Reggae

Tiken fait son " coup de gueule "

par Le Quotidien Mutations (Cameroun) , le 21 décembre 2004, publié sur ufctogo.com

Dans le dernier numéro de Afrique magazine, le reggae-man ivoirien critique les pouvoirs africains.

 

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(Barclay/Universal Music) http://tikenjah.artistes.universalmusic.fr/

Malgré le sourire qu’il affiche à la page 108 du mensuel Afrique magazine de décembre à janvier prochain, Tiken Jah Fakoly, avec ses dread-locks, son pantalon militaire et son pied droit levé, est un homme en colère. Sur les trois pages de l’entretien qu’il a accordé au journal, celui qui se dit être un enfant de Bob Marley, à l’instar de tous les reggaemen africains, garde la même verve et le même élan lorsqu’il s’agit de parler des régimes africains. Morceaux choisis : lorsqu’on l’interroge sur son titre " Quitte le pouvoir" issu de son dernier album " Coup de gueule ", il n’y va pas par quatre chemins : " Je pense que les Togolais ont envie que Eyadema cède sa place. [...] Comme [les élections] ne sont pas libres et transparentes, les Togolais ne font que subir. Mais il n’y a pas qu’au Togo. Il y a le Cameroun, où Paul Biya vient d’être réélu. J’y étais lorsque l’on a annoncé sa " mort ". C’était un bon coup de marketing".

Par ailleurs, le Raggaeman issu de la famille des Fakoly, peuple de guerriers, prône l’unité de l’Afrique. "On m’a souvent reproché de ne pas faire des propositions. Beaucoup d’artistes ont chanté l’Union africaine. Aujourd’hui, c’est mon tour. Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’admiration pour Alpha Oumar Konaré qui m’a épaté par ses interventions lors de la crise en Côte d’Ivoire. [...] Je pense que la solution a notre continent est cette Union africaine. Il y a une politique de dépendance entretenue par le Fmi et la Banque mondiale, mais nous pouvons trouver des solutions, si nous parlons d’une seule voix ".
Dans la même lancée, c’est avec hargne qu’il dit sa colère contre le pouvoir d’Abidjan qui " refuse de respecter ses engagements : Marcoussis et, avant, le Forum de réconciliation. [...] Tu ne peux pas être un président soi-disant élu et t’armer pour massacrer le peuple. "
Cependant, le chanteur garde bon espoir qu’un jour, les choses iront mieux.

Qu’un jour, les personnes au pouvoir pourront faire preuve de bonne volonté pour relancer la Côte d’ivoire, pays auquel la nature a beaucoup donné, et qui peut se relancer à tout moment. S’il est bien conscient d’être écouté à travers le monde, et dans toutes les classes sociales, Tiken Jah Fakoly semble tenir à ne pas plonger dans l’auto-glorification, et ne veut pas s’ériger en porte-parole de quelque classe que ce soit. "Je discute avec les jeunes. Ils voudront peut-être un jour que je sois leur porte-parole, mais moi, je suis Tiken Jah, je fais du reggae et j’ai certaines obligations du fait de ma musique : je dois chanter des chansons de paix, éveiller les consciences ". A côté de cette interview, " une biographie révolutionnaire " permet aux fanatiques de l’artiste Moussa Doumbia Fakoly alias Tiken, de le suivre à la trace, depuis sa naissance le 23 juin 1968 jusqu’à la sortie de son dernier album " Coup de gueule ", en passant par la sortie du disque " Cours d’histoire " en 2000, qui lui a permis de devenir lauréat du " prix Rfi musiques du monde ".

Dorine Ekwè

 

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