandum, que le Président de sa fédération de l’Oti, Nassoro Natchaba est détenu depuis bientôt six mois à la prison civile de Dapaon, alors que tout le monde sait qu’il n’est pour rien dans les incidents de septembre 2003 à Mango à la suite desquels il a été arrêté, et que « Le Combat du Peuple » l’a écrit sous la plume de Lucien Djossou Messan ?

Il n’est pas sérieux de prétendre que l’UFC est minable parce qu’elle rappelle dans un mémorandum que le président de sa fédération de la préfecture de la Kozah est détenu à la prison civile de Kara, après avoir passé neuf mois en cellule à la gendarmerie de Kara. Cela fait un an qu’il est arrêté sans aucune autre raison que celle de militer dans un parti de l’opposition alors qu’il est de l’ethnie du chef de l’Etat.

Il n’est pas sérieux de prétendre que l’UFC est minable parce qu’elle révèle ou rappelle entre autres, que les journalistes Kokou Dodzi Dzilan, Jean de Dieu Kpakpabia et Philip Evégnon ont été torturés pendant leur détention et que les ordinateurs et autres effets personnels saisis par la Police à leur domicile et/ou bureau, au moment de leur arrestation, ne leur ont pas été restitués alors qu’ils sont libérés depuis plus de huit mois ?

Il n’est pas sérieux de prétendre que l’UFC est minable parce qu’elle révèle ou appelle entre autres, dans un mémorandum que les 3 ordinateurs, les deux imprimantes, les trois cartons du Manifeste de l’UFC ainsi que les effets personnels saisi par la Police au domicile de Jean-Pierre Fabre ne lui ont pas été restitués par la Police jusqu’à ce jour. Que le juge d’instruction n’est pas en leur possession non plus. Et que M. Fabre est toujours interdit de sortie du territoire et que son passeport et sa carte d’identité sont toujours confisqués.

Déclare-t-on un chanteur minable parce qu’à un moment donné de sa carrière, il ressent le besoin de publier un « best of », une compilation de ses plus grands succès, sur un même disque ? Car, de même que le « best of » d’un chanteur permet au public d’accéder rapidement sur le même disque à ses meilleurs chansons, ce mémorandum permet au lecteur d’accéder dans le même document aux « chef-d’œuvres » du régime en matière de violation des droits de l’homme, ces dernières années.
En fait, le problème du pouvoir et de Lucien Messan n’est pas que ce document soit une compilation de « mensonges fabriqués et de faits connus ». L’UFC est libre de publier toutes les compilations qu’elle veut. C’est son affaire. Ce qui les enrage est que non seulement l’UFC révèle de graves violations des droits de l’Homme, mais qu’elle rassemble ces violations dans un seul document, alors que jusqu’à présent plusieurs de ces faits sont inconnus ou se retrouvent éparpillés dans plusieurs mémorandums ou articles de journaux. C’est la facilité d’exploitation de ce mémorandum qui déclenche l’ire de Lucien Messan et ses commanditaires.

2- Voilà pourquoi, la réaction du « journaliste indépendant » lauréat du prix de l’Agence Internationale de la Francophonie, Lucien Djossou Messan à l’égard d’un document qui révèle des violations des droits de l’homme est à peine croyable.

Nulle part dans son article, Lucien Djossou Messan ne semble se préoccuper de l’existence d’actes de tortures pratiqués à la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN) ou au Service de Renseignement et d’Investigation de la Police, communément appelé commissariat Donou, ou à la Gendarmerie, sur des militants de l’UFC.

Nulle part dans son article, Lucien Djossou Messan ne semble se préoccuper du sort de citoyens togolais, Mawuli Atidépé et Kokou Alowou, des êtres humains ordinaires, détenus pendant plus de dix ans sans le moindre jugement.

Nulle part dans son article, Lucien Djossou Messan ne semble se préoccuper du fait que les forces de sécurité, Gendarmerie et Police, ne respectent pas le délai légal de garde à vue qui varie au Togo de quelques jours ou semaines à plusieurs années, selon la volonté des autorités. Et que beaucoup de citoyens togolais ont été ou sont victimes quotidiennement de cette pratique inacceptable. Cas de Birrégah, Poyodé, Looky etc..

