Elections

Une présidentielle à hauts risques

par L'Humanité (France) , le 30 mars 2005, publié sur ufctogo.com

Pour le scrutin du 24 avril, face à Faure Gnassingbé, président sortant, l’opposition se regroupe autour d’Emmanuel Bob Akitani.

 

Les forces en présence se mettent en place pour l’élection présidentielle du 24 avril. Dans une atmosphère tendue, attestée par l’instauration de la Fosep 2005, force de gendarmerie et de police censée assurer la sécurité de la campagne et du scrutin lui-même. Cette initiative a été officialisée le 23 mars par un décret du président de l’Assemblée nationale, Abass Bonfoh, qui a remplacé Faure Gnassingbé à la présidence par intérim, ce qui n’empêche pas ce dernier de garder la haute main sur les institutions en place. Cette équivoque et les traditions d’extrême brutalité héritées de la période de Gnassingé Eyadéma autorisent toutes les inquiétudes. « Une transition à hauts risques », jugeait récemment Amnesty International.

Face à Faure Gnassingbé, bien résolu à occuper le fauteuil rendu vacant par le décès de son père, l’opposition dite radicale présente Emmanuel Bob Akitani, qui, en juin 2003, avait obtenu le tiers des suffrages officiellement recensés face à Gnassingbé Eyadéma. Cette opposition radicale regroupe six partis : l’Union des forces du changement (UFC de Gilchrist Olympio, l’adversaire historique d’Eyadéma), le Comité d’action pour le renouveau (CAR de Yawovi Agboyiyo), la Convention démocratique des peuples africains (CDPA de Léopold Gnininvi, dont le nom avait un temps circulé comme éventuel candidat), l’Alliance pour la démocratie et le développement intégral (ADDI), le Pacte social pour le renouveau (PSR), et, enfin, l’Union pour la démocratie et la solidarité (UDS). Vice-président de l’UFC, Emmanuel Bob Akitani a donc été choisi comme candidat commun, Gilchrist Olympio étant rendu inéligible par une Constitution stipulant que pour faire acte de candidature il faut avoir résidé dans le pays les douze mois précédant le scrutin. Or Gilchrist Olympio est basé dans le Ghana voisin ; et pour cause : chaque fois qu’il franchissait la frontière, un attentat lui signifiait qu’il lui fallait décamper de toute urgence !

L’opposition dite modérée présente, elle, deux candidats : Harry Olympio, président du Rassemblement pour le soutien de la démocratie et du développement (RSDD) ; Nicolas Lawson, président du Parti du renouveau et de la rédemption (PRR). Il s’agit en fait de formations plus ou moins satellites du parti présidentiel, le RPT. Et qui se sont déjà présentées en ordre dispersé afin de donner aspect démocratique à des consultations soigneusement piégées sur le terrain. De plus cela permettait, une fois le résultat prononcé, de négocier avec Gnassingbé Eyadéma des postes ministériels ou de hauts fonctionnaires. Pour services rendus, en quelque sorte.

J. C.

 

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