6/12 au 12/12

Revue de la presse togolaise du 6 au 12 décembre 2004

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 13 décembre 2004, publié sur ufctogo.com

Les journaux de la semaine reviennent sur la coopération entre le Togo et l’Union Européenne, le code électoral controversé que le pouvoir RPT a failli faire adopter par son Assemblée Nationale monocolore, l’affaire des avions MIG 23 ivoiriens et l’augmentation abusive des prix des produits pétroliers.

 

Au sujet de ce dernier point que la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) qualifie de violation des droits socio-économiques des citoyens togolais, on peut lire sa dénonciation : "La LTDH proteste énergiquement contre cette gestion cavalière du pays qui ne tient aucun compte du pouvoir d’achat du peuple togolais clochardisé économiquement par la gabegie, la corruption et l’irresponsabilité d’un régime insensible aux souffrances des Togolais. La LTDH constate la descente aux enfers des travailleurs togolais en général et des agents de l’Etat en particulier. Dans la Fonction Publique, les avancements sont bloqués depuis une dizaine d’années. Quant aux augmentations de salaires, elles remontent si loin que les Togolais n’en ont plus le souvenir..."
Le Nouvel Echo, reprenant les échos venant de certains partis politiques annonce que "l’opposition démocratique appelle à une marche contre la hausse des prix du carburant". Cette marche pacifique aura lieu le samedi 18 décembre 2004 à 8 heures et sera suivie d’un meeting au stade de Beniglato ( Terrainvi ). L’appel est signé par les partis suivants : l’ UFC, le CAR , le PSR et l’UDS-Togo.

Toujours selon Le Nouvel Echo "Les syndicats de transporteurs veulent tirer profit et mettent la barre à 25%. Il signale que depuis l’augmentation, " on assiste à la fixation anarchique et sans contrôle des tarifs de transport. Le gouvernement qui, lui-même, a causé ce désordre, ... ne lève pas le petit doigt pour arrêter cette anarchie."

Ce journal, parlant de la reprise de la coopération, fait voir que "Le pouvoir RPT [est] entre son code électoral et le cadre électoral de l’UE". Il annonce qu’un émissaire européen est attendu à Lomé alors que "les nouvelles conditionnalités formulées par les Eurocrates n’ont pas encore trouvé un début d’exécution."

En rapport avec un article relatif au "trafiquant d’armes", Montoya [qui] crée des ennuis aux autorités togolaises, ce journal rappelle le séjour d’un haut gradé français au Togo avant d’ajouter que "si on était dans un pays normal, ce monsieur qui devient encombrant pour la paix au Togo et la confiance internationale ...devrait être déclaré personae non grata dans notre pays."

Cela est vrai c’est pour cela que notre avis est que c’est une affaire d’Etat togolo-ivoiro-française dont Montoya n’est que la cheville ouvrière. On ne débarque pas du matériel de guerre dans un pays, par des voies régulières, sans l’aval voire l’assistance des autorités de ce pays.

Le Regard signale "pour mettre l’UE devant le fait accompli, l’Assemblée Nationale autorisée à adopter le code électoral controversé."

Selon cet hebdomadaire, "L’UE aurait demandé au gouvernement togolais d’ouvrir un dialogue avec l’opposition et des tractations seraient en cours pour envoyer un observateur devant suivre les pourparlers inter-togolais. C’est en ce moment précis que l’Assemblée Nationale s’active à adopter le code électoral contesté par une partie de la classe politique."
Notre commentaire est que Lomé2 n’en finit jamais avec ses reculades et entourloupettes. Les couleurs étaient annoncées depuis. Et nous savons bien que la suite du processus ne passera pas comme une lettre à la Poste. Car il y va de la survie du régime antidémocratique et dictatorial de M. Eyadéma. Le pouvoir RPT est mis en demeure de s’engager dans un cadre électoral non entaché d’exclusion, un code électoral consensuel et des élections transparentes. Pour un gouvernement qui n’est au pouvoir que par la force et la violence, le mensonge et le hold-up électoral, cela reviendrait à se faire hara-kiri. Peu importent pour lui les désapprobations de la communauté internationale, les morts enregistrés au seuil de Lomé2. Si jamais cet acte d’adoption venait à être posé, le régime RPT révèlera une fois de plus aux yeux du monde sa vraie face. Et là, au lieu de continuer à le laisser faire souffrir inutilement le peuple, la communauté internationale, et en particulier l’UE, saura lui appliquer le remède convenable.

