Communiqués

Togo : Rapport général du 2° congrès ordinaire de l’UFC

par UFC , le 19 juillet 2008, publié sur ufctogo.com

2ème Congrès Ordinaire
de l’Union des Forces de Changement

Lomé, les 18 et 19 Juillet 2008

 

L’Union des Forces de Changement (UFC) a tenu les 18 et 19 Juillet 2008 au Foyer de l’Eglise Protestante Presbytérienne de Nyékonakpoè, à Lomé, son 2ème Congrès ordinaire placé sous le thème :

« Réaliser le véritable changement au Togo avec le Président Gilchrist Olympio ».

Ce Congrès qui s’est déroulé en présence du Président National de l’UFC, M. Gilchrist Olympio, a connu la participation de tous les membres et délégués statutaires ainsi que de nombreux invités qui ont pris part aux séances d’ouverture et de clôture. Une liste exhaustive des participants est annexée au présent Rapport général.

A l’ouverture de la séance, une minute de silence a été observée en mémoire des victimes de la dictature et de tous les militants disparus. Après les prières de circonstance suivies de l’Hymne National ‘’Terre de nos aïeux’’, le président du Comité d’organisation a souhaité la bienvenue aux invités et aux congressistes. Des partis politiques amis ID, MODENA, Parti des Travailleurs, ADDI, ont ensuite délivré leur message de soutien au Congrès.

Les participants ont ensuite écouté le discours d’orientation du Président National de l’UFC qui a solennellement ouvert les travaux du 2ème Congrès ordinaire de l’Union des Forces de Changement.

Dans son discours, le Président National a mis l’accent sur le caractère impérieux de l’adoption et de la mise en œuvre rapides des réformes politiques. Il a souligné la nécessité du consensus dans la prise des grandes décisions qui engagent l’avenir de la nation. M. Olympio a appelé au rassemblement et à la mobilisation de toutes les forces démocratiques en vue de réaliser le changement auquel aspirent les populations togolaises. Il a par ailleurs, insisté sur la nécessité de renforcer les structures, organes et moyens d’action du parti et de les adapter aux exigences et aux défis de l’heure.

A l’issue de la séance d’ouverture, une pause a été observée pour permettre aux invités de se retirer. A la reprise des travaux, s’est tenue une première séance plénière au cours de laquelle le bureau du Congrès a été constitué comme suit :

-  Président : Me. Georges Lawson
-  Vice-Président : M. Tchamolla Bana
-  Secrétaire : M. Kwami Manti

Conformément aux statuts et au règlement intérieur du parti, le président du Congrès a fait vérifier les mandats des délégués ainsi que le quorum. L’ordre du jour suivant a été adopté :

1. Examen et adoption de l’ordre du jour

2. Présentation et adoption des rapports moral et financier

3. Mise en place des commissions

4. Travaux en commissions

5. Examen et adoption des rapports des commissions

6. Renouvellement des organes de direction du parti

7. Désignation du candidat de l’UFC à l’élection présidentielle de 2010

8. Examen et adoption du rapport général

9. Examen et adoption des motions, résolutions et recommandations

Les délégués ont ensuite entendu le rapport moral du Bureau National présenté par le Secrétaire Général et le rapport financier présenté par le Trésorier Général.

Le Congrès, après un débat général, décide d’adopter ces deux rapports.

Les travaux se sont poursuivis au sein de trois commissions :

-  La commission de politique générale,
-  La commission des structures, organes et moyens d’action du parti,
-  La commission des élections

Les rapports de ces commissions ont été présentés, discutés et approuvés au cours de la deuxième séance plénière du Congrès. Les travaux en commissions ont permis d’approfondir les réflexions sur les questions soumises au Congrès. Ainsi, les réformes politiques, la cherté de la vie, l’énergie, l’eau, l’assainissement, les infrastructures socioéconomiques, de même que l’impunité, la corruption, le sort des victimes de la dictature et la nécessité des réparations dans le cadre du processus ‘’Vérité, Justice et Réconciliation’’, ont retenu tout particulièrement l’attention des congressistes. En outre, la vie des fédérations, le réaménagement des structures et organes du parti, ainsi que la préparation des prochaines échéances électorales ont fait l’objet de débats denses et approfondis.

