Dictature héréditaire

Togo 5 février 2005 : Coup d’état militaire, Faure Gnassingbé prend le pouvoir

par UFCTOGO.COM , le 5 février 2009, publié sur ufctogo.com

Le 5 février, des officiers supérieurs des FAT, entrés depuis dans l’histoire sous le nom de « Groupe du 5 février », avaient imposé par la force des armes, Faure Essozimna Gnassingbe au pouvoir, le jour même de l’annonce du décès de son père, Etienne GNASSINGBE Eyadéma. A la suite de ce dernier qui a régné de façon dictatoriale sur le Togo pendant 38 ans, une succession monarchique s’organisait à la tête de l’Etat, à l’instar du tristement célèbre régime des Duvalier père et fils qui ont sévi à Haïti pendant plusieurs dizaines d’années en soumettant le peuple à la terreur de leur régime fondé sur leur milice assassine, les tristement célèbre « tontons macoutes ».

 

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Gnassingbé II, imposé par la force des armes le 5 février 2005.

Togo 5 février 2005 : Coup d’état militaire, Faure Gnassingbé prend le pouvoir

Les Forces armées togolaises ont décidé, suite au décès du président togolais Gnassingbé Eyadéma, de "confier" le pouvoir à Faure Eyadéma, un des fils du chef de l’Etat défunt, a annoncé samedi soir à Lomé l’armée dans un communiqué, lu à la télévision par le chef d’état-major.

"Les FAT (Forces armées togolaises) se trouvent devant l’évidence que la vacance du pouvoir est totale", indique ce communiqué, lu à la télévision nationale par le chef d’état-major des armées, le général Zakari Nandja.

"Le président de l’Assemblée étant absent du territoire national, et pour ne pas laisser perdurer cette situation, les FAT ont décidé de confier le pouvoir à Faure Eyadéma à partir de ce jour", a déclaré l’officier supérieur.

Selon l’article 65 de la Constitution togolaise, "en cas de vacance de la présidence de la république par décès (...), la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l’Assemblée nationale".

Sambaré Natchaba Ouattara, un membre du parti présidentiel, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), est président de l’Assemblée nationale.

Le général Eyadéma avait dirigé le Togo pendant 38 ans, après avoir pris le pouvoir le 13 janvier 1967 par un coup de force. Il est décédé samedi matin lors d’une évacuation sanitaire en avion vers l’étranger.

Faure Eyadéma exerçait les fonctions de ministre de l’Equipement, des Mines et des postes et télécommunications, au sein du gouvernement togolais.

Né en 1966, Faure Eyadéma exerçait jusqu’à présent les fonctions de ministre de l’Equipement, des Mines et des postes et télécommunications. Il était également député du parti présidentiel à l’Assemblée.

"Le rôle des FAT est de préserver la paix et l’unité nationale dans l’esprit de celui qui nous a tous formé, et que nous pleurons aujourd’hui", a ajouté le communiqué.

Immédiatement après la lecture du texte, la télévision nationale a montré le chef d’état-major des armées saluant Faure Eyadéma, et lui disant : "Nous déclarons vous servir loyalement à partir de cet instant".

Après l’annonce de l’armée, les programmes de la télévision sont restés interrompus. Une croix chrétienne était incrustée à l’écran, tandis que des chants religieux passaient en boucle.

AFP 5 février 2005


"Stratégie de la terreur au Togo" (II) Un règne aussi court que sanglant

Rapport préliminaire d’investigation de la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH) et soutenu par la FIDH sur les violations des droits de l’Homme au Togo depuis le coup d’État du 5 février 2005,

Répression et impunité au Togo

Depuis le 5 février 2005, date du coup d’État visant à placer au pouvoir Faure Gnassingbé et maintenir le régime en place, le peuple togolais vit dans une situation d’oppression. La Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH) était présente au cours de tous les événements, recueillant les blessés et dénombrant les victimes chaque jour plus
nombreuses de la répression militaire. Relayées par la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’ensemble de la Coalition des ONG pour le Togo, ces informations ont permis de prendre la mesure réelle de la nature du nouveau régime.

A l’image du son père, le défunt dictateur Général Eyadema, Faure Gnassingbé a au cours de son bref règne opposé aux aspirations de liberté et de démocratie du peuple togolais, la répression et la violation des droits fondamentaux du peuple togolais.

