Interview

Trois questions à... Gilchrist Olympio

par Le Monde (France) , le 5 mars 2005, publié sur ufctogo.com

 

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Vous êtes le président du principal parti de l’opposition, l’Union des forces de changement (UFC). Votre formation a qualifié de "surréaliste" la date du 24 avril pour l’élection présidentielle. Pourquoi ?

Parce qu’il y a des étapes à franchir. Il faut réviser la liste électorale, s’entendre avec l’Union européenne sur le financement de la campagne électorale, mettre en place une assistance technique... Cela prendra du temps et la date du 24 avril nous paraît difficile à tenir.

Mais si les autres formations sont d’accord, nous ne ferons pas obstacle et nous suivrons. Mais alors il faudra mettre les bouchées doubles.

La Constitution vous interdit de vous porter personnellement candidat.

Nous avons une Constitution qui date de 1992. Elle a été mise en place après la conférence nationale qui mettait fin au régime du parti unique. Des émeutes sanglantes avaient eu lieu l’année précédente.

La Constitution de 1992 a été approuvée par près de 95 % de la population, donc par les partisans de l’opposition. Mais en 2002, le régime Eyadéma s’est arrangé pour disposer d’un Parlement composé à 100 % des membres de son parti. C’est ce Parlement qui s’amuse à tripatouiller régulièrement la Constitution. Résultat, la Constitution actuelle n’a plus grand-chose à voir avec celle de 1992.

Parmi les nouvelles clauses il y en a une en particulier qui stipule que pour pouvoir se présenter à la présidentielle il faut avoir résidé douze mois d’affilée sur le territoire togolais. Voilà pourquoi je suis éliminé de la course. Comme le sont les 150 000 réfugiés togolais à l’étranger.

Avec l’ensemble des partis de l’opposition nous nous sommes mis d’accord pour présenter un candidat unique. Il sera issu de notre parti, l’Union des forces de changement. Si je ne peux me présenter, ce sera un autre responsable de ma formation politique qui portera les couleurs de l’opposition unie.

Qu’attendez-vous de la France ?

La position de la France, disons celle de Jacques Chirac, a été très ambiguë. Quand nous parlions d’Eyadéma despote, -Jacques- Chirac, lui, rendait hommage à celui qui avait été un "grand ami de la France" et un "ami personnel". Nous avons maintes fois essayé de faire comprendre aux officiels français que "l’Afrique de papa" est morte. Il faut que la France soit au côté de l’Afrique nouvelle, démocratique, qui est en train d’émerger au Ghana, au Sénégal, au Mali, demain au Togo. La France doit nous aider et ne pas ralentir ce mouvement.

Propos recueillis par Jean-Pierre Tuquoi

 

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