Mémorandum

Togo : Etat de violence, d’arbitraire et de mensonge 2/2

par UFC , le 17 février 2004, publié sur ufctogo.com

L’UFC publie dans les pages qui suivent un mémorandum qui récapitule les plus graves violations des droits de l’Homme et les plus sérieux manquements à l’Etat de droit, commis par les autorités togolaises, depuis la signature de l’Accord- cadre de Lomé (ACL), le 29 juillet 1999.

 

Word - 221.5 ko
Télécharger

Sommaire

1ère partie
- I. Présentation du document
- II. Dénonciation de fait de l’Accord cadre de Lomé (ACL) et organisation frauduleuse de la dernière élection présidentielle
- III. Assassinats, agressions physiques et voies de fait
- IV. Arrestations et détentions arbitraires
- V. Jugements iniques
- VI. Dénis de justice

2ème partie
- VII. Confiscation des média publics à des fins de désinformation, de dénigrement et d’appel à la haine
- VIII. Pression sur les média privés et répression de journalistes
- IX. Entraves à l’exercice des activités des partis politiques, intimidations
- X. Intimidations de militants des partis de l’opposition, des populations et harcèlements des responsables politiques
- XI. Horreur dans les prisons au Togo
- XII. Usage de l’armée à des fins de politique partisane
- XIII. Encore de très nombreux départs en exil
- XIV. En guise de requête urgente : il est temps pour la Communauté Internationale d’agir plus rigoureusement
- XV. Annexes

VII. Confiscation des média publics à des fins de désinformation, de dénigrement et d’appel à la haine

Au Togo, les média publics fonctionnent comme s’ils sont la propriété privée du gouvernement et à sa seule disposition. Ce qui s’y passe défie tout entendement. Le régime et le parti au pouvoir, le RPT, s’en servent quotidiennement pour désinformer, diffamer, dénigrer, provoquer, et inciter à la haine, etc...

50 - Les samedi 24 et dimanche 25 janvier 2004, la Télévision Togolaise présente dans ses éditions du soir un reportage sur la cérémonie de la commémoration du « 24 janvier » à Pya, village natal du chef de l’Etat. La télévision passe in extenso, un long discours du Secrétaire général du RPT, parti au pouvoir, à la gloire du chef de l’Etat. Le Secrétaire général du RPT citant ce qu’il appelle les grandes réalisations du chef de l’Etat, évoque le Port Autonome de Lomé dont la première pierre a été posée en novembre 1962 et qui est entré en exploitation avant le coup d’état militaire qui a porté l’actuel chef de l’Etat au pouvoir en 1967. Un autre mensonge proféré par le Secrétaire général du RPT est l’affirmation selon laquelle le premier Président de la République togolaise, Sylvanus Olympio était actionnaire dans la Compagnie Togolaise des Mines du Bénin (CTMB), entreprise qui exploitait le phosphate. Aucun togolais sérieux n’ignore que Sylvanus Olympio ne possédait la moindre action dans la CTMB. Ces mensonges grotesques illustrent parfaitement l’usage que les dirigeants actuels du Togo font des média d’Etat qu’ils considèrent comme un instrument de propagande, à leur disposition pour dénigrer, diffamer et agresser quotidiennement l’opposition démocratique, et plus généralement tout ce qui peut porter ombrage au pouvoir.

51 - Le 12 janvier 2004, la Télévision Togolaise présente des individus pompeusement dénommés « Les sages de Lomé-commune » qui lors d’une conférence de presse justifient la célébration officielle de la fête du 13 janvier comme la commémoration de la fin de prétendues exactions et injustices du régime de Sylvanus Olympio. Alors que le 13 janvier n’est pas une fête légale de la République. L’écho et l’onction que les média d’Etat donnent à ce « témoignage » constituent une des plus récentes illustrations de réécriture de l’histoire du Togo, de dénigrement de Sylvanus Olympio, de désinformation et d’appel à la haine.

52 - Le 1er janvier 2004, la Télévision Togolaise montre le chef de l’Etat, à Pya, son village natal, s’en prenant aux partis de l’opposition, de manière très véhémente, dans une adresse à la foule venue lui présenter les vœux de nouvel an. Il accuse des « ministres de la transition » (septembre 1991- fin novembre 1991) de s’être rendus à Bruxelles pour demander expressément à la Commission de l’Union Européenne de suspendre la coopération de l’UE avec le Togo.
Ce mensonge est une des inventions du Chef de l’Etat, reprise en chœur à tout propos par toutes les personnalités du régime. Il vise à livrer l’opposition togolaise à la vindicte populaire.

La Télévision et tous les autres média publics diffusent cette farce quasi quotidiennement, depuis deux à trois ans, malgré le démenti de la délégation de l’Union Européenne auprès du Togo, qui a invoqué dans un communiqué les vraies raisons de la suspension de la coopération de l’UE avec le Togo.
53 - Les mardi 6 et mercredi 7 janvier 2004, la Télévision Togolaise (TVT) a présenté dans ses deux éditions du soir, des individus affirmant être des « terroristes » auteurs d’une attaque sur un véhicule du chef de l’Etat le 4 janvier 1994. Ces individus connus pour être des « liseurs professionnels » de déclarations en faveur du gouvernement, sur les média d’Etat, déclarent que c’est Gilchrist OLYMPIO, président de l’UFC qui est le commanditaire de cette opération. (cf Togo-Presse n° 6690 du mercredi 7 janvier 2004).
54 - Le 24 septembre 2003, le Ministre de l’Intérieur rend public sur les média d’Etat, un communiqué au langage vengeur et menaçant, dans lequel il fait porter à l’UFC, la responsabilité des incidents survenus à Mango, accusant ce parti d’avoir recruté de jeunes drogués pour mettre Mango à feu et à sang.
Or, les investigations menées à Mango, notamment auprès des techniciens de l’Union Européenne impliqués dans l’organisation des réunions de sensibilisation des populations à la réalisation du projet controversé, et présents à Mango au moment des événements, ont montré que la manifestation n’a pas été organisée par un ou des partis politiques mais que ce sont les populations, toutes tendances politiques confondues, qui ont voulu exprimer leur rejet du projet. La question de la faune dans cette zone de l’Oti est très sensible, compte tenu des graves violations des droits de l’homme auxquelles elle a donné lieu dans le passé. Elle transcende les clivages politiques partisans. L’UFC n’est mêlée, ni de près ni de loin, aux incidents de Mango. L’arrestation et l’incarcération de deux membres de l’UFC relèvent simplement du réflexe permanent des autorités de pointer du doigt l’UFC à chaque problème qu’elles rencontrent. C’est le réflexe de la recherche du bouc-émissaire.

Malgré les démarches effectuées par les plus hauts responsables de l’UE auprès du Ministre de l’Intérieur qui aurait prétendu avoir été trompé, le Président de la Fédération UFC de l’Oti, Nassoro Natchaba et la militante de l’UFC, Adama Koukoura, croupissent depuis près de 4 mois en prison dans des conditions insupportables. Les autorités togolaises ont atteint un niveau de cynisme qui ne leur permet plus depuis longtemps de constater la cruauté de leurs actes.