A l’issue de ses travaux, le 2ème Congrès ordinaire de l’UFC dégage les conclusions suivantes :

I – POLITIQUE GENERALE

A - Contexte national

1. Situation au plan politique

Le Congrès réaffirme l’importance que les populations togolaises et la communauté internationale attachent à la poursuite et à l’achèvement de la mise en œuvre de l’APG et des 22 engagements, en particulier, l’adoption et la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles ainsi que des recommandations des missions d’observation des élections législatives du 14 Octobre 2007.

Le Congrès s’inquiète du manque de volonté politique et de l’immobilisme qui prévalent depuis les élections législatives, malgré les relances adressées au pouvoir RPT. A cet effet, le Congrès demande au Bureau National de saisir le Facilitateur pour que le Comité de suivi, réactivé, s’implique dans l’adoption et la mise en œuvre des réformes politiques.

Le Congrès se félicite de ce que le processus Vérité, Justice et Réconciliation, recommandé par la « mission d’établissement des faits » des Nations Unies dépêchée au Togo à la suite des massacres de populations au cours de la période électorale de l’année 2005, processus repris au compte de l’APG, soit enfin enclenché. Il déplore cependant, le manque de concertation avec les partis politiques signataires de l’APG, avant le lancement officiel des consultations nationales.

Le Congrès se félicite par ailleurs de la mise en place par le Bureau National d’une Commission spéciale chargée du suivi de ce processus.

Le Congrès réaffirme le caractère incontournable du processus Vérité, Justice et Réconciliation dans la résolution de la crise togolaise. Ce processus doit être conduit, tel que recommandé par le rapport Doudou Diène, dans la plus grande objectivité par les Nations Unies, en ayant à l’esprit l’impérieuse nécessité :

- de mettre un terme à l’impunité,
- de préserver les intérêts des victimes de graves atteintes aux droits humains, qui en attendent justice et réparation,
- d’éviter la présence dans le Comité de pilotage, du gouvernement RPT, auteur des crimes et exactions en cause,
- d’éviter toute précipitation en accordant suffisamment du temps à la période des consultations.

Le Congrès rappelle qu’une véritable réconciliation nationale ne saurait se concevoir sans l’élimination de toutes les mesures discriminatoires et d’exclusion introduites unilatéralement dans le cadre électoral par le régime RPT. Il demande en conséquence au Bureau National d’exiger que le processus Vérité, Justice et Réconciliation soit mené de front avec l’adoption et la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles.

Le Congrès demande au Bureau National de veiller à ce que les préoccupations de l’UFC soient prises en compte, et de se tenir prêt à se démarquer du processus, dans le cas contraire.

Le Congrès demande également au Bureau National de veiller à ce que la Commission spéciale de l’UFC redouble de vigilance dans l’accomplissement de sa mission en vue d’éclairer les positions du parti sur le déroulement du processus.

Le Congrès s’est en outre penché sur la situation des droits humains dans le pays et sur la sécurité des populations. Il constate que malgré le discours des autorités togolaises, des prisonniers politiques continuent de croupir dans les geôles depuis des années sans jugement. Il constate également qu’en dépit du dispositif dit ‘’Araignée’’, les populations togolaises continuent de vivre l’insécurité au quotidien.

Le Congrès demande au Bureau National de saisir les autorités compétentes pour que tous les prisonniers politiques soient immédiatement libérés et que la sécurité des populations togolaises soit effectivement assurée sur toute l’étendue du territoire national.

Le Congrès constate que malgré les relances du Bureau National, les questions du statut de l’opposition et du financement public des partis politiques n’ont connu aucun progrès. Il demande au Bureau National de saisir les autorités compétentes pour que ces questions connaissent un dénouement rapide.

