Elections américaines

Teresa Kerry ou des racines africaines à la Maison-Blanche ?

par AFP , le 24 octobre 2004, publié sur ufctogo.com

La femme du candidat John Kerry est née le 5 octobre 1938 à Maputo, alors Lourenço Marques, et y a vécu jusqu’à l’âge de 14 ans avant d’aller étudier en Afrique du Sud.

 

JPEG - 4.7 ko
Teresa Kerry - Photo © Reuters - Visiter le site

Dans une villa face à l’océan Indien, Teresa Simoes Ferreira a grandi au sein d’une famille privilégiée de l’ancien Mozambique colonial, où elle accompagnait son père, médecin, lors de ses tournées dans les villages pauvres.

Colonie portugaise pendant 500 ans et émergeant d’une sanglante guerre civile de seize ans, le Mozambique d’aujourd’hui espère que Teresa serve de lien africain avec la Maison-Blanche si son mari est élu président des Etats-Unis le 2 novembre. Elle serait en effet la première Première dame américaine née sur le continent noir.

La femme du candidat John Kerry est née le 5 octobre 1938 à Maputo, alors Lourenço Marques, et y a vécu jusqu’à l’âge de 14 ans avant d’aller étudier en Afrique du Sud.

"Mes racines sont africaines", a-t-elle coutume de dire en se présentant comme une "enfant d’Afrique". Elle a même suscité une controverse en se qualifiant d’"afro-américaine". "Les oiseaux dont je me souviens, les fruits que je mangeais, les arbres auxquels je grimpais sont africains", dit-elle.

Son père, Jose Simoes Ferreira, venu du Portugal dans les années 30, n’a pas été oublié à l’hôpital Miguel Bombarda, aujourd’hui Hôpital Central de Maputo, où il a exercé comme radiologiste.

Il était "très aimable en dépit de la discrimination contre les noirs mozambicains appliquée à l’hôpital", se souvient un ancien employé de l’établissement Joao Nacutove, 80 ans.

"C’était leur hôpital, pas le nôtre", ajoute-t-il en référence au régime colonial portugais aboli avec l’indépendance en 1975.

Médecin généraliste de formation, spécialisé en radiologie au cours d’un séjour en Europe, M. Ferreira a aussi travaillé dans un hôpital rural à Mandlakaze (nord de Maputo) et soignait gratuitement les habitants de Bilene (nord), où la famille possédait une maison de vacances.

A Maputo, il vivait avec sa femme Irene Thierstein, née au Mozambique, et leurs trois enfants dans une grande villa des quartiers chics, située entre ce que sont aujourd’hui le palais présidentiel et le siège du gouvernement.

En 1952, Teresa est envoyée dans un lycée de Johannesburg, la Maris Stella High School, et ne retournera au Mozambique qu’en 1974 rendre visite à ses parents peu avant qu’ils rentrent en Europe, au moment de l’indépendance.

"Je lui ai écrit à propos de notre école, de ce qu’elle est devenue. J’ai mentionné que nous faisions beaucoup d’aide sociale", a raconté Eleanor Hugh, directrice de Maris Stella, rappelant que Teresa est "très impliquée dans ce domaine".

Après le lycée, elle étudiera l’art à l’Université Witwatersrand de Johannesburg où, en 1959, elle participe à une manifestation contre le régime raciste.

"Je sentais le poids de l’apartheid tout autour de moi. Et avec mes amis étudiants, nous avons manifesté contre son extension à l’éducation supérieure", a-t-elle raconté lors d’un meeting démocrate.

"J’ai alors appris quelque chose et j’y crois encore : cela vaut la peine de prendre position, que quelqu’un ou non s’en rende compte, que ce soit ou non risqué", a-t-elle déclaré.

Des milliers d’étudiants avaient participé à cette manifestation autorisée.

Elle rappelle aussi la misère et les discriminations dont elle a été témoin au Mozambique, et beaucoup espèrent qu’une fois à la Maison-Blanche, elle ravivera sa relation avec ce pays pauvre d’Afrique australe.

"De nombreuses personnes importantes qui sont nées ici et vivent maintenant à l’étranger ne parlent même plus du pays où leur cordon ombilical a été coupé", déplore Eduardo Lauchande, l’un des responsables du Front de libération du Mozambique (Frelimo, au pouvoir).

 

© Copyright AFP - Visiter le site

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
dimanche
20 août 2017
Lomé 23°C (à 05h)