Reportage

UFC section Allemagne : Messe d’action de grâce ce dimanche 31 Mai 2009 à Velbert (Allemagne)

par UFC Allemagne , le 9 juin 2009, publié sur ufctogo.com
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Ne disait-il pas BIRAGO DIOP : Que « Les morts ne sont pas morts ».

L’UFC Section Allemagne s’est encore une fois souvenu de tous ses militants morts, et de tous ceux qui ont fatalement perdu la vie dans le combat national pour la démocratisation au Togo.

Sans vouloir trop en parler des conditions dans lesquelles sont-ils morts, des milliers de militants togolais combattants pour la liberté et pour la justice ont été massacrés par les forces armées togolaises juste pour maintenir le président dictateur de l’Etat au pouvoir.
Les membres UFC section Allemagne et la Communauté togolaise ont demandé à la mémoire des morts une messe d’action et de grâce en ce dimanche du 31 mai 2009 jour significatif pour tous les chrétiens du monde entier, rappellent l’avènement de la manifestation du Saint Esprit envoyé par Dieu le créateur sur terre et sur beaucoup de personnes de différentes nationalités et de différentes catégories sociales à Jérusalem (Israël).

Le thème de la prédication : »L’esprit Saint et la ciliation » a été prêché par le Pasteur Günter Loos. Y étaient présents les Fidel de la Paroisse et des Africains. Au cours du culte le groupe UFC section Allemagne présent s’est constitué spontanément d’un groupe gospel pour chanter à l’unisson
« Mawu gangan de lassigné »
« Enyo Enyo Enyo »
« Dieu tout puissant »
Puis s’est suivi le message du président Mr Gbenoude TOSSOU de la section et la Déclaration de la Communauté togolaise en Europe sur la violence politique et l’impunité des crimes politiques au Togo.

Le culte s’est terminé par une prière circonstancielle du Pasteur Zacharies SCHUPPUIS et du Pasteur Günter Loos (chargé de la Paroisse), ce dernier a en même temps donné la bénédiction de fin de culte en lançant un appel aux togolais à la réconciliation nationale pour une paix durable, volonté de Dieu le créateur.

Fait à Velbert, le 31 Mai 2009

Rapport rédigé par :

Jean Têtê WILSON


Message du président de la section UFC Allemagne

Chers compatriotes, Mesdames, Messieurs,

Mia ntoe le sa miabe ku
Ne wo va
Mia mi la kpe
Woa wo la da tu
Mia ntoe le sa miabe ku

( Nous vendons nous-mêmes notre peau. S’ils viennent Nous leur lancerons des pierres. Ils tireront sur nous leurs balles... Nous vendons nous-mêmes notre peau).

Aujourd’hui et demain, nous devons ne jamais oublier ce chant tragique des années 90, composé et exécuté par des adolescents qui allaient, héroïquement, les mains simplement chargées de pierres ( ekpe, en mina ), affronter des hommes en uniforme, armés de kalachnikov, qui tiraient sur eux à balles réelles, ces adolescents que l’on a baptisés Ekpemog par référence à la fois aux forces de la CEDEAO qui opéraient au Liberia pendant la guerre civile, Ecomog, et aussi à leurs propres armes. Ces adolescents qui chantaient en allant à la mort.

Ce chant, nous ne souhaitons plus jamais l’entendre. Nous ne souhaitons plus que des enfants, qu’ils soient de notre pays ou d’autres pays du monde le chantent encore. Mais il fait partie de nos tristes réalités. Il fait partie de notre histoire tragique dans laquelle l’esclavage et le colonialisme rejoignent la dictature par les atrocités commises contre hommes, femmes et enfants ; dans laquelle les hommes en uniforme se sont toujours comportés à l’égard de la population civile, non comme des forces de protection et de sécurité, mais comme des hordes prétoriennes, prêtes à défendre le pouvoir, quel qu’il soit, par tous les moyens. Ce chant est celui des enfants qui ont osé braver la dictature du clan Eyadema, instaurée au Togo depuis le 13 janvier 1963, date de l’assassinat du premier et unique Président élu, Sylvanus Olympio. Ce chant est celui des enfants, tirés comme des lapins parce qu’ils voulaient déboulonner la statue en bronze d’Eyadema, érigée en face du Monument de l’Indépendance du Togo. Ce chant est celui des enfants écrasés sous les roues des chars et autres véhicules militaires. Ce chant est celui des enfants du Togo criblés de balles, tailladés à la machette, brûlés, ligotés et largués dans la lagune, dans l’océan...Combien sont-ils au total, depuis 1963 ? Nous ne le saurons peut-être jamais. L’ONU, dans une enquête, à la suite du massacre des 24 et 25 avril 2005, qui n’est pas le dernier, a avancé le chiffre de 400, alors que les organisations de Défense des Droits de l’Homme parlaient de 2000. Mais les assassins des 400 victimes reconnues par l’ONU, sont-ils au moins identifiés, traduits en justice, punis ? Ou ont-ils prononcé quelque parole de repentance que ce soit ? L’impunité des criminels politiques fait aussi partie de notre histoire tragique.

Ce chant nous interpelle : qu’avons-nous fait du sang de ceux qui sont allés à la mort en le chantant, hommes, femmes, enfants ? Qu’avons-nous fait de ce peuple martyr, dont l’histoire est semblable à celle de tous les peuples martyrs du monde ? Prenons un symbole : le cadavre tout chaud d’un jeune homme tué en 1991 par les forces dites de l’ordre lors d’une manifestation réprimée dans le sang et transporté sur une civière aux portes de la morgue de Lomé. Il semblait sourire. Souriait-il ou chantait-il Mia ntoe le sa mia be ku ? L’expression figée du visage de ce jeune homme, souriant ou chantant nous interroge tous :“ Qu’avez-vous fait de mon chant ? À qui et à quel prix a-t-on vendu mon chant et mon sang ?“. Multiplions l’image et la voix de ce jeune homme par cent, par mille...Ils sont là. Nous les voyons. Nous les entendons. Ferons-nous la sourde oreille ? Nous tairons-nous ?