Enfin, le Congrès note le regain d’intérêt des partenaires internationaux du Togo pour l’UFC, depuis notre entrée à l’Assemblée Nationale sur une base de suffrages égalitaires avec le RPT, parti au pouvoir. En témoignent l’accueil et la qualité d’écoute dont bénéficient le Président National M. Gilchrist Olympio et les membres du Bureau National auprès des partenaires internationaux au Togo, en Europe, aux USA, et dans plusieurs pays africains, notamment lors de discussions sur l’urgente nécessité de l’adoption et de la mise en œuvre des réformes politiques dans notre pays.

Tout en se félicitant de l’accompagnement des partenaires internationaux au cours des dernières élections législatives, le Congrès demande au Bureau National de saisir l’occasion des nombreuses visites et rencontres des dirigeants, pour appeler à une plus grande implication de la communauté internationale dans la préparation et le déroulement des prochaines échéances électorales, en particulier la présidentielle de 2010.

2. Situation aux plans économique et social

Le Congrès constate l’aggravation de la situation économique et sociale du pays, caractérisée par la persistance et l’accroissement de la misère, de la pauvreté et de la précarité dans les villes et dans les campagnes.

Le chômage sévit dans toutes les couches sociales du pays, particulièrement au sein de la jeunesse. Si pour 3 000 places dans l’administration publique, plus de 50 000 jeunes diplômés se présentent au concours de recrutement, que deviendront les 47 000 recalés, dans ce contexte de vie chère et d’insécurité alimentaire ?

Les infrastructures de santé et d’éducation, les secteurs des routes, de l’eau, de l’assainissement, de l’énergie, etc. sont dans un état de délabrement indescriptible et ne répondent plus aux besoins nationaux.

Le Congrès constate que cette année encore, les populations togolaises abandonnées, sont livrées à elles-mêmes face aux inondations consécutives aux pluies diluviennes qui s’abattent sur plusieurs localités du pays, notamment, celles de la préfecture de l’Ogou. Le Congrès exprime sa compassion aux populations sinistrées.

Le Congrès note avec préoccupation l’inertie du gouvernement devant cette situation et face aux questions de la cherté de la vie et de l’insécurité alimentaire. Les récentes augmentations des prix du ciment, fondées sur des justifications grotesques et inacceptables, confirment l’incapacité des autorités togolaises à juguler la crise.

Le Congrès constate que malgré leur courage et leur ingéniosité dans les activités économiques, sociales et culturelles, les femmes togolaises sont les plus exposées aux conséquences dramatiques de la situation qui prévaut. La jeune fille et l’enfant, déjà fragilisés par les contraintes de la société traditionnelle, voient leur sort empiré. Le détournement et la prostitution de mineures et le trafic d’enfants connaissent une recrudescence à la faveur de la misère et de la précarité, exacerbées par la cherté de la vie.

Par ailleurs, le Congrès constate la généralisation de la corruption et des mauvaises pratiques dans tous les secteurs de l’administration publique. Des responsables des sociétés d’Etat et des régies financières aux membres des institutions, en passant par les agents des services sociaux, des forces de sécurité et des collectivités territoriales, la gangrène a atteint des proportions qui appellent des actions énergiques et volontaristes que les autorités togolaises, engluées dans les pires travers, sont incapables d’engager.

Le Congrès rappelle à cet égard que lors de la présentation du programme d’action du gouvernement et du vote de la loi de finances de la gestion 2008, le groupe parlementaire UFC a relevé et dénoncé, de la part du gouvernement togolais, le manque total d’initiative et de projet socioéconomique qui répondent aux véritables attentes des populations togolaises, ainsi que l’absence de volonté politique de mobiliser les recettes publiques à travers les circuits budgétaires légaux et de les affecter rationnellement à des dépenses en rapport avec les besoins réels des populations.

Le Congrès demande au Bureau National de tout mettre en œuvre pour amener le gouvernement togolais à mettre en place des organes crédibles de contrôle des finances publiques et des opérations financières de l’Etat.

Le Congrès demande en outre, au Bureau National de veiller à ce que les auteurs et les complices des crimes économiques qui ont précipité les populations togolaises dans le dénuement et les maintiennent dans la détresse, soient identifiés dans le cadre du processus Vérité, Justice et Réconciliation et traduits devant les tribunaux.

