Festival-Théatre

Une petite ville du Togo capitale du théâtre africain durant une semaine

par AFP , le 1er septembre 2002, publié sur ufctogo.com

"Rodrigue, d’où te vient cette audace ?", scande une jeune Chimène noire sur fond de musique rap : la scène ne se déroule pas sur les planches de la Comédie Française mais à Assahoun, bourgade togolaise de 8.000 habitants à une cinquantaine de kilomètres de Lomé.

 

Plus de 500 comédiens, professionnels et amateurs, ont fait le voyage depuis neuf pays d’Afrique et de France pour assister à cette version rap du "Cid" version africaine et à la vingtaine d’autres pièces présentées au Festival international de théâtre de la Fraternité du Togo (FESTHEF), du 23 au 30 août.

"Le FESTHEF a la particularité d’axer son programme sur des créations et nous en sélectionnons les meilleures. Nous accueillons surtout des professionnels de théâtre, sur des questions essentielles liées à la création et à la circulation artistique", explique le directeur du festival, Daniel Ayida.

"Les rencontres professionnelles sont très importantes. Et outre le public, plusieurs autres consommateurs et acheteurs sont arrivés à ce festival", se réjouit M. Ayida.

A côté des pièces de théâtre, le FESTHEF propose également des ballets et danses traditionnelles, sans compter les "nuits africaines", des soirées de contes animées au clair de lune par certains sages du village, séduits par l’initiative.

"C’est un événement qui suscite un véritable engouement chez les populations, surtout nos jeunes. Je ne savais pas qu’une telle manifestation allait les intéresser", raconte un notable du village, entouré de son jeune auditoire.

"Ils m’ont émerveillé ce soir à travers leur comportement. Ils étaient tous attentifs. C’est très beau", poursuit le vieillard en langue éwé (ethnie du sud du pays).

Derrière lui, loin des "rave-parties" sauvages, des villageois poursuivent la fête au rythme de l’"Apkèssè", danse traditionnelle exécutée pour honorer la mémoire des défunts.

Réputés pour leur hospitalité et honorés d’accueillir le FESTHEF depuis 1993, de nombreux villageois éwés ont d’ailleurs hébergé des dizaines de festivaliers.

"C’est un festival passionnant, en raison de l’accueil, du cadre et surtout de son caractère populaire. C’est une grande rencontre pour nous autres professionnels du théâtre", s’enthousiasme Claire Lapeyre-Mazerat, metteur en scène de la compagnie parisienne "Lez’armuse".

Pour Kombert Quenum, comédien de la compagnie béninoise "Agbo n’koko", le festival d’Assahoun est un "patrimoine à sauvegarder."

"C’est l’un des plus grands marchés des meilleures créations théâtrales de la saison. Je viens vendre mon produit et surtout rencontrer des acheteurs potentiels", explique-t-il.

Le FESTHEF a également suscité des vocations chez les jeunes Togolais de la région. "Je veux faire carrière dans ce domaine", proclame Marcel, membre de l’Union des jeunes d’Assahoun pour le théâtre.

"Après notre pièce, j’ai fait la connaissance de plusieurs grands acteurs. Beaucoup m’ont félicité et certains, dont un metteur en scène français, m’ont déjà contacté. J’ai vraiment foi en ce que je fais, car le théâtre occupe une grande partie de ma vie", dit-il, le regard brillant.

 

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