3- Le surprenant lauréat du prix de l’Agence Internationale de la Francophonie se contente de se préoccuper du seul point qui concerne sa petite personne, dans le mémorandum, sur les 111 cas présentés. Car, c’est ce passage qui révèle que notre journaliste indépendant n’est rien d’autre que l’agent corrupteur du pouvoir au sein de la presse privée togolaise.

Lucien Djossou Messan n’a pu s’empêcher de reconnaître qu’il a reçu des mains du chef de l’Etat, 213 millions de francs CFA en deux tranches, la première de 113 000 000 CFA et la seconde de 100 000 000 CFA. C’est ce que dit l’UFC. Que l’argent fût en coupures de 1000 francs CFA et non en coupures de 10 000 CFA n’a aucune espèce d’importance. D’ailleurs comme il n’est pas un parangon de vertu, pourquoi croire en sa version de coupurse en 1000 francs CFA ?

Lucien Djossou Messan conteste la position de l’UFC selon laquelle cette manière de distribuer de l’argent à la presse privée n’est rien d’autre que de la corruption déguisée. Il suffit de lui rafraîchir la mémoire pour l’aider à retrouver le chemin de la logique. Si bien sûr, il n’est pas de mauvaise foi !

Il y a quelques jours, Lucien Messan a conduit à Lomé 2, à la résidence du chef de l’Etat, sur convocation de celui-ci, Julien Ayi, Directeur de la Publication de l’hebdomadaire « Le Nouvel Echo ». Le Chef de l’Etat reproche à celui-ci d’avoir publié dans son journal un article le mettant en cause alors que Julien Ayi a reçu quelques jours auparavant, le 9 janvier 2004, six millions de francs CFA, sur les 100 000 000 CFA dont il a gratifié les journalistes de la presse privée, membres du CTEP.

Le chef de l’Etat se dit d’autant plus courroucé qu’il est informé que la publication par le Nouvel Echo de l’article le mettant en cause, a rapporté au journal 60 000 CFA. Gnassingbé Eyadéma ne comprend pas que le Nouvel Echo le « trahisse » pour 60 000 CFA alors qu’il lui a donné 6 000 000 CFA et que le même journal avait déjà touché 6000 000 CFA dans la première tranche de 113 000 000 CFA remise à la presse privée l’année dernière.

L’attitude du Chef de l’Etat montre bien que dans son entendement, l’argent qu’il donne à la presse privée et qui est considéré par celle-ci comme un financement étatique, est censé le protéger des critiques émanant d’elle. Dans son esprit, il corrompt la presse privée pour que celle-ci lui « foute la paix. »
Lucien Djossou Messan le sait parfaitement et son attitude en témoigne. Pourquoi vole-t-il au secours du pouvoir en déversant sa rage sur un mémorandum qui devrait satisfaire tout citoyen normal, si l’argent qu’il reçoit du pouvoir ne lui fait pas obligation d’enrayer la moindre attaque des partis de l’opposition démocratique ?

Avec Lucien Djossou Messan, le pouvoir a mis la main sur un allié plus crédible que la presse publique. La défense du pouvoir par un journal de la presse privée, longtemps positionné dans l’opposition avant de basculer dans le soutien sans honte à la dictature, est certainement plus subtile qu’une défense organisée autour des traditionnels liseurs de motions à la télévision.

Au lieu d’envoyer une horde de liseurs de motions déverser sur les média publics, des insultes contre l’UFC et son mémorandum, le pouvoir a choisi de faire dans la « finesse » en faisant monter au créneau Lucien Djossou Messan. Personne n’est dupe. Aujourd’hui, pas de différence entre Justin Amissah Johnson et Lucien Djossou Messan.