55 - Le 18 mars 2003, la « Conférence Episcopale des Evêques du Togo » publie une Lettre Pastorale « Dans la Vérité, bâtissons la Paix », dans laquelle les Evêques expriment leurs préoccupations sur la gravité de la situation politique, économique et sociale du Togo, et invitent les fidèles ainsi que les populations à s’engager résolument dans la voie de la dignité, de la vérité et de la justice.
En riposte à cette lettre, les autorités togolaises font monter au créneau, pendant plusieurs jours sur les média d’Etat, un individu du nom de Justin Amissah Johnson, connu des togolais pour lire depuis des années sur les média publics, des textes haineux rédigés par le pouvoir contre des leaders de l’opposition, notamment Gilchrist Olympio. Pendant plusieurs jours, sur la Télévision et sur les Radio d’Etat, dans toutes leurs éditions, Justin Amissah Johnson, lit un texte dans lequel il accuse l’Archevêque de Lomé, Monseigneur Philippe KPODZRO de lui avoir demandé en 1991, contre espèces sonnantes et trébuchantes, de mettre Lomé à feu et à sang. Justin Amissah Johnson exhibe à l’appui de son accusation, une lettre, un faux, soit-disant rédigée de la main de l’Archevêque. Le Prélat pour toute réponse, oppose le silence serein qui convient.
Comme si elles n’étaient pas satisfaites du résultat de cette opération, les autorités continuent dans les semaines qui suivent la prestation de Justin Amissah Johnson, la campagne de dénigrement et de diffamation contre l’Archevêque de Lomé, en faisant défiler sur les media publics, la Télévision et les radio nationales, relayées par le quotidien gouvernemental Togo-Presse, des individus disant appartenir à de prétendues associations et ânonnant des déclarations dans lesquelles, ils déversent sur le Prélat, insultes et accusations toutes plus légères les unes que les autres. (cf Togo-Presse n°6499 du 3 avril 2003 page 3, déclaration du RJPD ; Togo-Presse n°6509 du 17 avril 2003 page 7, déclaration des associations des fidèles catholiques de la société civile d’Atakpamé ; Togo-Presse du 25 avril 2003 déclaration du MTDLDH, Page 5 ; Togo-Presse n° 6505 du 11 avril 2003, déclaration du MJGE, Togo-Presse n°6507 du 15 avril 2003, déclaration de la LTDLP, etc...)

L’Archevêque n’a jamais répondu à toutes ces provocations. Il l’aurait d’ailleurs voulu qu’il ne l’aurait pas pu. Jamais une personne mise en cause sur les média publics n’a pu obtenir d’exercer un droit de réponse, même en faisant intervenir la HAAC, l’autorité chargée de la régulation des média.

56 - Le 23 août 2002, la Télévision Togolaise rend compte d’une démarche effectuée à l’Etat-major général des FAT par une prétendue association de femmes, n’ayant aucune existence légale, et conduite par dame Fortuné Akapko, déclarant dans une véhémente diatribe : « Vaillantes forces de l’ordre et de sécurité, de grâce, protégez-nous contre les forces du mal que sont l’UFC et ses acolytes.... », le Chef d’Etat-major général, comme s’il ignore que l’armée doit rester neutre dans le débat politique, organise une grotesque réunion de plusieurs officiers et éléments de sécurité, au cours de laquelle il fustige « tous ceux qui affichent une attitude anti-patriotique et ternissent l’image du Togo... ». Cette réunion a été retransmise dans plusieurs éditions sur la télévision, lors du journal parlé.

Le quotidien national Togo-Presse en fait également état, dans sa livraison n°6347, du lundi 26 août 2002.

En fait la démarche de cette association de femmes n’a été qu’un artifice pour permettre une fois de plus aux FAT d’intimider les partis politiques de l’opposition démocratique en s’immisçant dans le débat politique.

57 - Le 6 août 2002, dans sa livraison n°6334, le quotidien gouvernemental Togo-Presse, présente en gros caractères en première page, la photo du sieur Philippe Bardiaux aux côtés du chef de l’Etat. Il est affublé du titre : « Médiateur français ».
Le poste de « Médiateur de la République » est occupé actuellement en France par Bernard Stasi. Phillipe Bardiaux est chargé de mission à la « Médiature française ». Au moment où l’ACL était en cours, il a fonctionné comme secrétaire de la Facilitation.

En lui donnant l’importance qu’il n’a pas, les média d’Etat désinforment les populations pour amplifier le soutien qu’apporte à la dictature togolaise, Philippe Bardiaux, un fonctionnaire français quelconque, devenu un habitué des allées du pouvoir togolais par la grâce de la Facilitation du dialogue inter togolais de 1999. D’ailleurs le même Philippe Bardiaux invité au Togo pour les « festivités du 13 janvier 2004 », se retrouve encore à la une du même quotidien qui ne le qualifie plus que de « conseiller pour les affaires internationales et les droits de l’homme à la « Médiature de la République française ». (Togo-Presse n°6696 du 16 janvier 2004). Qu’est-il au juste à la Médiature ? Médiateur de la République ou conseiller ?

58 - Le mardi 6 février 2001, après la publication du rapport de la commission ONU/OUA sur le Togo, rapport qui a confirmé les informations d’Amnesty International selon lesquelles des cadavres ont été découverts sur les plages togolaises et béninoises pendant la période de l’élection présidentielle de juin 1998 au Togo, le Ministre de l’Intérieur, le général Sizing Akawilou Walla, a organisé une conférence de presse largement diffusée par les média d’Etat.
Au cours de cette conférence de presse, après avoir déclaré que le Président de l’UFC, M. Gilchrist OLYMPIO avait corrompu le Secrétaire Général d’Amnesty International, M. Pierre Sané et le Président de la commission d’enquête ONU/OUA, M. Hassan Abakhar, le Ministre de l’Intérieur a traité le Président de l’UFC de terroriste et de faussaire, demandant que « les accidents de l’histoire soient corrigés un jour afin que tout un peuple n’ait à souffrir des ambitions d’un apatride », distillant par ces propos, des germes de discrimination raciste contre Gilchrist Olympio.

Le président de l’Assemblée Nationale, Ouattara Fambaré Natchaba, pour surenchérir dans la même affaire, n’a pas craint, trois jours plus tard, d’appeler à la violence contre M. Gilchrist Olympio, lors d’une séance de l’Assemblée Nationale, retransmise à la Télévision et les autres média publics, en proférant la menace suivante : « lorsque le lézard prend son bain de soleil, les jeunes passants le lapident. »
Retour au sommaire

VIII. Pression sur les média privés et répression de journalistes

59 - Le 9 Janvier 2004, le chef de l’Etat reçoit à sa résidence de Lomé 2, le Conseil Togolais des Editeurs de la Presse Privée, une association de journalistes, conduite par son Président, Lucien Djossou Messan, Directeur de la rédaction de l’hebdomadaire « Le combat du Peuple ». A l’issue de la rencontre, le Chef de l’Etat remet à celui-ci, une enveloppe de 100 millions CFA (en billets de 10 000 CFA), environ 154 000 euros, à titre de contribution de l’Etat au financement de la presse privée.
Déjà au cours du dernier trimestre de l’année 2003, le Chef de l’Etat avait remis au même CTEP, une enveloppe de 113 millions CFA, environ 174 000 euros. La tranche remise le 9 janvier 2004 complétait à 213 000 0000 CFA l’effort de financement de la presse privée par l’Etat.
En fait, il s’agit là d’une corruption déguisée des journalistes de la presse privée. Il est évident que l’aide de l’Etat à la presse privée est nécessaire. Mais elle doit prendre des voies institutionnelles. La méthode utilisée par le chef de l’Etat n’est rien d’autre qu’un procédé pour s’attacher l’allégeance de ceux qui reçoivent de cette manière de tels dons.

Ces dons posent également la question de la bonne gouvernance. Car, quelle institution de l’Etat prend en compte ces dons dans la comptabilité publique, puisqu’ils sont remis en espèces et de main à main ?

60 - Le 28 août 2003, à Lomé, Carlos Kétohou et Gilles Bocco, journalistes à l’hebdomadaire Motion d’information, sont kidnappés dans la circulation et conduits à la gendarmerie. Ils y sont soumis à un interrogatoire sévère pendant plusieurs heures avant d’être libérés.

