Risques du métier

Un travail pour construire sa vie, pas pour la détruire...

par Destination Santé , le 1er mai 2007, publié sur ufctogo.com

 

« Ce sont les risques du métier » a-t-on l’habitude de lire ou d’entendre... Cette expression, l’Organisation internationale du Travail l’OIT, l’estime désormais intolérable ! Pourtant d’après ses estimations, chaque année dans le monde plus de 2 millions de femmes et d’hommes meurent encore d’une cause liée au travail : 350 000 dans des accidents, et 1,7 million d’une maladie professionnelle.

Cela fait tout de même 6 000 morts chaque jour ! Un chiffre insupportable pour l’agence des Nations-unies chargée d’assurer à chacun la possibilité de gagner sa vie dans la liberté, la dignité et la sécurité.

A l’occasion de la Journée mondiale sur la Santé et la Sécurité au travail qui se déroule le 28 avril prochain, l’OIT rappelle son objectif majeur : faire du travail décent une réalité. Autrement dit, d’atteindre à la mise en place de lieux de travails sûrs et sains pour tous.

Tout aussi intolérables, les 270 millions d’accidents du travail et les 160 millions de cas de maladies professionnelles recensés chaque année sur la planète... Des données qui seraient d’ailleurs largement sous-estimées, en raison de la difficulté de leur collecte dans certains pays. C’est par exemple le cas en Afrique et au Moyen-Orient, mais pas seulement. En Inde, les autorités dénombrent chaque année officiellement 220 accidents mortels du travail. D’après l’OIT, il y en aurait 200 fois plus...

D’une manière générale comme le montre un rapport de l’OIT de 2005, seule une petite partie du total des décès et des maladies liées au travail est connue et rapportée dans les pays en développement. Malgré tout, nous pouvons dire aujourd’hui que les maladies professionnelles restent surtout le problème des Etats industrialisés. Alors que les accidents sont infiniment plus fréquents dans les pays en développement.

Notamment dans les secteurs comme les mines, la construction ou l’agriculture. Dans le bâtiment par exemple, 60 000 accidents mortels se produisent chaque année. Soit un toutes les 10 minutes !

Quant à l’extraction minière, c’est historiquement l’une des activités les plus dangereuses pour la santé et la sécurité des travailleurs. Chutes et éboulements sont responsables de milliers de morts chaque année. Mais il y a aussi les maladies. Comme la silicose.

Cette affection pulmonaire mortelle est causée par l’exposition à la poussière de silice. En Amérique latine, un mineur sur trois en est atteint plus ou moins sévèrement. En Inde, la moitié des travailleurs des fabriques de crayons d’ardoise et 36% des tailleurs de pierre en souffrent également.

A l’échelle mondiale, près d’un décès lié à un accident sur deux a lieu sur la route, pendant le trajet vers le travail. Une véritable hécatombe, qui touche principalement les pays en développement. Comme la Tunisie par exemple où 40% des accidents mortels du travail ont lieu sur la route.

Dans les industries du textile ou de montage de pièces électroniques, les troubles musculo-squelettiques, les TMS, ont également fait leur apparition. Derrière ces TMS se cachent les douleurs dorsales ou lombaires, les maladies inflammatoires des poignets, des coudes ou des genoux... Elles sont principalement dues au travail répétitif, à la chaîne.

Même si le manque de données statistiques se fait aussi cruellement ressentir, certains pays commencent à sortir quelques chiffres. C’est le cas de la Tunisie, qui a recensé 138 cas de déclaration de TMS en 2003. Un chiffre qui ne reflète évidemment pas la réalité du problème, dans un pays où plus de 250 000 salariés travaillent dans le secteur de la confection. Mais c’est toujours un début, et le signe qu’une prise de conscience est en train de s’opérer.

Car le fait de mettre en place des indicateurs statistiques permet ensuite de mieux prendre en charge le problème lui-même. Aujourd’hui, la meilleure arme contre les TMS, c’est tout simplement la prévention. Mais sa mise en place est à la mesure du problème. C’est-à-dire complexe.

A l’Université de Monastir, des chercheurs forment ainsi les ergonomes de demain. C’est-à-dire ces professionnels qui sans cesse recherchent une meilleure adaptation entre un matériel et son utilisateur. En attendant, pour en savoir davantage sur la prévention, sachez que l’OMS a édité une brochure intitulée « la prévention des troubles musculo-squelettiques sur le lieu de travail ».

Vous pouvez vous la procurer gratuitement via Internet, à l’adresse 3 w point w h o point int. Puis tapez le mot-clé TMS. De nombreux conseils illustrés par des dessins et relatifs à l’ergonomie du poste de travail y sont prodigués.

Au-delà des TMS, les travailleurs du textile souffrent aussi du bruit. En Algérie par exemple, plus de 4 maladies professionnelles sur 10 se traduiraient par une surdité plus ou moins importante. Un résultat alarmant, révélé en 2006 par des médecins du CHU d’Oran qui ont suivi des travailleuses du textile.

Leur étude a montré que six salariés sur dix étaient quotidiennement exposés à un niveau sonore de 90 décibels ! Un seuil bien supérieur aux 85 décibels à partir desquels des mesures de prévention doivent être prises. Ces mesures passent toujours, ou devraient toujours passer, par le port de casques antibruit ou de bouchons.

Ce sont deux exemples de protections individuelles à ne pas négliger. Mais il y en a bien d’autres.

Les casques notamment, doivent être utilisés dès lors qu’il existe un risque de chute d’objets d’un niveau supérieur. C’est le cas sur les chantiers de construction, où l’on doit aussi porter des chaussures ou des bottes de protection. Elles évitent le risque d’avoir un pied écrasé par la chute d’un objet lourd. Ou perforé à travers la semelle, par un objet pointu.

Les lunettes et les masques sont également indispensables pour prévenir les risques liés à la projection d’une substance dans les yeux. Notamment lors d’opérations de soudure, de burinage, de meulage ou lorsqu’il y a manipulation de produits acides... Pour ces dernières, le port d’un tablier et de gants est aussi recommandé.

Dans les mines enfin, même si l’OIT estime que des améliorations significatives ont été apportées ces dernières années, de nombreux progrès restent à accomplir pour la sécurité des travailleurs. La mise en place de filets de sécurité, le port de harnais et de masques pour éviter de respirer des poussières ou des gaz toxiques sont en effet loin d’être généralisée...

Le recours plus systématique à des protection individuelles homologuées pourrait épargner des dizaines de milliers de vies, chaque année dans le monde. Pour l’OIT, accidents et maladies ne constituent pas une fatalité du travail. La prévention est efficace. La forte chute du nombre d’accidents du travail observé ces dernières décennies dans les pays industrialisés l’atteste. L’enjeu aujourd’hui, c’est d’étendre cette prévention à l’ensemble du monde du travail.

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