En titrant par ailleurs : "Le Togo de la coopération de l’UE à l’augmentation des prix du pétrole" Le Regard fait noter que cette " augmentation des prix des produits pétroliers (à 35% et plus) suscite amertume et inquiétude pour le panier de la ménagère... Dans un communiqué rendu public, les autorités togolaises tentent de justifier cette mesure par le fait que malgré la montée du prix du baril au plan mondial les années passées, les prix ont été maintenus au Togo alors qu’il y a eu augmentation ailleurs... On est allé jusqu’à comparer les prix avec ceux de la sous-région pour montrer que cette augmentation est dans l’ordre normal". C’est oublier, poursuit le journal , que dans ces pays , les salaires sont substantiellement élevés et qu’au Togo "la grille salariale est restée la même depuis plusieurs années et pire, les avancements sont bloqués."

Selon Le Regard " Montoya est libre, les MIG 23 sont là".

"Les avions de chasse MIG 23 montés au Togo par des mercenaires biélorusses à la solde de Gbagbo et de Robert Montoya encombrent les environs de l’aéroport international de Lomé. Au moment où nous mettons sous presse, M. Montoya n’est toujours pas inquiété. "Tout laisse croire que ce trafiquant d’armes agit avec la complicité des autorités togolaises. M. Robert Montoya serait le patron d’une société de gardiennage dont la direction se trouverait à la Résidence du Bénin. Ami du général Lacaze, son nom avait été cité dans l’affaire des écoutes téléphoniques de l’ Elysée sous Mitterrand."

Le Regard s’est aussi promené du côté de Lomé2 ce qui lui a permis de titrer "Laurent Dona Fologo et la grosse valise" avant d’écrire : " L’ancien baron du PDCI devenu coursier du président Gbagbo était à Lomé il y a quelques jours. Officiellement , il est venu demander au chef de l’Etat de continuer sa médiation.... Au moment de quitter Lomé2 pour regagner son hôtel, l’émissaire ivoirien qui était entré les mains vides a vu son véhicule passer de l’autre côté pour être chargé d’une grosse valise " Et de se poser la question : "Et qui doutera de son contenu ?"

C’est avec des titres sains d’apparence tels :"Corruption et indépendance de la justice au Togo" et "Les dessous d’un mal qui perdure" que Le Combat Du Peuple glisse subrepticement vers la justification de la tyrannie de son maître de Lomé2. Ce qui est logique pour un journal corrompu par le pouvoir en place. Il ne peut parler de la corruption dudit pouvoir.
C’est ainsi que ce journal faisant une digression lamentable avant de commencer son jeu écrit : " la démocratie, dans tous les pays du monde, repose sur trois piliers : la liberté , la justice et l’alternance politique ... " Et le journaliste de continuer : "Nous ne sommes pas contre l’alternance politique. Nous voulons seulement démontrer que l’alternance politique à elle seule et en elle même, n’est pas synonyme de démocratie."

Ces propos sont à notre avis bien tendancieux et révèlent celui qui tient à sa solde ces journalistes. Sinon comment peut-on expliquer, pendant que tout le peuple est en lutte depuis bientôt quinze bonnes années pour un changement, on nous dise aujourd’hui que l’alternance politique n’est pas synonyme de démocratie. Alors, selon ces journalistes, 40 ans de pouvoir solitaire serait synonyme de démocratie ! Les paroles s’envolent, les écrits restent ! C’est la postérité qui jugera ces journalistes alimentaires qui tentent en vain de banaliser la lutte héroïque du peuple togolais. Si l’alternance politique n’est pas synonyme de la démocratie, elle y contribue tout de même et c’est en la reniant que la volonté du peuple est encore bafouée au Togo. Il n’ y aura pas de véritable changement avec le régime Rpt qui est d’un autre âge. Les journalistes de "Le Combat Du Peuple" travaillent à la justification de l’ignoble ! Ces messieurs ont le ventre à la place du cerveau et n’ont même pas à cœur la souffrance de leur peuple. Ceux qui tiennent ces genres de raisonnement comprendront-ils un jour que tout se tient et qu’un pilier sans l’autre fera couler tout l’édifice ?

Le journal évoque les relations mafieuses des juges avec les Ibos, les Libanais, les Indo-Pakistanais et cite le cas du Procureur Général, près la Cour d’ Appel de Lomé, M. Dabré Gbandjaba. Lourdement compromis dans une sale affaire et à couteaux tirés avec de jeunes magistrats, on a curieusement infligé des sanctions à ces derniers alors que le ... ?
Ce n’est pas ce journal qui fera l’étonné. Il sait mieux que quiconque comment se passent les choses et comment il est servi lui-même en billet de banque à Lomé2. Et c’est le lieu de dire que le régime étant corrompu, l’alternance politique est une nécessité pour à faire évoluer les choses dans le sens favorable. Le "poisson Togo" est déjà pourri par la tête et on ne peut rien attendre de ses autres parties.
Selon ce journal, dans l’affaire des avions MIG 23 ivoiriens, M. Robert Montoya se comporte au Togo en territoire conquis. M. Montoya est " un ancien gendarme français reconverti en trafiquant d’armes patenté... sous le couvert d’une société civile de sécurité". Le journal dénonce ces actes et estime qu’il "abuse de l’hospitalité togolaise et met dans l’embarras les plus hautes autorités togolaises en montant à partir de notre territoire des opérations noires." Pour le journal , "les techniciens biélorusses chargés de remonter ces avions avaient refusé de décliner leur véritable identité à l’ Hôtel et ils se sont comportés en véritables mercenaires. "