61 - Le 14 juin 2003, trois journalistes de la presse privée, Kokou Dodji Dzilan , Jean de Dieu Kpakpabia et Filip Evégnon sont interpellés dans un cyber café. Ils sont conduits à la Direction Générale de la Police Nationale où ils sont détenus pendant onze jours avant d’être déférés à la prison civile de Lomé, le 24 juin 2003.
Au moment de leur arrestation, ils étaient en train de scanner une photo de blessés par balles, prise lors des incidents du 2 juin 2003, dans l’enceinte des bureaux de la Préfecture d’Agou, incidents au cours desquels, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants qui réclamaient le transfert à Lomé, des résultats réels de l’élection du 1er juin 2003.
Pendant leur détention à la Direction Générale de la Police Nationale, les journalistes ont subi d’effroyables tortures. Les séquelles corporelles sur les journalistes à la suite des traitements inhumains subis, étaient si graves que le Procureur de la République a requis une expertise médicale qui a confirmé les actes de torture. ( cf photocopie dans les annexes)

Poursuivis pour « tentative de diffusion de fausses nouvelles », ils ont été condamnés à payer 500 000 CFA, environ 800 euros, d’amendes. Ils ont été libérés le 24 juillet 2003, au bout de quarante jours de détention. Plus de six mois après leur libération, les effets saisis par la Police lors de perquisitions, soit à leur domicile, soit à leurs bureaux, ne leur ont pas été retournés. Il s’agit de : deux ordinateurs, de magnétophones, de jumelles, et de documents de travail.

62 - En juillet 2002, Basile Agboh de l’hebdomadaire Akéklé a été interpellé et déféré à la prison civile de Lomé où il a passé plusieurs jours avant d’être libéré.
63 - Le 7 février 2002, à Lomé, après confiscation des équipements de la station, « Radio Victoire » celle-ci est fermée par les autorités sous le prétexte d’absence d’autorisation. A l’époque Radio Victoire à l’instar d’autres stations de radio, fonctionnait avec une autorisation provisoire.

Au cours de la même année, Névamé Klu, du journal « Nouvel Echo » a été arrêté, déféré à la prison civile de Lomé avant d’être libéré au bout de plusieurs jours.
64 - Au cours de l’année 2001, plusieurs journalistes on également été arrêtés et condamnés.
Retour au sommaire

IX. Entraves à l’exercice des activités des partis politiques, intimidations.

Le multipartisme au Togo, est seulement inscrit dans les textes. Dans la réalité, les autorités continuent de se comporter comme si le monopartisme avait toujours cours. Car, seul le RPT, parti au pouvoir, mène ses activités, sans entrave d’aucune sorte. Les partis politiques de l’opposition démocratique, sont systématiquement persécutés, harcelés et empêchés par l’intermédiaire du Ministre de l’Intérieur, des préfets, des forces de l’ordre, des chefs de village et de cantons, etc.., d’exercer librement leurs activités. La signature de l’ACL n’a rien changé à la situation. Au contraire ! Ainsi :

65 - Le 7 octobre 2003, le Rassemblement du Peuple Togolais, (RPT), parti du chef de l’Etat, adresse une lettre circulaire soit-disant à ses militants, en vue de la prise en charge des dépenses pour la tenue du congrès du parti.
En fait cette correspondance est distribuée quasiment à tous les employés et cadres dans les services publics ainsi que dans les entreprises et sociétés d’Etat, accompagné de visites et de communications téléphoniques où il est fait clairement pression sur tous les destinataires les invitant à contribuer s’ils ne veulent pas d’ennuis. Il s’agit là de pressions psychologiques inacceptables, contraires au principe du multipartisme et de la liberté d’adhérer ou non au parti de son choix.
66 - Le samedi 10 mai 2003, vers 20 heures, les forces de l’ordre font irruption au domicile de M. Pamphile Attigla où se tient une réunion hebdomadaire de la sous-section de « Doulassamé-Amoutivé-Biossé-Mobakomé ». Elles embarquent tous les militants de l’UFC participants à la réunion. Elles les enferment, comme des sardines, dans une cellule de la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN). Les militants de l’UFC n’ont été libérés que le lendemain, au petit matin. Voici la liste des 35 militants de l’UFC qui ont subit ce triste sort. :
1- ATTIGLA Pamphile (président de la sous section) ; 2- MIVOVO Vlavonou ; 3- ATIPOUPOU Logosier ; 4- AFANTSAO Kpovi ; 5- KODJO Kokouvi ; 6- DADJI Têvi ; 7- DOKLA Koami ; 8- ADUAYOM Ekoué Amouzou ; 9- GODONOU Akouété Kossi ; 10- ATTIGLAH Yoélé ; 11- D’ALMEIDA Komlan ; 12- ZEKPA Djidoula ; 13- AGBEKPONOU Francisca ; 14- SOSSA Kokou Djidoula ; 15- DADJI Aldo ; 16- GAVO Kouami ; 17- KPOVI Atsou ; 18- DADZI Afangbédji Edoh ; 19- LAWSON Latévi Didier ; 20- VONA Kangni ; 21- DANHIN Adjété ; 22- TCHA-TOURE Ibrahim ; 23- KPONVI Assou ; 24- ENOZAN Michel ; 25- ADJETE Ameyo ; 26- AWUVE Komla Joseph ; 27- AFANTSAO Koffi ; 28- GOMEZ K. Florian ; 29- AGBAVON Kossi Denis ; 30- KERE Debon Daogo ; 31- Mme DADJI Améyo Léocadie ; 32- DOVI Kokou ; 33- AFO ISSA Adanya ; 34- HILLAH Francisca Kokoè ; 35- ADOTEVI Akué Adovi.
67 - Le 26 avril 2003, Gilchrist Olympio, Président national de l’UFC est arrivé à la frontière d’Aflao, venant d’Accra. Il devait prendre part à un important meeting organisé par son parti ce jour-là. Il est retenu pendant environ quatre (4) heures, par la Police des frontières, sur ordre du Ministre de l’Intérieur au prétexte qu’il a voyagé avec un passeport ghanéen.
Ces tracasseries étaient destinées entre autres, à décourager les nombreuses populations venues l’accueillir et prendre part au meeting.
68 - Le mardi 18 mars 2003 à 20 heures, la Police fait irruption au domicile de madame Peace Lawson, Présidente de la fédération UFC du deuxième arrondissement A de la commune de Lomé, situé à Nukafu, alors que se tient la réunion hebdomadaire du bureau fédéral. Elle embarque manu militari 35 personnes dont une femme avec un bébé de huit mois au dos. Détenus à la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN) dans un local très exigu, les militants de l’UFC dont la femme et son bébé, n’ont été libérés que le lendemain à 23 heures. Voici la liste des 31 militants de l’UFC ayant subit ce triste sort.
1- DAGBOVIE Koffi Jean-Baptiste ; 2- NABOUREMA Bemba ; 3- Mme DARTEY Virginie née Lawson ; 4’ GODEVI Vincent ; 5- LAWSON Latékoé ; 6- APETOGBO Gognon ; 7- AGOUZI Kodjo ; 8- BIRAMA Taofic ; 9- NADJOMBE Nasser ; 10- AKOUETE AMEWONOVI Michel ; 11- AKUE Antoine ; 6 Mme TEKO Albertine ; 12- Melle GAITOU Ahoéfa ; 13- Mme da COSTA Brigitte ; 14- BRUCE Aubin ; 15- KUEVI Yaovi ; 16- AFFO Biyaou Tchabi ; 17- TEKO Oscar ; 18- LAWSON Eric ; 18- ETOH Félix ; 19- GBONVI Antoine ; 20- AKODA Kossi ; 21- ADUAYI Kpakpo ; 22- AHIAKOU Justin ; 23- Mme CODJIA Fidèle ; 24- GOLO Mawuéna ; 25- MALLY Gomez Komlanvi ; 26- DEGBEVI Kokouvi ; 27-KASSEGNE Yawo ; 28- DAGBOBVIE Olivia (bébé de 8 mois) ; 29- DAKE Kpati ; 30- ATTILAH Célestin ; 31- GNAMATO Kodjo Pédro

69 - Le samedi 8 mars 2003, le ministre de l’Intérieur interdit une causerie débat, organisée par l’UFC au Foyer Pie 12 de Lomé. La Police positionne d’importants moyens autour du lieu prévu pour abriter la réunion et charge brutalement aussi bien les militants que les passants. Bilan : plusieurs blessés graves ; interpellation de sept militants de l’UFC. 1- Elias Mensah-Tohonou ; 2- Toyi AZIABA ; 3- Amakué AYIVI, 4- Tontonvi PETOS ; 5- Komlan DOUDJROU ; 6- Koffi ASSIGNON, 7- Kpaté.

