Point de vue

Situation sociopolitique togolaise : quelle solution pour une sortie de crise ?

par Koffi Agbessi GBONOUGBE , le 13 mai 2006, publié sur ufctogo.com

 

Chers compatriotes !

A l’heure actuelle où les regards sont tournés vers la salle Evala de l’hôtel Corinthia 2 février de Lomé, le peuple Togolais espérant peut être une solution éventuelle à sa crise, à l’issue de ce onzième dialogue inter togolais, le devoir de patriotisme et l’honnêteté intellectuelle nous interpellent aujourd’hui, à apporter notre modeste contribution. Dans cette exposé, nous n’avons pas l’intension de focaliser tout le débat sur les actuels pourparlers, mais nous voulons surtout attirer l’attention de nos compatriotes sur un certains nombre de points, qui sont sans nul doute déjà connus mais qui méritent d’être soulignés compte tenu de leur portée dans la situation actuelle de notre pays.

En effet, le peuple Togolais se trouve aujourd’hui devant beaucoup de faits accomplis et point n’est besoin de nous rappeler que nous étions sous le règne du père et que nous sommes actuellement sous le règne du fils, avec tous les corollaires que nous connaissons tous. A présent, le grand défit qui est devant nous c’est comment faire pour ne pas arriver sous le règne du « Saint esprit » ? Autrement dit, comment faire pour sauver ce pays qui est plus que jamais sacrifié sous le joug du clan Gnassingbé ? Quand ont sait que le fils président n’est à peine qu’à ses débuts ? Des gens clairvoyants de notre pays n’ont-ils pas affirmé que Faure fera pire que son père ? La situation est telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Portant un regard sur la situation sociopolitique actuelle de notre pays, une question plus ou moins importante nous vient à cœur : Quelle solution pour une sortie de crise ?
Devant cette question, d’aucuns répondrons sans embûche que c’est au travers un dialogue national entre les divers acteurs de la vie politique du pays. D’autres resterons optimistes, compte tenu de la complexité du cas Togolais, pour affirmer qu’il n’y a pratiquement plus de solutions possible. D’autres encore auront certainement des milliers de recommandations à proposer. Pour notre part, nous voulons surtout s’insurger contre le caractère pusillanime de la politique, telle que menée par certains leaders de l’opposition de notre pays. Car nous pensons qu’il est grand temps pour que nous identifiions qui est qui ? qui fait quoi ? au Togo. Au fait, nous voulons croire que la renonciation à la politique de « un pied dedans, un pied dehors » de la part de ceux qui se réclament de l’opposition serait salvatrice pour notre pays.
D’abord il faut partir de l’analyse des attitudes de l’opposition togolaise au régime GNASSINGBE, depuis les débuts du processus de démocratisation de notre pays jusqu’à ce jour pour affirmer que tous ceux qui s’assignent la mission de défendre les intérêts de notre chère Patrie dans les domaines de la démocratie, de la liberté ou de l’instauration d’un Etat de droit..., ne sont pas tous des opposants mais plutôt des pragmatistes effrénés, soucieux de leurs intérêts personnels. Nous ne jugeons pas ici de rappeler leurs parcours dans la vie politique du pays, ni de répertorier les multiples dissidences au sein de la dite opposition, rien que pour des raisons d’intérêts. Toutefois, des actes incroyables continuent toujours d’être posés, puisque ces leaders de parti, se réclamant de l’opposition, n’ont pas encore satisfait leurs ambitions.
Aujourd’hui, c’est plus qu’une réalité ; comme pour narguer le peuple Togolais, la CPP de M. Edem Kodjo et le PDR de M. Zarifou Ayéva se sont ralliés au RPT et font parti du gouvernement du régime Faure Gnassingbé Et ceci malgré les conditions dans lesquelles ce dernier a usurpé la magistrature suprême de notre pays. En ce moment même où des milliers de Togolais sont contraints à rester au-delà des frontières, ne sachant pas à quel sein se vouer, Certains leaders, en qui ce peuple complètement écrasé pouvait placer sa confiance, commencent aussi par donner raison à Faure Gnassingbé. C’est ainsi que dans les rangs du CAR et de la CDPA, on assiste à des décorations de la part du fils président, contesté par tous les Togolais, en passant par des vœux de nouvel an. Autant de faits pour reconnaître que nos fameux opposants n’ont jamais eu de position claire. Il ne sont ni chaux, ni froid. Et tout ceci pour des raisons d’intérêts au détriment de la cause du peuple. Force est de constater aussi qu’au Togo, malgré la situation sociopolitique qui ne cesse de susciter des interrogations, la politique est devenue un fond de commerce que bon nombre exploitent pour s’enrichir. Bien sûr, nous pouvons comprendre que dans un pays comme le nôtre où les partis politiques ne sont pas subventionnés, il est tout à fait normal que des problèmes financiers se posent. Toutefois est-ce une raison pour se détourner de sa mission ? Nous pensons à notre humble avis que ce sont des faits pareils qui ne cessent de freiner la libération de notre pays.
Aussi peut-on affirmer aujourd’hui que c’est le propre des Togolais ? Ce peuple a-t-il été maudit ainsi ? Ces questions doivent venir à cœur de tout commun des mortels, surtout si on analyse quelques comportements de nos compagnons de lutte qui finissent par changer de discours du jour au lendemain. Nous-nous souvenons particulièrement du campus universitaire de Lomé, lieu de formation des futures cadres du pays, où certains camarades étudiants qui criaient haut et fort en prenant position au sein du Conseil des Etudiants de l’Université du Bénin (CEUB) finissaient par être emballés dans le troupeau de Lomé II aux côtés du Haut Conseil des Associations et Mouvements Estudiantins (HACAME), cette association milicienne dont l’actuel Secrétaire général de la présidence Togolaise est l’incarnation. Cela va donc sans dire que pour le Togolais, l’habileté à trahir la cause publique s’acquiert depuis le bas âge.
Parlant du dialogue inter togolais, nous devons aujourd’hui plus qu’à jamais nous intéresser aux raisons profondes qui poussent le CAR et la CDPA à refuser l’idée de la présence d’un médiateur ? Cette troisième personne qui à notre avis jouerait le rôle d’arbitre au milieu des négociations ? En tout cas nous saurions mené à être étonné qu’aujourd’hui, le CAR et la CDPA veulent livrer un match contre le RPT sans la présence d’un arbitre et pensent quand même remporter la partie.
Nous devons, de toute façon, remarquer que dans la salle Evala de l’hôtel Corinthia 2 Février de Lomé, le RPT et ses acolytes ne font que jouer la musique habituelle. Rien n’a du tout changé. La seule nouveauté est que cette fois ci, le DJ c’est-à-dire le manager de la musique porte le manteau de l’opposition. Toutefois, les instruments, et les disques mis à sa disposition sont toujours ceux du passé. L’objectif c’est de légitimer le régime contesté de Faure GNASSINGBE à travers la complicité des pragmatistes de l’opposition.
En effet, Me AGBOYIBO, que nous respectons beaucoup, bénéficie aujourd’hui de la confiance du RPT qui le nomma à la direction des travaux des actuels pourparlers inter togolais et serait probablement récompenser d’ici peu. Et pourtant le peuple Togolais espérait un véritable changement politique à l’issue de ce dialogue. Le Président national de l’UFC, M. Gilchrist Olympio l’a si bien exprimé lorsqu’il affirmait que ce dialogue « doit aboutir à des accords réglant des problèmes de façon durable pour les Togolais et non un marché de dupes »
Au fait dans les conditions actuelles, ce dialogue, au cours duquel deux associations que nous osons qualifier de « ailles marchantes du RPT » se sont constituées en société civile, peut il accomplir nos rêves ?
Bien sûr que certains commentaires laissent entendre que l’élection de Me Agboyibo à la direction des travaux est « une évolution positive » et que sur le plan diplomatique, ce dernier jouit de la faveur de « la ligue de Libreville », d’une haute considération du Président Obasandjo et d’une certaine appréciation de Bruxelles. Nous-nous posons la question de savoir si ce sont des conditions nécessaires et suffisantes pour diriger les travaux actuels pouvant aboutir à la libération du peuple Togolais ?
Ces mêmes commentaires iront jusqu’à prétendre que l’UFC a raté son test de Leadership par « les rencontres en solo de Rome ». Nous pensons à notre humble avis qu’il est grand temps pour que nous rompions avec des discussions vides et infertiles qui n’apportent aucune solution à la crise Togolaise. D’ailleurs c’est ici l’occasion pour nous de rappeler que l’UFC est pour le moment le seul parti politique d’opposition au Togo dont la vision est claire et précise. Sa position dans la politique Togolaise est connue et ne surprend personne depuis sa création jusqu’à ce jour ; à tel enseigne que c’est le parti politique choisi par la masse Togolaise. Le choix du peuple lors des trois dernières consultations présidentielles qu’a connu notre pays ne fait que confirmer nos propos.
Au fait nous n’avons pas la prétention de venter les éloges d’un parti politique ni de vilipender un autre. Du moins, nous voulons encourager la stabilité politique de l’UFC dont la participation aux actuels pourparlers inter togolais n’est que la manifestation visible de sa bonne volonté de dialoguer avec les autres en vue de la libération de notre peuple.

