Gabegie

Togo, main basse du pouvoir sur Lomé : 9 milliards de francs CFA pour des villas luxueuses au lieu de reconstruire les ponts

par UFCTOGO.COM , le 31 août 2008, publié sur ufctogo.com

Alors que le réseau routier du Togo est dans un état de délabrement avancé et que la circulation sur les différents axes routiers reliant la capitale est difficile, voire coupée, alors que les intempéries de ces dernières semaines ont mis à la rue plusieurs milliers de sinistrés, alors que Lomé est devenue au fil des ans, méconnaissable : plus de rues, plus de trottoirs, plus de sécurité, éclairage quasi inexistant, pas d’assainissement, pas de transports urbains organisés…, le gouvernement de Faure Gnassingbé s’occupe dans des activités immobilières juteuses en bradant la plage de Lomé-Ablogamé, domaine public, bien commun des Loméens, sur une superficie de plus de 10 hectares.

 

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« Le gouvernement togolais a osé par un contrat de bail en date du 06 décembre 2007, concéder notre plage de Lomé-Ablogamé, sur une superficie de plus de 10 hectares à la STDH (Société Togolaise de Développement Touristique). Quel scandale ! », a lancé au cours d’une conférence de presse l’ancien ministre, Me Djovi Gally, président des « Amis de Lomé ».

La STDH a débuté depuis quelque temps les travaux de construction des 150 villas résidentielles à la plage de Lomé.

Me Gally a estimé que le Togo n’a que 45 km de littoral marin et Lomé, sa capitale, a à peine 10 km de côte.

« La plage de Lomé est notre seul bien commun. Pour nous et pour les générations futures », a-t-il dit avant de marteler que « les amis de Lomé, les citoyens de Lomé et les populations de Lomé n’accepteront jamais que soit bradée notre plage, notre bien commun, notre bien unique ».

Selon lui, ce projet doit être réalisé ailleurs, sur un autre site.

« Non ce projet ne passera pas ! », a encore martelé Gally pour qui, le projet n’a fait l’objet d’aucune étude d’impact sur l’environnement comme le stipulent des dispositions de la loi-cadre sur l’environnement adoptée par l’Assemblée Nationale à l’unanimité le 28 mai 2008.

« Aucune occupation, exploitation, aucun établissement susceptible de constituer une source de nuisance de quelque nature que ce soit ne peut être effectué ou réalisé sur le rivage de la mer et sur toute l’étendue du domaine public maritime sans l’autorisation des autorités compétentes », lit-on dans la loi.

Cependant, cette loi précise que « l’autorisation n’est accordée qu’après délivrance de certificat de conformité environnementale par le ministre en charge de l’environnement suite à une étude d’impact sur l’environnement produite par le maître d’ouvrage ».

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Dovi Gally a interpellé le Chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, pour lui dire de faire arrêter « cette affaire parce que personne n’est d’accord y compris au sein même du gouvernement »

Le président des « Amis de Lomé » a, par ailleurs, mis en garde « les éventuels acquéreurs des villas à construire sur le risque majeur (financier et écologique) qu’ils prennent en s’engageant dans une aventure sans issue ».

Il a annoncé la création d’une coalition contre la construction des résidences ainsi que le lancement d’une pétition contre ce projet.

(Apanews)

Signez la pétition pour sauver les plages de Lomé : Les Amis de Lomé


Conférence de presse du 24 juillet 2008 : DECLARATION LIMINAIRE

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais tout d’abord vous remercier bien sincèrement pour votre présence si nombreuse à la conférence de presse de ce matin organisée par l’Association " Les Amis de Lomé " que j’ai l’honneur de présider.

Le thème de cette conférence de presse vous donne déjà l’orientation des propos que je vais tenir ce matin :

Lomé, notre ville, abandonnée ! La plage de Lomé, sacrifiée !...

Il s’agit, en effet, d’un cri de cœur, d’un cri de révolte, mais aussi un appel au sursaut, à la mobilisation populaire des amis et des citoyens de Lomé, pour redonner sa dignité à notre très chère ville, Lomé, capitale de notre pays le Togo, « Lomé – La Belle » devenue aujourd’hui « Lomé – La poubelle » !...

Quelle honte !

Mesdames, Messieurs

L’Association " Les Amis de Lomé " a été créée le 14 septembre 1992. L’Assemblée Générale Constitutive s’est tenue au Foyer Pie XII de Lomé.

Elle a été déclarée au Ministère de l’Administration Territoriale et de la Sécurité le 16 octobre 1992.

L’Association " Les Amis de Lomé " a pour objet conformément à l’article 4 de ses statuts :
- de promouvoir à LOME un développement harmonieux et un environnement de qualité ;
- de contribuer à la protection du patrimoine historique, culturel et architectural de LOME ;
- de promouvoir la démocratie locale dans la Commune de LOME.