70 - Le lundi 13 janvier 2003, le Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation interdit un rassemblement de prière programmé par la Coalition des Forces Démocratiques (CFD) dans un stade de la ville de Lomé, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’assassinat de Sylvanus Olympio, premier Président de la République togolaise, démocratiquement élu. Le Ministre de l’Intérieur a prétendu dans sa lettre d’interdiction que le 13 janvier est une fête nationale et que la réunion de prière prévue par l’opposition risquait de provoquer « des troubles à l’ordre public ». Tous les Togolais savent que le 13 janvier n’est pas une fête légale de la République.

71 - Le 31 décembre 2002 à 8 heures du matin, la police fait irruption dans une salle de classe de l’Ecole Primaire Catholique Pie X de Tsévié, chef-lieu de la Préfecture de Zio, dans une réunion de la fédération UFC de la Préfecture à laquelle participaient une quinzaine de personnes. Elle interpelle trois responsables, MM Sylva MENSAH, Etsé DOSON, Komivi AGBOVI. Détenus à la gendarmerie dans une cellule, ils ont été libérés le 3 janvier 2003.

72 - Le 17 novembre 2002, les forces de l’ordre répriment férocement une manifestation organisée par la Coalition des Forces Démocratiques (CFD), union formelle des partis de l’opposition démocratique créée par l’ADDI, le CAR, la CDPA, la CPP, le PSR, l’UDS-Togo et l’UFC. Il y a eu plusieurs blessés graves dont Martin Aduayom, Secrétaire Général adjoint de la CDPA.

73 - Les 19, 20 et 21 juillet 2002, à Tohoun (Moyen Mono) des nervis du RPT soutenus par des agents des forces de l’ordre ont attaqué des militants de l’UFC qui se rendaient aux obsèques de Jules Dagbedji Azondjangni, Président de la fédération UFC du Moyen-Mono. Les violences et brutalités se sont soldés par des blessés graves et d’importants dégâts matériels sur les véhicules ayant servi au transport des militants de l’UFC : pare-brise et vitres cassées par jet de pierre. Les forces de l’ordre ont saisi un millier de tee-shirts et des centaines de foulards.

74 - Le 10 juillet 2002, madame Joséphine Gaba, militante et cadre local de la CPP, a été interpellée sans mandat, au marché central de Kara par deux agents de Police en civil. Conduite d’abord au poste de police, elle a été amenée au camp Landja devant le colonel Ernest Gnassingbé qui l’accuse de diffusion de la déclaration de l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, datée du 27 juin 2002. Elle a été relâchée seulement à 23 heures, après avoir fait l’objet de menaces et intimidations.

75 - Le dimanche 26 août 2001, un meeting de l’UFC, prévu à Atakpamé, préfecture de l’Ogou, est interdit sans aucun motif valable. Des militants de l’UFC qui assurent dans un véhicule, la publicité de la manifestation, sont arrêtés, détenus toute la journée à la gendarmerie et férocement passés à tabac. Le matériel de sonorisation est détruit.

76 - Le dimanche 26 août 2001, le député RPT de l’Assemblée Nationale monocolore, Essogbé Youto, attaque avec la milice locale du RPT, à Kpékplémé, préfeture du Moyen-Mono, une réunion de responsables de l’UFC se déroulant dans un domicile privé et intime aux participants, l’ordre d’y mettre fin. Bilan de l’opération : bris des vitres d’un véhicule appartenant à un membre de la délégation venue de Lomé.

77 - Le samedi 25 août 2001, une délégation de hauts responsables du bureau national de l’UFC qui se rendait à Badou, préfecture de Wawa, pour y rencontrer les responsables locaux du parti, se heurte, à une trentaine de kilomètres de cette localité, à un dispositif des forces de sécurité qui déclarent avoir reçu l’ordre du préfet de lui interdire le passage. La délégation de l’UFC est bloquée pendant plus d’une heure, sous la menace d’une quarantaine de miliciens du RPT, conduits par le chef de canton de Klabè-Efoukpa et l’ancien député RPT Gbakénou. Le danger est jugé si sérieux que la délégation de l’UFC a dû rebrousser chemin, accompagné d’un agent en armes.

78 - Le même samedi 25 août 2001, une délégation de responsables de l’UFC qui se rend à Kougnohou, sous-préfecture d’Akebou, est empêchée d’entrer dans cette localité par un dispositif de gendarmes qui lui déclarent respecter l’ordre du Préfet de Wawa, d’interdire le passage à ladite délégation.

79 - Le vendredi 3 août 2001, le Préfet d’Agou, Akayi GUEDZE cherche à interrompre une réunion d’inspection et de mobilisation des responsables des responsables fédéraux de l’UFC, qui se tient au chef-lieu de la Préfecture, dans le domicile d’un des militants du parti. Il y pénètre, accompagné d’une dizaine d’agents des forces de l’ordre et leur intime l’ordre de disperser la réunion. Face au refus de la délégation du Bureau National de l’UFC, qui dirige la réunion de se soumettre à cette violation de la loi, il bat en retraite.

80 - Le dimanche 22 juillet 2001, un meeting de l’UFC à Morétan, préfecture de l’Est-Mono, est empêché par des miliciens du RPT, parti au pouvoir, conduit par les responsables locaux de ce parti. Ces miliciens ont attaqué la délégation du bureau national de l’UFC qui s’était rendue dans la préfecture pour ce meeting, et cassé la vitre arrière d’un véhicule du convoi de l’UFC, sous le regard indifférent des gendarmes.

81 - Le samedi 14 juillet 2001, à Kamina, préfecture de l’Est-Mono, un meeting de l’UFC est perturbé pendant longtemps sous le regard indifférent des gendarmes. Dans la semaine qui suit ce meeting, des militants de l’UFC,dont la responsable de la section locale des femmes, sont interpellés et gardés à la gendarmerie pendant quatre jours. Ils ne sont libérés que contre paiement d’une somme de trente deux mille francs CFA, soit environ 50 euros.

82 - Le samedi 23 juin 2001, le chef de l’Etat convoque à son domicile, à Pya, son village natal, Marc Palanga, Président de la fédération UFC de la Kozah. Après s’être répandu en propos haineux d’une part contre Sylvanus Olympio, ancien président de la République togolaise qu’il avait affirmé avoir assassiné, et d’autre part contre Gilchrist Olympio, Président national de l’UFC, il reproche à Marc Palanga son appartenance à l’UFC et le confie au général NABEDE afin que celui-ci le « ramène dans le droit chemin ».

83 - Le 5 avril 2001, une délégation de l’UFC composée des vice-présidents de l’UFC, Gnassingbé AMAH, Hamadou Diabacté, du Secrétaire Général, Jean-Pierre FABRE et du Secrétaire Général adjoint, Safiou Assoumaïla, s’est rendue à Tchamba, chef-lieu de la préfecture de Tchamba, dans la région centrale du Togo, pour y rencontrer le bureau fédéral de l’UFC. Les milices du RPT, parti au pouvoir ont envahi la ville. Alors que le véhicule de la délégation a été immobilisée par des barricades et des véhicules des forces de l’ordre complices, les miliciens du RPT, agressaient, rouaient de coups les responsables de l’UFC. Un des miliciens est allé bloquer Jean-Pierre Fabre sur son siège, et l’a arrosé copieusement d’essence, en hurlant : « Donnez-moi les allumettes ». N’eût été l’habileté du conducteur du véhicule de l’UFC qui a réussi à démarrer en trombe, réussissant à soustraire le véhicule à la horde menaçante, la délégation de l’UFC, y compris Jean-Pierre Fabre, et la voiture auraient été incendiés. Un drame aurait eu lieu. La délégation est rentrée traumatisée à Lomé, après avoir annulé le reste de la tournée.

