Esclavage

Esclavage : un enfant togolais sur 8 est « vendu »

par Plan Belgique , le 10 mai 2008, publié sur ufctogo.com

Plan Belgique est une ONG belge faisant partie de Plan International, une organisation de développement centrée sur l’enfant ayant des activités dans 45 pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Plan a pour objectif l’amélioration structurelle des conditions de vie des enfants dans le Sud.

 

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Photo : Stefanie Conrad

- La pauvreté est une des principales causes de la traite des enfants.
- Les familles pour lesquelles l’agriculture est le principal moyen de subsistance sont les plus touchées.
- L’absence d’extrait d’acte de naissance laisse le champ libre aux trafiquants d’enfants.

Selon des estimations récentes, environ 12 % des enfants togolais vivant à la campagne quittent leur foyer pour rechercher un emploi. Dans la plupart des cas, ils seront utilisés comme « esclaves » modernes dans des villes éloignées au Togo ou à l’étranger.

Le rapport de Plan « Pour le prix d’un vélo : la traite des enfants au Togo » (Plan Togo, mars 2005) décrit le phénomène dans ce pays. L’extrême pauvreté et le manque d’éducation, associés à des facteurs traditionnels contraignent de plus en plus d’enfants à se tourner vers cette forme d’exploitation.

La traite des enfants, un problème universel

La traite des enfants représente, par définition, une activité clandestine. Les données relatives à l’étendue du problème sont donc la plupart du temps erronées. Selon les estimations les plus fiables, plus d’1,2 millions d’enfants dans le monde en sont victimes chaque année.

Le 15 novembre 2000, les Nations Unies ont adopté le « Protocole de Palerme ». Ce protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée a pour objectif de lutter contre la traite des êtres humains, et plus particulièrement des femmes et des enfants. La traite des enfants y est définie comme le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil d’un enfant de moins de 18 ans. Et ce même dans le cas où la victime a donné son consentement et qu’il n’y a eu aucune menace, utilisation de la violence ou autres formes coercitives.

Les différentes formes de traite des enfants au Togo

Durant les années nonante, Plan Togo a été confronté de plus en plus souvent à ce phénomène. Trois types de traite d’enfants ont été mis en évidence :
- La traite des filles pour le travail ménager ou autre au Gabon, Bénin, Nigeria et Niger ;
- La traite des filles à l’intérieur du Togo, principalement vers la capitale Lomé ;
- La traite des garçons pour le travail agricole au Nigeria, Bénin et Côte d’Ivoire.

D’après une enquête de Plan Togo menée auprès de 400 enfants victimes de la traite, 295 étaient des filles. Celles-ci sont donc trois fois plus touchées que les garçons.

Scénario de la traite des enfants

L’histoire commence de manière identique pour la plupart des victimes de la traite des enfants. Un trafiquant cherche à entrer en contact avec les populations des villages et communautés les plus pauvres. Il leur fait miroiter des offres séduisantes, comme par exemple une augmentation de revenus ou l’accès à l’éducation. Les parents, qui ne sont en général pas au courant des intentions véritables du trafiquant, lui confient leur(s) enfant(s). Via un réseau de personnes intermédiaires, les enfants atteignent leur destination finale. C’est là qu’ils sont « vendus » à une famille ou à un propriétaire (d’un magasin, d’un atelier, d’une maison close) et soumis à différentes formes d’exploitation. Les promesses de salaire ou d’enseignement ne sont plus mentionnées. S’ils deviennent une charge pour leur « propriétaire » (par exemple, en cas de grossesse après un viol), les enfants sont laissés à leur propre sort. Pour survivre, il n’est pas rare qu’ils aboutissent dans les circuits de la prostitution ou d’autres activités criminelles. Après un certain temps, ils se retrouvent en prison ou sont rapatriés vers le Togo. Si aucune possibilité d’accueil ne s’offre à eux, le cercle vicieux risque de recommencer.