Le Congrès demande enfin au Bureau National, d’œuvrer résolument pour la victoire du candidat de l’UFC à l’élection présidentielle de 2010, en vue de réaliser le programme économique contenu dans le Manifeste du parti, qui seul apportera aux populations togolaises, le progrès social et le bien-être auxquels elles aspirent.

3. Situation aux plans culturel et sportif

Le Congrès constate que la situation calamiteuse qui prévaut aux plans économique et sociopolitique a déteint sur les secteurs de la vie culturelle et sportive de notre pays.

Le Congrès rappelle que dans le but d’assouvir les desseins pervers du culte de la personnalité, le régime RPT, qui a régenté le Togo des décennies durant, a ruiné le patrimoine culturel national en érigeant en politique culturelle, le dévoiement et la transformation des chants et danses du terroir ainsi que des fêtes traditionnelles, en louanges au dictateur.

Le Congrès note que faute de soutiens et de protection de leurs droits, les artistes togolais, pourtant pleins de talents et de génie créateur, peinent à s’épanouir. Aujourd’hui, aucune structure adéquate n’existe au Togo pour permettre la promotion des arts et des artistes, le régime RPT n’ayant jamais songé, plus de quatre décennies durant à l’édification ni de maisons des arts et de la culture ni de centres culturels.

Le Congrès recommande au Bureau National de demander au Groupe parlementaire UFC d’interpeller le gouvernement sur la situation de la culture dans notre pays afin d’amener les pouvoirs publics à définir et à mettre en place une politique structurée et crédible de promotion et de développement de la culture togolaise.

Le Congrès note que malgré le foisonnement de talents sportifs qui se manifestent souvent avec un éclat à la mesure des potentialités du pays, la situation au plan du sport n’est guère plus reluisante. Les prétendues réformes des années 1974 dans le secteur des sports, qui n’avaient d’autre but que de parachever le totalitarisme par l’assujettissement des organisations sportives et de jeunesse, ont plombé le sport, détruit les clubs, anéanti le sens de la compétition et l’esprit sportif, empêché l’émancipation et la professionnalisation des sportifs, démantelé de nombreuses disciplines sportives, sabordé le sport scolaire et universitaire, et ruiné les aspirations de la jeunesse togolaise.

Le Congrès déplore les tribulations du football togolais, le désordre et les crises répétées au sein de la fédération togolaise de football de même que les échecs retentissants et autres catastrophes, qui ne sont que l’illustration patente des dégâts inhérents à des options irresponsables.

Le Congrès recommande également au Bureau National de demander au Groupe parlementaire UFC d’interpeller le gouvernement sur la situation des sports dans notre pays afin d’amener les pouvoirs publics à définir et à mettre en place une politique structurée et crédible de mise en valeur des talents sportifs de notre jeunesse, de promotion et de développement du secteur national des sports.

B – Contexte international

S’agissant du continent africain, le Congrès se félicite des perspectives favorables de sorties de crise, notamment en Côte d’Ivoire, en RDC et en RCA. Il reste cependant très préoccupé par la persistance de conflits fratricides au Burundi, au Soudan, au Tchad, et en Somalie et par l’évolution dramatique de la situation politique en Guinée, au Kenya et au Zimbabwe.

Le Congrès considère que les crises socio-politiques et les conflits, qui entraînent des pertes en vies humaines, des réfugiés et des déplacés, trouvent leur origine dans le déni de démocratie, la mal gouvernance et l’exclusion.

Rappelant les massacres de populations perpétrés au Togo par le régime en place pendant la période électorale de 2005 et tenant compte des massacres similaires survenus au Kenya et au Zimbabwe cette année 2008, le Congrès condamne l’inconséquence de l’Union Africaine (UA) qui s’accommode trop facilement de mascarades électorales avec leurs cortèges de violations massives de droits humains.