84 - Ce lundi 2 avril 2001, à Kara,uneréunion,bien que se déroulant au domicile du Président fédéral de l’UFC, est à plusieurs reprises, perturbée par les forces de l’ordre et des responsableslocaux du RPT, parti au pouvoir. Elle finit par être interrompue par une dizaine de gendarmes qui rentrent dans le domicile pour disperser l’assistance et saisir la cassette vidéo de la réunion. Celle-ci n’a jamais été restituée jusqu’à ce jour, malgré les multiples démarches de l’UFC. Il faut rappeler également qu’avant le début de la réunion et comme pour intimider les participants, une Jeep des Forces Armées Togolaises (FAT) montée d’une mitrailleuse lourde et à bord duquel se trouvaient cinq militaires para commando, béret rouge, a pris position face au domicile, à trois mètres du portail, canon pointé sur celui-ci.

85 - Le même lundi 2 avril 2001, la délégation de l’UFC sur le chemin du retour, est interceptée à l’issue d’un très dangereux slalom, à la sortie de Kara à Awandjelo par le lieutenant colonel Ernest Essohana Gnassingbé, fils du chef de l’Etat. Celui-ci déclare tenir à informer la délégation, que dans les onze préfectures de son ressort de commandant de garnison, les réunions politiques de quelque nature que ce soit, publiques ou privées, sont soumises à autorisation préalable des préfets. Notons qu’il s’agit là d’une position en totale contradiction avec la Loi n°91/04 portant Charte des partis politiques.

Retour au sommaire

X. Intimidations de militants des partis de l’opposition, des populations et harcèlements des responsables politiques

86 - Le 13 janvier 2004, à Lomé, des éléments lourdement armés des FAT, une vingtaine environ, investissent la zone du quartier Lomnava où est situé le siège de l’UFC. Ils font irruption dans les domiciles de militants de l’UFC, qu’ils passent au peigne fin et interrogent les résidents en les intimidant. Après une heure environ, ils se retirent sans préciser l’objet de leur irruption. Ils ont ainsi visité le 61 Rue Koudadzé appartenant à la famille Edjrévo, le 60 Rue Koudadzé, appartenant à la famille Ziggar, le 62 Rue Koudadzé appartenant à la famille Dérégoh. Notons que le 59 Rue Kouadazé est le siège de l’UFC.
Dans la Rue Agbagla, les forces de l’ordre ont également fait irruption au n° 69, maison Méwonévo, au n° 50, maison Amégee et dans la maison Amémaka.

87 - Les 10, 11, et 12 janvier 2004, à Lomé les forces de l’ordre se répandent dans la ville, notamment dans les quartiers de Kodjoviakopé, Bè-Kpota, Adawlato, interpellant et arrêtant des passants sous prétexte de contrôle d’identité et de lutte anti-drogue. En fait, il s’agit de créer une psychose de peur au sein des populations à la veille d’une célébration, celle du 13 janvier, que celles-ci abhorrent. Le 13 janvier est l’anniversaire de l’assassinat du président Sylvanus Olympio.

88 - Le lundi 02 juin 2003, le lendemain de la présidentielle du 1er juin 2003, Akouété ANKOU, directeur du Collège d’Enseignement Général (CEG) d’Amou Oblo, préfecture d’Amou, convoque à son bureau, deux de ses enseignants, MM. Yao TAMAKLOE et Komlan ATSU, deux militants de l’UFC, pour leur signifier leur licenciement immédiat et sans préavis, sur instruction selon lui, du ministre de l’environnement Rudolphe OSSEYI. Il prie ces enseignants de bien vouloir quitter immédiatement l’établissement pour lui éviter des ennuis.

89 - En février 2003, Aimé Tchabouré Gogué, professeur à l’Université de Lomé, ancien Ministre, Vice-Président de l’ADDI, parti de l’opposition démocratique, est licencié de son emploi d’enseignant à la faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Lomé.

90 - Le 4 juillet 2002, Ninsao Georges Lantame, professeur de droit à l’Université de Lomé, coordinateur de l’Association « SOLIDA », proche de l’ancien Premier Ministre Agbéyomé Kodjo et de l’ancien Président de l’Assemblée Nationale, Maurice Dahuku Péré, est licencié de son emploi d’enseignant à la faculté de droit de l’Université de Lomé, pour activité incompatible avec sa fonction.

91 - Le 19 juillet 2003, le Ministre de l’Intérieur, le chef d’escadron Akila-Esso BOKO, convoque à son bureau MM Hamadou Diabacté et Jean-Pierre FABRE, respectivement quatrième vice-président et Secrétaire Général de l’UFC, pour les mettre en garde contre « les actes que prépare l’UFC sur toute l’étendue du territoire national et qui sont de nature à troubler l’ordre public ». Il les informe que le chef de l’Etat vient de lui dire que l’opposition se prépare à empêcher la cérémonie de sa prestation de serment du lendemain. Devant eux, il demande par téléphone à MM léopold Gnininvi, Secrétaire Général de la CDPA, Akitani Bob, Premier Vice-Président de l’UFC, vainqueur de la présidentielle de juin 2003, Dahuku Péré, candidat à la Présidentielle, présenté par le PSR, de se présenter dans le bureau du Premier Ministre à 15 heures. MM Fabre et Diabacté sont arrivés au Ministère de l’Intérieur à 9 heures ; ils n’en sont ressortis qu’à 14 heures trente.

92 - A 15 heures, le Premier Ministre, Koffi Sama reçoit MM Jean-Pierre Fabre, Emmanuel Bob Akitani et André Kuévi, (UFC), Léopold Gnininvi, Lucas Afantaso et Raymond Téttékpoé (CDPA), Dahuku Péré, Sey Ninsao Lantame (Rénovateurs). Le Premier Ministre était entouré du Général Assani Tidjani, Ministre de la défense, du général Akawilou Walla, ancien Ministre de l’Intérieur, du chef d’escadron Akila Esso BOKO, Ministre de l’Intérieur, de l’Ambassadeur du Togo aux USA, Pascal BODJONA..

Le Premier Ministre déclare qu’un individu qui dit se nommer Télou, accuse Jean-Pierre FABRE, Emmanuel Bob Akitani, Léopold Gnininvi et Dahuku Péré d’avoir organisé, le samedi 14 juin 2003, une réunion au cours de laquelle ils ont donné des instructions à des jeunes dont lui, de semer des troubles dans la ville de Lomé, le jour de la prestation de serment du chef de l’Etat.
Le dénommé Télou, appelé sur les lieux, ne reconnaît ni Fabre, ni Akitani, ni Péré. Il prétend reconnaître Léopold Gnininvi comme ayant participé à la fameuse réunion, mais malheureusement pour lui, au moment où était censé avoir lieu cette réunion, le samedi 14 juin 2003, Léopold Gnininvi était entre les mains de la Police. Le montage du Chef de l’Etat tourne au fiasco.

Face au ridicule de la situation, le Premier Ministre et le Ministre de la défense n’ont eu d’autre solution que de laisser partir les responsables de l’opposition, non sans les menacer de représailles, les mettant en garde contre toute tentative de perturbation de la cérémonie de prestation de serment du Chef de l’Etat. Cet acte est une parfaite illustration du harcèlement dont les responsables de l’opposition sont quotidiennement l’objet de la part du régime.