Ainsi, le 27 février 2005, les femmes de Lomé ont défilé par milliers pour dénoncer le coup d’État monarchique du clan GNASSINGBE. A l’encontre du droit de manifestation garantis par les instruments internationaux des droits de l’Homme, les forces de sécurité ont usé à leur encontre d’une force disproportionnée et de violences inacceptables.

Les 27, 28 février, 1er, 2 et 3 mars 2005, des militaires ont pénétré dans des maisons du quartier Bè de Lomé et s’y sont adonnés à des violences s’apparentant à des traitements inhumains, cruels et dégradants : assassinats, viols, actes de torture et arrestations arbitraires ont été recensés tout au long du mois de février 2005. Les corps de trois
personnes ont été repêchés dans la lagune du quartier Bè et un autre décès a été recensé dans le même quartier.

Dans le même temps, les autorités se sont efforcées de limiter la liberté de la presse en fermant des stations de radios sous des prétextes fallacieux, en confisquant leurs matériels, en menaçant et en intimidant les journalistes.

Les forces de l’ordre s’en sont également pris à des ressortissants des pays membres de la CEDEAO dont les Chefs d’État avaient ouvertement dénoncé le coup d’État, usant d’intimidations et de violences. Les morts, les blessés par balles et les disparus dont la liste s’allonge dangereusement illustrent la férocité de la répression d’une armée qui
considère la population comme l’ennemi.

En recoupant les faits collectés par diverses sources avec les témoignages des victimes et des rescapés, la LTDH est en mesure d’établir formellement qu’il s’agit d’opérations militaires à caractère politique, préméditées, minutieusement préparées et exécutées avec l’intention délibérée de tuer et de blesser.

C’est pourquoi la LTDH considère que les responsables en place aux moments des faits, se sont rendus coupables de graves violations des droits de l’Homme en privant de nombreux togolais des droits garantis par les instruments internationaux de défense des droits de l’Homme dont le Togo est partie : droit à la vie et à l’intégrité physique et
morale, droit de manifestation et d’opinion, droit d’informer librement et de critiquer le gouvernement, etc.

La Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), lance un cri d’alarme à l’opinion mondiale et à la communauté internationale et les appelle à mettre l’actuel gouvernement togolais devant ses responsabilités en matière de respects des droits de l’Homme et d’état de droit au risque de voir le Togo se retrouver au ban de la communauté internationale.

Attachée à la lutte contre l’impunité, la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), demande, instamment et de toute urgence, la mise sur pied d’une commission d’enquête internationale indépendante sur les crimes qui se perpétuent au Togo depuis le coup d’État du 5 février 2005. Composée de personnalités et d’organisations
internationales de défense des droits de l’Homme connues pour leur indépendance, elle aura à procéder aux investigations approfondies et à établir un rapport rigoureux sur la réalité et la gravité des actes criminels dont les autorités togolaises actuellement en place se sont rendues coupables.

Dans l’espoir que ces événements ne resteront pas impunis et que les victimes obtiennent réparation, la LTDH a pris l’initiative de collecter et d’établir rigoureusement les faits et d’élaborer le présent Mémorandum afin de porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale les graves violations des droits de l’Homme qui se multiplient au Togo depuis la disparition de feu le président Eyadéma Gnassingbé.

Par ce document, la LTDH souhaite que chacun comprenne l’urgence qu’il y a de se mobiliser pour exiger le respect des droits de l’Homme au Togo, et afin que ne se répètent pas les 38 années de dictature et d’oppression qui sont pour le peuple Togolais synonyme de peur, de tortures, de meurtres et de violences.

FIDH


Déclaration du Parti des travailleurs sur les massacres de citoyens togolais, il y a un an

(Parti des travailleurs, Lomé, Togo, 12 février 2006)

12 février 2005 - 12 février 2006

- Il y a un an : le régime putschiste de Faure Essozimna Gnassingbe commençait les massacres de masse à Lomé
- Un an après : il est temps de mettre fin à l’impunité de ces crimes !

