Présidentielle

Scrutin présidentiel : au moins trois morts et plus de 20 blessés

par AFP , le 25 avril 2005, publié sur ufctogo.com

 

Les Togolais ont voté dimanche pour élire un successeur au général Gnassingbé Eyadéma, lors d’un scrutin sous tension marqué par des violences ayant fait au moins trois morts et plus de 20 blessés à Lomé, alors que le parti au pouvoir et l’opposition s’accusaient mutuellement de fraudes.

Dans la soirée, la situation était très tendue dans certains quartiers de Lomé, ou de jeunes opposants avaient dressé des barricades et patrouillaient, machettes et gourdins en mains, pour dénoncer "la fraude".

Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles à quatre reprises dans la capitale, selon une source de la police, mais aucun bilan global des violences n’était disponible. L’opposition radicale a dénoncé des "fraudes graves et délibérées" pour porter au pouvoir Faure Gnassingbé, fils du président décédé en février après 38 ans de pouvoir absolu, et candidat du Rassemblement du peuple togolais (RPT - ex-parti unique, fondé par son père).

Le secrétaire général du RPT, Dama Dramani a lui dénoncé les "fraudes massives organisées par l’opposition". Un responsable des jeunes du RPT a montré une liste de onze blessés hospitalisés. Une source diplomatique occidentale a déclaré avoir "vu trois cadavres" de jeunes dans un quartier de Lomé, aux alentours de 18h00 GMT et locales. "Il s’agissait des cadavres de jeunes hommes", a précisé cette source. Selon les témoins sur place, ces jeunes ont résisté quand des hommes non identifiés ont tenté d’emmener les urnes de ce bureau de vote installé dans une école. Treize blessés ont été enregistrés dans un hôpital de Bé, un des fiefs de l’opposition, selon une source hospitalière. Des blessés affirmaient avoir été victimes de tirs de l’armée qui cherchait à récupérer des urnes dans des bureaux de vote. Ces informations n’étaient pas été confirmées de sources indépendantes.

L’élection, un scrutin majoritaire à un tour, se résumait en un duel entre le RPT et la coalition de l’opposition radicale. Un petit candidat de l’opposition modérée, Harry Olympio ne semblait pas en mesure de s’imposer. Faure Gnassingbé, 39 ans, brièvement installé par l’armée à la tête de ce petit pays d’Afrique de l’Ouest à la mort de son père, le 5 février, se trouvait donc face à Emmanuel Akitani Bob, 74 ans, candidat de la coalition de l’opposition, qui avait réclamé un report du vote.

Il a affiché sa sérénité dimanche, et s’est exprimé comme un futur président. "Nous avons déjà remporté une première bataille : l’élection a eu lieu au moment prévu par la Constitution", a déclaré M. Gnassingbé après avoir voté. Il a réaffirmé son intention de former un "gouvernement d’union et d’ouverture". "Si (l’opposition) parle de fraude c’est peut-être qu’elle sent déjà qu’elle va perdre", a-t-il dit.

A Lomé, des tentatives de fraude ont été notées dans plusieurs bureaux, selon des témoins, impliquant des personnes trouvées en possession de plusieurs cartes d’électeurs ou de bulletins de vote pour le RPT. L’envoyé spécial de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) au Togo, Boukar Mai Manga, s’est cependant dit "satisfait" de la tenue du scrutin, sans pouvoir se prononcer sur des irrégularités. "C’est un virage dangereux et glissant que le pays négocie", a expliqué Salifou Amidou, un retraité septuagénaire qui votait à Sokodé (centre), deuxième ville du pays.
L’opposition, dont le leader, Gilchrist Olympio, vit en exil à Paris et ne pouvait pas se présenter, a promis la fin de "l’ancien système", et veut empêcher l’instauration d’une "monarchie". "Faure" s’est présenté comme le candidat de la jeunesse et de la stabilité.

Le 25 février, il avait dû se retirer, sous la pression internationale, de la présidence intérimaire, que lui avait "confiée" l’armée dès la mort de son père. Pendant la campagne, des affrontements entre militants du RPT et de l’opposition avaient déjà fait plusieurs dizaines de blessés. Vendredi, le ministre de l’Intérieur François Esso Boko avait fait encore monter la tension, en réclamant la suspension de l’élection face aux risques de "guerre civile", avant d’être limogé.

 

© Copyright AFP - Visiter le site

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
lundi
29 mai 2017
Lomé 27°C (à 01h)