Le Secrétaire Général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre, est l’objet d’une attention particulière de la part des autorités togolaises qui le harcèlent en permanence.

Depuis huit mois, il est en liberté provisoire, sous le coup d’une inculpation de la justice togolaise. Il lui est interdit de quitter le territoire. Son passeport et sa carte d’identité lui ont été confisqués.
93 - Du 28 août 2003, au 1er septembre 2003 inclus, soit pendant quatre jours, Jean-Pierre Fabre a été illégalement assigné à résidence, empêché de sortir de chez lui par les forces de l’ordre, sur instruction, selon elles, du Directeur Général de la Police Nationale.

94 - Le 19 juillet 2003, il a été convoqué le matin dans le bureau du Ministre de l’Intérieur, en compagnie du quatrième vice-président de l’UFC, Hamadou Diabacté et l’après-midi à 15 heures dans le bureau du Premier Ministre, ensemble avec d’autres responsables de l’opposition, accusé de préparer des troubles pour empêcher la cérémonie d’investiture du chef de l’Etat.

95 - Le 3 juin 2003, alors qu’il venait de quitter son domicile en compagnie de Patrick Lawson, 3ème Vice-Président de l’UFC, il a été kidnappé par la Police, interrogé toute la journée à la Direction Générale de la Police Nationale, et présenté menotté à 23 h 30, au juge d’instruction qui l’a inculpé « pour trouble à l’ordre public. »

96 - Le 11 mai 2003, Jean-Pierre Fabre a été interpellé par la Police vers 20 h, interrogé jusqu’à deux heures du matin et perquisitionné jusqu’à environ 6 heures du matin. Les forces de l’ordre ont saisi, lors de la perquisition : 3 ordinateurs, deux imprimantes, un onduleur, trois cartons du projet de société de l’UFC intitulé : « Le Manifeste », des douilles de projectiles (9mm, roquette anti-char etc..), ramassées chez lui lors de l’attaque de son domicile par les Forces Armées Togolaises (FAT), le dimanche 16 août 1998, et divers effets personnels. Malgré toutes les démarches effectuées jusqu’à présent, ces affaires ne lui ont pas été restituées. La Police détient toujours les effets saisis.

97 - Le 20 septembre 2002, Jean-Pierre Fabre a été interpellé et enfermé, avec plusieurs individus couchés à même le sol, dans une cage d’environ 12 m2 à la DGPN, pendant plusieurs heures avant d’être libéré.

98 - Au cours de l’année 2002, il a été convoqué à plusieurs reprises par le Ministre de l’Intérieur, dans le bureau du Garde des Sceau, Ministre de la Justice, pour des confrontations avec des individus qui portent contre lui des accusations les plus fantaisistes.

Le 5 avril 2001, il a échappé, avec plusieurs de ses collègues du bureau national de l’UFC, à une tentative d’assassinat par le feu à Tchamba, dans une préfecture de la région centrale du Togo, comme mentionné plus haut au n°84.

Quand on ajoute les campagnes de dénigrement sur les média publics, on peut dire que Jean-Pierre Fabre est l’objet d’une persécution permanente, de la part des autorités togolaises. Lorsqu’il a informé le Ministre de l’intérieur, le 19 juin 2003, que des agents des forces de l’ordre suivent continuellement son véhicule, celui-ci a répondu. « Je ne fais que mon travail, c’est ce que j’ai appris. Si vous avez remarqué que l’on vous suit, c’est que les agents font mal leur travail, Je vais leur demander de se faire plus discrets. »

Le cas de Patrick Lawson, 3ème Vice-Président de l’UFC, ne peut être dissocié de celui du Secrétaire Général, Jean-Pierre Fabre. Comme celui-ci, il est en liberté provisoire, sous le coup d’une inculpation pour « trouble à l’ordre public ».

99 - Le 7 mai 2003, il a été interpellé, conduit à la Direction Générale de la Police Nationale, interrogé plusieurs heures avant d’être libéré.
Le 3 juin 2003, il a été kidnappé tôt le matin à la sortie du domicile de Jean-Pierre Fabre, conduit à la DGPN, interrogé toute la journée avant d’être présenté, menotté, à 23 heures trente, au juge d’instruction.
Comme pour le Secrétaire Général de l’UFC, il lui est interdit de quitter le territoire. De même que celui-ci, il est sous une étroite surveillance des forces de sécurité.
M. Gilchrist Olympio, le Président national de l’UFC est, en raison de son immense popularité, le souffre-douleur du régime togolais.
100 - En 2003 et en 1993, soit à deux reprises, le régime l’a empêché de se porter candidat à la présidentielle. En 1998, alors qu’il est en train de remporter l’élection présidentielle, le régime arrête le décompte des voix, et, opérant un hold-up électoral, proclame la victoire du chef de l’Etat.

101 - Actuellement, les autorités détiennent son passeport qu’elles lui ont confisqué lors de son arrivée au Togo le 26 avril 2003 au poste frontière d’Aflao, après l’y avoir bloqué pendant trois heures trente minutes. Les autorités refusent également de lui remettre la carte d’identité pour laquelle il a pourtant effectué toutes les formalités requises.

102 - Les média publics déversent quotidiennement des injures sur lui. Depuis le 11 septembre 2002, ces média lui ont trouvé un nouveau nom : « Oussama Ben Laden du Togo ».

Pour être complet, rappelons que le 5 mai 1992, il a été l’objet d’un attentat au cours duquel plusieurs militants de l’UFC ont perdu la vie, dont le médecin, Marc Atidépé. Grièvement blessé, il a été évacué sur l’hôpital militaire français du Val de Grâce. Une enquête conduite par la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) a conclu à la responsabilité directe des FAT sous la conduite de Ernest Gnassingbé, fils du Chef de l’Etat.

103 - Le samedi 14 juin 2003, Léopold Messan Gnininvi, Secrétaire Général de la CDPA est convoqué à la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN). Il lui est reproché d’avoir déclaré sur les antennes d’une radio périphérique sans existence légale -selon la Police- que le chef de l’Etat n’a pas remporté l’élection présidentielle du 1er juin 2003 et que le vainqueur réel de cette élection n’est autre que le candidat de l’UFC, Emmanuel Bob Akitani.

104 - Le 6 juillet 2001, à Niamtougou, Préfeture de Doufelgou, environ 470 KM au nord de Lomé, Madame Jacqueline Awata, membre du bureau de la fédération UFC de Doufelgou, a été interpellée par la Police et a passé la nuit au commissariat. Elle a été libérée le lendemain, sans aucune explication. Sa garde à vue est arbitraire et procède d’une volonté de l’intimider pour la contraindre à renoncer à son engagement politique au sein de l’UFC.

105 - Le 16 mars 2000, le chef El hadj Soulé Alou Tchaa Kouya, chef de canton de Lama-Kpédah, préfecture de la Kozah, considérée par le chef de l’Etat comme son fief, est convoqué par le chef de l’Etat, Gnassignbé Eyadéma, à son domicile de Pya, son village natal. Le Chef de l’Etat, est entouré de dignitaires du régime notamment le général Akawilou Sizing Walla, ministre de l’Intérieur à l’époque, ainsi que d’autres chefs de villages et de cantons, tous de l’ethnie kabyè comme le chef de l’Etat. Il demande au chef Soulé d’apposer sa signature au bas d’un document attestant de la possession de terres à Kara-sud par le canton de Pya, son canton natal.

Le chef Soulé refuse, arguant qu’il est l’élu d’une communauté et qu’il ne peut prendre tout seul, la décision que lui demande le chef de l’Etat.

Furieux, le chef de l’Etat ordonne à des agents des forces de sécurité de garder toute la journée debout, sous le soleil, le chef Soulé qui ne rentre chez lui que le soir.
Quelques temps après, le chef Soulé est destitué de sa fonction de chef.

