UNICEF

Situation des enfants dans l’espace Cedeao : un bulletin de santé alarmant

par Wal Fadjri (Sénégal) , le 6 septembre 2003, publié sur ufctogo.com

La situation des enfants en Afrique subsaharienne n’est guère reluisante. Les progrès constatés se sont révélés bien timides alors que leur nombre s’élève à 117 millions pour les moins de 18 ans et 39 millions pour ceux qui sont âgés de moins de 5 ans sur une population de 228 millions résidant dans 15 pays.

 

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Le diagnostic dressé par l’Unicef sur la situation des enfants de l’espace Cedeao est alarmant. Selon les études menées par l’Unicef, leur situation empire plus qu’elle ne s’améliore. En 1990 déjà, selon le rapport de l’Unicef, sur 1 000 naissances vivantes, 180 mourraient avant l’âge de 5 ans. Un taux de mortalité passant de 40 ‰ au Cap-Vert à presque 300 ‰ en Sierra Leone. Il est même déploré le fait que les enfants de parents pauvres courent 80 % de plus de risques de mourir que ceux de parents riches. Malgré tout, le taux reste alarmant, après une décennie : il est de 175 pour 1 000 naissances vivantes.

Des signes de baisse ont cependant été notés. Au Bénin, la mortalité infantile a baissé de 40 % de son niveau, de même qu’au Cap-Vert et en Gambie. Il le sera de 12 % au Ghana, en Guinée et en Sierra Leone. La tendance, par contre, sera à la hausse dans des pays comme le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire où l’on enregistre une augmentation de 10 % qui découle de certains facteurs, dont la forte prévalence du Vih/sida.

Cette baisse si décevante de la mortalité est, si l’on en croit l’Unicef, la conséquence logique des mauvais résultats de la prise en charge des maladies de l’enfance. "En fait, indique son rapport, la prévention des maladies-cibles du programme élargi de vaccination (Pev) a baissé. De 55 % au début de la décennie, la couverture sous-régionale du Dtc3 est tombée à 46 % en 1999, dénotant ainsi une détérioration de la performance du Pev". Et il s’y ajoute la pandémie du sida. Après l’Asie centrale et du Sud, l’espace Cedeao est la seconde région du monde où le taux de prévalence de l’insuffisance pondérale est aussi important. C’est ainsi qu’il est retenu que le Burkina Faso, le Mali et le Niger connaissent des taux élevés, avec plus de trois malnutris sur dix.

La conséquence de cette situation se fera sentir dans la mortalité maternelle qui en est à son summum en Sierra Leone avec un niveau record de 1 000 décès pour 100 mille naissances vivantes. Parmi les causes de décès, le faible accès aux soins prénatals et le manque d’assistance à l’accouchement par un personnel de santé qualifié.

Concernant le sida, sur une population de 5 millions de personnes atteintes du virus, plus de 500 mille sont des enfants et environ deux millions d’entre eux sont devenus des orphelins du sida. Des enfants qui sont aussi victimes des mutilations génitales. Celles-ci constituent des pratiques courantes dans presque tout l’espace Cedeao. Au Mali, 94 % des filles les subissent. Elles seront 9/10 en Sierra Leone, 8/10 en Gambie. Alors qu’en Guinée, au Bénin, au Burkina Faso, au Liberia, au Togo, en Guinée-Bissau, plus de la moitié des filles sont excisées.

S’ajoute à ce lot de malheurs le trafic des enfants pour des raisons économiques. Pour ce trafic transfrontalier, certains Etats comme le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, la Guinée, le Togo sont désignés comme les pays pourvoyeurs face à ceux destinataires composés de la Côte d’Ivoire au sein de la Cedeao, du Gabon et du Cameroun, en dehors de la sous-région. Les garçons sont utilisés dans les travaux agricoles ou miniers jugés pénibles, dans les ateliers ou comme mendiants en ville. Selon le rapport de l’Unicef, l’amélioration de la situation des enfants dans l’espace Cedeao ne peut connaître un essor satisfaisant à cause de la pauvreté élevée et croissante, de l’endettement très lourd, de la faible croissance économique, du déficit de bonne gouvernance, de l’engagement politique insuffisant, de la baisse de l’aide publique au développement, etc. Et d’après toujours ce rapport, les engagements politiques des pays de la Cedeao lors des conférences internationales ne se sont pas traduits sous formes d’allocations budgétaires pour le respect des promesses faites aux enfants.

Wal Fadjri (Dakar)

 

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