Election 2003

Togo : chronique d’une guerre civile annoncée

par Le Togolais , le 22 mai 2003, publié sur ufctogo.com

Des élections transparentes rayeraient le régime du Général Eyadéma de la carte politique togolaise. En revanche, une guerre civile se solderait par une réunion des protagonistes de la vie politique togolaise autour d’une table de négociation qui entérinerait la remise en selle de la dictature et jetterait des miettes à l’opposition.

 

Le scénario rappelle tragiquement celui de la cohabitation que « les bonnes volontés » et autres facilitateurs français avaient prescrit, telle une ordonnance, à la transition démocratique issue de la conférence nationale de 1991. Cette dernière avait dépouillé le dictateur Eyadéma, au pouvoir depuis 24 ans à l’époque, de l’essentiel de ses pouvoirs et les avait confiés au parlement de transition et à un Premier ministre élus au sein et par la Conférence Nationale. Les canons avaient alors tonné contre la primature trois mois à peine après le début de la transition. Par la suite, les parlementaires ont été violentés et séquestrés, certains d’entre eux assassinés. Puis le dictateur Eyadéma ayant progressivement récupéré l’essentiel de ses prérogatives, les élections ont été truquées, la presse progressivement bâillonnée jusqu’à ce que le Général se retrouve aujourd’hui à nouveau maître absolu d’un Togo doté d’une constitution taillée sur mesure pour assurer sa réélection ad vitam.
Certains artisans de la remise en selle initiale disent aujourd’hui, mais en off, que le Général ne respecte nullement sa parole et son entendement n’est ouvert qu’a un seul discours, celui de la force. Il faudra donc que les armes parlent avant que la communauté internationale, entendez la France, ne se penche sur le cas du Togo.

« Silence on vote ». C’est le titre du rapport du 25 avril 2003 qu’Amnesty International a consacré à l’aggravation de la répression par laquelle le régime du dictateur Eyadéma prépare, à sa manière, les futures élections présidentielles. La FIDH a emboîté le pas à Amnesty International. La RADDHO a enfin donné l’alerte sur les risques de conflit inhérents à ce qui se trame au Togo. A l’Elysée comme au quai d’Orsay, l’on ne pourra pas dire que l’on ne savait pas. Et pourtant, les amis officiels et officieux du dictateur, ainsi que ses pairs africains observent avec un mutisme froid et calculateur la mise en œuvre d’un massacre annoncé, « le moi ou le chaos » dont Eyadéma a souvent menacé le peuple togolais.

Ce qu’Amnesty International, la FIDH et la Raddho ne peuvent pas dire, c’est que ce mutisme contraste terriblement avec l’activisme des amis de l’ombre lorsqu’il s’agit d’exercer des pressions sur les médias internationaux ou sur des organisations de la société civile pour imposer le silence sur le drame que vivent les Togolais. Les amis de l’ombre avaient largement contribué au « toilettage » vigoureux de la Constitution que l’on doit à un universitaire français de renom, ancien professeur de l’actuel président de l’assemblée nationale du Togo. Et depuis ce « toilettage » qui ouvrait la voie à des élections présidentielles au résultat garanti, les délégations se succèdent à Lomé II pour offrir leurs services. Des parlementaires Européens hier respectés et qu’on aurait pensé « au-dessus de tout soupçon », aujourd’hui en déshérence à un an du terme de leur mandat y sont passés récemment. Nul ne doute qu’ils seront des observateurs étrangers qui, à titre individuel ou en tant que représentant d’associations bidons, se bousculeront aux portillons pour délivrer un label de qualité à des élections auxquelles l’Union Européenne, le NDI et bien d’autres organismes crédibles de supervisions des élections ne participeront pas, parce que le régime RPT n’a pas voulu d’eux.

Mais officieusement, tout le monde connaît l’issue des élections tronquées et iniques qui auront lieu au Togo le 1er juin 2003. Beaucoup savent aussi que la réélection du dictateur Eyadéma débouchera inéluctablement sur des affrontements violents que l’on aura beau jeu d’appeler guerre civile. Seulement lorsque le dictateur et ses fils auront suffisamment massacré les populations civiles, tous les protagonistes de la vie politique togolaise seront convoqués à des négociations parrainées par les amis du dictateur Eyadéma qui, arbitre véreux, feront la part belle à ceux dont ils pensent avoir besoin pour défendre les intérêts de la France dans la sous région.

Pourquoi tant de sollicitude pour l’un et tant d’acharnement contre le plus grand nombre ? Le Togo n’a pourtant pas de ressources pétrolières dont il convient de préempter le contrôle. C’est l’une des dernières sources de financement occultes qui risque de s’évaporer si des élections transparentes ont lieu au Togo. Une source qui se nourrit de toutes sortes de trafics. Trafic d’armes notamment, vers les zones ravagées par la guerre et qui sont sous embargo des Nations Unies. Incendies que l’on attise, pour mieux contribuer à les éteindre en s’autoproclamant homme de paix et médiateur international.

La rédaction Le Togolais

 

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