Il y a un an, le samedi 12 février 2005, des éléments des Forces armées togolaises (FAT), de la Gendarmerie, de la Police et des milices du parti gouvernemental RPT, lâchés dans les rues de Lomé par les putschistes du clan Gnassingbe, massacraient des civils innocents aux mains nues. Ces derniers voulaient, pour la plupart d’entre eux, participer au meeting appelé au Terrain de Bèniglato par la coalition de six partis de l’opposition démocratique (ADDI, CAR, CDPA, UFC, UDS-Togo, PSR) qui venait de se constituer et qui avait appelé à dénoncer le coup d’Etat militaire du samedi 5 février 2005.

Un an après ces crimes odieux, le Parti des travailleurs tient à rendre hommage à la mémoire de ces martyrs et, au nom du combat contre l’impunité, renouvelle son exigence que leurs auteurs et commanditaires soient recherchés, jugés et châtiés.

5 février 2005 – 5 février 2006 : Il y a un an, le putsch du « Groupe du 5 février »

Le 5 février, des officiers supérieurs des FAT, entrés depuis dans l’histoire sous le nom de « Groupe du 5 février », avaient imposé par la force des armes, Faure Essozimna Gnassingbe au pouvoir, le jour même de l’annonce du décès de son père, Etienne GNASSINGBE Eyadéma. A la suite de ce dernier qui a régné de façon dictatoriale sur le Togo pendant 38 ans, une succession monarchique s’organisait à la tête de l’Etat, à l’instar du tristement célèbre régime des Duvalier père et fils qui ont sévi à Haïti pendant plusieurs dizaines d’années en soumettant le peuple à la terreur de leur régime fondé sur leur milice assassine, les tristement célèbre « tontons macoutes ». Il s’agissait clairement d’une violation flagrante de la Constitution adoptée par référendum le 27 septembre 1992 qui dispose :
- Article 148 : « Toute tentative de renversement du régime constitutionnel par le personnel des Forces Armées ou de Sécurité publique, par tout individu ou groupe d’individus, est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionnée conformément aux lois de la République ».
- Article 150 : « En cas de coup d’Etat, ou de coup de force quelconque, tout membre du gouvernement ou de l’Assemblée nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux accords de coopération militaire ou de défense existants.
Dans ces circonstances, pour tout Togolais, désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs.
Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément aux lois de la République. »

C’est pourquoi, dès l’annonce du décès du dictateur Etienne Gnassingbe Eyadéma, le peuple togolais qui étouffait sous la férule sanglante de son régime avait spontanément commencé à manifester pour imposer le respect de son droit à disposer librement de lui-même, à choisir librement ses dirigeants. Il voulait que soient tournées les pages sombres de ses 38 années de dictature, d’assassinats et crimes abominables, de vol, de corruption, de gabegie et de pillage, de ruine de l’économie togolaise, de misère, de famine, de souffrances.

C’est ainsi qu’une mutinerie éclata dès le lundi 7 février à la Prison civile de Lomé, cette « Bastille » togolaise où nombre de démocrates et d’innocents n’ont cessé d’être enfermés par des « lettres de cachet » version Eyadéma. La répression, brutale et sanglante, occasionnera plusieurs blessés par balles et trois morts parmi les prisonniers qui entendaient immédiatement recouvrer leur liberté :
- AMOUZOU K. Nicolas, abattu froidement et traîtreusement à la fin de la mutinerie à la Prison civile de Lomé ;
- EMEKA James Obiora et SAMBIANI Souguinimpo, morts par étouffement, dans la nuit du 07 au 08 février, dans une cellule de la prison où les prisonniers ont été entassés en guise de punition pour avoir osé cette mutinerie.
Cependant, de façon mensongère et cynique, le régime des putschistes annonça que cette mutinerie n’avait pas fait de victime ! C’est pour protester contre ces assassinats notamment et, surtout, le coup d’Etat, que nombre de citoyens entendaient participer au meeting appelé, le samedi 12 février, par la coalition de six partis de l’opposition démocratique.

Les massacres du 12 février 2005

Confronté à la dénonciation du coup d’Etat militaire par les populations, tant sur toute l’étendue du territoire national qu’à l’échelle internationale, le « Groupe du 5 février » décréta, sous prétexte d’un deuil national à la mémoire d’Eyadéma, l’interdiction du meeting du 12 février que ses initiateurs décidèrent alors d’annuler au tout dernier moment pour déjouer sa répression annoncée et programmée.