Le Congrès exhorte les chefs d’Etat africains à se ressaisir afin d’éviter à l’Afrique la légitimation et la pérennisation de dictateurs par le biais de prétendus gouvernements d’union nationale, après des élections frauduleuses accompagnées de massacres de populations.

Le Congrès demande à la Communauté internationale, notamment l’ONU, l’Union Européenne, de s’impliquer davantage dans les processus électoraux des pays africains, singulièrement ceux en crise comme le Togo, par une assistance soutenue aux plans technique, financier et sécuritaire, et par un déploiement conséquent d’observateurs civils et militaires.

En Europe, le Congrès note avec intérêt la présidence en exercice du Conseil de l’Union Européenne par la France à compter du 1er Juillet 2008.

Rappelant l’importance que le chef de l’Etat français accorde à la question de l’immigration, le Congrès demande au Président Nicolas Sarkozy d’engager résolument la France et l’Europe à contribuer de manière décisive à l’instauration de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance dans les pays africains, afin que soient garantis aux jeunes de ces pays, des emplois décents pour leur insertion dans la vie active chez eux.

Le Congrès demande au Président Nicolas Sarkozy de veiller tout particulièrement à ce que l’Union Européenne accorde au Togo une vigilante attention quant au suivi du parachèvement des 22 engagements, à l’adoption et à la mise en oeuvre rapide des réformes politiques préconisées par l’APG et par les rapports des missions d’observation électorale de l’UE.

Aux Etats-Unis d’Amérique, les feux de l’actualité politique sont braqués sur les candidats à la prochaine élection présidentielle de Novembre 2008. Le Congrès salue l’émergence de deux représentants de minorités et le long processus qui a conduit à la confirmation du Sénateur Barack Obama comme porte flambeau du parti démocrate.

Le Congrès félicite le candidat Obama pour sa victoire historique aux primaires. Il rend hommage à son courage, à sa ténacité, à sa détermination et à son engagement exemplaires pour le changement dans son pays.

A l’heure où l’UFC lutte également pour le changement auquel aspirent les populations togolaises, le Congrès formule au candidat Barack Obama, ses vœux de plein succès à la présidentielle de Novembre 2008.

Le Congrès a examiné avec préoccupation, la situation de tension et d’instabilité qui prévaut au Moyen Orient et en Asie. Le Congrès souhaite que la communauté internationale s’investisse avec plus de détermination dans la recherche d’une paix juste et durable dans ces parties du monde.

Le Congrès compatit aux souffrances du peuple chinois à la suite du tremblement de terre et des inondations qui ont semé la mort et la désolation dans plusieurs provinces de la Chine.

Le Congrès salue par ailleurs l’organisation des Jeux Olympiques 2008 par la Chine. Après analyse des péripéties du parcours de la flamme olympique, le Congrès demeure convaincu que les autorités chinoises mettront tout en œuvre pour favoriser la participation de tous les pays à cet important rendez-vous de la compréhension mutuelle et de la paix, de l’amitié des peuples et de la solidarité internationale.

Le Congrès s’est également penché sur les sujets de l’heure au plan international. Ainsi, la flambée des prix du baril de pétrole, la hausse généralisée des produits de première nécessité et des denrées alimentaires, l’insuffisance de la production agricole et l’expansion des biocarburants, ont retenu l’attention du Congrès, de même que les questions de l’environnement et du changement climatique.

Le Congrès estime que le développement du secteur agricole africain et les réformes rurales sont indispensables pour la croissance économique, la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté.

Le Congrès demande à la communauté internationale et aux pays industrialisés d’oeuvrer à la réalisation des objectifs des sommets de la FAO, du TICAD et du G8 sur le développement du continent africain, et d’aider les pays d’Afrique à améliorer l’état de leur gouvernance.

II – STRUCTURES, ORGANES ET MOYENS D’ACTION DU PARTI

1. Situation dans les fédérations

Le Congrès se félicite de la bonne implantation du parti dans toutes les préfectures, sous-préfectures communes, cantons et villages du pays, ainsi qu’à l’étranger. Il rend hommage aux militantes et militants membres des fédérations, pour leur enthousiasme et leur détermination.