Causes de la traite des enfants au Togo

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Photo : Stefanie Conrad

Les causes sont multiples et complexes. Cependant, la pauvreté est le facteur le plus important. D’après une étude de Plan Togo, le phénomène est surtout présent chez les familles pratiquant l’agriculture de subsistance. Les enfants se voient souvent contraints de mettre fin à leur scolarisation. Tout d’abord, les parents sont généralement dans l’incapacité de payer les frais scolaires. Ensuite, les enfants représentent souvent une aide précieuse pour le travail des champs. Sans aucune perspective de formation ou d’emploi, ces enfants vulnérabilisés constituent des proies faciles pour les trafiquants.
Un certain nombre d’études ont permis de mettre en évidence le lien entre le HIV/sida et la traite des enfants. Lorsqu’un parent décède des suites de la maladie, les enfants se voient dans l’obligation d’apporter un soutien financier à la famille. La pression est telle qu’il leur est alors difficile de résister aux propositions alléchantes des trafiquants.

Les trafiquants d’enfants tirent également profit des facteurs culturels. Les enfants participent en général aux corvées, notamment ménagères. Cette forme de travail des enfants est donc parfaitement acceptable pour les familles. Dans ces conditions, il est aisé pour les trafiquants de convaincre les parents de laisser leurs enfants aller travailler ailleurs pour un soi-disant salaire élevé.

La migration est un autre facteur traditionnel important. Divers groupes ethniques (entre autres les Kabyè, Losso, Tchokossi et Moba) migrent dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie. En vue d’augmenter les opportunités d’enseignement et de formation de leurs enfants, les parents les confient souvent à un membre de la famille qui habite en ville. D’après l’enquête de Plan Togo, il arrive que ces derniers servent eux-mêmes d’intermédiaires pour les trafiquants d’enfants. Percevoir la migration comme un phénomène normal facilite grandement le travail des trafiquants.

Au niveau national et sous-régional, une faible législation et un contrôle insuffisant aux frontières favorisent l’amplification du phénomène.

Actions de Plan

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Photo : Jenny Matthews

Plan Togo travaille en partenariat avec diverses ONGs locales et internationales, ainsi qu’avec les autorités, pour lutter contre la traite des enfants et venir en aide aux victimes. Les principales actions de Plan sont les suivantes :
- Le programme « Arrêter la traite des enfants » vise à renforcer les efforts de la communauté pour réduire les cas de traite des enfants. Cela comprend l’appui aux centres d’accueil et de transit pour les enfants interceptés et secourus ;
- Mesures préventives à travers l’appui à l’éducation (pour les filles) et les activités génératrices de revenus ;
- Travail de lobby au niveau national ;
- Formation de la police chargée de la surveillance des frontières, campagnes de sensibilisation et d’information et mise en place de comités de surveillance ;
- Campagnes relatives à la promotion de l’enregistrement des naissances ;
- Etude sur 5 ans (2005-2010) portant sur les incidences psychologiques de la traite sur les enfants.


Enregistrement des naissances et traite des enfants

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Photo : Jenny Matthews

En Afrique Subsaharienne, chaque année, plus de 55 % des enfants ne sont pas enregistrés à la naissance. Ces enfants sont particulièrement vulnérables à diverses formes d’exploitations, comme la traite des enfants. Les trafiquants profitent bien sûr du fait que ces enfants ne peuvent pas prouver leur âge. De plus, en l’absence d’extrait d’acte de naissance, les trafiquants d’enfants ne peuvent pas être poursuivis. Les enfants non enregistrés, qui n’ont pas accès à l’enseignement, sont les premières victimes des trafiquants d’enfants.

Plan Belgique mène régulièrement des campagnes de sensibilisation relatives au droit à l’enregistrement à la naissance. Si vous souhaitez de plus amples informations, consultez notre site www.plan-belgique.org.


Lettre d’information Plan Belgique’ est une publication de Plan Belgique présentant les projets, programmes et évènements en faveur des droits de l’enfant et qui contribuent à la lutte contre la pauvreté dans le Sud.

Plan Belgique est une ONG belge faisant partie de Plan International, une organisation de développement centrée sur l’enfant ayant des activités dans 45 pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Plan a pour objectif l’amélioration structurelle des conditions de vie des enfants dans le Sud. Ce, via des projets de développement sur le terrain et la sensibilisation et le travail de lobby politique en Belgique.

Plan Belgique asbl, Service information et sensibilisation, Octobre 2005
Chaussée de Vleurgat, 109
1000 Bruxelles
www.plan-belgique.org

 

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