Alors que la nouvelle de cette annulation était portée à la connaissance des participants qui convergeaient au Terrain de Bèniglato, les forces de l’ordre et les milices du RPT étaient lâchées pour leur faire la chasse, non seulement sur les lieux du meeting mais aussi dans toute la ville de Lomé où tous ceux qui étaient soupçonnés de vouloir s’y rendre étaient pris à partie, arrêtés, enlevés, tués par balles et grièvement blessés après avoir été sauvagement passés à tabac avec des gourdins cloutés qui venaient de faire leur apparition dans l’arsenal des instruments de répression utilisés par les tenants du pouvoir au Togo.

Nombre d’innocents, pris au piège de cette répression sanglante, ne se rendaient même pas au meeting, revenant ou allant à leur travail ou vaquant tout simplement à leurs occupations en ce début de week-end. Les témoignages portés par certains citoyens, rescapés de leur enlèvement, établissent de façon probante et indiscutable qu’ils ont été enlevés en pleine ville, extraits de force de véhicules de transports en commun qu’ils avaient empruntés pour faire leurs courses en ville pour être conduits au siège du RPT. Là, ils ont été sauvagement passés à tabac, torturés puis conduits dans la brousse, à l’extérieur de la ville de Lomé, en un lieu appelé par leurs tortionnaires « Boulevard de la mort » où ils ont été soumis à des exécutions extrajudiciaires sommaires.

Au terme de l’innommable barbarie qui a commencé à se systématiser ce 12 février, il y a lieu de rappeler que, suite aux témoignages et dépositions recueillis et aux investigations faites par les organisations qui ont recensé les cas de violations massives des droits de l’Homme au Togo après le 5 février, la liste provisoire des victimes de ce 12 février 2005 s’établit comme suit :
- A) Décédés :
- DAMBARE Yaovi, tué par balles par les forces de l’ordre lors des manifestations du samedi 12 février 2005 ;
- DADZIE Kossi Jean, 35 ans, mécanicien, mitraillé par un militaire à Amoutivé-Doulassamé, décédé au CHU Tokoin ;
- KOUGBLENOU Masso, 31 ans, artiste de la chanson, froidement abattu par un militaire à Amoutivé-Doulassamé ;
- ALLOFA Bruno, jeune lycéen de 19 ans en classe de première, abattu froidement par balles par des militaires à Bè Kpota ;
- AWANOU Nadjare, employé à la STG comme gardien à la société ITP, tué à bout portant à Bè, en rentrant de son travail ;
- SOSSOU Wonekou, tué par balles par les forces de l’ordre lors des manifestations du samedi 12 février 2005 ;
- Trois citoyens non identifiés, abattus froidement par balles par des militaires à Bè Kpota ;
- ZOZO-AGLAMEY Ayao Aurélien, 39 ans, père d’un enfant, manutentionnaire à l’aéroport à la Compagnie Africa Ouest, sauvagement passé à tabac par les forces de l’ordre au quartier de Bè jusqu’à avoir des caillots de sang dans le cerveau, décédé le dimanche 20 mars 2005 au CHU-Campus, des suites de ses tortures, après 37 jours de coma.
- B) Plus d’une cinquantaine de blessés ;
- C) De nombreuses disparitions.

Dire : « Non, à l’impunité ! »

Au moment où le régime RPT de Faure Essozimna Gnassingbe, issu des coups d’Etat militaire du 5 février, électoral des 24 et 26 avril 2005 multiplie les commémorations cyniques, coûteuses et provocatrices à l’endroit du peuple togolais, de ses aspirations profondes à la liberté et à la justice, se présente hypocritement comme un champion du « dialogue », de la « réconciliation » ;