Le Congrès reste cependant préoccupé par les nombreux dysfonctionnements apparus au niveau de certaines fédérations du parti, à l’occasion des élections législatives d’octobre 2007. Ces dysfonctionnements identifiés dans le rapport de la Commission d’évaluation mise en place par le Bureau National sont essentiellement liés à des carences en terme de formation et à une insuffisance de ressources financières.

Tenant compte des recommandations de la Commission d’évaluation, le Congrès demande au Bureau National de procéder d’ores et déjà, à l’identification, à la sélection, à la sensibilisation et à la formation des représentants de l’UFC dans les Comités de listes et cartes (CLC) et dans les bureaux de vote.

Le Congrès demande également au Bureau National de veiller au renforcement des capacités de toutes les fédérations, sections et sous-sections par des moyens de fonctionnement adéquats et par des programmes de formation civique et politique. Il encourage le Bureau National à poursuivre le processus de renouvellement des bureaux fédéraux et le règlement des problèmes latents, notamment ceux liés à ces renouvellements.

Dans la perspective de l’élection présidentielle de 2010, il importe en effet, que toutes les fédérations sans exception, puissent œuvrer efficacement à la victoire du candidat de l’UFC.

2. Réaménagement des textes et structures du parti

Tenant compte de l’évolution du contexte de notre lutte politique, des enjeux de l’heure et de la perspective des échéances électorales le Congrès a procédé à un réaménagement des structures et des textes fondamentaux du parti.

Le Congrès note avec satisfaction la révision des statuts et du règlement intérieur. Il décide d’approuver les statuts révisés sous réserve des amendements et de renvoyer le règlement intérieur au Bureau National pour compétence.

Le Congrès a, en outre, procédé au renouvellement de ses organes de direction.

Le Congrès adresse ses vives félicitations aux membres nouvellement élus ou reconduits dans les organes du parti. Il les invite à redoubler d’ardeur et à travailler avec rigueur et persévérance pour assurer la victoire du candidat des forces de changement à la présidentielle de 2010.

Le Congrès note avec fierté et réconfort, que de plus en plus de sympathisants franchissent le pas en adhérant ouvertement à l’UFC afin de contribuer de manière plus déterminante à la lutte pour le changement.

En encourageant ce mouvement d’adhésion, le Congrès demande au Bureau National de tout mettre en œuvre pour accueillir toutes les bonnes volontés et favoriser leur intégration harmonieuse aux activités du parti.

Le Congrès demande par la même occasion au Bureau National d’organiser au niveau national, des campagnes d’adhésion au parti, pour amener les sympathisants à s’engager résolument dans la lutte que mène l’UFC pour un Togo démocratique, digne et prospère.

3. Moyens d’action du parti

Tenant compte des conclusions des rapports financiers présentés respectivement au dernier Conseil national et devant les présentes assises, le Congrès rappelle aux militantes et militants, ainsi qu’aux nombreux sympathisants de l’UFC, que les prochaines échéances électorales vont entraîner un besoin de financement très important. Le Congrès en appelle une fois encore à leur dévouement et à leur générosité, en leur demandant de contribuer plus largement au financement des activités du parti.

En outre, le Congrès demande au Bureau National d’intensifier les actions de mobilisation de ressources financières auprès de donateurs nationaux et étrangers y compris ceux de la diaspora.

Le Congrès a pris bonne note des besoins matériels et financiers ainsi que des doléances concernant la formation des cadres et des militants, exprimés par les fédérations. Il demande au Bureau National d’accélérer la mise en œuvre des recommandations pertinentes du dernier Conseil national, en multipliant les sessions de formation des militants et cadres de l’UFC et en dotant toutes les structures du parti de moyens d’action adéquats.

Le Congrès demande au Bureau National de développer des relations de coopération et d’assistance et de renforcer les liens d’amitié et de solidarité entre l’UFC et les fondations, les partis politiques, associations et organisations qui mènent une lutte similaire.

