Impunité

Une quasi-psychothérapie :
remède nécessaire pour la population togolaise

par Francis SEWA , le 12 novembre 2006, publié sur ufctogo.com

 

Une quasi-psychothérapie : remède nécessaire pour la population togolaise après les violences, tortures, tueries et intimidations organisées par le régime Faure Gnassingbé.

JPEG - 20 ko
© Photo Reuters - Finbarr O’Reilly

Le Togo vit depuis 40 ans sous une dictature qui qui est née par le crime et s’est transmise par des crimes massifs. Ce régime dictatorial et clanique s’est maintenu par la torture, le meurtre, les exécutions sommaires, les disparitions et assassinats. Ce régime s’est maintenu en exerçant une terreur et de la violence sur la population togolaise. A la mort du dictateur, le pouvoir a été transmis à son fils par ceux qui le maintiennent ou en sont le support, l’armée. Cela, au prix d’une violence inouïe et sans précédent ! Au regard de l’actualité, les choses se passent comme si rien de grave, d’extrêmement grave même, ne s’est déroulé au Togo entre le 5 février 2005 et juin 2005. Comme si tout le monde, sauf les familles et quelques uns, avait oublié que ce régime , celui de Faure Gnassingbé est né dans le sang abondamment versé, environ 500 morts, dont nombre d’enfants en bas âge.

JPEG - 12.9 ko
Marcellin Fanou (6 ans)
tué par les "bêtes sauvages"

Mais, le traumatisme est là, les blessures profondes et non cicatrisées. Avant toute chose, avant toutes élections, et pour parler de réconciliation nationale qui prenne un véritable sens, il faut guérir à jamais les Togolais du syndrome des bêtes sauvages qui a permis au régime Eyadéma (Etienne Gnassingbé, Faure Essozimna, Kpatcha ) de prospérer en toute impunité.

Pourquoi cette sorte de psychothérapie est-elle nécessaire à la
population Togolaise ?

Une population qui a vécu de telles atrocités (dans le temps) vit dans la peur et la psychose. Le silence et la résignation sont pour elle un refuge. La peur des représailles existe toujours, car l’armée togolaise et le clan sont devenus pour nos compatriotes source de phobie et la cristallisation de leurs tourments. Ce sentiment est renforcé par l’impunité dont bénéficient les auteurs et les commanditaires des crimes. Mais aussi par la promotion dont ils bénéficient : Antoine Laokpessi un tortionnaire notoire fut ministre de l’intérieur et de la sécurité (quel paradoxe instructif !) dans le premier gouvernement Faure Gnassingbé. Atcha Titikpina est désormais le ministre de la sécurité (SIC !) ; il fut chef de la garde présidentielle de Gnassingbé Eyadéma et aide de camp de Faure Gnassingbé est du nombre de ceux qui réprimé dans le sang les contestations de la population entre février et juin 2005.

Alors qu’il est question d’élections législatives au mois de juin 2007, soit dans 8 mois, la question de l’impunité n’est pas posée, et on n’entrevoit aucun signe qu’il recevra un début de solution avant ces élections.
Il suffit de voir les corps armées, les chars, les camions de
la police, tout le ballet sécuritaire précédant un passage de Faure Gnassingbé dans la ville de Lomé pour se remémorer ses douleurs...La population vit l’effet de l’auto torture, à cause de ce passé toujours présent et obsédant ; au surplus, en ayant toujours le « bourreau » en face.

Comment donner une assurance dans l’avenir à cette population ?

JPEG - 18.8 ko
© Photo Associated Press

Un premier questionnement est nécessaire : cette population, il n’y pas si longtemps violentée, ira-t-elle voter ou remplir son devoir civique si elle sait pertinemment que les conséquences engendrées après des élections au Togo sont la violence et le travestissement des suffrages ?

Je voudrais par la même occasion rappeler à la communauté internationale et à toute personne soucieuse du cas togolais, que la fixation d’un calendrier électoral n’est pas une panacée pour une sortie de crise durable au Togo. Je pense donc que, tant qu’il n y a pas une prise en compte des aspirations profondes des populations togolaises, comme l’exige l’UFC, notamment celles relatives à la révision du cadre électoral, à la reforme de l’armée, aux réformes institutionnelles, à la cessation de l’impunité, on a beau faire
des élections les loups finiront toujours par dévorer les agneaux, et les suffrages des hommes seront ignorés au profit de ceux des « bêtes sauvages ».

JPEG - 21.2 ko
© Photo Associated Press - Ben Curtis

Que faire : la société civile, les organisations des droits de l’homme crédibles doivent sensibiliser la population sur les enjeux futurs, et exiger auprès des partenaires du Togo que ce gouvernement mette fin à l’impunité et rende justice à toutes les victimes de la dictature des Gnassingbé, qu’un processus Vérité justice-réconciliation soit mis en œuvre avant ou concomitamment au processus électoral.

A ce propos, très bientôt, un Bureau du Haut Commissariat aux droits de l’homme ouvrira au Togo, à la mi-novembre et entamera des consultations nationales. C’est l’occasion pour toutes les associations qui luttent contre l’impunité au Togo de faire entendre avec fermeté leur voix et celles des victimes. Il faut briser ce voile de silence qui s’abat sur le Togo, il faut faire cesser cette conspiration qui veut rendre les Togolais amnésiques ; il faut s’organiser, pétitionner auprès des parlementaires européens et ceux des Etats-unis. La solution à nos problèmes est que chaque togolais se sente concerné et prenne la mesure de la gravité de la situation au Togo et apporte sa contribution à la cause du changement et pour un véritable régime démocratique. Cette contribution peut prendre diverses formes : l’écrit, la contribution financière aux associations de la société civile, voire aux partis qui auront très clairement pour programme le Changement radical de régime au Togo.

Pour les mêmes causes la lutte continue...

Francis SEWA

 

© Copyright Francis SEWA

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
samedi
25 novembre 2017
Lomé 27°C (à 02h)