Au moment où est annoncée la tenue très prochaine, à Ouagadougou, d’un nouveau « Dialogue politique intertogolais » devant associer le régime RPT et certains partis de l’opposition togolaise triés sur le volet, sous l’égide de l’Union européenne, des grandes puissances et de leurs institutions, « Dialogue » dont le fonction essentielle est de garantir l’impunité au génocidaire Faure Essozimna Gnassingbe et à ses hommes de main, tous responsables du massacre de 400 à plus de 1 000 citoyens togolais entre le 5 février et le 5 mai 2005. Le Parti des travailleurs tient à réaffirmer solennellement, qu’en aucun cas, les crimes abominables commis au cours de cette période par le régime RPT ne peuvent être absous. Car, il ne peut y avoir d’issue positive à la crise togolaise sans que soit au préalable satisfaite la revendication unanime du peuple togolais que de tels crimes, dont ceux commis le 12 février 2005, soient laissés impunis afin qu’ils ne se répètent plus. Il ne peut y avoir, au Togo, d’avènement d’une société démocratique respectueuse non seulement de la vie humaine mais garantissant la jouissance des droits démocratiques les plus élémentaires des citoyens et surtout leur égalité devant la loi tant que règnera l’impunité.

C’est pourquoi, à l’occasion de la commémoration du 1er anniversaire des massacres du 12 février 2005 à Lomé, le Parti des travailleurs appelle le peuple togolais et l’opinion internationale, toutes les organisations qui se réclament de la démocratie et du respect des droits de l’Homme tant au Togo qu’à l’échelle internationale à se mobiliser de façon conséquente pour exiger :
- 1°) la recherche et l’arrestation des auteurs et commanditaires du coup d’Etat militaire du 5 février 2005 qui a porté au pouvoir Faure Essozimna Gnassingbé pour qu’ils en répondent devant la justice togolaise conformément à l’article 150 de la Constitution togolaise adoptée par référendum le 27 septembre 1992 qui dispose que : « Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément aux lois de la République. »
- 2°) l’ouverture d’une enquête pour faire toute la lumière sur la répression sanglante de la mutinerie à la Prison civile de Lomé le 7 février 2005 afin que la justice puisse donner les suites qu’elles méritent au décès de trois détenus à cette occasion ;
- 3°) la recherche et l’arrestation des auteurs et commanditaires des crimes du 12 février 2005 commis à Lomé afin qu’ils soient déférés devant les tribunaux pour en répondre afin que justice soit rendue aux martyrs de cette date ;
- 4°) la réapparition en vie de tous les disparus du 12 février ;
- 5°) le respect des droits de l’Homme et des libertés démocratiques au Togo ;
- 6°) la fin de l’impunité au Togo.

Lomé, le 11 février 2006
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude Améganvi


AMNESTY INTERNATIONAL
Déclaration Publique
AI Index : AFR 57/003/2005 (Document Public)
Nr du Service de Presse : 033
10 février 2005

Togo : Silence radio

L’annonce du décès du Président Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir depuis 1967, a déclenché une nouvelle vague d’intimidation des médias indépendants et des partis d’opposition afin de museler toutes voix dissidentes dans cette période de transition du pouvoir. Deux jours après l’annonce de la mort de l’ancien chef de l’État, le gouvernement togolais a interdit toute manifestation de rue durant deux mois, justifiant cette mesure par le « deuil national » décrété pour cette même période.

« Étant donné la répression systématique de toute expression d’opposition lorsque le maintien du pouvoir en place est en jeu, il est à craindre que le respect de la période de deuil national ne serve de prétexte pour interdire toute expression d’une opinion politique dissidente », affirme aujourd’hui Amnesty International.

Interventions du Président de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) exigeant la non-rediffusion d’une émission programmée par Kanal FM, irruption de deux gendarmes, le mardi 8 février 2005, dans les locaux de Radio Nostalgie, saisie du matériel de diffusion de Radio Lumière, toutes les méthodes d’intimidation ont été utilisées par les autorités togolaises pour imposer un « Silence radio » aux médias indépendants.

« Les autorités togolaises continuent, comme par le passé, à faire pression sur les médias indépendants en dépit de leur engagement pris en avril 2004 dans le cadre des négociations avec l’Union européenne de respecter la liberté d’expression », précise aujourd’hui Amnesty International.

L’évocation par certains médias privés d’un appel lancé le 7 février 2005 par six partis demandant aux Togolais d’observer deux journées mortes dans le pays « pour exprimer leur refus du coup d’Etat militaire » semble avoir été l’une des causes de cette nouvelle tentative de museler les médias indépendants du pouvoir.