Nous lançons un appel pressant à tous les acteurs de la vie politique de notre pays, se réclamant de l’opposition, à se repentir et à rompre avec leur politique pusillanime. Nous les invitons à rester ferme avec les deux pieds dans cette opposition, à être sincères avec eux-mêmes et à embrasser cette mission avec amour. Nous trouvons que c’est une solution possible pour affronter l’ennemi commun du peuple avec efficacité. Ce faisant, nous pensons qu’un jour viendra sur la terre de nos aïeux, jour probablement très proche, où ils diront : « Voici, nous avons combattu le bon combat. La couronne de gloire nous ait réservée ! »

Quant au régime hitlérien de Lomé II, Il est grand temps de savoir que trop c’est trop ! Les sentiments ont trop durés ! D’ailleurs ils le savent mieux que nous ; le Togo n’étant pas leur propriété privée, ils ont intérêt à céder au choix du peuple. Nous les invitons donc à la repentance avant qu’il ne soit trop tard ! Repentance, qui est sans nul doute salvatrice pour nous tous. Qu’ils sachent qu’à chaque fois que le soleil apparaît à l’horizon, c’est comme pour leur dire : « voici encore une nouvelle occasion de repentance ! ».

GBONOUGBE Koffi Agbessi,
Berne-Suisse.

 

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