106 - Le mardi 29 avril 2003, M. Gilchrist OLYMPIO est venu à Lomé pour se soumettre aux formalités exigées des candidats à la présidentielle, notamment la visite médicale et l’authentification de sa signature par la Cour Constitutionnelle. Il a été accueilli comme d’habitude par des milliers de togolais qui lui ont témoigné leur sympathie. Plusieurs taxi motos s’étaient placés spontanément en tête du convoi de véhicules pour lui servir d’escortes. Les forces de l’ordre ont chargé les conducteurs de taxi-moto et saisi plusieurs motos. Certaines de ces motos sont gardées au Commissariat Central de la ville de Lomé, d’autres à la Gendarmerie. Toutes les démarches effectuées pour récupérer ces motos sont vaines. Il s’agit des motos : RT 7145 M, RT 6667 E, RT 8129 L, RT 8492 J, RT 5745 P, RT 5612 L, RT 2984.

107 - Le 10 avril 2000, à Lomé, Kaloukouey Hamadou Diabacté, Vice- président de l’UFC, reçoit un arrêté du Ministre de l’Education nationale révoquant sa nomination en tant que directeur d’un Etablissement public d’enseignent général, connu sous l’appellation CEG. L’arrêté n’indique aucun motif justifiant la révocation. Il s’agit d’un acte arbitraire sur ce fonctionnaire originaire du nord qui milite dans un parti de l’Opposition et qui plus est l’UFC.

108 - Le 31 Janvier 2000, à Lomé, Kaffey Kassou Kakou, Vice-Président de l’UFC reçoit un arrêté du Ministre de l’Education nationale révoquant sa nomination en tant que proviseur de Lycée. L’arrêté n’indique aucun motif justifiant la révocation. Il s’agit d’un acte arbitraire sur ce fonctionnaire d’ethnie kabyè, ethnie du chef de l’Etat, qui milite dans un parti de l’Opposition et qui plus est l’UFC.
Retour au sommaire

XI. Horreur dans les prisons au Togo

110 - Les prisons togolaises ne constituent pas seulement des lieux de privation de liberté. Tout porte à croire qu’elles sont organisées pour participer à la torture et la destruction de la personnalité du détenu, qu’il soit politique ou de droit commun.

La prison de Lomé est surpeuplée depuis des décennies. Les détenus s’y entassent les uns sur les autres. Dans un local d’environ 25 mètres carrés s’empilent en moyenne 80 détenus. Collés les uns aux autres comme des sardines, couchés sur le flanc, ils ne peuvent bouger pendant le sommeil, s’ils réussissent à dormir. L’éclairage et l’aération des cellules sont exécrables.

Les autorités togolaises ne se contentent pas d’arrêter arbitrairement des citoyens, de les garder des mois voire des années dans les camps de gendarmerie, au siège de la Brigade antigang ou à la Direction Générale de la Police Nationale. (DGPN) et de les torturer, avant de les envoyer en prison. Lorsqu’ils arrivent en prison, le calvaire de certains n’est pas terminé. On leur inflige les traitements les plus inhumains pour leur faire passer l’envie de se mêler de politique.

Ainsi plusieurs jeunes de l’UFC ont été descendus dans de grandes fosses septiques qui récupèrent les excréments des prisonniers. On les oblige à vidanger la fosse à l’aide d’un seau. Souvent, la personne descendue dans la fosse est immergée jusqu’à la taille ou même jusqu’au cou dans les excréments où pataugent les vers de toutes natures. Comme les fosses sont profondes, ils doivent remonter à l’aide d’une échelle pour aller vider le seau sur un terrain situé dans l’enceinte de la prison.

Ces excréments servent, sans aucun traitement, d’engrais pour fertiliser le jardin potager où l’administration de la prison cultive des légumes avec lesquels sont préparés les repas des prisonniers. C’est une des raisons pour lesquelles les prisons du pays sont des lieux où l’on contracte toutes sortes de maladie. Ce traitement a été infligé à plusieurs jeunes de l’UFC, notamment Toto Guézéré à la prison d’Atakpamé ainsi qu’à Kossi Ayédéwou et Ayi Hillah à la prison civile de Lomé en guise de souhait de bienvenue.

Kossi Ayédéwou vient d’être libéré. Son corps est entièrement couvert de gale.

Mawussi Dénagnon est un jeune élève qui a été interpellé le 17 juin 2003 à Atakpamé, préfecture de l’Ogou. Jugé le 3 décembre 2003, après plus de 5 mois de détention, à la prison d’Atakpamé, il a été libéré, prétendument au bénéfice du « pardon judiciaire ». Pendant son incarcération, il a subi les pires brimades et tortures physiques, infligées quotidiennement par des détenus comme lui avec la complicité des gardiens. Il a le corps couvert de boutons qui le démangent affreusement . Il s’agit ici aussi de gale.

Le manque d’hygiène est patent dans les prisons togolaises. Dans la majorité d’entre elles, notamment à la prison civile de Lomé, pour se laver, pour aller aux toilettes, même disposer d’une place pas trop mauvaise pour se coucher, le prisonnier ou le détenu doit débourser de l’argent.
Retour au sommaire

XII. Usage de l’armée à des fins de politique partisane

Le régime togolais est une dictature militaire à façade civile. L’armée est omniprésente dans la vie du pays. C’est l’instrument par lequel le régime se maintient au pouvoir. Les forces armées et de sécurité sont mises à contribution par le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité et les préfets pour empêcher le libre exercice des activités des partis politiques pourtant garanti par la Constitution, ainsi que pour intimider, harceler les militants de l’opposition. Quand elles n’agissent pas elles-mêmes, les forces armées et de sécurité couvrent les agressions organisées par les milices du RPT contre les partis de l’opposition, aussi bien en période normale que pendant les campagnes électorales.
Les forces de sécurité n’hésitent pas elles-mêmes à participer à la fraude électorale en détruisant les urnes dans les localités considérées comme favorables à l’opposition ( cas de : Lomé, Centre Notre Dame des Apôtres, juin 1998) ou en abattant les jeunes gens ayant découvert des urnes bourrées par le RPT, parti au pouvoir (cas de Egbla Kossi, à Djagblé, en 2003).
L’actuel commandant militaire de la région des Plateaux, le commandant ATI, a dirigé lui-même en 1998, l’enlèvement d’urnes du centre NDA de Lomé et leur destruction. C’est peut-être cet « acte de bravoure » qui lui a valu cette promotion !
111 - Le 29 novembre 2003, à Lomé, à l’occasion de la clôture du congrès du RPT, parti au pouvoir, de nombreux officiers et soldats en tenue, étaient rangés de manière ostentatoire dans la salle. Or le statut de l’armée et des forces de sécurité impose la neutralité en matière politique. Tous les personnels de ces corps sont tenus de rester à l’écart de tout parti politique. Dans la réalité, cette présence remarquée, est destinée à effrayer citoyens et populations en leur faisant savoir que les militaires ne sont qu’avec le RPT.
Comme mentionné dans la rubrique 3 « assassinats, agressions et voies de fait », le 3 juin 2003, au lendemain de la présidentielle du 1er juin 2003, le lieutenant-colonel Ernest Gnassingbé, fils du chef de l’Etat, déploie des moyens militaires impressionnants et disproportionnés : camions de transports de troupes, jeeps montées de mitrailleuses etc..., pour envahir le quartier de Bè, réputé fief de l’opposition et empêcher un soulèvement populaire contre la proclamation de la victoire frauduleuse de son père.

Des éléments des Forces Armées Togolaises (FAT) prennent les domiciles d’assaut, balançant des grenades lacrymogènes, tapant sur tout ce qui bouge, fracassant des crânes etc...Il y a eu plusieurs blessés graves.

