Droits de l’homme

Vous avez dit enquête ?

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 10 mars 2000, publié sur ufctogo.com

 

Lomé, ce 10 mars. Après quelques mois de silence, et sur insistances et allusions des journaux locaux et internationaux, le gouvernement togolais vient de demander une fois encore à l’ONU, une Commission internationale d’enquête. Il s’agit de l’affaire des cadavres d’opposants togolais disparus et retrouvés morts sur les plages du Bénin voisin. Les suppliciés probablement jetés en haute mer auraient eu les mains attachées ou menottées derrière le dos. Pour l’instant nul ne sait sur qui compte le régime pour pouvoir venir sur le plan juridique, à bout d’un aussi gros morceau tel qu’Amnesty International.

Nous ne parierons pas un seul Pfennig sur l’innocence de la Mouvance présidentielle dans cette affaire. Ceux qui connaissent la perversité et la cruauté de ce régime, savent que des milliers de crimes politiques ont été commis sous Eyadéma. L’ouvrage " Togo : la Stratégie de la terreur " (Groupe Initiative, CNDH-LTDH, Paris, 1993) nous montre avec des photos " saignantes " à l’appui, un " florilège " de crimes éyadémiesques. C’est la raison pour laquelle nul n’irait jusqu’à accorder le bénéfice du doute à ce régime dans le contentieux juridique qui l’oppose à Amnesty International dans " l’affaire des cadavres flottants ".

Pour mémoire : Soudou, nord du Togo. Mai 1992. Attentat contre Gilchrist Olympio et ses compagnons de l’UFC. Le docteur Atidépé , parmi d’autres, y trouva la mort. A la suite de cet attentat, le régime RPT a donné son accord à la venue au Togo d’une commission d’enquête diligentée par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH). Dès leur arrivée à Lomé, les membres de la FIDH, se verront proposer par Eyadéma, un collaborateur dans leurs recherches et investigations. Question de mettre les trois enquêteurs " dans de bonnes conditions ". Bien entendu, la Commission d’Enquête décline l’offre du pouvoir en place. La FIDH conclura après enquêtes : " Que l’attentat du 5 mai 92 [...] a été préparé et exécuté par des militaires [...] Que la liberté de mouvement et l’autonomie d’action laissée au capitaine Ernest Gnassingbé (fils du président), permettent à Eyadéma-junior de se livrer à un activisme incompatible avec son état militaire... " Des témoins avaient repéré le fiston sur les lieux du crime avant l’attaque du convoi de l’UFC...

Eyadéma, son parti RPT et son armée ne reconnaîtront pas les conclusions de l’enquête de la FIDH. Accepteront-ils le verdict d’autres éventuelles enquêtes sur leurs innombrables forfaits ? A ce propos, si le régime de Gnassingbé Eyadéma profitait de l’occasion onusienne pour exiger des enquêtes sur toutes ses violations des droits de l’homme depuis 1963 ? ( date de son premier crime, à savoir l’assassinat de Sylvanus Olympio, premier président démocratiquement élu du Togo ).

 

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