Réfugiés

Togo-Bénin : Les réfugiés togolais craignent encore de rentrer chez eux

par IRIN (Agence d'information de l'ONU) , le 27 avril 2006, publié sur ufctogo.com

 

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© Beaucoup de jeunes gens parmi les réfugiés togolais

Un an après les violentes manifestations politiques qui ont secoué le Togo et contraint plus de 25 000 togolais à fuir vers le Bénin, des milliers de réfugiés sont encore entassés dans les tentes et les abris temporaires d’un camp situé près de la frontière, et ne semblent pas décidés à rentrer chez eux.

Selon le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR), 19 870 réfugiés togolais sont encore au Bénin, 8 000 d’entre eux vivant dans deux camps de réfugiés, les autres logeant chez des parents ou dans des familles d’accueil à Cotonou, la capitale. Malgré des conditions souvent difficiles, ces exilés ont confié à IRIN qu’ils craignaient des représailles s’ils rentraient chez eux.

« Nous ne pouvons pas rentrer », a déclaré Prosper Lokossou, en rejetant les appels du gouvernement en faveur du retour des réfugiés. « Au moment où les autorités tiennent ces propos, les arrestations et les enlèvements continuent ».

« Tout le monde parle de paix. Mais il ne peut y avoir de paix sans justice », a renchéri Komi Gbodjossou.

Les opposants de l’ancien président Gnassingbé Eyadéma, qui a régné sans partage pendant 38 ans, ont fuit le Togo pendant les violentes émeutes qui ont suivi l’élection à la présidence de son fils, Faure Gnassingbé, le 26 avril 2005. Des centaines de personnes auraient trouvé la mort au cours des manifestations et de la répression policière, selon les rapports de l’ONU.

Le mois dernier, le Premier ministre togolais, Edem Kodjo, a lancé un nouvel appel aux réfugiés, les invitant à rentrer chez eux. Mais il n’a pas suffi à apaiser la peur d’éventuelles représailles, ce qui n’est pas surprenant, indique le rapport d’Amnesty International, publié mercredi.

« Cela fait 30 ans que l’impunité totale règne au Togo. Tant qu’on ne mettra pas un terme à l’impunité et au non respect de la loi, il n’y aura ni solution politique ni paix durable au Togo ».

Selon les réfugiés du camp d’Agamé, situé à 18 km de la frontière, en début d’année, l’ONG togolaise Justice et paix avait promis d’octroyer des micro-crédits aux réfugiés les plus âgés.

Rafick Saidi, le représentant du HCR a déclaré ne pas être au courant du passage de la délégation de l’ONG. Mais depuis le mois de mars, une cinquantaine de personnes âgées a opté pour un retour spontané, avec l’appui du gouvernement togolais a-t-il indiqué. « Je m’en réjouit et mon souhait est que ce genre de décisions se multiplie ».

Par ailleurs, depuis le lancement du programme de réunification des enfants non accompagnés (ENA), en mai 2005, 202 enfants ont réintégré leur famille dont 153 au Togo. Aujourd’hui, le quartier des ENA dans le camp de Comé est fermé. Une trentaine d’entre eux vivent dans des familles d’accueil sur les sites. Un projet d’identification des mineurs non accompagnés ou séparés en milieu urbain est également en cours.

Et pour que les réfugiés installés sur les sites puissent progressivement se prendre en charge et améliorer leur ration alimentaire, un projet de culture maraîchère est en cours et des puits sont forés pour faciliter l’accès à l’eau pour cette activité agricole. Le HCR met également tout en œuvre pour que la population des sites soit suffisamment équipée pour affronter la saison des pluies qui débutera bientôt. De nombreuses tentes usées par les intempéries, dont 144 abritant des personnes vulnérables, sont en train d’être remplacées. Du plastique a été distribué pour renforcer 234 tentes. 5 maisons et 9 cases ont été également construites dans le village d’Agamè.

En outre, pour soulager les réfugiés ayant subi un traumatisme psychologique, Rashid Shérif, un psychiatre tunisien, a lancé un projet de formation de 40 réfugiés qui, à leur tour, ont formé d’autres personnes chargées de soutenir moralement la communauté des exilés.

« Il s’agit de la relation de voisinage à un niveau horizontal et non pas un service social ou socio médical de type vertical », a expliqué le docteur Shérif.

 

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