Economie

Rupture du pont d’Amakpapé : Le calvaire des conducteurs maliens, burkinabé et nigériens

par Togoforum , le 6 septembre 2008, publié sur ufctogo.com

 

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© Photo UFC

Un mois après la rupture du pont d’Amakpapé, sur la nationale N°1, le trafic routier sur cette voie n’est pas encore effectif. Ils sont très nombreux, ces véhicules lourds, des remorques, qui sont stationnés sur la voie et autres places non autorisées pour le stationnement, entraînant l’embouteillage et parfois des accidents de circulation. Certains de ces véhicules ont déjà fait un mois, attendant une solution pour quitter et rentrer soit au Burkina-Fasso, au Niger, soit au Mali. Ces conducteurs pour la plupart ressortissants des ces pays, fatigués par de longues journées et de nuits d’attente ne savent plus à quel saint se vouer. Sans provisions et aide venant de leurs patrons qui ne leur envoient plus de l’argent de subsistance, ils se tournent vers les autorités togolaises. Ils demandent à l’Etat togolais de leur venir en aide pour faire face à leurs besoins élémentaires. Ils réclament au gouvernement togolais des vivres pour, disent-ils, leur permettre de supporter les effets d’un séjour qui devient trop long. « Avec mes apprentis, nous bouclons déjà 23 jours. Même pour manger, nous n’avons plus rien. Notre patron ne nous envoie plus de l’argent de survie, comme il le faisait dans les premiers jours de la calamité », nous confie Yousouf Dermane un conducteur malien.

Couchés sur des nattes, sous leurs véhicules, ces conducteurs offrent parfois un spectacle désolant.

Ici, sous ce camion à destination du Niger, ce sont des apprentis conducteurs, ils sont trois, deux nigériens et un togolais : « Depuis trois jours, nous ne buvons que de l’eau », se plaint l’un. « Avant, c’est le patron qui nous donnait de l’argent, il ne le fait plus », renchérit l’autre. « Pendant trois jours, déclare, le troisième, c’est notre collègue, le Togolais qui nous a conduit chez son oncle pour trouver à manger. Malheureusement poursuit-il, ces derniers temps l’oncle de Aklisso (le togolais), a pris des mesures et nous ne savons plus à quel saint se vouer »

Sous un autre camion remorque, couché dans un filet en forme de balançoire immobilisé, Diallo, un conducteur burkinabé, dans des habits très salles, le corps, celui d’un enfant qui s’est amusé dans la boue durant toute une journée, nous déclare qu’il n’a pas mangé depuis deux jours. Même pour se doucher, c’est difficile pour lui. Il faut acheter de l’eau. Or Diallo n’a rien. Les lèvres sèches, la tête comme un fou au début de sa folie, Diallo déclare que la situation est très grave pour lui et nous renvoie de la main, car il ne veut pas trop parler.

En réalité, la situation créée par l’effondrement de ce pont n’est pas du tout aisée pour ces conducteurs. Ils souffrent énormément. Depuis que la voie de contournement par Kpalimé s’est révélée inappropriée à la circulation des gros porteurs, les conducteurs de ces camions sont complètement désemparés. Or la voie de déviation Notsè-Agou n’est non plus praticable pour les gros porteurs et comporte beaucoup de risques. C’est donc un immobilisme total qui engendre des effets, non seulement économiques mais aussi sociaux. Aujourd’hui, la santé de ces conducteurs est sérieusement menacée, car ils ne mangent pas bien. Comment vont-ils se soigner ? Craignant une quelconque dégradation de leur santé, ils ont voulu se faire se faire entendre en s’adressant à l’Etat togolais afin que celui-ci leur vienne en aide ne serait-ce que par des vivres.

Il y a trois semaines que ces conducteurs ont lancé un mot d’ordre pour dénoncer la nonchalance du gouvernement togolais, à trouver une solution définitive. Ils avaient alors bloqué la Nationale n°1, au niveau du Terminal du Sahel par des barricades. Il a fallu l’intervention des autorités togolaises par une enveloppe de 150.000 FCFA pour les calmer. En attendant la réaction du gouvernement togolais à leur cri de détresse et dépassés par les événements en ces débuts de mois de carême, la plupart étant des musulmans, ils sont allés chez les responsables de la mosquée de Agoé-Zongo pour demander de l’aide et accomplir un des cinq piliers de l’islam.

Peut-être pour bientôt la fin du calvaire de ces conducteurs de gros porteurs ? En tout cas, tout porte à le croire puisque depuis le mardi 02 septembre 2008, la circulation sur le pont rail est ouverte aux véhicules légers à savoir : les voitures particulières, utilitaires et les bus de transport en commun toutes catégories confondues. Mais à condition que les usagers de ce pont rail respectent le calendrier d’ouverture et de fermeture qui est de 18 heures tous les soirs et 09 heures tous les matins. Les gros porteurs doivent quant à eux prendre leur mal en patience. A en croire une source proche du Port Autonome de Lomé, l’ouverture aux gros porteurs n’est qu’une question de jours.

Par Alain Nococo et Tchassoua S. (AgoraPress)

 

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