Mesdames, Messieurs,

Comme vous le savez, Lomé, notre ville est devenue au fil des ans, méconnaissable : plus de rues, plus de trottoirs – la ville est un marché interminable – plus de sécurité ; insalubrité chronique ; éclairage quasi inexistant ; pas d’assainissement ; pas de transports urbains organisés…

A la moindre pluie, les loméens commencent un « calvaire aquatique » !

Quel scandale !

Je tiens ici à remercier toute la presse - publique et privée, écrite et audio-visuelle - pour le travail remarquable qu’elle continue de faire sur l’état de la ville de Lomé…

Devant un tel scandale, les Autorités municipales sont inexistantes, les Autorités gouvernementales font preuve d’une inertie et d’une incurie indescriptibles…

La médiocrité est érigée en système de gouvernement. Les citoyens loméens sont laissés à eux-mêmes ! Sauve qui peut ! C’est le « système D ». Chacun se débrouille comme il peut, dans la saleté et la puanteur. Quel spectacle pour une capitale !...

C’est dans ce contexte d’inquiétude et de révolte, que surgit un fameux projet de « Résidence Les Cocotiers » initié, par une fameuse société dénommée « Société Togolaise de Développement Touristique et Hôtelier » !

Je vous suggère de mener des investigations pour savoir qui sont derrière cette société !...

Le Gouvernement togolais a osé, par « contrat de bail » en date du 06 décembre 2007, concéder notre plage, la plage de Lomé, la plage de Lomé–Ablogamé, sur une superficie de plus de 10 hectares, à cette fameuse STDH. Quel scandale !

Le Togo n’a que 45 km de littoral marin, et Lomé, notre ville, a à peine 10 km de côte.

La plage de Lomé est notre seul bien commun. Pour nous et pour les générations futures !

A Lomé, nous n’avons pas de places publiques dignes de ce nom. Nous n’avons pas de parcs arborés pour les promenades et le repos… Nous avons seulement notre plage. La plage de Lomé.

Une chose doit être claire : Les Amis de Lomé, les citoyens de Lomé, les populations de Lomé n’accepteront jamais que soit bradée notre plage, notre bien commun, notre bien unique !

Nous ne sommes pas contre les investissements en infrastructures touristiques et hôtelières ! Mais ce projet doit être réalisé ailleurs, sur un autre site. Lomé grandit. Lomé évolue. Même si c’est dans la saleté pour le moment ! Il faut voir grand. Il faut voir loin !

La fameuse STDH n’a qu’à prendre exemple sur la « Résidence du Bénin » (La Caisse) construite il y a une trentaine d’années !...

Non, ce projet ne passera pas !

D’ailleurs les dispositions de l’article 79 de la loi-cadre sur l’environnement qui vient d’être adoptée par l’Assemblée Nationale sont on ne peut plus claires :

« Aucune occupation, exploitation, construction, aucun établissement susceptible de constituer une source de nuisance de quelque nature que ce soit ne peut être effectué ou réalisé sur le rivage de la mer et sur toute l’étendu du domaine public maritime sans l’autorisation des autorités compétentes.

L’autorisation ci-dessus mentionnée n’est accordée qu’après la délivrance du certificat de conformité environnemental par le ministre en charge de l’environnement suite à une étude d’impact sur l’environnement produite par le maître de l’ouvrage et ne concerne que l’accomplissement d’activités d’intérêt général n’entravant pas le libre accès au domaine public maritime ni la libre circulation sur la plage. »

Où et quand a-t-on fait l’étude d’impact sur l’environnement ?...

Non, ce projet ne passera pas !

Voilà pourquoi, Mesdames, Messieurs, je lance un appel grave et solennel au Chef de l’Etat pour qu’il ordonne l’arrêt immédiat des travaux – tout comme son prédécesseur et père l’avait fait en 1994, lorsqu’il s’était agit de l’extension à la plage de l’Hôtel Palm Beach !

Je demande aux Députés à l’Assemblée Nationale – singulièrement aux députés de Lomé – d’interpeller le Premier ministre, Chef du Gouvernement, et les ministres concernés pour qu’ils viennent s’expliquer devant la Représentation Nationale sur ce fameux projet que n’acceptent pas les populations togolaises.

Je demande aux Amis de Lomé et aux citoyens de Lomé de se mobiliser pour mettre un terme à ce grand scandale qui se produit sous nos yeux.

Je mets en garde les éventuels acquéreurs des villas à construire, sur le risque majeur (financier et écologique) qu’ils prennent en s’engageant dans une aventure sans issue.

Mesdames, Messieurs, d’ores et déjà, j’annonce la création d’une Coalition Contre la Résidence Les Cocotiers (CCRC) que je préside moi-même.

Une pétition est ouverte à la signature de toutes les bonnes volontés, et des actions concrètes légales, seront organisées pour en finir avec ce projet qui heurte la conscience de tout Togolais patriote.

Vive Lomé La Belle !
Fait à Lomé, le 24 juillet 2008
Djovi GALLY

Les amis de Lomé
BP : 7827 Lomé
Tél : (228) 221 76 85 - Fax :(228) 221 03 31
E-mail : info lesamisdelome.org

 

 

 

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