Tchad

Tchad : Des opposants toujours portés disparus

par RFI (France) , le 28 février 2008, publié sur ufctogo.com

 

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Ibni Oumar Mahamat Saleh (g) et Ngarlejy Yorongar. (Photos : AFP)

Hervé Morin le ministre français de la Défense a beau attribuer à la visite de Nicolas Sarkozy le mérite de la libération du troisième opposant, Lol Mahamat Choua, enlevé lui aussi le 3 février dernier, la France se voit reprocher d’apporter sa caution à un régime liberticide. Reed Brody l’un des responsables de l’ONG Human Rights Watch estime que si les opposants étaient censés réapparaître, la visite de Sarkozy aurait constitué le bon moment. « Le pire est à craindre », renchérit Antoine Malafosse du Comité catholique contre la faim. Il souligne que le président Déby a suggéré qu’il pourrait y avoir eu des chefs de partis politiques parmi les victimes des combats de février.

A propos de Ngarlejy Yorongar, les autorités tchadiennes racontent depuis vendredi dernier qu’il est en vie, qu’il se cache au Cameroun, mais à Ndjamena, tous les gens que j’ai pu voir hier, m’ont dit qu’ils ne croyaient pas à cette histoire, à commencer par la propre famille de Yorongar qui n’a aucune nouvelle de lui, et qui rappelle qu’il a été arrêté le 3 février au soir par des hommes de la garde présidentielle.

A propos d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, là, il y a un silence total des autorités depuis le 3 février, aucune information. Dans la bousculade, il a perdu ses lunettes, il n’a pas pu emporter de médicaments, alors que sa santé est très fragile ; c’est dire l’inquiétude de sa famille.

Cela dit, il faut noter que dans son intervention hier soir devant les journalistes, à l’issue de son entretien de 90 minutes avec Nicolas Sarkozy, Idriss Déby a quand même lâché quelques indications. Il a commencé à préparer l’opinion à l’idée que certains hommes politiques tchadiens sont peut-être morts. Il a dit que la bataille de Ndjamena a fait 400 morts.

C’est un bilan tout à fait nouveau. Jusqu’à présent, le CICR parlait de 160 morts. Il a ajouté que parmi ces victimes figurent des chefs de partis politiques, une phrase lourde de sous-entendus, et il a dit que l’attaque des rebelles a créé pendant 48 heures un vide institutionnel, une période de flottement, pendant laquelle il a eu à gérer la libération de la ville. Sous-entendu, il s’est peut-être passé des choses en dehors de son contrôle.

Tout ça n’est peut-être pas grand-chose, mais cela ressemble quand même au début d’une ligne de défense, au cas où l’on apprendrait que malheur est arrivé pour l’un ou l’autre des opposants disparus.

 

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