Tragédie

Togo : 300 morts ou 13 morts lors de la sanglante tragédie de Lomé II ?

par Parti des travailleurs , le 19 novembre 2006, publié sur ufctogo.com

 

20 novembre 2004 - 20 novembre 2006
Il y a 2 ans : 300 morts ou 13 morts lors de la sanglante tragédie de Lomé II ?

Commission indépendante d’enquête pour que toute la lumière soit faite !

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Il y a deux ans, le 20 novembre 2004, une terrible tragédie survenait au Palais du Général-président Etienne Gnassingbé Eyadéma au quartier de Lomé II, à l’occasion d’une « marche de soutien » au régime du Rassemblement du peuple togolais (RPT) en place au Togo. Alors que les chiffres officiels n’ont fait état que de 13 morts, de nombreuses sources indépendantes ont annoncé des morts par dizaines allant pour certaines jusqu’à 300 morts occasionnés par la gigantesque bousculade de milliers de manifestants affreusement piétinés qu’il y eut au plus fort du rassemblement. Il était question de féliciter le Général-président pour la fausse annonce de la « reprise de la coopération avec l’Union européenne » qui faisait l’objet d’un matraquage médiatique systématique sur les médias officiels depuis plusieurs jours, « coopération » qui avait été suspendue suite aux massacres de Fréau Jardin et du quartier Bè en 1993 dont le bilan s’élève à plusieurs milliers de morts.

En réalité, face à l’approfondissement continue de la crise togolaise suite au vol de l’élection présidentielle de juin 2003 il s’agissait pour le régime du RPT de saisir cette occasion pour redorer son blason en abusant l’opinion internationale. Discrédité par le viol de la constitution togolaise qui lui interdisait de se présenter à cette élection et qu’il avait fait modifier arbitrairement avec le soutien du président français Jacques Chirac, Eyadéma avait organisé de gigantesques fraudes et une répression des plus féroces pour se maintenir au pouvoir avant, pendant et après cette élection présidentielle.
Depuis lors, l’isolement du régime ne faisait que s’accroître, conduisant à la multiplication d’informations de toutes sortes, avérées ou non, sur l’aggravation de l’état de santé d’Eyadéma allant même jusqu’à l’annonce de son décès, toutes choses qui faisaient régner un climat de fin de règne au Togo.
C’est alors que plusieurs milliers de manifestants avaient été convoyés des quartiers de Lomé et des villes de l’intérieur du Togo pour cette mascarade de « marche de soutien » à Etienne Gnassingbé Eyadéma, dans les pures traditions des régimes staliniens qui servaient de modèle au régime monolithique et totalitaire du parti-unique, parti d’Etat que n’a cessé d’être le RPT au Togo.

La suite, on la connaît : alors que les sources officielles n’ont fait état que de 13 morts, de nombreuses sources indépendantes parmi lesquels nombre de rescapés de cette terrible tragédie ont fait état de plusieurs dizaines de morts allant même jusqu’à plus de 300.

« Marche de soutien » ou mortel guet-apens ?

Il a même été suggéré qu’il s’agissait en réalité d’un guet-apens délibérément tendu aux milliers de manifestants agglutinés sur un espace réduit ne pouvant tous les contenir. La gigantesque bousculade au cours de laquelle ils ont été affreusement piétinés aurait été sciemment provoquée pour occasionner des morts par dizaines dans ce qui aurait été un rituel de sacrifices humains destiné à consolider le régime moribond d’Eyadéma. Parmi les nombreuses victimes de cette gigantesque bousculade il y aurait eu tant des fidèles du régime, membres ou cadres du parti RPT et même certains chefs traditionnels qui lui sont inféodés que de simples nécessiteux qui saisissent de telles occasions où des billets de banque sont généreusement distribués aux manifestants pour soulager la misère dans laquelle le régime les contraint à vivre.

Des ministres du régime RPT parmi lesquels Charles Kondi AGBA et Suzanne AHO étaient alors montés au créneau pour proférer d’indignes contre-vérités tendant à minimiser l’ampleur de la tragédie pour évacuer la responsabilité du régime.
A l’occasion du deuxième anniversaire cette terrible tragédie, on ne peut continuer à se taire face à toutes les informations aussi contradictoires les unes que les autres qui ont été servies à propos de faits qui, en eux-mêmes, sont d’une réelle gravité même s’il ne s’agissait que de 13 morts. Au moment où d’éminents responsables du CAR et de la CDPA ont constitué un gouvernement d’union nationale avec le RPT après avoir proclamé qu’ils y œuvreraient pour que cesse l’impunité, qui peut comprendre qu’ils ne tiennent pas leurs promesses en agissant notamment pour que toute la lumière soit faite sur cette terrible tragédie ?

Le peuple togolais et l’opinion internationale doivent savoir !

C’est pourquoi, au nom de la manifestation de la vérité, il est plus que jamais nécessaire et urgent que soit constitué une commission indépendante d’enquête sur la tragédie sanglante du 20 novembre 2004 au Palais présidentiel d’Eyadéma à Lomé II. Cette commission indépendante d’enquête doit être dotée des moyens les plus étendus pour faire toute la lumière sur ce qui s’est passé et situer toutes les responsabilités aussi haut placées soient-elles. Il doit alors revenir à la justice, une fois les faits et les responsabilités établies au terme de ces investigations, de faire arrêter et juger toutes les personnes qui auront été mises en cause dans cette tragédie pour que cesse l’impunité au Togo !

Lomé, le 19 novembre 2006
Pour le Parti des travailleurs,
le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI

 

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