III – QUESTIONS RELATIVES AUX
PROCHAINES ECHEANCES ELECTORALES

Au cours de la troisième séance plénière de ses travaux, le Congrès a approuvé à l’unanimité la désignation du Président National de l’UFC, M. Gilchrist Sylvanus Olympio, comme candidat de l’Union des Forces de Changement à l’élection présidentielle de 2010.

Le Congrès demande en conséquence au Bureau National de prendre toutes les dispositions afin de mobiliser toutes les forces de changement en faveur du candidat de l’UFC.

Rappelant les nombreux dysfonctionnements relevés lors des élections législatives du 14 Octobre 2007, le Congrès demande en particulier au Bureau National de veiller à l’adoption et à la mise en œuvre effectives et diligentes des réformes constitutionnelles et institutionnelles prévues par l’APG.

Le Congrès rappelle en outre les fraudes et irrégularités qui ont émaillé ce scrutin et demande au Bureau National de veiller également à la mise en œuvre des conclusions et recommandations du rapport d’évaluation de la commission mise en place par le parti ainsi que celles des rapports des missions d’observation électorale de la Commission et du Parlement de l’UE.

Le Congrès déplore que malgré l’engagement 1.6 d’organiser des élections locales dans un délai de 12 mois, le régime RPT en est encore à des manœuvres de diversion, plus de 4 ans après les 22 engagements pris devant la Commission de l’UE à Bruxelles.

En raison du rôle important que jouent les élus locaux dans la mobilisation et la sensibilisation des populations, notamment en période électorale, le Congrès demande au Bureau National d’obtenir du gouvernement, l’organisation rapide des élections locales.

La perspective de l’élection présidentielle de 2010 demeure une source de réelles préoccupations en matière de sécurité des populations et de respect des droits humains dans notre pays.

Le Congrès note que déjà, dans les localités de l’intérieur du pays, les militants et sympathisants des partis de l’opposition sont l’objet d’intimidations, de harcèlements et de représailles. Ces manœuvres organisées et planifiées ont un triple objectif : punir ceux qui ont pris part aux élections législatives du 14 octobre 2007 aux côtés des partis de l’opposition, créer un climat de peur, de méfiance, d’insécurité dans le pays et dissuader les populations à soutenir les partis de l’opposition lors des prochaines élections.

Il apparaît donc, qu’à l’instar des élections présidentielles passées, la présidentielle de 2010 est un scrutin à très hauts risques. Le Congrès en appelle à la communauté internationale notamment, les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Allemagne, la France et les Etats-Unis d’Amérique, pour aider notre pays à :

· parachever la mise en œuvre des 22 engagements
· engager des actions hardies de lutte contre l’impunité
· mettre en œuvre rapidement les réformes constitutionnelles et institutionnelles prévues par l’APG
· organiser diligemment dans la transparence et l’équité, des élections locales sans violence
· organiser, en 2010, dans la transparence et l’équité, une élection présidentielle sans violence.

Le Congrès en appelle en particulier à la vigilance des partenaires du Togo, pour qu’ils accompagnent notre pays dans la préparation et l’organisation des prochaines élections, notamment par :

· un suivi attentif des recommandations des misions d’observation électorale en matière d’adaptation du Code électoral ;
· une assistance technique, financière, administrative et logistique à l’instar du projet PEACE Togo ;
· un déploiement conséquent, notamment en terme d’effectifs et de durée, d’observateurs civils et militaires ;
· toute initiative visant à amener les autorités togolaises à adresser à temps au Conseil de l’UE, une requête d’assistance militaire dont la mise en place devrait aider les forces armées et de sécurité togolaises à s’abstenir de toute ingérence et de toute entrave au processus électoral.

Le Congrès réaffirme la détermination de l’UFC à œuvrer pour l’organisation d’élections transparentes, libres et honnêtes, dans un climat de sécurité. Il demande au Bureau National de renforcer, en relation avec les autres partis de l’opposition démocratique, la mobilisation des populations autour des valeurs et idéaux de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance.

