Economie

Rival de Bolloré, Progosa est évincé du port de Lomé

par Le Monde (France) , le 30 mai 2009, publié sur ufctogo.com

Le vent tourne à Lomé. Le groupe espagnol Progosa, qui avait été préféré au français Bolloré en 2002 pour la gestion du port de Lomé, vient d’être évincé brutalement par les autorités togolaises.

 

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De gauche à droite : Vincent Bolloré (groupe Bolloré) et Jacques Dupuydauby (groupe Progosa)

Une dépêche lapidaire publiée, jeudi 28 mai, par le site officiel « Republic of Togo » indique que « la justice togolaise a délivré des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre de Jacques Dupuybaudy, (PDG de Progosa), de son fils Vianney et du directeur juridique de la société Gérard Perrier ».

Le même texte précise que les responsables de Progosa « ont pris la fuite en plein contrôle fiscal ». Des poursuites pour « fraude fiscale et complicité » seraient diligentées par le parquet. Au même moment, le président du tribunal de Lomé a « nommé un administrateur provisoire chargé de gérer » les filiales togolaises SE2M, SE3M et CEOP du groupe Progosa, ouvrant la voix à un possible retour de Vincent Bolloré. Celui-ci, ancien associé de M. Dupuybaudy est devenu son rival en Afrique de l’ouest où les deux groupes se mènent une guerre impitoyable pour le contrôle des activités portuaires.

Interrogé sur RFI vendredi 29 mai au matin, Jacques Dupuybaudy nie s’être enfui du Togo mais reconnaît que son avion l’a conduit à Séville (Espagne), siège du groupe. Son départ de Lomé, assure-t-il, « s’est déroulé au vu de tout le monde, avec mon passeport dûment tamponné ». Le rival de M. Bolloré laisse entendre que le contrôle fiscal n’a été qu’un prétexte pour l’évincer, la justice togolaise décidant "comme par hasard" le même jour de "rendre à Bolloré" le marché de la manutention sur le port.

Le revers est brutal pour M. Dupuybaudy, un homme proche du régime togolais, celui de Gnasssingbé Eyadéma, mort en 2005, comme de celui de son fils, au pouvoir depuis lors. En 2006, les autorités togolaises avaient été jusqu’à placer en détention quatre dirigeants du groupe Bolloré, les accusant d’avoir corrompu un magistrat en vue d’obtenir une décision écartant Progosa.

A l’Elysée, jeudi matin, on se refusait à tout commentaire sur l’hypothèse selon laquelle le régime togolais, soutenu par la France, chercherait aujourd’hui à renouer avec M. Bolloré, proche du président Sarkozy.

« Quand on est ami de la France, il faut penser aux entreprises françaises », aurait glissé M. Sarkozy, fin 2007, au président togolais Faure Gnassingbé, selon Le Canard enchaîné. En décembre dernier, une nouvelle licence de manutention pour le port de Lomé avait été accordée non à Bolloré mais à un consortium franco-italo-suisse.

Philippe Bernard

 

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