Droits de l’homme

Un journaliste arrêté pour avoir incité à la rébellion

par Reporters Sans Frontières (RSF) , le 31 décembre 2002, publié sur ufctogo.com

Reporters Sans Frontières - COMMUNIQUE AFRIQUE - Paris, le 31 décembre 2002. Le 26 décembre 2002, le directeur du Courrier du citoyen a été arrêté et placé en garde à vue pour "incitation des citoyens à s’armer contre l’autorité de l’Etat".

 

Sans contester le caractère incendiaire de l’article incriminé, Reporters sans frontières demande aux autorités togolaises de libérer le journaliste. Celui-ci a écrit un éditorial très virulent envers le chef de l’Etat qui peut certes donner lieu à de multiples interprétations, mais qui ne saurait constituer un appel au meurtre ou à la haine ethnique, seuls motifs pouvant justifier la détention d’un journaliste, selon l’organisation.

D’après les informations recueillies par Reporters sans frontières, Sylvestre Djahlin Nicoué, directeur de publication de l’hebdomadaire Le Courrier du citoyen, a été interpellé par des agents de la Direction de la police judiciaire, à Lomé, le 26 décembre 2002. Selon la police, le journaliste a été appréhendé "pour certaines vérifications à propos d’un article séditieux qui appelait insidieusement la population à la révolte armée". Le journaliste a été arrêté alors qu’il sortait d’une réunion avec la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC). L’instance de régulation avait demandé à Sylvestre Nicoué de "faire preuve de modération dans ses articles".

Le jour même, Le Courrier du citoyen avait publié un éditorial intitulé "Empêcher Eyadéma de gouverner". L’hebdomadaire lançait un "coup de gueule afin de faire comprendre à ceux-là qui tyrannisent notre peuple que la fronde sera du tonnerre en 2003 si rien n’est fait pour ouvrir les vannes des libertés et entamer une avancée franche, claire et palpable vers l’alternance". Le journal ajoutait : "Tout doit être envisagé pour que ce cycle dégoûtant et douloureux pour nos populations ne se poursuive pas après juin 2003. Même s’il faut aller jusqu’au sacrifice suprême, au préjudice suprême".

Le chef de l’Etat togolais, Gnassingbé Eyadéma, arrive au terme de son deuxième mandat en 2003. Un projet de loi destiné à modifier la Constitution et permettre au chef de l’Etat de se présenter une nouvelle fois, a été adopté, le 30 décembre, par l’Assemblée nationale.

 

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