Droits de l’enfant

Trafic des enfants : un phénomène à l’échelle mondiale

par Notre Voie (Côte d’Ivoire) , le 3 septembre 2003, publié sur ufctogo.com

Depuis plus de 10 ans, le trafic des enfants est un phénomène sensible qui préoccupe la communauté internationale.

La situation des garçons et des filles qui, un peu partout dans le monde, peinent dans les mines et exploitations agricoles, vendus comme des savonnettes à des fins de prostitution, astreints au travail, exposés à des substances et des conditions de travail dangereuses ou subissent d’autres formes d’exploitation, a propulsé la question du travail des enfants au rang des préoccupations prioritaires de la communauté internationale.

 

Combien sont-ils au travail ? Personne ne le sait avec exactitude. Le Bureau international du travail (BIT) qui fait autorité en la matière considère que les statistiques disponibles sont très inadéquates et peu fiables, et que le processus de collecte des données, abonde en complication. L’organisme spécialisé des Nations unies révèle néanmoins qu’environ 250 millions d’enfants de 5 à 14 ans dans le monde dont plus de 85 millions sur le continent africain, travaillent pour vivre et faire vivre leurs parents. 120 millions d’entre eux travaillent en plein temps souvent au risque de compromettre leur développement physique et mental, parfois au péril de leur vie. Cependant, tous les enfants qui travaillent ne sont pas exploités et les travaux qu’ils effectuent ne sont pas tous dangereux pour leur croissance. Dans de nombreux pays notamment en Afrique, les parents désirent que les enfants aident à faire vivre la famille. Ils considèrent qu’une expérience du travail dès leur plus jeune âge est un aspect précieux de leur éducation et de leur apprentissage de la vie sociale. Officiellement, il y a une ou plutôt des limites d’âge : 12 ans au Nigeria, 14 ans en Côte d’Ivoire, 15 ans aux Philippines et en Inde, etc. La barre est plutôt basse. Si au moins elle était respectée. Il y a, c’est vrai, du progrès ici et là. Toutes les forces politiques ayant pris conscience de l’ampleur du problème, ont demandé que soient adoptées des législations vigoureuses afin de protéger les enfants qui travaillent. Les batailles d’hier n’ont pas été inutiles surtout dans les pays dits avancés, mais la victoire toujours relative est récente. Par exemple, en France, où discrètement des enfants souffrent derrière une façade bien propre de respectabilité, il a fallu attendre 1892 alors que l’école était obligatoire de 6 à 13 ans depuis 1882, pour que les députés se décident à limiter le temps du travail des quotidiens des enfants à douze heures. Auparavant, leurs journées pouvaient durer jusqu’à 16 heures d’affilée. C’était hier, mais les enfants du Sénégal, du Brésil, de la Côte d’Ivoire du Mali, etc vivent plus mal que les petits français du XIXe siècle. Main-d’oeuvre clandestine ou non à bon marché. Corvée et taille à merci : ramasseurs d’ordures, bonnes à tout faire, vendeuses d’eau, chercheurs d’or, tueurs à gage.

A l’ouest de la Côte d’Ivoire, dans les zones occupées par les rebelles, on a vu un de ces enfants assassins au service des parrains de la guerre déclenchée le 19 septembre dernier. Il répondait aux questions en jouant avec un revolver à barillet nacré, comme d’autres gosses en ont dans leur panoplie de cow-boy sauf que le sien était vrai. "Ces enfants ne jouent pas à voler, à tuer. C’est pour manger ou échapper à des exécutions ; ils n’ont pas le choix", a indiqué un rebelle en rupture de ban avec les siens. Il a été rapporté qu’au Liberia, les escadrons de la mort payés par des commerçants excédés d’être trop pillés, font métier d’éliminer les enfants perdus. Tarif à l’unité pour cette élimination systématique : 500 FCFA.

Au Soudan, les agences des Nations unies ont découvert un camp de 10 mille jeunes garçons livrés à eux-mêmes, parqués pour les besoins d’une guerre qui dure depuis belle lurette. Trop d’enfants dans les pays trop pauvres ?

Sans doute-la chine surpeuplée a instauré (en vain ?) une politique antinataliste pour qu’ils ne dépassent pas 1,2 milliards d’habitants en l’an 2000. Cette initiative qui devait profiter aux enfants a engendré des effets pervers. Des millions de chinoises accouchent clandestinement et chaque année, selon l’UNICEF, 9 millions de bébés "illégaux" échappent à tout contrôle social puis à la scolarité. Quant aux petites filles, elles sont éliminées souvent d’office. le monde est plein de gosses des rues, livrés à eux-mêmes, ou à d’autres. Au-delà de l’esclavage ordinaire, économique ou sexuel, ces poussières de la vie sont exploitées suivant les besoins des pouvoirs ou des contre-pouvoirs. On les retrouve souvent avec un fusil trop grand dans les bras en première ligne sur les champs de bataille. 500.000 ou plus âgés, de 12 à 15 ans, selon un récent rapport de l’ONU : Palestiniens de Cisjordanie, troupe-la mort de la guerre des pierres, gosses de Belfast armés d’un lance-pierres ou d’un cocktail molotov.

Enrôlés de force, en République démocratique du Congo, (RDC) au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Congo etc dans les armées ou dans les milices. "Jamais les enfants n’auront été systématiquement utilisés dans les soulèvements, les guérillas ou les guerres, comme boucliers des adultes", dit Alain Loujot dans son ouvrage "Gosses de guerre. Comme chair à canon, les enfants sont commodes : Leur docilité aux ordres des adultes les désigne pour les missions les plus périlleuses, et aussi la cruauté dont isl sont capables dans la moulinette idéologique. Gosses d’Irak, de Palestine ou du Liberia, de Côte d’Ivoire, demain de partout où la guerre disperse les peuples. Un réfugié sur deux est un enfant. Enfants manipulés, objects de tous les trafics. Moindre mal ou même épilogue heureux quand les petits déracinés sont adoptés par des familles nanties non sans que quelques grossistes et détaillants aient pris leur dîme au passage. Mais pour un qui trouve un havre combien s’en vont grossir l’effectif des bordels pour enfants partout ailleurs.

Le sex-tourisme déferle chez les pauvres, pas seulement en Asie du Sud-Est, la Côte d’Ivoire est devenue un nouveau paradis des pédophiles qui programment leurs voyages depuis l’Europe. A leur disposition, de petits garçons pas chers à consommer sur place. Le marché de la pornographie enfantine représenterait, rien qu’aux USA, quelque 5 milliards de dollars. La prostitution juvénile dont les profits ne sont même pas chiffrables, empoisonne de nombreux pays d’Asie du Sud-Est, mais aussi en Afrique (Sénégal, Gambie, Togo, Côte d’Ivoire) et en Amérique du Sud (Brésil, Colombie, Perou). L’Europe, elle-même, ne se contente pas de consommer elle met aussi ses petits pauvres sur le marché.

Cendres Glazaï

 

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