Rappelant les actions multiformes conduites par les militants et sympathisants UFC de la diaspora en faveur de l’avènement de la démocratie et de l’Etat de droit dans notre pays, le Congrès fait sienne, les recommandations du dernier Conseil national demandant au Bureau National d’engager dans les meilleurs délais toutes démarches afin que nos compatriotes de l’étranger puissent prendre part, depuis leur pays d’accueil, aux scrutins nationaux.

Tout en notant des velléités d’ouvertures dans les médias publics, le Congrès déplore la persistance de la censure dans le traitement des manifestations politiques de l’UFC et des interventions des responsables du parti.

Le Congrès dénonce et condamne fermement les dérives liberticides de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) qui se substitue à la justice en interdisant abusivement des émissions de radio et de télévision.

Dans le cadre des réformes constitutionnelles et institutionnelles, le Congrès demande au Bureau National de tout mettre en œuvre pour obtenir la recomposition de la HAAC et la redéfinition de sa mission, afin de ‘’garantir et d’assurer la liberté et la protection de la presse ainsi que l’accès équitable des partis politiques aux médias publics’’.

Le Congrès se félicite du dynamisme des médias privés qui, malgré un environnement encore hostile fait de menaces, d’intimidations et de harcèlements, œuvrent avec courage et persévérance à l’expression de la liberté et de la diversité d’opinions.

Le Congrès demande au Bureau National d’obtenir du gouvernement l’augmentation et le déblocage rapide des dotations budgétaires allouées au renforcement des médias, à l’appui et à la promotion de la presse privée.

Le Congrès rend hommage à l’engagement et à la détermination de toutes les fédérations à s’organiser dès à présent, pour mobiliser et fidéliser les populations autour des valeurs de l’UFC en vue de la victoire aux prochaines élections.

Le Congrès félicite très chaleureusement le Président National de l’UFC, M. Gilchrist Olympio, pour sa reconduction à la tête du parti et sa désignation comme candidat de l’Union des Forces de Changement à l’élection présidentielle de 2010. Il lui adresse une motion spéciale d’encouragement et de gratitude pour son combat et son dévouement au service du peuple togolais tout entier.

Le Congrès renouvelle toute sa reconnaissance au Premier Vice Président Emmanuel Akitani Bob, pour le travail accompli avec succès à la tête du Bureau national. En saluant sa loyauté et son intégrité exemplaires, le Congrès unanime, lui fait une fois encore, une longue ovation et lui souhaite un prompt rétablissement.

Le Congrès rend un hommage mérité à tous les membres du Bureau National et leur adresse ses vives félicitations pour leur disponibilité et leur dévouement.

Il adresse également ses vives félicitations au Comité d’organisation du Congrès, à son Président et aux diverses commissions, pour la qualité des travaux préparatoires.

Le Congrès remercie les délégués pour leur participation active aux travaux des commissions et la pertinence de leurs contributions aux débats.

Le Congrès adresse ses remerciements aux partis politiques de l’opposition démocratique pour leurs messages fraternels et leur détermination à œuvrer avec l’UFC pour l’avènement du véritable changement au Togo.

Le Congrès exprime sa gratitude à son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Faso et Facilitateur du Dialogue inter togolais pour ses efforts inlassables en vue de la recherche d’une solution juste et durable à la crise togolaise. Il le prie de poursuivre ces efforts, notamment par la réactivation du Comité de Suivi de manière à accélérer l’adoption et la mise en œuvre des réformes politiques prévues par l’APG.

Enfin, en déplorant le silence et l’inertie du Chef de l’Etat, Président du RPT, face aux appels répétés de l’UFC à des discussions avec le RPT, le Congrès demande une fois encore au Président Faure Gnassingbé, de prendre la mesure de la situation calamiteuse de notre pays aux plans politique, économique et social et, dans un élan de patriotisme et de volonté politique, d’engager résolument le Togo sur la voie d’une véritable réconciliation nationale qui passe par l’adoption et à la mise en œuvre rapides et consensuelles des réformes constitutionnelles et institutionnelles.

Fait à Lomé le 19 Juillet 2008

Le Congrès

 

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