ABLODE ABLODE ABLODE GBADJA !

Je vous remercie.

Gbenoude TOSSOU
Président de l’ UFC section Allemagne


Déclaration de la Communauté togolaise en Europe sur la violence politique et l’impunité des crimes politiques au Togo.

La Communauté togolaise en Europe, constituée en grande partie de citoyennes et de citoyens qui ont fui le régime inhumain et dictatorial du clan Gnassingbé,
Après une analyse approfondie de la crise politique permanente au Togo née depuis 1963,
- Constatant que les caractéristiques principales de la conquête et de la pratique du pouvoir au Togo sont la violence et l’impunité assurée aux auteurs des actes de cette violence au profit du régime,
- Rappelant que ces deux caractéristiques érigées en principes de gestion du pouvoir ont été inaugurées par le coup d’Etat sanglant du 13 janvier 1963, dont le principal auteur est l’ex-sergent de l’armée française démobilisé Etienne Gnassingbé Eyadema, coup d’Etat marqué notamment par l’assassinat du premier Président togolais, Sylvanus Olympio,
- Réalisant que depuis lors rien n’a fondamentalement changé : assassinats politiques, arrestations arbitraires d’opposants au régime, mais aussi parfois de simples citoyens suspectés de ne pas aimer le régime et de ne pas le servir comme il se devait, tortures dans les commissariats de police, les gendarmeries, les prisons et les camps militaires officiels et secrets, exécutions extrajudiciaires, répressions brutales et meurtrières des manifestations de l’opinion publique nationale, massacres de populations...sont les méthodes devant lesquelles le régime togolais ne recule toujours pas,
- Évaluant à plusieurs milliers le nombre de citoyens togolais assassinés par le régime, à des centaines de milliers le nombre de citoyens souvent pourchassés par le régime, qui ont fui le pays pour échapper à ce sort macabre et terrible,
- Prenant à témoin la Communauté Internationale des derniers faits marquants de la dictature togolaise de fait sous une apparence de démocratie, à savoir :
1° le massacre des populations des 24 et 25 avril 2005 à la suite des élections frauduleuses qui ont porté au pouvoir le fils d’Eyadema, Faure Gnassingbé, après un coup d’État militaire, perpétré par une junte qui avait d’abord proclamé Faure Gnassingbé Président de la République, sans qu’aucune élection n’ait eu lieu,
2° l’assassinat politique de l’opposant Atsutsé Agbobli, assassinat que la version officielle a voulu faire passer pour un suicide, sans fournir les preuves suffisantes pour étayer cette thèse tout comme par le passé dans des cas semblables,
3° la fusillade, sous une allégation de préparation de coup d’Etat, au domicile de l’un des fils d’Eyadema, Kpatcha Gnassingbé, fusillade qui a fait des morts et des blessés dont nous ne connaissons pas le nombre exact, aucun bilan officiel n’ayant été rendu public sur cette affaire,
- Inquiète et indignée du fait que la plupart des meurtres politiques n’ont jamais fait l’objet d’enquêtes sérieuses et indépendantes, et que, même lorsque certains de ces crimes ont fait l’objet d’enquêtes internationales, celles-ci n’ont jamais désigné nommément les auteurs présumés afin que ceux-ci soient traduits devant les tribunaux compétents,

La Communauté togolaise rend responsable le régime togolais actuel, de tous les crimes commis pour le soutenir et pour éliminer tous ceux qui pourraient l’empêcher de se maintenir, de tous les crimes politiques non élucidés et impunis commis sur le territoire togolais ou sur des citoyens togolais.

La Communauté togolaise en Europe se déclare convaincue que le régime a bénéficié de complicités, de soutiens intérieurs et extérieurs dans l’exécution de ces oeuvres abominables.

La Communauté togolaise en Europe affirme avec force qu’il n’y aura au Togo ni pardon, ni réconciliation, ni paix durable, valeurs auxquelles le peuple togolais est pourtant attaché, tant que la vérité n’aura pas été faite sur tous ces crimes.

La Communauté togolaise en Europe déplore en ce sens, qu’une résolution votée par le Parlement européen au lendemain des fausses élections présidentielles de 2005, condamnant le régime actuel et le déclarant illégitime n’ait pas été prise en compte par les gouvernements de l’Union Européenne, dans leurs relations avec le gouvernement de Faure Gnassingbé, les prétendues élections n’ayant pas seulement été entachées de fraudes, mais ayant aussi et surtout occasionné la mort de 2000 personnes selon les organisations des Droits de l’Homme, 400 selon une enquête de l’ONU.

La Communauté togolaise en Europe invite l’ONU à tirer les conséquences logiques de l’enquête qu’elle a elle-même diligentée à la suite de ces fausses élections.

La Communauté togolaise en Europe appelle instamment l’ONU, l’UA, la CEDEAO, toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté qui aiment le Togo et surtout les Togolaises et les Togolais eux-mêmes, en tout premier lieu responsables de leur propre destin, à exiger, par tous moyens appropriés, du gouvernement actuel :
- 1° la vérité sur tous les crimes politiques au Togo,
- 2°la fin de l’impunité,
afin qu’une page nouvelle de l’histoire du pays s’ouvre, marquée par la confiance réciproque, la paix réelle, la sécurité pour tous dans un système de démocratie véritable.

Fait à Velbert,le 31Mai 2009

La Communauté togolaise en Europe.

 

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