Comme mentionné dans la rubrique 7 « Confiscation des média d’Etat etc.. », le 23 août 2002, le chef d’Etat-major de Général des Forces Armées Togolaises (FAT), le général Zachari Nandja, fustige avec force, les partis politiques « qui affichent une attitude anti-patriotique et ternissent l’image du Togo... » dans un discours prononcée lors d’une réunion de l’Etat-major,.(cf quotidien national Togo-Presse, n°6347, du lundi 26 août 2002) sous prétexte de répondre à une soit-disant association de femmes du parti au pouvoir, venue le « supplier » en ces termes : « Vaillantes forces de l’ordre et de sécurité, de grâce, protégez-nous contre les forces du mal que sont l’UFC et ses acolytes.... ».
En fait la démarche de cette association de femmes sans aucune existence légale, n’a été qu’un subterfuge pour permettre une fois de plus à la haute hiérarchie des FAT d’intimider les partis politiques de l’opposition démocratique en s’immisçant dans le débat politique.

Pour bien marquer l’emprise de l’armée sur le pays, le régime persiste dans la nomination d’officiers supérieurs des Forces Armées et de Sécurité à des fonctions civiles à la tête des administrations civiles (ministères, préfectures et autres), des Régies financières (Impôts et Douanes), des plus importantes sociétés d’Etat, comme l’IFG (ancien OTP, exploitant les phosphates), et le Port Autonome de Lomé (PAL), en totale contradiction avec l’esprit et la lettre de la Constitution.
- Directeur général des Impôts : Lieutenant-colonel Emmanuel de Souza,
- Directeur Général des Douanes : Commandant Bakari
- Directeur de l’IFG (phosphate) : Chef d’escadron Panassa
- Directeur Général du Port Autonome de Lomé : Lieutenant-colonel Awa Béléyi,

Ceci pose le problème de la bonne gouvernance, parce que ces officiers relèvent directement du chef de l’Etat, militaire comme eux, auquel ils doivent en principe respect et obéissance absolue et auquel ils doivent rendre compte d’abord.
Retour au sommaire

XIII. Encore de très nombreux départs en exil

112 - Des dizaines de togolaises et de togolais, civils comme militaires, ont encore été contraints de prendre le chemin de l’exil ces derniers temps, particulièrement, peu avant le premier juin 2003, date du dernier scrutin présidentiel, ainsi que les jours et semaines qui ont suivi.

Ils se retrouvent en très grande difficulté dans les pays voisins, les responsables du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) affirmant ne pas disposer de ressources pour leur venir en aide.


Retour au sommaire

XIV. En guise de requête urgente : il est temps pour la Communauté Internationale d’agir plus rigoureusement

Ce document constitue un cri d’alarme. Ce qui se passe au Togo est monstrueux. Le lecteur a pu se rendre compte du calvaire que vivent les populations togolaises, depuis une quarantaine d’années. Le lecteur a également pu se rendre compte, en filigrane, du courage et de la détermination des mêmes populations ainsi que du travail opiniâtre des partis de l’opposition démocratique.
L’élection présidentielle du 1er juin 2003 a eu au moins un mérite. Celui d’apporter la preuve, à la lumière de l’attitude des autorités pendant tout le processus électoral, que le régime togolais n’a qu’une obsession : se maintenir au pouvoir. Pour y parvenir, il utilise deux armes : la violence et le mensonge. Tous ses discours sont destinés à tromper la communauté internationale.
L’opposition démocratique a fait le choix de la lutte pacifique pour mettre fin à la tyrannie. Elle n’a jamais ménagé sa peine pour faire triompher cette option. Inlassablement, elle a signé des Accords, participé à des élections qu’elle a remportées, à chaque fois. Mais le changement tant attendu n’intervient pas.
Depuis longtemps, l’opposition togolaise s’efforce de préserver le Togo de la violence qui détruit plusieurs pays de la sous-région ouest africaine : Liberia, Sierra Leone, Côte d’Ivoire etc... La patience et la sagesse dont l’opposition fait preuve sont interprétées par le régime togolais comme un signe de faiblesse.
Le choix obstiné de la lutte pacifique n’est pas pris en compte à sa juste valeur par la communauté internationale non plus. Le langage diplomatique de celle-ci, ne désigne pas clairement le chef de l’Etat togolais, Gnassingbé Eyadéma, comme un dangereux fauteur de guerre. Tout se passe pour le Togo comme si la communauté internationale attend que l’irrémédiable se produise avant d’intervenir plus sérieusement. Tous les signes avant-coureurs d’une explosion sont palpables, visibles au Togo. L’exaspération des populations est à son comble. Et l’on nous parle de stabilité !

L’argument de la stabilité est pauvre. Il est cynique et manifeste un mépris profond pour les populations qui subissent la dictature prétendue « stable ». Il n’est invoqué par ses tenants que parce que ceux-ci n’ont pas d’autres arguments pour justifier leur soutien à une dictature. Car, il est évident que la « stabilité » d’une dictature est factice et précaire. Et qu’il n’y a de stabilité réelle que celle fondée sur la légitimité démocratique. L’exemple de la Côte d’Ivoire devrait édifier les donneurs de leçon de la stabilité dictatoriale. Quel régime était plus « stable » que celui de la Côte d’Ivoire ? N’a-t-il pas suffit que le Président Houphouët Boigny disparaisse pour que la résurgence des problèmes que son régime autoritaire lui permettait d’éluder, entraîne la Côte d’Ivoire dans l’instabilité, les coups d’Etat et, pour finir, la guerre civile ?
Nous ne voulons pas pour le Togo, d’une « stabilité » qui mène à la guerre civile !

Avant de terminer, nous ne pouvons pas ne pas rendre hommage à l’Union Européenne, à sa Commission et à un certain nombre de pays dont les USA, le Canada, etc. pour leur implication dans la recherche d’une solution juste et durable à la crise togolaise.
L’UFC exhorte toute la communauté internationale à prendre la juste mesure de la situation au Togo et à s’associer plus énergiquement aux efforts des forces démocratiques togolaises visant à mettre fin à la tyrannie et à la misère des populations togolaises.

Pour le Bureau National,
Le Premier Vice-Président,

Emmanuel Bob Akitani
Retour au sommaire

XV. Annexes

Ci- après :

- 1- Photo de Kossi Egbla, militant de l’UFC, abattu par les forces de sécurité, le 1er juin 2003, jour du scrutin présidentiel, alors qu’il venait de découvrir au domicile du chef de village de Djagblé, préfecture de Zio, des urnes bourrées de bulletins pré-votés en faveur du candidat du RPT, Gnassingbé Eyadéma, et qu’il s’apprêtait à aller signaler cette situation aux observateurs de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

- 2- Photo de Koffi Agobia, militant de l’UFC, arrêté le 1er Juin 2003, par des militaires alors qu’il s’opposait au bourrage des urnes au village de Mission-Tové, préfecture de Zio. Conduit au camp de la FIR (Force d’Intervention Rapide), il a été sauvagement torturé.

- 3- Photocopie de la première page du quotidien gouvernemental Togo-Presse n°6334, du 6 août 2002, désinformant l’opinion sur la qualité du sieur Philippe Bardiaux, présenté comme Médiateur de la République française.

- 4- Photocopie de la page 6 du quotidien gouvernemental Togo-Presse du 7 avril 2003 présentant des individus qui dénigrent et injurient l’Archevêque de Lomé, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro.

- 5- Photocopie du certificat médical délivré par l’expert commis par le Procureur de la République pour attester de la torture infligée au journaliste Dodzi Kokou Dzilan à la Direction Générale de la Police Nationale.

- 6- Photocopie de l’arrêté n° 0287 du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation (MISD), portant fixation des barrages de fouille de sécurité.

- 7- Photos des violences et brutalités commises par les forces de sécurité togolaises contre des militants de l’Opposition lors des manifestations.

Retour au sommaire

<< Togo : Etat de violence, d’arbitraire et de mensonge 1ère partie

 

© Copyright UFC

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
lundi
25 septembre 2017
Lomé 23°C (à 04h)