A notre avis, qui dit trafiquant et hospitalité doit aussi dire COMPLICITE TOGOLAISE. Mais en fait, qui dit que ce trafiquant abuse de l’hospitalité des plus hautes autorités togolaises alors qu’il y a quelque chose de flou dans cette histoire qui n’innocente pas les autorités togolaises ? Peuvent-elles vraiment soutenir qu’elles ne sont pas au courant des activités de ce soi-disant trafiquant qui n’est autre qu’un limier du système ? A supposer que les autorités togolaises n’aient pas mises été pas au courant, maintenant que le jeu est découvert, que disent-elles, que font-elles ? Pour nous , tout cela est bien clair et traduit à suffisance les accointances des plus hautes autorités à l’endroit de ce trafiquant d’armes. Son comportement est révélateur des appuis et complicités dont il est assuré au plus haut sommet de l’Etat.

Parlant de la coopération UE-Togo, le journal-griot de Lomé2 praticien de la désinformation se réjouit : "l’Union Européenne annonce la couleur et débloque plus de 650 millions de F CFA au Togo". Il poursuit : "Le 11 novembre dernier, l’UE a signé avec le gouvernement togolais une convention de financement portant sur une somme d’un million d’euros, soit plus de 650 millions de nos francs. Ces fonds destinés à aider le Togo dans la réalisation des 22 engagements est un signal fort qui annonce à la lettre, la reprise de la coopération entre l’UE et notre pays."

Pour écrire de telles faussetés, il faut être logé à Lomé2.

Crocodile se demande : "Lomé devient-elle une base militaire française ?" Le journal signale que le " mardi 7 décembre dernier, des chasseurs ont fait, durant toute la matinée du vrombissement assourdissant, sillonné le ciel de Lomé. Selon des sources dignes de foi, ces avions de chasse étaient des bombardiers français qui seraient en train de faire des manœuvres. Curieusement, ces manœuvres coïncident avec la présence à Lomé du Chef d’ Etat-Major des Armées françaises, le général Henri Bentegeat. "

Crocodile signale en provenance du Bénin que "onze réfugiés militaires togolais, quatre civils et leurs familles se sont envolés vers les Etats-Unis d’Amérique le samedi 27 novembre à partir de l’Aéroport international de Cotonou ... Ce voyage serait organisé par le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés ( HCR ).
Il convient de rappeler que ces militaires avaient fui le Togo en 1993 lors des troubles socio-politiques qui ont eu des répercussions dans l’armée. Certains militaires y sont mal vus et soupçonnés d’être de mèche avec l’opposition, ont préféré prendre le large pour sauver leur vie.

Parlant de la hausse du prix du carburant, ce journal évoque que par la faute du gouvernement, les taximen et les passagers se bagarrent. Il écrit : "l’augmentation spontanée du prix des produits pétroliers décidée le 1er décembre dernier par le gouvernement togolais et ceci sans considération aucune pour la population ne cesse de susciter de l’imbroglio au sein de cette population". Les conducteurs de taxi-moto procèdent à une hausse anarchique du prix de transport. "Cette situation crée des altercations et même des bagarres entre les conducteurs et leurs clients qui estiment n’être informés d’aucune décision officielle."

Le Canard met en parallèle "L’ UE retarde l’arrivée d’une mission à Lomé [et] l’Assemblée Nationale retarde le vote du code électoral".
Par ailleurs, il signale "Trois officiers de la Police Nationale viennent d’être placés aux arrêts... Ils seraient accusés d’avoir détourné une partie d’une saisie de drogue dure opérée sur des Ibos... Il serait reproché aux trois officiers d’en avoir illicitement pris une part." On se rappelle, précise le journal, qu’en février 2004, à la suite d’une accusation d’implication de certains agents de la Police Nationale, le directeur de la Police Nationale, le lieutenant-colonel, Takougnadi avait été mis aux arrêts de rigueur.

Carrefour aussi parle de "l’ Assemblée RPT dissuadée d’adopter un code électoral controversé". La séance plénière de la deuxième session ordinaire de l’Assemblée Nationale convoquée pour le mardi 7 décembre et devant "procéder à des discussions et à l’adoption du code électoral dernièrement modifié par le RPT et ses partis partenaires (PDR et CPP)" n’ a pas eu lieu . Elle a été reportée à une date ultérieure. Aucune raison n’a été avancée pour expliquer un tel état de choses.

A la semaine prochaine.

 

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