Lucien Djossou Messan a beau jouer les raisonneurs, son jeu est clair. Il ne trompe que lui-même. Il est payé par le pouvoir pour pilonner l’UFC et déstabiliser l’opposition démocratique. Quand on voit la hargne avec laquelle il exécute sa mission, on peut dire qu’il s’en acquitte correctement. Mais pour quel résultat ? Le mépris affiché par son journal depuis 5 ans à l’égard de l’UFC ainsi que ses insultes du candidat de l’UFC Emmanuel Bob Akitani, qualifié à plusieurs reprises de « sénile » lors de la présidentielle de juin 2003, n’ont eu aucun effet sur la popularité de l’UFC. Au contraire ! Cette attitude qui a été considérée par l’opinion comme l’hommage du vice à la vertu a « boosté » la popularité de l’UFC .

Il y a lieu de s’interroger aujourd’hui sur les objectifs ou les motifs réels de l’attribution de ce prix à Lucien Djossou messan par l’Agence Internationale de la Francophonie, dont on connaît le lien avec le gouvernement français qui soutient Gnassingbé Eyadéma.

De toutes façons, Lucien Djossou Messan, n’a pas l’envergure et la crédibilité nécessaires ni pour détruire l’UFC avec ses gesticulations hebdomadaires, ni pour s’attaquer efficacement au mémorandum de l’UFC : « Togo, Etat de violence, d’arbitraire et de mensonge ». Ce document précis témoigne du sérieux d’un parti qui fait régulièrement le point sur la situation des droits de l’homme au Togo.

L’UFC est libre de publier ses mémorandums quand bon lui semble et de programmer leur sortie selon son propre calendrier. Elle n’a jamais dit que ce document était confidentiel. La preuve est que Lucien Djossou Messan a pu se le procurer auprès de personnes auxquelles l’UFC l’a donné.

Si le régime ne commet pas de graves violations des droits de l’homme, l’UFC ne publiera pas de mémorandum sur ces violations.

De quoi le régime et Lucien Messan ont-il peur ? Pourquoi tant de rage et tant d’insultes si comme celui-ci l’affirme le « mémorandum est un amalgame de mensonges fabriqués et de vérités connues » ? D’ailleurs cette affirmation surprend le lecteur de la livraison n°434 du Combat du Peuple.
Celui-ci découvre ahuri que le journal, dans le même temps qu’il fustige le mémorandum de l’UFC qualifié « d’amalgame de mensonges », décrit dans un article intitulé « Légère baisse de la mortalité à la prison civile de Lomé » les conditions de détention à la prison civile de Lomé. Le journal écrit : « Ces problèmes ont pour nom, les maladies, le nombre pléthorique des prisonniers qu’on entasse comme des sardines dans des cellules exiguës, l’insalubrité et le déficit hygiénique, le manque où l’insuffisance de soins médicaux. Ce qui justifie un nombre important de morts à la prison civile de Lomé ». On croirait lire le chapitre du mémorandum, consacré aux prisons togolaises !
L’UFC en ce qui la concerne n’a pas l’intention d’accuser Lucien Djossou Messan de publier, à l’approche des consultations entre l’UE et le Togo sur la situation des droits de l’Homme et le respect des principes de la démocratie, un article visant à voler au secours du régime togolais en prétendant que la mortalité baisse dans la prison civile de Lomé. L’UFC laisse Lucien Messan à son cinéma.

Ce qui est minable, c’est d’affirmer que le mémorandum de l’UFC : « Togo, Etat de violence, d’arbitraire et de mensonge » est un « amalgame de mensonges fabriqués et de vérité connues » sans apporter la moindre preuve de l’existence de ses mensonges en ce qui concerne les graves violations des droits de l’homme contenues dans le document.

Ce qui est minable c’est de reconnaître avoir reçu 213 000 000 CFA du Chef de l’Etat et de refuser d’admettre que dans l’esprit de celui-ci, il s’agit de neutraliser les journaux de la presse privée affiliés au CTEP pour qu’ils ne critiquent plus le régime ou même l’arrangent. Alors que tous les actes de Lucien Djossou Messan le montrent.

Ce qui est minable, c’est finalement de ne rien prouver du tout ou de ne réussir qu’à prouver que Lucien Djossou Messan est en service commandé. Ce qui est bidon, c’est l’article de Lucien Djossou Messan.

Egnawomé NENONKOR

 

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