Les autorités togolaises ont également cherché à empêcher la tenue de certains débats touchant à la situation actuelle du Togo. C’est ainsi que le 8 février 2005, le président de la HAAC est intervenu auprès de la direction de la station Kanal FM afin d’exiger l’interruption immédiate d’une table ronde qui était diffusée à l’antenne.

À la suite de ces intimations, plusieurs radios privées ont choisi de ne diffuser que de la musique. D’autres se sont abstenues de commenter l’actualité en se contentant de diffuser les informations d’ordre général et en évitant tout débat susceptibles de provoquer de nouvelles réactions des autorités.

Malgré cette prudence forcée, les autorités togolaises ont continué à avoir recours à la force pour museler les médias. Le jeudi 10 février 2005, des gendarmes ont saisi tout le matériel de diffusion de la radio privée, Radio Lumière, qui se trouve à Aneho, à 50 km à l’est de la capitale, Lomé. La radio avait diffusait une déclaration d’un opposant au pouvoir le matin même.

Par ailleurs, tous les responsables des radios privées de Lomé ont été convoqués par le président de la HAAC le jeudi matin, 10 février 2005 en présence du chargé de la communication des Forces armées togolaises (FAT). Ce dernier a, au cours de cette rencontre, pointé du doigt certaines radios privées en proférant des menaces non voilées. Ce militaire a notamment précisé : « Nous avons ciblé certaines stations que je vais nommer, Nana FM, Radio Nostalgie, Kanal FM et Radio Maria... Nous voulons porter à leur connaissance que nous avons les moyens de mettre fin à cela. Il appartient à tout un chacun de prendre ses responsabilités. »

Les autorités togolaises s’en sont également prises à certains médias internationaux. Les deux émetteurs de Radio France International (RFI) ont cessé durant quelques jours d’émettre en FM, officiellement à la suite d’une panne technique le mardi 8 février 2005. Le même jour, l’envoyé spécial de cette radio s’est vu refuser son visa d’entrée à la frontière béninoise alors que d’autres journalistes étrangers avaient pu entrer au Togo. RFI a également été la cible d’attaques de la part de M. Pitang Tchalla, le ministre de la Communication qui a publiquement accusé RFI, le 7 février 2005, de s’être « lancée dans une campagne de désinformation et de déstabilisation ».

« Rien ne peut justifier cette nouvelle mise au pas des médias et nous craignons que cette répression ne débouche sur des arrestations et des formes plus graves d’atteintes à la liberté d’expression », précise aujourd’hui Amnesty International. « Nous demandons que les autorités togolaises mettent fin à ces intimidations et respectent leurs obligations énoncées par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et les traités internationaux que le Togo a ratifié. »

CONTEXTE

À la suite du décès du Président Gnassingbé Eyadéma, les forces armées togolaises ont annoncé le 5 février 2005 que Faure Gnassingbé, fils du Chef de l’État défunt était nommé président de la République togolaise. Le lendemain, le Président de l’Assemblée nationale qui aux termes de la constitution devait assurer l’intérim avant la tenue d’une élection présidentielle dans un délai de deux mois a été destitué et remplacé par Faure Gnassingbé. Dans le même temps, la constitution a été modifiée afin de permettre au nouveau président de rester au pouvoir jusqu’à la fin du mandat de son père en 2008. Dans son premier discours à la nation prononcé le 9 février 2005, Faure Gnassingbé, a souhaité « l’organisation le plus tôt possible d’élections libres et transparentes qui reflètent la volonté du peuple... » sans préciser s’il faisait allusion aux élections législatives prévues pour cette année ou à un scrutin présidentiel.

La communauté internationale a unanimement condamné cette passation de pouvoir, qualifiée par l’Union africaine de « coup d’État militaire ». Le Conseil Permanent de la Francophonie, réuni en session extraordinaire le 9 février 2005, a condamné « avec la plus grande fermeté le coup d’État perpétré par les forces armées togolaises et les violations caractérisées et répétées de toutes les dispositions constitutionnelles en vigueur » et a prononcé « la suspension de la participation des représentants du Togo aux Instances de l’Organisation Internationale de la Francophonie et la suspension de la coopération multilatérale francophone ».

Amnesty International

 

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