13 janvier

Togo : La fête aura-t-elle lieu quelle que soit " la physionomie du mouton ? "

par UFCTOGO.COM , le 11 janvier 2000, publié sur ufctogo.com

 

Comme à leur habitude, le général Eyadéma et les partisans de l’ex RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) s’apprêtent à commémorer la date du 13 janvier. Le peuple togolais au-delà de cette fête, n’a jamais su si c’est l’assassinat de Sylvanus Olympio, premier président élu de la République du Togo, qui est ainsi célébré de façon indécente tous les ans, ou bien si c’est la prise du pouvoir par les militaires togolais un certain 13 janvier 1967 qui est ainsi mise à l’honneur.
Ce que l’on peut toutefois observer, c’est que ce genre de festivité a pris une place importante dans le camp du Général et de son régime RPT, surtout après la reprise en main des affaires, survenue pendant la transition post-conférence nationale.

La Conférence nationale avait redonné sa place au 27 Avril, date de l’indépendance du pays, qu’en majorité les Togolais considèrent comme leur vraie fête nationale. A contrario, la commémoration nationale de la prise de pouvoir à deux reprises (13 janvier 1963 et 13 janvier 1967) par les militaires a toujours servi de prétexte à Eyadèma pour démontrer sa générosité envers certains hôtes officiels, et inviter une certaine presse internationale chargée de redorer son blason terni par ses multiples manquements aux droits fondamentaux de ses concitoyens.

Cette année plus que jamais, la fête à Gnassingbé Eyadèma s’annonce sous de mauvais auspices. La situation économico-socio-politique se prête mal à l’organisation des festivités de ce 13 janvier de l’an 2000.

Le contexte économique et sociale exsangue est loin d’être propice. Le Togo est en quarantaine du point de vue de la coopération avec les pays occidentaux et de ses relations avec les organismes internationaux. Ceux-ci exigent un respect minimum des règles démocratiques.

Cette absence de coopération a pour corollaires, l’accroissement de la dette, la vacuité des caisses et la faillite de l’Etat dans tous les domaines. Au plan social, les salaires des fonctionnaires ne sont pas versés depuis quelques temps. On fait état de 3 mois pour les fonctionnaires titulaires, de 6 mois pour les auxiliaires et de 4 mois en ce qui concerne les retraités. A telle enseigne que ce pays appelé par Eyadéma lui-même : "La Suisse de l’Afrique", aujourd’hui se clochardise, car un fonctionnaire sans salaires est un SDF en puissance.

Un journal de la place rapporte que des voix s’élèvent dans la capitale pour "fustiger le peu de respect que le pouvoir a pour le peuple , parce qu’un père de famille ne fait pas la fête lorsqu’il n’a pas encore donné l’argent de la popote à la maison."

Alors, les syndicats estudiantins et fonctionnaires manifestent. Pour les faire taire, la machine de répressions est mise en route comme à l’accoutumée. En guise d’exemple, en décembre dernier, des enseignants et étudiants sont arrêtés au départ d’une marche pacifique.

Ces difficultés économiques et sociales n’empêchent point le pouvoir d’organiser sommet sur sommet, sans compter, en guise de divertissements, quelques colloques et séminaires internationaux qui sont toujours bons à prendre pour aider au rayonnement du régime.

L’année 99 a vu se tenir à Lomé, les sommets de l’UEMOA et de la CEDEAO. En 2000, Eyadéma va organiser le sommet de l’OUA à Lomé, un rêve qu’il n’a pas pu réaliser à cause des troubles socio- politiques des années 90. D’ailleurs, de source autorisée, l’attente de cette échéance constituerait un handicap pour l’examen de la loi de finances exercice 2000 par le parlement togolais. Au moment où nous bouclons, le conseil des ministre n’aurait pas encore eu à examiner la loi de finances exercice 2000 qui sera soumise au parlement. Une assemblée nationale monocolore du fait du boycott des dernières législatives par l’opposition. Celle-ci souhaitait revenir d’abord sur les présidentielles frauduleusement gagnées par Eyadéma qui avait fait voler en éclats la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), pour faire proclamer un autre résultat par son ministre de l’intérieur.

En cette année 2000, où le secrétariat général de l’Organisation des Nations-unies compte placer l’homme au cœur du développement, ne serait-il pas judicieux de confier l’organisation de cette réunion de syndicat de chefs d’Etats africains à un autre pays du Continent capable d’en assumer les coûts ?

Gaétan Tété

 

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