Transport aérein

Selon l’AFRAA, la liste noire de l’UE des compagnies aériennes est "inappropriée"

par AFP , le 23 mars 2006, publié sur ufctogo.com

 

L’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) a qualifié jeudi d’"inappropriée" la liste noire de l’Union européenne (UE) qui interdit de vol sur son territoire 92 compagnies aériennes, majoritairement africaines, soulignant que la quasi-totalité de ces sociétés ne volaient pas dans l’UE.

"On veut tous de la sécurité, mais on doit être sérieux", a déclaré le secrétaire général de l’AFRAA, Christian Folly-Kossi.

"La quasi-totalité des compagnies aériennes (qui figurent sur la liste de l’UE) ne volent pas en Europe, elles ne présentent aucun danger là-bas", a-t-il ajouté. "Cette liste est inappropriée", a-t-il estimé à Nairobi, siège de l’AFRAA.

"C’est comme si on interdisait aux matatus (transports publics au Kenya connus pour leur dangerosité) de rouler en Europe", a-t-il comparé.

Pire, selon M. Folly-Kossi, des compagnies de la liste de l’UE n’existent que sur le papier.

Sur les 92 compagnies aériennes interdites de voler dans l’UE, selon la liste publiée mercredi par Bruxelles, 85 sont africaines.

Le secrétaire général de l’AFRAA craint que le public ne fasse désormais un amalgame entre les compagnies aériennes africaines de la liste noire de l’UE et les autres compagnies africaines.

"Avec cette liste, le message est : +Vous prenez des risques à chaque fois que vous voyagez avec une compagnie africaine+. Mieux : +Vous n’êtes en sécurité que si vous voyagez avec des compagnies occidentales+. C’est une campagne de concurrence déloyale", s’est-il indigné.

"On noircit l’image des compagnies aériennes régulières qui fonctionnent", a ajouté M. Folly-Kossi, affirmant qu’aucune des compagnies de la liste noire de l’UE n’est membre de l’AFRAA.

La publication de cette liste vise "à calmer le public" après plusieurs accidents récents d’avions, dont celui de Flash Airlines en Egypte en 2004 et de West Carribean en 2005. Mais les compagnies impliquées dans ces accidents ne figurent pas sur la liste, relève-t-il.

"Il est plus facile de mettre sur la liste des compagnies africaines (que des compagnies occidentales) car pour des raisons politiques, elles ne sont pas en mesure de réagir", selon M. Folly-Kossi.

Cependant, il reconnaît que l’Afrique a "de mauvaises statistiques pour les accidents d’avion". Les compagnies aériennes africaines assurent 4,5% du trafic mondial, mais représentaient 34% des accidents en 2005, selon les chiffres de l’AFRAA.

Toutefois, "près de 70% de ces accidents arrivent dans cinq pays (République démocratique du Congo, Angola, Liberia, Sierra Leone et Soudan) qui ont eu des guerres civiles, et qui ont introduit de vieux avions, notamment des Antonov et des Iliouchine", qui ne sont pas utilisés par des compagnies régulières africaines, a-t-il souligné.

"On est bien conscient de ce problème et on a saisi l’Union africaine (UA)", a-t-il ajouté. Les ministres des Transports des pays membres de l’UA doivent ainsi se réunir en mai à Libreville pour débattre de la sécurité aérienne.

AFP

 

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